Quatrième de couverture:
"Nana est une oeuvre maîtresse d'Emile Zola. Courtisane à la beauté provocante, Nana ruine tous ceux qui la désirent. Elle incarne les faiblesses d'une société corrompue, assoiffée de jouissance qui va basculer dans le drame de la guerre. Cette peinture audacieuse et acide de la débauche valut a Zola d'être accusé d'obscénité, mais confirma son talent de romancier, et sa puissance d'évocation."
J'ai lu Nana il y a quelques années, je l'avais moyennement apprécié, du coup j'hésitais à la relire, mais puisque j'ai entrepris de lire tous les Rougon-Macquart dans l'ordre, autant faire les choses correctement! Pas si correctement que ça parce que j'ai lu ce livre pendant mes vacances au Portugal, sans prendre de notes et qu'il m'est maintenant difficile de rassembler mes souvenirs pour écrire un billet digne de ce nom!
J'ai eu peur avec les tous premiers chapitres, je me suis ennuyée, cette multitude de personnages, de gens, les coulisses du théâtre etc, ne m'ont pas du tout intéressée! Puis Nana s'établit une réputation, les hommes gravitent autour d'elle, elle fait plier les plus grands, les plus droits, et je me suis prise à ces mondanités, à cette haute société faite de bassesses et de dissimulation. Nana orchestre tout ça pour sa propre gloire, son confort matériel et sa renommée, alors que finalement elle n'est qu'une prostituée de basse extraction, qui grâce à l'appui de certains a su se faire un nom. Elle est loin en effet la jeune Nana fille de blanchisseuse du quartier de la Goutte d'Or. Elle se joue des hommes, se sert de ses amis.
Cela n'est pas étonnant que Zola fût accusé d'obscénité avec ce roman, si pour nous, lecteurs du 21e sicèle les scène d'amour ne sont pas chocante, pour l'époque, avec tous ces hommes mariés, mais aussi la tromperie, le langage cru, le mélange des classes sociales, les quelques références à l'homosexualité ont d^en choquer plus d'un! Les scènes d'opulences, qui mettent en avant le corps de Nana mais aussi l'attraction qu'elle suscite sont nombreuses, elles culminent avec la scène de l'hippodrome, qui annonce la chute de certains de ses amants et la sienne toute proche.
Je ne regrette pas cette reclture, j'ai mieux apprécié le texte de Zola, là où la première fois je n'avais vu qu'une vulgaire prostituée prête à tout pour arriver à ses fins, cette fois j'ai aimé toutes ces ficelles, tous les stratagèmes mis en place pour faire succomber les uns et les autres, mais aussi la symbolique autour du personnage de Nana, cette femme qui mange tout sur son passage, ainsi que la critique ouverte de la bourgeoisie, corrompue et vicieuse.