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Notes de lecture
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12 avril 2014

Annelise Heurtier, Sweet Sixteen

sweet sixteen

Quatrième de couverture:

"-Quand est-ce que tu avais prévu de nous en parler ? As-tu pensé aux conséquences de ta décision ? As-tu seulement compris que tu vas nous mettre en danger ?
Molly était d’abord restée sans voix, la bouche ouverte, hébétée.
– Un paquet de Noirs se sont fait lyncher, et pour moins que ça, ma petite fille ! avait hurlé sa mère.
Rentrée 1957.
Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neufs à tenter l’aventure. Il sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher. "

 

J'avais découvert ce roman jeunesse chez Valérie et elle me 'la offert pour mon anniversaire, je l'ai laissé un peu traîner avant de l'ouvrir et j'ai eu tort! Bien sûr le contexte historique dans lequel s'ancre cette histoire me tient à coeur comme vous le savez. Et tout au long de l'histoire j'ai eu en tête le tableau de Norman Rockwell que j'étudie en général avec mes 4e (à la fin du billet).

C'est un roman fort, qui suit la petite Molly du moment où elle prend la décision d'intégrer le lycée de sa ville avec 8 autres lycéens noirs. Autant vous dire que cela ne se passe pas aussi bien que prévu, les élèves blancs, et leurs parents sont tous hostiles à leur présence, à tel point que pendant un an les élèves noirs sont personnellement accompagné par un soldat de l'armée américaine. En effet, la mixité dans les écoles étaient à l'époque une décision du gouvernement fédéral, que certains gouverneurs d'Etat, principalement dans le sud se refusaient de mettre en application, ou en tout cas n'y mettaient aucune bonne volonté convaincu qu'ils étaient de l'infériorité des noirs.

Annelise Heurtier nous plonge dans l'univers des adolescents, aussi, voire encore plus racistes que leurs parents. Les épreuves subies par Molly sont encore plus dures à admettre qu'elles viennent d'enfants de son âge. L'alternance ces chapitres nous montre le mode de pensée des blancs de l'époque et c'est effrayant, cela permet de mieux comprendre comment et pourquoi finalement l'égalité a été très difficile à mettre en place. On sent chez Grâce une réflexion un peu moins tranchée, même si elle aussi fait preuve de racisme, elle s'interroge sur le bien fondé de ce mode de fonctionnement. Je pense que ce livre peut toucher les adolescents, leur faire mieux comprendre le contexte de l'époque. J'aimerais pouvoir en étudier un extrait peut-être en anglais avec mes élèves.

Pour ma part, j'ai apprécié cette lecture mais ce n'est pas le coup de poing que j'attendais. Certes le personnage de Molly, son courage et sa détermination m'ont touchée, les jeunes lycéennes m'ont profondément agacée, mais j'ai trouvé la fin un peu trop rapide. Le récit va crescendo c'est normal mais le retournement de situation arrive peut-être un peu trop rapidement, ou en tout cas sa résolution, du coup ça laisse un petit goût d'inachevé!

Valérie (merci pour la découverte), Lilly et Enna ont toute les trois apprécié également.

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challengeus1

 

(14)

lire sous la contrainte

 

(GN + EPITHETE: 1)

objectif pal

 

(16/78)

challenge petit bac

( MOMENT: SWEET SIXTEEN)

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18 janvier 2014

Brady Udall, Le destin miraculeux d'Edgar Mint

le destin miraculeux

Quatrième de couverture:

" Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant, où, un matin d'été, la roue arrière gauche de la Jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos. " Edgar Mint pourrait être aux années 2000 ce que Garp fut aux années 1980. Après Lâchons les chiens, Brady Udall s'impose, avec ce roman inclassable et génial, comme une des grandes révélations de la littérature américaine contemporaine."

c'est un livre un peu opaque au début parce qu'il faut entrer dans le style et l'univers de Brady Udall. Mais, une fois qu'on y est, c'est parti jusqu'à la fin! On est emporté et on vit les aventures du petit Edgar.

Le personnage d'Edgar est bien sûr le centre du roman, il en est aussi le narrateur. Nous le suivons de son enfance, le jour où la jeep de la poste lui a roulé dessus, jusqu'à l'âge adulte.Le roman est divisé en plusieurs parties selon les endroits où Edgar aura séjourné. D'abord dans la réserve de San Carlos où il vit avec sa mère et sa grand-mère. Il en garde peu de souvenirs puisque c'était avant l'accident. L'histoire d'Edgar débute donc vraiment à l'hôpital Sainte-Divine où il se fait un ammi, Alt, un vieil homme, veuf et alcoolique. C'est là également où il rencontrera le jeune médecin qui lui a sauvé la vie et qui le poursuivra pendant des années. Sainte-Divine sera pour Edgar le point de référence mais il le quittera pour le pensionnat Willie Sherman, puis Richland et la Pensylvannie.Le moins que l'on puisse dire c'est que l'école Willie Sherman fait froid dans le dos, c'est la loi du plus fort qui prévaut et tous les coups sont permis. Autant dire que pour Edgar, garçon frêle à la tête difforme, quasiment orphelin, c'était un combat de tous les instants.

