Notes de lecture

20 septembre 2017

Emmanuelle de Boysson, Les années solex

les années solex

Quatrième de couverture:

"Alsace, 1969. Lors d’un séjour chez ses grands-parents, avec Camille, sa cousine dévergondée, Juliette rencontre Patrice, adolescent rebelle dont elle tombe follement amoureuse. Leurs vacances riment avec insouciance, s’y mêlent les dernières notes de l’enfance que l’on voudrait ne jamais oublier. Pourtant, dès la rentrée, Juliette doit choisir entre son désir d’émancipation et les codes étriqués de son milieu. Cette idylle ne restera-t-elle qu’une belle échappée ?
Hymne à la fureur de vivre, Les Années Solex célèbre l’âge de tous les possibles. Pantalons pattes d’eph, foulards indiens, musique pop… autant d’évocations délicieusement nostalgiques qui ressuscitent une génération avide de liberté."

J'ai emprunté ce roman à la bibliothèque parce qu'il se passe en Alsace dans les années soixante-dix. L'histoire est assez banale, une jeune adolescente qui raconte sa vie d'adolescente. L'époque et le cadre le sont un peu moins. Juliette est issue d'un milieu favorisé. D'une famille bourgeoise de Mulhouse, elle s'entiche de Patrice, jeune adolescent un brin gauchise. On sent ici les mutations lointaines de cette époque, qui effleure à peine cette ville provinciale où les codes sociaux sont encore très importants. Le divorce est tabou, les classes se mélangent peu, tout comme les filles et les garçons à l'école. La cousine, Camille, et sa mère indirectement, viendront bouleverser tout ce petit monde et apporter un peu de ce vent de folie soixante-huitard.

L'écriture en elle-même ne m'a pas plus accrochée que ça. Le récit est intéressant mais il y manque un peu de passion. Juliette est finalement très sage et ne m'a pas inspirée beaucoup d'empathie. Le gros plus du roman c'est donc son cadre. J'ai beaucoup apprécié me promener dans la campagne Alsacienne, j'ai reconnu certains lieux, en ai noté d'autres, et bien sûr maintenant j'ai quand même envie d'aller voir Mulhouse, après ces quelques années à Strasbourg, il serait temps!

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13 septembre 2017

Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste

Celle-qui-fuit-et-celle-qui-reste

Quatrième de couverture:

"Après L’amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est la suite de la formidable saga dans laquelle Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila. 
Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’École normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux sœurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix. 
Celle qui fuit et celle qui reste n’a rien à envier à ses deux prédécesseurs. À la dimension historique et intime s’ajoute même un volet politique, puisque les dix années que couvre le roman sont cruciales pour l’Italie, un pays en transformation, en marche vers la modernité."

Risques de spoil pour ceux qui n'ont pas lu les deux premiers livres!!

Cela fait des semaines que je dois vous parler de ce troisième tome de L'amie prodigieuse, mais que dire qui n'a pas déjà été dit? J'ai retrouvé un peu de la fraîcheur du premier tome, je ne regrette donc aps d'avoir persévérer malgré ma petite déception pour Le nouveau nom.  Le récit se focalise sur Elena et sa nouvelle vie à Florence auprès de son mari, sur sa difficulté à écrire de nouveau mais aussi sur la difficulté à tenir son rôle de mère et d'épouse auquel elle semble vouloir se cantonner. En cela elle rejoint un peu le caractère de Lila, ce rôle ne lui va pas du tout. Lila est encore bien présente, même si Elena n'existe plus par elle. On retrouve son tempérament bien trempé dans son engagement politique, un peu malgré elle d'ailleurs. C'est justement l'aspect politique qui donne un souffle nouveau au récit. Bien loin des intrigues adolescentes, ce troisième tome s'attardent sur les conflits sociaux entre petits ouvriers et grand patronnat qui ont marqué l'Italie dans les années soixante-dix. Le décalage avec le quartier de Naples se fait de plus en plus sentir. Le sort réservé aux filles du quartier n'est pas du tout enviable, même celles qui à priori sont à l'abri du besoin et vivent dans un confort matériel avéré. Elena a bien fait de s'en aller. Pour autant est-ce que sa vie à elle est plus enviable? Loin de là.

Un personnage se détache encore et toujours de cette misère, c'est Nino Sarratore, qui exerce une influence toute particulère sur Elena, et sur els femmes en général. Aura assez difficilement compréhensible pour une jeune femme de notre époque, il est à baffer ce Nino!!

