15 janvier 2015

Yasmina Khadra, Les Anges meurent de nos blessures

les anges meurent de nos blessures

Quatrième de couverture:

"Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable ou il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde ou la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour se met parfois en grand danger."

J'aime me plonger dans l'univers de Yasmina Khadra, ici l'Algérie des années 1930, celle des bidonvilles et de la pauvreté, celle de l'enfance de Turambo. On sait dès le début qu'un drame se déroulera dans cette histoire puisque Turambo monte sur l'échaffaud, prêt à se faire guillotiner, il nous raconte alors son histoire et ce qui l'a mené vers son bourreau. 

Le roman est découpé en trois parties, chacune dédiée à une femme qu'il a aimé, d'abord Nora, sa cousine, puis Aïda et enfin Irène. Chacune a sa manière aura marqué sa vie. La première déterminera son avenir, l'entrée au club de boxe de Destefano, la seconde le sortira du monde de l'enfance, et la troisième sera déterminante pour sa carrière de boxeur mais également pour son destin. Les trois femmes sont belles, beaucoup de pudeur teintée de volupté se dégagent de leurs descriptions. 

Turambo c'est ce jeune musulman des rues qui sera balloter de petits boulots en escrocs, jusqu'à ce qu'il rencontre Destefano et le Duc, les deux hommes auront pour mission d'en faire un champion. 

C'est aussi l'histoire d'amitiés, celles qui lient Turambo à ses copains d'infortune à Graba puis à Oran, avec Gino ce jeune juif, dont la mère obèse ne sort plus de son lit. 

Toutes ces histoires sont belles, aidées par une écriture très imagées, propre à Yasmina Khadra. Il ne mâche pas ses mots pour dénoncer la misère sociale de son pays, les conflits entre communautés, la pauvreté, mais c'est toujours teinté d'images poétiques, de métaphores. Par exemple du roman il décrit la guillotine de cette manière: " Je la vois enfin, Dame Guillotine, dans son costume de fer et de bois. Le rictus en diagonale. Aussi repoussante que fascinante. Elle est bien là, le soupirail du bout du monde, le gué du mon retour, la souricière aux âmes en peine. Sophistiquée et rudimentaire à la fois. Tour à tour maîtresse de cérémonie et putain faisant le pied de grue. Absolument souveraine dans sa vocation de faire perdre la tête."

Si je devais émettre un seul bémol c'est justement le style du narrateur, qui est difficilement crédible pour un jeune homme qui ne sait pas lire, mais je crois que la narration à la première personne était nécessaire, donc je pardonne cette petite invraisemblance à l'auteur :)

challenge à contre courant

(rentrée 2013)

 

lire sous la contrainte

(ni Dieu ni Diable)

Un-mot-des-titres

(Ange)

objectif pal

(1/32)


01 septembre 2014

Carole Martinez, Le coeur cousu

LeCoeurCousu

Quatrième de couverture:

"Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie."

J'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé ce roman, et puisque le titre en parle, c'est un coup de coeur (que je distribue avec parcimonie j'ai l'impression) pour ce beau roman de Carole Martinez. Souvenez-vous j'avais déjà beaucoup aimé Du domaine des murmures, et j'ai donc encore plus apprécié Le coeur cousu.

L'auteur nous transporte dans un univers éloigné du notre, dans l'Andalousie des légendes et des superstitions, difficile d'ailleurs de situer l'époque du roman, cela pourrait aussi bien être dans la première moitié du 20e siècle qu'au Moyen-Âge. Le point de vue adopté est celui d'une des filles de Frasquita, elle nous raconte le récit qu'elle a entendu de sa soeur ainée, elles se transmettent l'histoire de cette mère courage qui avait le don de la broderie, de la couture ... Celle des étoffes mais aussi celle des âmes. Bien entendu Fasquita sera crainte, mais aussi respectée, et ses filles aussi. Tantôt rejetées par superstitions, tantôt prises en pitié. C'est dans cet univers de légende que chacune développera un don particulier, celui de conter, celui de dessiner (pour le seul garçon de la fratrie), celui d'éclairer etc...