La narration, bien que faite avec du recul raconte toutes les aventures et épreuves qu'Edgar a traversées au fil des années et des lieux. C'est un garçon intelligent, qui découvre la vie et l'analyse par le prisme de ce qu'il a déjà vécu. La fin est pour le moins surprenante mais elle vient bien clore cette enfance tumultueuse. Ce qui n'a cessé de me surprendre tout le long du récit c'est que régulièrement Edgar parle de lui-même à la troisième personne du singulier et puis l'air de rien, revient à la première personne, parfois dans le même petit paragraphe. Comme si, ce récit extraordinaire était parfois trop pour ses propres épaules. Sans jamais une plainte, son récitet même les anecdotes les plus difficiles sont toujours teintées d'un humour un peu grinçant. L'enfant fait parfois preuve d'une autodérision touchante. J'ai souvent été émue, et même parfois révoltée ... Je crois que John Irving n'a pas à pâlir de la comparaison qui est établie avec Garp.

En bref il ne vous reste plus qu'à découvrir ce livre...

challengeus1

 

(11)

lire sous la contrainte

 

(2/2: nom de famille)

objectif pal

(5/78)

 

16 octobre 2010

Richard Van Camp, Les délaissés

les_delaissesQuatrième de couverture : « Fort Simmer, Territoires du Nord-Ouest, Canada. Nouvelle année scolaire et nouveaux enjeux pour Larry, seize ans, un Indien dogrib. Il devient le meilleur ami de Johnny, turbulent, grande gueule, détesté ; et il fond devant Juliet Hope, la plus belle fille du lycée qui lui préfère... Johnny. Quel avenir pour cette relation triangulaire, rythmée par le heavy metal, l'alcool et la fumette.

Mais Larry n'a hélas pas que des amis : il se fait souvent tabasser par les Blancs. Certes son talent de conteur lui est d'un grand secours, mais quelle est cette histoire d'incendie, d'enfant brûlé et de brutalités qu'il aime raconter ? Réalité ou fiction ? Souvenirs ou hallucinations ? Pourquoi Larry entretient-il des rapports si tendus avec sa mère ? Et que s'est-il passé avec son père ?

Un roman où la rage de vivre l'emporte sur la violence des événements.

Un roman où la réconciliation, avec soi-même et les autres, s'associe aux rêves d'une vie meilleure
. »

 

Tout d’abord un grand merci aux Editions Gaïa et à Blog-O-book qui m’ont permis de passer un agréable moment en compagnie de Larry !

Le ton est donc donné, j’ai apprécié cette lecture. J’ai un peu de mal à lire ces derniers temps à cause du travail (et encore plus à tenir mes billets à jour !) et l’écriture de Richard Van Camp est assez fluide pour m’avoir tenue en haleine pendant deux heures sans me lasser de ses personnages un peu loufoques et parfois désolants. Et oui désolants ils le sont. J’ai parfois eu l’impression de me retrouver en face de mes élèves et me suis sentie tout aussi désarmée et pourtant je me suis quand même attachée à Larry et son ami Johnny et même à Juliet. De la même manière qu’on finit par s’attacher à certains élèves… Nous sommes donc plongés dans les quartiers assez défavorisés d’une petite ville du Canada mais les préoccupations ce ses adolescents sont assez semblables j’imagine à toutes les préoccupations des adolescents, même si au final je n’ai pas l’impression que l’histoire se place dans un contexte actuel, je l’imagine plus facilement fin des années 80 début des années 90. Qu’en pensez-vous ?

Les références à la chasse, aux chiens de traineaux, aux communautés indiennes m’ont rappelé mon séjour au Québec et j’ai aimé être replongée dans cet univers. Même si finalement je n’arrive toujours pas à comprendre comment il est possible, à notre époque, de trouver encore des réserves d’Indiens mais bon il n’est pas question de ce débat dans le livre.

On a en filigrane de l’histoire toute la tradition orale des tribus indiennes avec les histoires de Larry, on devine que ces histoires son sa propre histoire mais on imagine difficilement qu’elle puisse être vraie. Et pourtant son corps porte la trace que c’est bien réel. Il n’y a pourtant aucune indication temporelle de quand ça s’est passé, l’âge qu’il pouvait bien avoir ni combien de temps il lui a fallut pour guérir ce qui accentue le sentiment d’irréel, de conte raconté par un gamin un peu paumé pour se prouver qu’il existe, pour avoir une certaine légitimité face aux autres. Cette légitimité il la trouve bien sûr grâce à son ami Johnny qui devient un peu son modèle et qui l’embarque dans des plans plus foireux les uns que les autres et qui au final s’avèrera être le plus faible des deux.