Mes souvenirs sont assez confus, mais j'ai vraiment passé un très bon moment de lecture, même si le sentiment principal que j'en retiens, c'est que je suis contente d'être une femme à notre époque, d'être indépendante, et d'avoir ma vie, parce que la condition féminine de l'époque est assez révoltante.

 

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10 septembre 2017

Garth Risk Hallberg, City on fire

City-on-fire

Quatrième de couverture:

"31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu'à l'autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell's Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d'invitation. Et s'il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l'occasion d'en apprendre plus sur lui, l'ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s'écroule dans la neige.

Qu'est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s'entremêler jusqu'au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais..."

Ce livre c'est un peu mon roman du mois d'août ... 970 pages et des poussières, le poids d'un gros gigot qui m'aura valu quelques crampes aux poignets (non c'est pas vrai mais presque, il fallait que je le pose sur un coussin), il m'a accompagné à Lyon, en Provence, a prolongé son séjour sur mon canapé, pour être finalement vite terminé avant la rentrée! Bon tout ça on s'en fiche, qu'est ce que j'en ai pensé?

Et bien ... J'ai globalement beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très riche, bien documenté et assez prenant, en même temps, quand on frôle les 1000 pages y a plutôt intérêt à ce que l'histoire soit faite de rebondissements et révélations si on ne veut pas perdre son lecteur!!

Sauf que pour pouvoir l'apprécier il faut quand même se farcir quelques chapitres un peu longuets et pas très palpitants, donc il faut faire preuve d'un peu de tenacité malgré tout! Heureusement des "interludes" viennent donner un nouveau souffle à l'écriture, ils sont composés de journaux, lettres et autres photos. D'ailleurs, la narration est elle-même assez vivante, bien qu'un peu dense. On fait des bonds en arrière pour mieux revenir au présent, les quelques mois qui ont suivi ce réveillon de 1976. On suit plusieurs personnages, tous intimement liés à l'intrigue principale, d'une manière plus ou mois explicite. Chaque chapitre vient dénouer l'intrigue, jusqu'au coup final... qui s'avère assez compliqué, fort de la machination d'une ou plusieurs personnes. Les manipulés sont manipulateurs et inversement. C'est assez déroutant et il faut parfois s'accrocher pour bien tout comprendre. Ce n'est d'ailleurs pas ce que j'ai préféré dans le roman.

Ce que j'ai préféré c'est New York, personnage à part entière, le New York de 1976, loin de celui que j'ai vu ce printemps donc, mais en même temps tellement semblable, en tout cas pour ce qui est de l'East Village. J'ai vraiment apprécié retrouver les divers endroits que j'ai pu voir de mes propres yeux, et je pense que si j'avais lu ce livre avant mon séjour je ne l'aurais pas autant apprécié. Chaque quartier a son ambiance bien particulière, et tout ça se mélange peu, ou en tout cas, les mélanges ne sont pas des plus heureux. 

Les personnages sont parfois caricaturaux mais sont finalement intéressants, surtout Regan, Mercer et Charlie. Pour les autres je suis un peu moins enthousiastes, ils m'ont agacée. C'est mon petit côté intolérante à l'auto-appitoiement. Je reconnais en avoir confondu certains d'ailleurs. Si vraiment je devais qualifier ce roman d'un seul adjectif ce serait nébuleux! Beaucoup de personnes, de lieux, de faits, d'histoires, de souvenirs, qui concourent tous en un même point. Je me rends compte que je ne dois pas tellement donner envie de le lire, mais si vous aimez les histoires longues, les secrets de famille et le New-York des années 1970 vous ne bouderez pas votre plaisir.

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

pave-2017-small

 

(challenge pavé de l'été chez Brize - 970 pages)

objectif pal

 

(16/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -1-)

01 septembre 2017

Joyce Maynard, Long week-end

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Quatrième de couverture:

"Cette année 1987, une chaleur caniculaire s'abat sur la côte Est pendant le long week-end de Labor Day. Henry a treize ans, vit avec sa mère, ne supporte pas la nouvelle épouse de son père, aimerait s'améliorer au base-ball et commence à être obsédé par les filles. Jusque-là, rien que de très ordinaire, sauf que sa mère, elle, ne l'est pas. Encore jeune et jolie, Adele vit pratiquement retirée du monde et ne sort qu'en de rares circonstances. La rentrée des classes qui approche la contraint à conduire son fils acheter vêtements et fournitures au centre commercial. Et là, planté devant le présentoir des magazines où il essaye de feuilleter Playboy, Henry se heurte à Frank, ou plutôt Frank s'impose à Henry : Frank, un taulard évadé, condamné pour meurtre... Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se révélant un peu plus au fil des heures. Et, vingt ans plus tard, avec émotion et humour, Henry révélera les secrets de ce long week-end qui lui a appris à grandir... "

