13 avril 2011

Katarina Mazetti, Le caveau de famille

 

le_caveau_de_famillePrésentation de l’éditeur :

« Elle c’est Désirée, la bibliothécaire, et lui c’est Benny, le paysan. Elle dévore avec autant d’ardeur livres et produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pur toujours. Et si ça marche… »

Ce deuxième tome est un peu décevant par la tournure que prennent les choses mais l’écriture est toujours aussi fluide et agréable et j’aime beaucoup l’humour de Katarina Mazetti c’était donc tout de même un moment agréable même si ça m’a parfois mise hors de moi !

J’vais sûrement paraître un peu égoïste mais dans ce deuxième volet, Désirée est l’archétype de la femme que je n’aimerais pas devenir. Celle qui sacrifie sa vie pour l’autre, pour l’autre ou même simplement pour avoir un enfant. Le mec de la tombe d’à côté posait la question des concessions à faire ou non dans un couple mais là il est question de beaucoup plus que ça. Il est selon moi, carrément question d’un abandon de soi, de ce qui fait la personnalité au départ de Désirée qu’elle renie totalement.

Benny quant à lui est l’archétype de l’homme que je ne voudrais pas épouser (un peu à l’image de mon père d’ailleurs). L’homme des cavernes  par excellence. Celui qui ne se remet jamais en question, à qui tout est dû et qui n’est jamais reconnaissant des efforts et des sacrifices des autres. Parce qu’honnêtement, lui quels sacrifices il fait dans l’histoire ? AUCUN !! Il m’a énervée plus d’une fois, voire même horrifiée, son étroitesse d’esprit, sa vision de la femme, j’avais envie de lui botter les fesses !

C’est en relisant mes notes que je me rends compte qu’au final la couverture du livre prend tout son sens ! Si c’est ça construire une famille moi je dis non merci ! (et même pas merci d’ailleurs !)

Deux extraits du début du livre, quand Benny et Désirée ne sont pas encore à nouveau officiellement un couple, et qui m’ont fait penser à une situation vécue :

« J’aurais dû comprendre ce que je risquais. Subitement j’avais réactualisé un passé douloureux, j’en avais fait un présent.  […] Comment allais-je pouvoir le restituer après l’avoir utilisé juste un tout petit peu et le rendre à la femme qui avait davantage de droit sur lui, puisqu’elle lui donnait exactement ce qu’il voulait. »

«  C’était comme si nous nous appliquions à nous duper nous-mêmes, à grappiller trois nuits de rab avant de ficher la paix à notre histoire embrouillée et impossible. Jamais je n’ai autant joui du sexe, jamais je ne me suis sentie aussi près de quelqu’un - mais c’était peut-être parce que j’avais conscience qu’il n’y aurait pas de suite ? Que c’était un adieu infiniment triste, un adieu que notre relation aurait mérité de ne jamais connaître. »

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11 avril 2011

Katarina Mazetti, Le mec de la tombe d'à côté

 

le_mec_de_la_tombe_d___c_t_Présentation de l'éditeur

« Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures. »

 

J’avais trois bonnes raisons de lire Le mec de la tombe d’à côté. D’abord, la couverture, j’aime beaucoup, ce petit cœur rouge dans la main m’accrochait l’œil chaque fois que je passais devant, ensuite le titre que je trouvais assez intriguant et enfant les nombreux billets que j’ai rencontré sur la blogo ! Et Will, mon gâteur professionnel attitré m’a donné une 4e raison de le lire puisqu’il me l’a offert ! Et il a bien fait de choisir ce titre parce que je me suis régalée ! L’histoire est simple, les personnages sont simples (voire même simplets quand même), l’écriture est simple elle aussi, de quoi donc passer un agréable moment sans trop se prendre la tête, sourire et même parfois être émue. Merci Will ;)

Bon par contre j’avoue que le personnage de Benny m’a quand même beaucoup exaspérée, je trouve que son point de vue sur els femmes est tout à fait réducteur : «J’aime les femmes dont l’apparence clame : » Regardez-moi, voyez ce que j’ai à offrir ! » Je me sens presque flatté. Elles doivent avoir du rouge à lèvres brillant et de petites chaussures pointues, avec de fines lanières, et remonter de préférence leurs seins sous votre nez. Rien à foutre si le rouge à lèvre s’étale, si la robe est trop serrée sur les bourrelets si de fausses perles géantes se bousculent au tour du cou. – tout le monde ne peut pas avoir bon goût, c’est l’effort  qui compte. » C’est Virginie Despentes qui serait contente ! Non mais honnêtement il se prend pour qui le Benny ? parce qu’en matière de look il a pas l’air au top et  honnêtement j’ai eu l’impression parfois qu’il sortait tout droit du Moyen-Age !  J’avais envie de le baffer et de lui dire ouvre les yeux mecs on est au 21 siècle !

L’histoire soulève une question centrale dans le couple : doit-on faire des concessions ? Jusqu’à quel point ? Qui les fait ? Est-ce qu’il doit y avoir un souci d’équité, genre donnant-donnant ? Ou au final est-ce qu’une seule personne fait des sacrifices et l’autre tire toujours un peu plus sur la corde ? N’est ce pas au final se renier soi-même ?

Les modes de vie très différents des personnages soulèvent également l’éternel débat entre la raison et la passion. Mieux vaut trouver quelqu’un avec qui l’on s’entend bien et qui correspond à nos attentes même s’il n’y a pas la petite flamme de passion, le truc en plus ? Ou mieux vaut écouter simplement son cœur et se lancer dans une histoire abracadabrante même si au fond on a dès le départ conscience qu’elle ne peut fonctionner qu’un temps et ne mènera finalement nulle part ?

Qu’en pensez-vous ?

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