Larry finira par se trouver grâce à la figure paternelle  de Jed qui dès son apparition dans l’histoire semble « calmer un peu le jeu ». Un personnage très touchant selon moi, de même que Donny, le petit frère de Johnny.

On ressort de cette lecture avec le sentiment d’avoir rencontré des gamins un peu perdus, sans repères, sans figure d’autorité à laquelle se raccrocher, sans affection et qui se cherchent encore, qui tentent de se construire leur propre identité.

10 septembre 2017

Garth Risk Hallberg, City on fire

City-on-fire

Quatrième de couverture:

"31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu'à l'autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell's Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d'invitation. Et s'il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l'occasion d'en apprendre plus sur lui, l'ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s'écroule dans la neige.

Qu'est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s'entremêler jusqu'au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais..."

Ce livre c'est un peu mon roman du mois d'août ... 970 pages et des poussières, le poids d'un gros gigot qui m'aura valu quelques crampes aux poignets (non c'est pas vrai mais presque, il fallait que je le pose sur un coussin), il m'a accompagné à Lyon, en Provence, a prolongé son séjour sur mon canapé, pour être finalement vite terminé avant la rentrée! Bon tout ça on s'en fiche, qu'est ce que j'en ai pensé?

Et bien ... J'ai globalement beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très riche, bien documenté et assez prenant, en même temps, quand on frôle les 1000 pages y a plutôt intérêt à ce que l'histoire soit faite de rebondissements et révélations si on ne veut pas perdre son lecteur!!

Sauf que pour pouvoir l'apprécier il faut quand même se farcir quelques chapitres un peu longuets et pas très palpitants, donc il faut faire preuve d'un peu de tenacité malgré tout! Heureusement des "interludes" viennent donner un nouveau souffle à l'écriture, ils sont composés de journaux, lettres et autres photos. D'ailleurs, la narration est elle-même assez vivante, bien qu'un peu dense. On fait des bonds en arrière pour mieux revenir au présent, les quelques mois qui ont suivi ce réveillon de 1976. On suit plusieurs personnages, tous intimement liés à l'intrigue principale, d'une manière plus ou mois explicite. Chaque chapitre vient dénouer l'intrigue, jusqu'au coup final... qui s'avère assez compliqué, fort de la machination d'une ou plusieurs personnes. Les manipulés sont manipulateurs et inversement. C'est assez déroutant et il faut parfois s'accrocher pour bien tout comprendre. Ce n'est d'ailleurs pas ce que j'ai préféré dans le roman.

Ce que j'ai préféré c'est New York, personnage à part entière, le New York de 1976, loin de celui que j'ai vu ce printemps donc, mais en même temps tellement semblable, en tout cas pour ce qui est de l'East Village. J'ai vraiment apprécié retrouver les divers endroits que j'ai pu voir de mes propres yeux, et je pense que si j'avais lu ce livre avant mon séjour je ne l'aurais pas autant apprécié. Chaque quartier a son ambiance bien particulière, et tout ça se mélange peu, ou en tout cas, les mélanges ne sont pas des plus heureux. 

Les personnages sont parfois caricaturaux mais sont finalement intéressants, surtout Regan, Mercer et Charlie. Pour les autres je suis un peu moins enthousiastes, ils m'ont agacée. C'est mon petit côté intolérante à l'auto-appitoiement. Je reconnais en avoir confondu certains d'ailleurs. Si vraiment je devais qualifier ce roman d'un seul adjectif ce serait nébuleux! Beaucoup de personnes, de lieux, de faits, d'histoires, de souvenirs, qui concourent tous en un même point. Je me rends compte que je ne dois pas tellement donner envie de le lire, mais si vous aimez les histoires longues, les secrets de famille et le New-York des années 1970 vous ne bouderez pas votre plaisir.

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

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(challenge pavé de l'été chez Brize - 970 pages)

objectif pal

 

(16/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -1-)

12 novembre 2013

Lecture commune: Laura Kasischke, Esprit d'Hiver

esprit d'hiver

Quatrième de couverture:

"Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant..."

Voilà un court roman qui fait un peu l'effet d'un coup de poing. Je n'utilise pas le terme coup de poing dans le sens où le retournement de situation final est surprenant, ou dans le sens d'un coup de coeur, mais plutôt parce que j'ai eu l'impression d'être en apnée tout au long de ma lecture pour n'avaler une goulée d'air qu'en tournant la dernière page. Et ce fût presque le cas puisque j'ai lu ce roman en deux fois. Laura Kasischke semble maîtresse en l'art. J'avais eu cette impression également avec un oiseau blanc dans le blizzard. J'ai apprécié cette lecture, même si le terme apprécié n'est pas vraiment approprié, pour moi un bon livre c'est un livre que vous n'avez pas envie de quitter avant d'en connaître la fin, dans ce cas je considère qu'Esprit d'hiver est un bon livre.