Ce roman est en fait un conte qui lie la magie et la superstition a une histoire familiale difficile. Le talent de conteuse de Carole Martinez n'est,je crois, plus à prouver! Chaque personnage a son rôle a joué et apporte quelque chose au déroulement de l'histoire. C'est un récit chargé en émotion et comme chaque fois que j'ai vraiment apprécié j'ai du mal à en parler ... donc je vous laisse le loisirs de découvrir vous-même ce roman, ou de lire le billet très complet de MademoiselleChristelle qui saura, si ce n'est pas encore le cas, vous convaincre je l'expère.

 

 

objectif pal

 

(29/78)

Un-mot-des-titres

(Coeur)

15 avril 2014

Tonvoisin, Le grand livre des Cons

le grand livre des consQuatrième de couverture:

"Au bureau, dans votre immeuble, dans la rue, au resto : les cons sont partout ! Certains se dissimulent et attendent votre fameux dîner pour se révéler-vous exposante l'indigestion ; d'autres n'hésitent pas à s'affirmer et font de votre boulot un enfer ; les pires n'ont peut-être pas encore croisé votre route mais se creusent déjà la cervelle pour trouver un moyen de vous pourrir la vie !

À défaut de s'en débarrasser, autant apprendre à les reconnaître pour mieux les fuir, à les débusquer pour mieux en rire.Travailler avec des cons, Vivre avec des cons et Dîner avec des cons : trois volumes réunis en un guide indispensable et désopilant !"

Ce livre est divisé en trois parties: Travailler avec des cons, Vivre avec des cons et Dîner avec des cons. J'avais reçu il y a quelques années le Kit de survie dans un monde de cons offert par les éditions J'ai lu. Ce kit accompagné d'une poupée de chiffon à la manière d'une poupée vaudou était accompagné des deux premiers livres qui composent Le grand livre des cons. Mon billet n'est plus en ligne car à l'époque je m'étais faite insultée pour avoir osé émettre un avis négatif, comme le dit l'auteur "On est toujours le con de quelqu'un" et nous sommes bien d'accord...

J'ai sauté quelques pages pour cette relecture des deux premières parties. Si certaines phrases font encore mouche (exemple: "le connard est au con ce que la noblesse est à la bourgeoisie") j'ai à nouveau eu un peu de mal avec le fond. La forme elle est assez plaisante, nous apprenons à reconnaître les divers cons qui nous entourent et à réagir à leur(s) connerie(s), certaines situations lors du dîner sont cocasses bien que souvent exagérées ou invraisemblables.

Mon bémol est sans aucun doute lié à mon manque d'humour, mais quand même quel triste constat pendant cette lecture.. Nous ne sommes entourés que de cons! moi la première sans doute ;) c'est aussi sûrement pour cela que j'ai peiné à le finir ...

 

Un mot des titres

(session 23: LIVRE)

challenge petit bac

( GROS MOT: CON)

objectif pal

(17/78)

 

 

15 juillet 2013

Carlos Ruiz Zafon, Les lumières de septembre

les_lumi_res_de_septembreQuatrième de couverture:

"1937, à Cravenmoore, une demeure normande pleine de mystère et de marionnettes étonnantes. Le propriétaire, Lazarus Jann, est un inventeur de jouets. Simone Sauvelle y entre pour occuper un emploi de secrétaire particulière, avec ses deux enfants. Alors que l'harmonie, la joie et même l'amour veulent régner à Cravenmoore, une force incroyable s'y oppose... 

Un suspense spectaculaire, tissé autour du thème de prédilection du maître du roman espagnol : la maison envoûtée."

 

Les lumières de septembre fonctionne sur le même schémas que Le Palais de Minuit et Le Prince de Minuit: des enfants sont menacés par une présence maléfique liée au passé qui surgit sous la forme d'une ombre noire et se matérialise sous différentes formes, ici elle habite les automates crées par Lazarus Jann. Cette ombre noire vient se venger du passé et se "nourrir" pour continuer à exister. A chaque fois, l'un des personnages ou un de ses ancêtres a fait un pacte avec cette ombre... Ce pacte lui aura valu de perdre sa propre ombre et de devoir sacrifier quelque chose au cours de sa vie... Pour Lazarus Jann, le sacrifice fût la personne qui lui était la plus chère... son épouse Alma.