La rentrée des classes c'est aussi l'occasion de se plonger dans le mois américain! Youhou et qui mieux que Joyce Maynard pour nous ammener sur les chemins d'une petite ville du Nord des Etats-Unis? Je voulais participer à la lecture commune d'aujourd'hui et c'était le seul titre disponible à la bibliothèque, j'appréhendais un peu parce que j'ai vu l'adaptation avec Kate Winslet et Josh Brölin mais finalement mes craintes ont vite laissé la place au plaisir de retrouver ces personnages.

Joyce Maynard y décrit parfaitement le côté figé d'une petite ville en pleine canicule. Ce long weekend c'est d'ailleurs ce weekend-ci qu'il a lieu à l'occasion du Labour Day. Chacun s'apprête à passer un weekend en famille, chez soi au bord de la piscine ou à s'éloigner vers la mer ou la montagne pour prendre le frais. Ce n'est pas le cas d'Henry et sa mère Adele. Adele est ce qu'on pourrait appeler une originale... C'est peut-être ce qui a poussé Frank à venir vers elle et Henry pour se cacher à la suite de son évasion de prison.

C'est presque un huis-clos qui va se dérouler dans la maison d'Adele, quelques personnes extérieures interviendront mais la famille ne quittera pas la maison et le jardin. Le lecteur est submergé par cette parenthèse hors du temps, où tout est ralenti, écrasé par la chaleur. Mais ce qui est encore plus présent c'est la sensualité qui se dégage des deux personnages, sensualité très bien retranscrie dans le film, notamment dans la fameuse scène de la tarte à la pêche. Henry, le narrateur se retrouve au milieu de ce couple incongru, il parle de sa mère avec un oeil assez fin, nous raconte l'histoire de Frank et se pose aussi les questions d'un adolescent de son âge. Il peine à trouver sa place, dans sa vie, mais aussi finalement dans ce nouveau trio qu'ils vont former le temps d'un weekend. J'ai vraiment apprécié cette lecture, sans doute celui que je préfère pour l'instant de l'auteur.

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

Titine a lu L'homme de la montagne et Sylire Un jour tu raconteras cette histoire.

 

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30 août 2017

Graham Swift, Le dimanche des mères

le dimanche des mères

Quatrième de couverture: "Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie. 
Graham Swift dépeint avec sensualité et subtilité une aristocratie déclinante, qui porte les stigmates de la Première Guerre – les fils ont disparu, les voitures ont remplacé les chevaux, la domesticité s’est réduite… Il parvient à insuffler à ce court roman une rare intensité, et célèbre le plaisir de la lecture et l’art de l’écriture."

Je suis assez partagée quant à mon ressenti sur ce roman. Cela fait d'ailleurs plus d'un mois que je dois vous en parler mais je ne savais pas vraiment quoi vous dire.

Je suis partagée parce que je m'attendais à tout autre chose, je pensais y retrouver une touche De Downtown Abbey, mais pas tellement en fait. Hormis le début, et la fin, ainsi que quelques réminiscences de Jane, ce roman est un huis-clos, entre la femme de chambre et son amant Paul, fils d'aristocrates. Tout ou presque se déroule dans la chambre de ce dernier. Rien de choquant en soi puisqu'il s'agit comme la quatrième de couverture l'indique de leur dernière "entrevue" avant le mariage de Paul. Il est d'ailleurs intéressant de lire les passages sur la relation qui s'est nouée au fil du temps entre les deux personnages.

Je crois que ce qui m'a le plus gênée dans ma lecture c'est l'écriture. Ce n'est pas mal écrit, au contraire, c'est une écriture fluide et plaisante à lire, mais je l'ai trouvée un peu en décalage avec le sujet, avec l'époque. Je l'ai trouvé peut-être un peu trop moderne. En fait, je m'attendais à lire quelque chose au charme désuet de la première moitié du 20 ème siècle mais pas tout à fait. C'est pourquoi je suis partagée, je ne peux pas dire que j'ai passé un moment désagréable, ce serait faux mais ce n'est pas ce que j'attendais de ce roman. 

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