Pourtant, on tourne en rond. Les actions sont répétitives, le vase clos entre la mère et la fille, les dialogues de sourd, les répétitions, comme si la mère était devenue monomaniaque sont anxiogènes et laisse l'impression d'un mauvais rêve tourné au ralenti, vous savez ce genre de rêves où quoi que vous fassiez vous êtes quand même en retard parce que vous n'avancez pas, et bien c'est ce que j'ai ressenti. De plus, j'ai pressenti le retournement de situation assez tôt dans ma lecture, ne sachant pas quel personnage exactement il concernait mais j'avais quand même deviné juste.

Je ne peux pas dire que j'ai apprécié les personnages, ni la mère que j'ai eu envie de secouer un peu, ni la fille que j'ai trouvé un peu égoïste et trop parfaite. Par contre j'ai aimé les souvenirs, ceux de l'adoption en Russie. J'ai trouvé que l'auteur les a rendu très vraisemblables. Ces souvenirs reviennent en vague pour apporter des éclaircissements au lecteur, mais aux personnages également, ce qui était enfouie permet de mieux comprendre les évènements. 

En bref ce fût une bonne lecture même si elle m'a value quelques suées :p c'est pourquoi je ne lui mettrai qu'un 13/20 malgré tout. Je remercie Priceminister pour m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2013

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1 % 2013

(2/6)

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(6)

challenge romancières américaines

(3)

 

Pour les billets des blogueuses qui ont partagé cette lecture commune c'est par ici: Géraldine,  Lecturissime et Cynthia

 

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5 juin 2016

Meurtres à l'anglaise: Anne Perry, L'étrangleur de Cater Street

l'étrangleur de Cater Street

Quatrième de couverture: 

 "Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les codes et manières victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock. Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série victorienne , la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard. Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone."

J'ai un avis assez mitigé sur cette lecture. J'ai apprécié l'ancrage dans l'époque Victorienne. Les codes de la société de l'époque, cette famille typique de la bourgeoisie londonienne qui ne pense qu'à marier ses filles. Même la grand-mère aigrie y est! J'ai aimé le personnage de Charlotte, qui ne s'en laisse pas compter, et semble n'en avoir que faire de finir vieille fille, bien que ce soit l'une des préoccupations principales de sa famille. Mon personnage préféré étant celui de l'inspecteur Thomas Pitt qui se fiche complètement de tous ces codes, qui va droit au but, non sans une pointe d'humour un peu grinçant. L'atmosphère un peu sombre du meurtre de ces femmes aux moeurs légères, Cater Street et ses petites ruelles, je pouvais presque entendre les roues des voitures sur le pavé un jour de pluie... 

Mais je n'ai pas été convaincue par l"intrigue en soi, j'ai deviné, ou presque, le coupable très rapidement, et j'ai trouvé la résolution à la fois trop lente à venir, et en même temps baclée, le dénouement est à mon sens un peu trop facile... "Comme par hasard" j'ai eu envie de dire... Le deuxième point négatif sont les personnages de la famille Ellison, les deux soeurs m'ont agacée, le beau-frère encore plus, la mère est complètement inutile et le père carrément détestable. Je donnerai néanmoins leur chance à Charlotte et Thomas et lirai le second volume, juste pour voir...

objectif pal

 

(16/31)

challenge petit bac

(LIEU: CATER STREET)

mois anglais 2

 

chez Lou et Cryssilda 

29 juin 2015

Louise Rennison, Le journal de Georgia Nicolson, tomes 2 et 3

Georgia nicolson tome 2

Le bonheur est au bout de l'élastique: "Georgia Nicolson a retrouvé le sourire. Plus question de rejoindre son père en Nouvelle-Zélande. Plus question de quitter ses copines, son chat Angus et surtout Robbie, le garçon de ses rêves. La vie est de nouveau pleine de promesses… qu'elle ne tient pas : Robbie suggère à Georgia de sortir avec un autre garçon parce qu'il la trouve trop jeune pour lui! L'humiliation est atroce mais Georgia est bien décidée à reconquérir l'homme de sa vie. Pour ça, elle met sur pied un plan imparable qui exige un élastique, des glaçons et une chèvre!"