Chaque fois, des enfants liés par une amitié forte sont confrontés à l'ombre et cherchent à lui échapper et à la combattre pour sauver les siens... Dans ce roman, aussi noir que les précédents, l'ombre enlèvera la vie de l'un d'entre eux ... 

Comme à chaque fois, ce n'est pas le côté surnaturel qui me plaît mais les personnages et les liens qui les unissent. Ici le décor m'a moins plu que dans les précédents romans, excepté le manoir et la mer, je n'ai aps du tout adhéré aux automates et pantins parce que c'est un univers qui ne me plaît pas du tout, c'est d'ailleurs ce qui m'avait déplu dans Marina. Je me suis tout de même attachée à Irène et son nouvel ami. De plus, l'écriture de Zafon m'emporte toujours un peu, un peu à la manière d'un conte, et chargée de mystère, elle me captive jusqu'à ce que l'intrigue soit résolue, et pourtant je ne suis pas fan du fantastique, mais ça se lit bien... 

J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge un mot des titres de Calypso, pour cette session le mot était lumière.

05 juin 2013

Ngaio Marsh, La mort en embuscade

MortEmbuscadeQuatrième de couverture :
« Réunir, dans le huis-clos de son vieux manoir enneigé, sept personnes qui se détestent cordialement, tisser une subtile toile de rancœurs inexprimées et de secrets morbides, Jonathan Royal trouve l'idée amusante. Mais lorsque sa mise en scène tourne au drame, il n'a de cesse que de faire arrêter le coupable. Il sait exactement lequel de ses invités a commis l'ignoble crime. Arrivé sur place, l'inspecteur Alleyn procède pourtant à la redistribution des rôles... ».

Ngaio Marsh est néo-zélandaise et pourtant son écriture fait penser aux romans d'Agatha Christie. D'ailleurs, l'intrigue a très certainement été inspirée par Les dix petits nègres: sept invités se retrouvent chez Jonathan Royal. Ce dernier les a réunis pour des riasons bien spécifiques: chacun à un différent avec l'un ou même plusieurs des autres invités. Quelle folle idée a donc eu notre hôte. Il souhaitait faire ressortir craintes et frustrations lorsque les personnes présentes sont en situation de tension. C'est réussi puisque l'un d'entre eux meurt, et, étant bloqué au manoir pour causes d'intempéries, cela ne peut être que l'un d'entre eux.

Rapidement mes soupçons se sont portés sur le véritable coupable mais cela ne m'a pas pour autant gâché le plaisir de la lecture. J'ai apprécié le mode de raisonnement de Mandrake d'abord puis d'Alleyn pour aboutir à une conclusion. Les portraits des personnages sont savoureux, rien ne leur est épargné et leurs petits défauts sont exacerbés par le huis-clos. Le fait qu'ils soient contraints par les intempéries à rester au manoir ajoute au côté oppressant de se faire manipuler, sans savoir bien évidemment qui tire les ficelles. Le récit est ancré dans la seconde guerre mondiale me semble-t-il mais il a un côté intemporelle (hormis la présence de voitures et de la TSF) on se croirait presque dans un manoir victorien perdu dans la lande, ce côté m'a beaucoup plu. De plus, Ngaio Marsh se débrouille plutôt bien avec les dialogues et "l'esprit" (le wit en anglais) de ses personnages. 

J'émets deux bémols, et ceux-ci concernent Mandrake, le premier étant la relation qui naît entre lui et Chloris Wynne, beaucoup trop rapide selon moi, le second concerne son passé. Le narrateur laisse entendre qu'il cache quelque chose, mais ne dévoile rien ou presque à ce sujet.

