l__quilibre_du_mondeQuatrième de couverture:

"Voici le grand roman de l'Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré traversé par le souffle d'un Hugo ou d'un Dickens. L'histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.Dans le même quartier vivent des personnages venus d'horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs des «intouchables» ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d'autres encore? À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement."

 

Je suis tout à fait d'accord avec la quatrième, Rohinton Mistry signe avec ce pavé de près de 900 pages un grand roman. Hugo et Dickens (s'ils étaient vivants) n'auraient pas à pâlir avec la comparaison de Mr Mistry. Moi j'ajouterai une comparaison supplémentaire, sans faire référence au côté philosophie des livres de Voltaire, les personnages m'ont un peu rappelé un Zadig qui essaie d'avancer malgré toutes les péripéties qui se mettent en travers de sa route!

Et des péripéties, toutes plus fâcheuses les unes que les autres les personnages vont en rencontrer!!! De nombreux personnages viendront alimanter le récit, mais l'on suit principalement Ishvar et Omprakash, un oncle et son neveu, tous les deux tailleurs bien que faisant partie de la caste des chamaars (ceux qui travaillent le cuir). Ils sont arrivés là pour gagner un peu d'argent afin de retourner vivre dans leur village avec un petit pécule ... Bien avant Omprakash, un homme a brisé les règles des castes pour envoyer ses fils en apprentissage chez un ami tailleur, et musulman. Bien assez de "fautes" pour éveiller la colère des castes dirigeantes! Cet homme c'est le grand-père d'Omprakash.

A la ville, on suit l'enfance et Dina, son entrée fastidieuse dans le monde adulte, la perte de son jeune époux. Dina est à la fois un personnage charmant et agaçant. Elle incarne ici les idées d'une caste supérieure, ses préjugés, son fonctionnement, sa supériorité. Et pourtant c'est le personnage qui va le plus évolué au fil de l'histoire, au contact humain des deux tailleurs mais également à celui du jeune Maneck, son hôte payant.

Maneck, jeune étudiant arrivé d'un petit village de montagne dans la grande ville perdra bien vite ses illusions de jeune naïf. Il apprendra toute l'injustice de son pays, la corruption des classes dirigeantes et du gouvernement indien de l'Etat d'urgence. Il est le ciment entre d'un côté les tailleurs, de l'autre Dina.

Chacun des personnages fera au cours du roman des rencontres plus ou moins heureuses. Les rencontres des uns se recouperont d'ailleurs parfois avec les rencontres des autres.

Rohinton Mistry nous montre toute l'absurdité du gouvernement d'Etat d'urgence en Inde, la confusion et l'injustice d'une population toujours plus nombreuse, d'un système de caste qui nourrit le ressentiment de chaque communauté, et qui maintient une partie de la population dans un état de soumission permanente. Il met à jour la corruption lors des élections, la corruption de la police, des propriétaires mais également la pauvreté des gens et la manière dont certains profitent de cela : les opportunistes mafieux comme le propriétaire du bidonville qui sera détruit par le gouvernement qui aura lui-même recruté ce "propriétaire" pour raser ces toits de taule insalubres, les agents du planning famillial qui promet un repas et un peu d'argent aux hommes et aux femmes qui acceptent la stérilisation, le maître des mendiants même qui certes protègent ses recrues, mais qui au final les exploite tout autant. L'on trouve chaque fois quelqu'un susceptible d'exploiter la misère de celui qui est un peu plus miséreux!

Il ne faisait pas bon vivre en Inde en ces années 1970-1980, une Inde où vous pouviez être raflé sur le trottoir pour une journée afin de gonfler les rangs d'un meeting du premier ministre, ou un mois pour effectuer les travaux du plan d'embellissant de manière tout à fait gratuite... où vous pouviez être soumis à une vasectomie sans demander votre reste simplement pour remplir des quotas, où l'on pouvait vous expulser de chez vous du jour au lendemain sans préavis ...

C'est un roman optimiste de part les quatres personnages forts et leurs valeurs, mais très dur en ce qui concerne les relations de pouvoir et le manque d'humanité de certains des personnages, prêt à tout pour un peu d'argent.

J'ai mis un certain temps à le sortir de ma PAL, c'est d'ailleurs grâce au challenge un mot des titres de Calypso que je l'ai lu et je ne regrette pas, je vous le recommande d'ailleurs chaudement (fin pas si vous êtes un peu déprimé!) Pour cette session le mot était monde.

Un_mot_des_titres

 

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  (2/27)