Georgia nicolson tome 3

Entre mes nunga-nungas mon coeur balance: "Georgia doit faire face à toutes sortes de problèmes. Freiner l'expansion de ses seins, surnommés nunga-nungas par le frère de sa copine. Échapper absolument aux vacances en famille au fin fond de l'Écosse. Quant à Angus, son chat psychotique, ses ardeurs risquent bien d'être «écourtées» par une visite chez le vétérinaire. La vie est consternante! Mais bon, être amoureuse d'une future-méga-star-du-rock vaut bien quelques souffrances, enfin… seulement si Super-Canon l'appelle cinq cents fois par jour!"

 

En cet avant-dernier jour du mois Anglais, je vous parle de littérature jeunesse avec les tomes 2 et 2 du Journal de Georgia Nicolson, cette ado British complètement déjantée... Alors je vous le dis tout de suite, qu'est ce qu'elle m'agace!!! mais aussi qu'est ce qu'elle me fait rire!!! Elle m'agace parce que la Georgia, elle est assez monomaniaque, à part les garçons (et plus particulièrement Super Canon) elle ne pense pas à grand chose d'autre. Loin de l'ado que j'ai été, loin des ados tout court je l'espère quoi qu'à mon avis certaines doivent bien être comme ça, sa vie tourne autour des garçons, des bécots, de son chat complètement barjot, qui n'a d'égal que sa petite soeur Libby. Ses parents sont loin d'avoir l'air d'adultes responsables, et l'école ne semble être qu'une caricature de l'institution ... Pourquoi je les lis me diez-vous? Bin parce que quand même, Georgia a le don de me faire rire, outre ses expressions complètement folledingues, son sens de la répartie, son usage du français, et ses petites mésaventures me font quand même bien marrer! Parfait pour les petits coups de mou!

challenge petit bac

 

(Objet: élastique)

mois anglais

 

Le mois anglais chez LouCryssilda et Titine 

24 novembre 2018

Marie-Renée Lavoie, La petite et le vieux

la petite et le vieux

Quatrième de couverture:

"Elle se fait appeler Joe. Elle aimerait vivre au XVIIIe siècle car elle a l’âme romantique et le goût pour les drames. Elle vit dans un quartier peuplé de gens cabossés par la vie. Le plus étrange est son nouveau voisin, M. Roger, un vieil homme aux dons chamaniques qui passe son temps à jurer comme un charretier tout en attendant sa dernière heure. 

Un roman réjouissant sur l’amitié et les désillusions de l’enfance."

De mémoire il me semble que c'est mon tout premier roman québécois!! Et comment cela se fait? Je n'en sais rien vraiment parce que j'ai franchement aimé me plonger dans cette langue à la musique douce! Un français venu d'ailleurs et teinté de là-bas, surtout dans les dialogues! Cela m'a replongée dix ans en arrière lors de mon séjour en Abitibi-Temiscamingue, quelle nostalgie!!! Et dans ce roman il n'y a pas que la langue qui est accrocheuse, les personnages et surtout cette jeune narratrice, Hélène, qui nous fait découvrir le quartier, les voisins et la vie d'une petite fille dans une famille modeste à travers ses yeux un brin fantasques, qui s'invente encore des histoires mais qui affronte les épreuves avec beaucoup de caractère et de détermination. Et puis il y a le vieux, celui qui par un concours de circonstances deviendra l'ami de cette petite. Un vieil homme un peu triste et isolé qui ne voit plus sa famille et attend la mort. Tous ces portraits sont touchants, et sont entourés d'une petite aura mystérieuse parce qu'analysés à travers les yeux de cette enfant. Ainsi le portrait des parents, bien que peu reluisant au regard des normes sociales est empreint de beaucoup d'amour, et d'admiration quant à cette mère courage dont on sait peu de choses finalement et ce père enseignant dépressif et alcoolique (au secours!). C'est avec beaucoup de tendresse que Marie-Renée Lavoie fait grandir son personnage, très vite confrontée à la dureté de la vie, et à la mort. J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture, et je dois cette belle découverte à Exploratology, alors merci de nous faire découvrir de si beaux romans et des auteurs vers lesquels on ne serait pas allés de prime abord!

québec

                                             chez Karine:) et  Yueyin

30 octobre 2018

Bilan Septembre - Octobre

On va commencer par les livres dont je ne parlerai pas sur le blog en détail, faute de temps et parce que chacun à leur manière ne m’ont pas accrochée :

presbytère Le-Rire-du-grand-bleeles rêveurs

 

-          Le presbytère d’Ariane Monnier : je l’ai lu jusqu’au bout en apnée, sans doute avec un air dégoûté sur le visage. C’est un récit glauque à souhait, une histoire d’enfants reclus et abusés, horrible !

-          Le rire du grand blessé de Cécile Coulon, j’ai tant aimé Trois saisons d’orage l’an dernier que j’ai emprunté ce titre à la bibliothèque, sauf que les romans de science-fiction ce n’est vraiment pas ma tasse de thé.