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge un mot des titres organisé par Calypso, le mot de cette session était mort. Toutes mes excuses pour le retard!

Un_mot_des_titres

 

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(16/97)


08 décembre 2012

Joyce Carol Oates, Fille noire, fille blanche

fille_noire_fille_blancheQuatrième de couverture:

"Genna et Minette partagent une chambre sur le campus. Et c'est tout ce qu'elles ont en commun. Minette est aussi noire, indomptable et solitaire que Genna est blanche, timide et généreuse. Fascinée, Genna fait son possible pour fendre la cuirasse de Minette et devenir son amie. Observant la menace des violences racistes croissantes, elle est sa seule alliée. Pourra-t-elle la sauver? "

 


Voilà un titre qui me fait renouer avec l'auteur. Joyce Carol Oates aborde dans ce livre un thème qui me plaît, la place des noris dans la société américaine. Ici l'histoire se déroule en grande partie dans les années 70 où finalement les gens de couleur n'étaient pas encore si bien intégrés notamment dans les universités prestigieuses, dans lesquelles ceux-ci pouvaient généralement entrer grâce à une bourse au mérite. C'est ainsi donc que Minette se retrouve à Haven Hall à partager une chambre avec Genna loitiane parente du fondateur de l'université et fille d'un avocat controversé qui défent les droits des minorités.

Joyce Carol Oates nous fait le récit de cette cohabitation, la volonté de Genna d'intégrer Minette, de devenir son amie ... Volonté qui se solde par des échecs. Minette est la cible d'attaques à caractère raciste. Mais si ça n'était que ça, ce ne serait pas du Joyce Carol Oates. L'auteur a un goût pour le malsain, le subversif... celui qui harcèle n'est pas forcément celui qu'on croit. Elle joue avec nos nerfs, nous met à l'épreuve et nous interpelle "ce n'est quand même pas ça???" et si pourtant ...

Je pense que chacun peut interpréter les évènements. La réponse que je me suis faite je ne peux pas l'écrire dans mon billet, ça vous gâcherait sans doute le plaisir de la lecture, mais si vous voulez en parler par message feel free to send an email ^^

Je dirai donc pour mon conclure mon billet très court (et oui j'écris encore après coup sans avoir pris de notes ... Shame on me) que c'est un livre à la symbolique forte, qui reprend les idées reçues d'une amérique pas toujours des plus tolérantes ...

 

Et comme je suis très mauvaise élève ces derniers temps, c'était ma contribution au Challenge un mot des titres de Calypso. Pour cette session il fallait lire un livre contenant l'adjectif blanc. Pour la prochaine session le mot choisi est Ombre, je ne pense aps que je me joindrai à vous pour cette lecture-là.

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15 octobre 2012

Maryse Condé, Les belles ténébreuses

les_belles_t_n_breusesQuatrième de couverture:

"Le docteur Ramzi An-Nawawî n'était pas un docteur comme les autres, un vulgaire guérisseur de maladies humaines. Vêtu d'une gandoura sombre comme sa peau. Son visage saisissait. Sous la calotte noire des cheveux, un front ample trahissait des dons intellectuels, tandis que la bouche ourlée débordait de sensualité et que le menton creusé d'une fossette suggérait la tendresse. Kassem n'avait jamais contemplé un être aussi attirant." De père guadeloupéen et de mère roumaine, Kassem se voit forcé d'endosser des identités qu'il n'a pas choisies. Il rencontre le Dr Ramzi dont il devient le protégé. Le médecin a une réputation sulfureuse. Kassem soupçonne des pratiques douteuses. Mais Ramzi exerce sur lui une fascination dont il ne peut se défendre... Sur un rythme haletant, Maryse Condé nous conduit d'énigme en rebondissement sur les pas d'un héros au destin à la fois burlesque et pathétique."