-          Les rêveurs d’Isabelle Carré, abandonné au bout de quelques pages, je n’ai pas du tout accroché au style.

Ces trois romans m’ont un peu coupé dans mon élan en octobre et j’ai traversé une petite panne de lecture, rien de grave, je me suis rattrapée pendant ces vacances.

Je vous dis deux mots tout de même sur une bande-dessinée dont je n’ai pas eu le temps de vous parler en septembre, il s’agit de l’adaptation bande-dessinée du roman de Sorj Chalandon, Mon traître par Pierre Alary.

mon traitre

Mon traître fût une révélation pour moi il y a quelques années donc quand j’ai croisé cette BD à la médiathèque je n’ai pas pu résister, et je n’ai franchement pas été déçue, elle tient ses promesses ! De très beaux dessins, un peu sombre, un peu teintés de nostalgie, très réalistes malgré les traits un peu épais. Ils collent bien à l’image que je me faisais des personnages et de l’Irlande du Nord. La mise en texte est elle aussi intéressante, les bulles de BD entrecoupée de l’interrogatoire de Tony Meehan, c’est un procédé très intelligent et qui rend lui aussi un bel hommage au texte de Chalandon, coupé là où il faut, sans trop en manquer, sans trop en dire, vraiment j’ai beaucoup aimé et été à nouveau très touchée par ce récit.

 

Bien sûr j’ai continué à regarder des séries, même si là encore petit passage à vide avec la série Mindhunter, nous avons abandonné après quatre épisodes. Je crois que sur les quatre j’ai dû dormir la moitié du temps.

Par contre nous avons été happés par la saison 1 de The handsmaid’s tale, série qui fait froid dans le dos, avec une Elisabeth Moss remarquable et à l’opposé de son rôle un peu cruche dans Madmen. Et nous avons retrouvé avec plaisir Clémence Poesy dans la saison 3 de Tunnel, la plus aboutie des trois selon moi, j’ai vraiment adoré et je reste assez secouée par la fin de la saison !!

handsmaid tale  tunnel

Un peu plus léger nous avons suivi la diffusion de la série Good Doctor sur TF1, sympathique à regarder parce que très drôle, un humour un peu décalé comme j’aime. Par contre pour ce qui est du côté médical c’est un peu trop déjà vu. Et puis toute seule j’ai suivi Station 19 le crossover de Grey’s anatomy, pas mal, des personnages assez sympathiques, mais c’est un peu frustrant que ça s’arrête avant la fin de la saison, encore un coup de com’ de TF1 ! pff !

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Pour ce qui est des films, je crois que j’ai un peu perdu le fil mais récemment j’ai vu :

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-          Mission impossible: Fallout, euh vous m’en voulez si je vous dis que j’ai dormi la première heure ? je me suis réveillée au moment des scènes à Londres, j’en ai pris plein les yeux c’était cool, maintenant pour ce qui est de l’histoire en elle-même je n’ia pas capté grand-chose et maintenant je comprends pourquoi c’était le premier mission impossible que je voyais, ce sera sans doute le dernier.

-          BlackKKlansman de Spike Lee avec mon chouchou Adam Driver, un film très réussi sur l’histoire de ce flic noir qui a infiltré par procuration le Ku Klux Klan dans les années 70 aux Etats-Unis, c’est très drôle sans être lourdingue !

-          Searching : un film assez innovant dans la manière dont c’est filmé, un peu de suspense mais on devine rapidement à la fin de quoi il retourne grâce à quelques indices disséminés au cours du film.

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-          A star is born de et avec Bradley Cooper, et Lady Gaga dans le rôle de l’actrice principale, une jeune serveuse propulsée en tête des hit parades américains grâce à sa rencontre avec la rock star incarnée par Bradley Cooper, là comme ça le pitch n’est pas super vendeur mais ce film est génial (oui !) les acteurs sont très vrais dans leurs émotions, la BO est sympa, bref j’en redemande

-          Frères ennemis avec Reda Kateb et Matthias Schoenaerts. Reda Kateb pour moi c’est un gage de qualité, c’est un peu l’étoile montante du cinéma français, une gueule bien à lui, un taiseux qui laisse passer beaucoup d’émotions. Un sujet courant mais traité avec finesse où la frontière entre le bien et le mal n’est finalement pas si tranchée que ça.

-          Capharnaüm de Nadine Labaki, ce film libanais met en scène un peu caméra à l’épaule la vie d’un enfant qui porte plainte contre ses parents de l’avoir mis au monde. Il vit dans le dénuement total et trouve refuge chez une sans papier éthiopienne qui lui confie son enfant. C’est très émouvant, la grosse claque de cette fin d’année.

 

Parlons un peu papilles maintenant,

J’ai enfin testé la formule goûter chez Au fond du Jardin (6 rue de la Râpe), un goûter au top et qui a tenu toutes ses promesses, de la petite madeleine du voyage (citron pavot) au cake maison en passant par un délicieux crumble de fruits rouges, le tout accompagnée d’une infusion poire cannelle. C’est un voyage dans le temps et dans l’espace, une décoration et une vaisselle choisie avec goût, et un personnel aux petits oignons. J’y retournerai pour tester leurs scones qui avaient l’air excellents !

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Pour rester un peu à l'heure anglaise nous avons aussi testé le brunch de l'hôtel Hilton (1 avenue Herrenschmidt) qui avait pour thématique le petit déjeuner anglais tout au long du mois de septembre. C'est un buffet varié et très bien fourni: viennoiseries (que nous n'avaons pas testées), tartines salées, charcuteries, verrines, salades, fromages, fruits de mer, douceurs sucrées et sur la thématique il y avait des plats chauds, fish and chips (pas testé), oeufs bénédict (décevants), gigôt d'agneau sauce menthe, légumes du marché, yorkshire pudding; il ne manquait que les baked beans et sausages, mais franchement je n'urais de toute façon pas pu manger plus! Brunch réservé pour midi et nous n'avons pas mangé le soir!!

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J’ai aussi testé l’afternoon tea de l’hôtel spa le bouclier d’or (1 rue du Bouclier). C’était bon mais pas forcément à la hauteur de mes attentes. Les Fingers sandwich étaient bons mais très simples. Les scones manquaient un peu de moelleux et ce n’était pas de la clotted cream à l’anglaise, c’est à mon avis ce qui a fait le plus défaut. Rien à redire sur les pâtisseries toutes excellentes et généreuses. Le tout est servi avec une flûte de champagne et un thé, j’aurais aimé avoir une plus large sélection de thés. Le cadre en revanche est très joli et distingué.

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Côté resto nous sommes restés plus sages avec une seule découverte : Le Botaniste (3 rue Thiergarten)

Nous avions choisi la formule à 42 euros : 5 plats choisis par le chef (on nous a demandé si nous avions des allergies alimentaires ou des choses que nous n’aimions pas du tout) et nous avions pris l’accord cocktail pour 18 euros. Le serveur nous a proposé de partager 4 cocktails plutôt que de n’en avoir que deux chacun. Tout fût une belle découverte (je passe pour une poche si je rajoute surtout les cocktails ?) Nous avons pu déguster un œuf mollet avec poêlée de champignons accompagné d’un cocktail à base de Mescal ,sirop de noisette et thé à la bergamote, des ravioles de navets boule d’or avec un jus au persil et un cocktail avec du Gin, du Moscato d’Asti et du bitter à la cerise. Ensuite pour le poisson nous avions de la truite d’Alsace, des panais rôtis et une sauce au beurre blanc. La viande est ce que j’ai le moins aimé, un bœuf cuit au four pendant 7 heures (un peu trop sec à mon goût) avec un pressé de pommes de terre (à tomber) accompagné d’un Gin à la fleur de sureau et la limonade.Pour le dessert c’était une déclinaison de poires (fraîches, pochées, en sorbet) avec meringue et sorbet noisette, une petite tuerie, de même que son cocktail à base d’amaretto de grand manier, de jus de citron et cranberry.

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Vous avez faim ?

Moi oui, rendez-vous fin novembre dans le meilleur des cas, je vous parlerai de deux concerts ! Et vous, est-ce que vous avez fait des découvertes durant ces deux mois? Des bonnes adresses à partager? Des films ou séries à conseiller? Un avis sur ceux et celles dont je parle? Ah et puis tant qu'on y est, on planifie un road trip en Ecosse pour le mois d'avril donc je prends tout conseil avisé sur les spot à ne pas manquer, de bonnes adresses de resto/bar/B&B ou toutes autres curiosités locales!!

23 octobre 2018

Loulou Robert, Sujet inconnu

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Quatrième de couverture"J'avais huit ans quand j'ai su que je ne finirais pas mes jours ici. Qu'ici je ne deviendrais personne. Qu'ici je n'aimerais personne. Qu'ici, rien. Je ne ressentirais rien.
J'avais huit ans et j'ai décidé de partir un jour. J'ai choisi de ressentir. J'ai choisi de souffrir. À partir de là, je suis condamnée à cette histoire."
Sujet inconnu, c'est, dans un style brut et très contemporain, l'histoire d'un amour qui tourne mal. Entre jeux de jambes et jeux de mains, l'héroïne de ce roman boxe, court, tombe, se relève, danse, au rythme syncopé de phrases lapidaires et d'onomatopées. Plus la violence gagne le récit, plus on est pris par cette pulsation qui s'accélère au fil des pages. Un roman écrit d'une seule traite, d'un seul souffle, dans l'urgence de gagner le combat, dans l'urgence de vivre, tout simplement."