 

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, qui aurait sans doute pu être un coup de coeur si j'avais également apprécié les personnages. Bien sûr je n'ai pas été charmé par le docteur Ramzi, qui le pourrait en toute connaissance de cause franchement? mais je n'ai pas non plus réussi à être charmée par Kassem, ce Zadig des temps modernes.  Oui je compara à Zadig parce que tant l'histoire un peu rocambolesque avec cet espèce d'anti-héros à qui il arrive toutes les bourdes possibles et imaginables que l'écriture de Maryse Condé pour raconter ces évènements m'ont fait penser au Conte philosophique. Il manque toutefois une morale philosophique à l'histoire, ou bien je suis passée à côté, mais au final le héros ne s'en sort pas spécialement et le méchant n'est pas spécialement puni. Kassem m'a paru antipathique parce qu'il ne semble jamais satisfait, parce qu'il voue une admiration sans borne à Ramzi et ce jusqu'à la fin du roman, j'avais envie de le secouer par moment.

Ce roman n'est pas que l'histoire de Ramzi c'est aussi et surtout celui du déracinement, de l'errance, il soulève des questions sur l'identité, est-on français parce qu'on naît sur le sol français, peut-on se considérer comme appartenant aussi à l'origine de ses parents, comment constuit-on son identité quand les origines des parents sont si variées, quand on n'est pas spécialement intégré dans sa famille. Kassem est tout au long du roman en quête de son identité, c'est en quittant la France qu'il renoue tout de même avec son identité...

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge un mot des titres, pour cette session le mot choisi était l'adjectif Beau que l'on pouvait donc décliner au féminin. Allons voir ce que Calypso et les autres ont lu!

 

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(25/27)

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15 janvier 2012

Rohinton Mistry, l'équilibre du monde

l__quilibre_du_mondeQuatrième de couverture:

"Voici le grand roman de l'Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré traversé par le souffle d'un Hugo ou d'un Dickens. L'histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.Dans le même quartier vivent des personnages venus d'horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs des «intouchables» ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d'autres encore? À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement."

 

Je suis tout à fait d'accord avec la quatrième, Rohinton Mistry signe avec ce pavé de près de 900 pages un grand roman. Hugo et Dickens (s'ils étaient vivants) n'auraient pas à pâlir avec la comparaison de Mr Mistry. Moi j'ajouterai une comparaison supplémentaire, sans faire référence au côté philosophie des livres de Voltaire, les personnages m'ont un peu rappelé un Zadig qui essaie d'avancer malgré toutes les péripéties qui se mettent en travers de sa route!

Et des péripéties, toutes plus fâcheuses les unes que les autres les personnages vont en rencontrer!!! De nombreux personnages viendront alimanter le récit, mais l'on suit principalement Ishvar et Omprakash, un oncle et son neveu, tous les deux tailleurs bien que faisant partie de la caste des chamaars (ceux qui travaillent le cuir). Ils sont arrivés là pour gagner un peu d'argent afin de retourner vivre dans leur village avec un petit pécule ... Bien avant Omprakash, un homme a brisé les règles des castes pour envoyer ses fils en apprentissage chez un ami tailleur, et musulman. Bien assez de "fautes" pour éveiller la colère des castes dirigeantes! Cet homme c'est le grand-père d'Omprakash.

A la ville, on suit l'enfance et Dina, son entrée fastidieuse dans le monde adulte, la perte de son jeune époux. Dina est à la fois un personnage charmant et agaçant. Elle incarne ici les idées d'une caste supérieure, ses préjugés, son fonctionnement, sa supériorité. Et pourtant c'est le personnage qui va le plus évolué au fil de l'histoire, au contact humain des deux tailleurs mais également à celui du jeune Maneck, son hôte payant.

Maneck, jeune étudiant arrivé d'un petit village de montagne dans la grande ville perdra bien vite ses illusions de jeune naïf. Il apprendra toute l'injustice de son pays, la corruption des classes dirigeantes et du gouvernement indien de l'Etat d'urgence. Il est le ciment entre d'un côté les tailleurs, de l'autre Dina.

Chacun des personnages fera au cours du roman des rencontres plus ou moins heureuses. Les rencontres des uns se recouperont d'ailleurs parfois avec les rencontres des autres.

Rohinton Mistry nous montre toute l'absurdité du gouvernement d'Etat d'urgence en Inde, la confusion et l'injustice d'une population toujours plus nombreuse, d'un système de caste qui nourrit le ressentiment de chaque communauté, et qui maintient une partie de la population dans un état de soumission permanente. Il met à jour la corruption lors des élections, la corruption de la police, des propriétaires mais également la pauvreté des gens et la manière dont certains profitent de cela : les opportunistes mafieux comme le propriétaire du bidonville qui sera détruit par le gouvernement qui aura lui-même recruté ce "propriétaire" pour raser ces toits de taule insalubres, les agents du planning famillial qui promet un repas et un peu d'argent aux hommes et aux femmes qui acceptent la stérilisation, le maître des mendiants même qui certes protègent ses recrues, mais qui au final les exploite tout autant. L'on trouve chaque fois quelqu'un susceptible d'exploiter la misère de celui qui est un peu plus miséreux!

Il ne faisait pas bon vivre en Inde en ces années 1970-1980, une Inde où vous pouviez être raflé sur le trottoir pour une journée afin de gonfler les rangs d'un meeting du premier ministre, ou un mois pour effectuer les travaux du plan d'embellissant de manière tout à fait gratuite... où vous pouviez être soumis à une vasectomie sans demander votre reste simplement pour remplir des quotas, où l'on pouvait vous expulser de chez vous du jour au lendemain sans préavis ...

C'est un roman optimiste de part les quatres personnages forts et leurs valeurs, mais très dur en ce qui concerne les relations de pouvoir et le manque d'humanité de certains des personnages, prêt à tout pour un peu d'argent.

J'ai mis un certain temps à le sortir de ma PAL, c'est d'ailleurs grâce au challenge un mot des titres de Calypso que je l'ai lu et je ne regrette pas, je vous le recommande d'ailleurs chaudement (fin pas si vous êtes un peu déprimé!) Pour cette session le mot était monde.

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  (2/27)

30 novembre 2011

Denise Crolle-Terzaghi, 1001 secrets de Noel

1001_secrets_de_noelQuatrième de couverture :

"Pour préparer le réveillon et vivre pleinement la féerie de Noël dès les premiers jours de décembre : recettes gourmandes, décorations au naturel, activités de l'avent, cadeaux et cartes de voeux à réaliser vous-même, gastronomie et rites traditionnels..."

J’ai trouvé ce livre intéressant pour piocher des idées ici et là, notamment des recettes qui m’ont mis l’eau à la bouche.

J’ai également beaucoup apprécié la partie sur les traditions dans différents pays européens, j’aurais d’ailleurs aimé que cela soit plus creusé. A l’inverse, j’ai trouvé le chapitre sur les décorations assez indigeste, sans doute parce que je ne suis absolument pas manuelle. Par la force des choses donc, j’ai eu du mal à comprendre les explications. Des illustrations auraient donc été les bienvenues !

Les illustrations du livre elles sont jolies et rappellent bien évidemment la magie des Noëls de « dans le temps » ceux d’il y a très longtemps mais également ceux de l’enfance où le Bonhomme rouge n’était pas encore un prétexte pour que les enfants restent bien sages !

Ce livre est donc parfait pour se préparer aux fêtes de fin d’année. J’ai maintenant hâte d’y être, de préparer le sapin et le repas de noël mais surtout de retrouver ma famille !

 

Un_mot_des_titres

Pour cette nouvelle session du challenge un mot des titres de Calypso, il s'agissait de lire un livre dont le titre comportait le mot secret.

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(25/56)

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15 octobre 2011

John Irving, Dernière nuit à Twisted River

derni_re_nuit___twisted_riverQuatrième de couverture:

"Au nord du Nord, au pays des bûcherons et des flotteurs de bois -les draveurs -, il était une fois un petit cuisinier boiteux et son fils de douze ans, gamin impressionnable à l’imagination peuplée d’ours indiscrets. Ils avaient pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste, ivrogne, rusé, noiseur, faux illettré à l’intelligence incisive.

A l’image de la Twisted River torrentielle, ce récit d’une vengeance impitoyable bourlingue son lecteur d’ethnies en états sur trois générations, rencontre explosive entre l’Orient et l’Occident, comédie de mœurs culinaires, tragédie des portes mal fermées entre la splendeur d’une nature meurtrière et la quiétude imprudente du foyer.

Un chien héroïque, une Mustang bleue fantôme, une ange atterrie dans la fange : le chef Irving nous réserve toutes les surprises de son art consommé dans un roman qui se dévore et se déguste jusqu’à la dernière page. Bombe glacée pour tout le monde au dessert !"

 

Comme Valérie (lien de son billet) j'ai eu envie de lire ce livre après l'interview de John Irving dans la grande librairire, je l'avais acheté peu de temps après mais pas pris tout de suite le temps de le lire. Le challenge un mot un titre de Calypso était donc l'occasion de le sortir puisqu'il s'agissait de lire un livre avec le mot nuit dedans.

J'appréhendais la lecture parce que je n'avais pas tellement aimé le dernier Irving que j'avais lu et au final j'ai a-do-ré! J'ai certes parfois trouvé certains passages soit un peu longs soit un peu flous, mais globalement j'ai beaucoup apprécié cette lecture, les histoires de chacun mais surtout les personnages!

L'histoire, ou plutôt les histoires sont découpées en six parties chacune centrée sur un lieu et une époque allant de 1954 à 2005. On traverse les années avec Dominic Baciagalupo et son fils Daniel ainsi que leur ami Ketchum. Daniel aura à son tour un fils Joe. Trois générations d'hommes seuls "délaissés" par leur compagne ou leur mère ... Les femmes sont d'ailleurs assez peu présentes dans le roman et quand elles le sont elles font figure d'homme de par leur stature comme Pam Pack de six ou Jane l'Indienne. L'une des exceptions allant à Rosie.

Ce livre est tellement riche qu'il m'est difficile d'en faire état. John Irving nous livre ici une belle histoire sur l'amour paternel et le travail de la mémoire. La mémoire de l'écrivain mais aussi la mémoire des hommes. Qu'elle mène à du positif ou à du négatif. C'est les souvenirs du passé qui lient Dominic, Daniel et Ketchum, le fait d'avoir une histoire commune, pour le meilleur et pour le pire. Dominic ne tiendra jamais rancoeur à son fils et vice versa.

Le symbolisme de l'ours est présent dans tout le livre, c'est souvent la mort d'un ours qui annonce un changement dans la vie des personnages, que cet ours soit réel ou imaginé, celui de la poêle, Jane l'indienne, ou l'ours tué par le chien de Ketchum. Chacun annonce un départ et un recommencement. En ce sens j'ai toruvé qu'il était beaucoup plus intéressant que les ours qui peuplaient L'hotel New Hampshire!!

Une place importante est également laissé à la cuisine puisque Dominic est cuisinier, pour les bûcherons de Twisted River puis dans divers restaurants ensuite. La cuisine dans le livre est fédératrice, elle permet aux gens de se rassembler et crée des liens entre les personnages. C'est autour de la cuisine que l'histoire prend aussi des tournants importants: la recontre avec Carmella, l'arrivée du "cow boy" dans le restaurant de Boston, les deux anciennes cuisinières de Twisted River qui se retrouvent autour d'une pizza de Dominic etc.

John Irving en profite également pour aborder le traitement de l'écrivain par les médias américains, le patriotisme, la politique après le 11 septembre, les élections de 2000 puis celles de 2004, l'économie du bois, la vie rurale ...

Autant de thème qui sont abordés avec brio par l'auteur, qu'on n'adhère ou pas à son point de vue cela reste agréable et divertissant à lire. En bref donc un coup de maître pour Mr Irving dont j'avais également adoré Le monde selon Garp.

L'avis de Flo et Mango.

abc_challenge

(22/26)

Un_mot_des_titres

J'en profite également pour m'inscrire au challenge de Valérie sur John Irving

challenge_irving