Reçu dans le cadre des Match de la rentrée littéraire 2018 chez Priceminister, j'attendais les vacances pour savourer ce dernier roman de Loulou Robert à sa juste valeur. J'ai bien fait parce que j'ai traversé une petite panne de lecture tout le mois d'octobre quasiment...

Ce livre était parfait pour me remettre de cette panne, dévoré en deux jours, il se lit dans l'urgence, presque d'une traite et l'écriture de Loulou Robert facilite cette boulimie littéraire. Des phrases courtes et percutantes avec une belle mise en abyme du processus d'écriture qui apparaît également comme une délivrance pour la narratrice. La narratrice est une jeune femme, originaire de la région de Metz (comme Loulou Robert), elle n'a qu'une hâte c'est quitter cet endroit où elle a grandi dans l'ennui pour faire ses études à Paris. Enfant et adolescente particulière, elle ne rentre pas spécialement dans le moule là-bas non plus. Comment démêler la fiction de la réalité, ce qui est du personnage et ce qui est de la propre vie de Loulou Robert? Là n'est pas la question finalement, cette histoire, c'est une histoire comme il en existe et ce qui n'est pas forcément vrai pour elle l'est sans doute pour quelqu'un d'autre. Moi aussi, la jeune pronvinciale qui a grandi dans une région en déclin je me suis parfois reconnu dans certains propos. Comme dans Bianca, l'auteur met des mots sur le mal-être intérieur qui anime ses personnages, sur la violence de ce que peut parfois être la vie. Ce fût donc une lecture forte, chargée en émotions. 

rakuten

 

 

9 avril 2018

Lucy Christopher, Stolen (VO)

stolen

Quatrième de couverture: 

"A girl: Gemma, sixteen, at the airport, on her way to a family vacation.

A guy: Ty, rugged, tan, too old, oddly familiar, eyes blue as ice.

She steps away. For just a second. He pays for her drink. And drugs it. They talk. Their hands touch. And before Gemma knows what's happening, Ty takes her. Steals her away. To sand and heat. To emptiness and isolation. To nowhere. And expects her to love him.

Written as a letter from a victim to her captor, Stolen is Gemma's desperate story of survival; of how she has to come to terms with her living nightmare-or die trying to fight it."

Ce roman attendait depuis des années dans ma PAL Vo, j'ai profité des vacances de Février pour l'en sortir, et j'ai été bête d'attendre si longtemps pour le lire parce que c'est une petite pépite! Comme le dit la quatrième de couverture, le récit est en fait une lettre d'une jeune fille à son ravisseur. Ty kidnappe Gemma dans un aéroport alors qu'elle y est en transit avec ses parents. Il l'emmène dans une maison qu'il a aménagé à cet effet dans le désert australien, au milieu de nullepart. Gemma y raconte son enlèvement, sa captivité, leur façon de vivre, de se nourrir, les raisons qui ont poussée Ty à l'enlever etc. Ce récit est également l'occasion de remettre en cause nos modes de vie et l'importance qu'on accorde au matériel en oubliant l'essentiel. L'environnement dans lesquel els deux personnages vont vire est très sauvage et si Ty a été prévoyant ils vont cependant devoir composer avec les éléments pour se nourrir, avoir de l'eau, se soigner. En un sens, le récit fait écho aux romans dits "nature writing" en y ajoutant une dimension supplémentaire, le récit d'une adolescente en captivité et tout ce que cela peut impliquer en termes de sentiments contradictoires à l'égard de son ravisseur. Lucy Christopher donne à voir les mécanismes du syndrome de Stockholm. C'est un premier roman riche en descriptions et en émotion et facilement abordable en anglais. Je vous le conseille!

PAL vo

25 février 2017

Elena Ferrante, L'amie prodigieuse

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Quatrième de couverture:

«Je ne suis pas nostalgique de notre enfance : elle était pleine de violence. C’était la vie, un point c’est tout : et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.» 
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu’elles soient douées pour les études, ce n’est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l’école pour travailler dans l’échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s’éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. "

Je ne vous le cache pas, au début je me suis demandé pourquoi ce roman reportait autant d'adhésion, et finalement je me suis moi aussi laissée emporter. J'ai beaucoup aimé cette plongée dans l'Italie des années cinquantes, et à plusieurs reprises je me suis mise à penser à ma voisine chez mes parent,s qui un peu comme une troisième grand-mère pour moi, et qui a émigré en France à cette époque. J'imagine que c'est un peu la vie qu'elle a vécu, dans une ville pauvre du sud de l'Italie.

 La narration est à la première personne, c'est l'histoire d'Elena et Lila qui nous est contée à travers les yeux d'Elena. Il est pourtant difficile de s'identifier, que ce soit à l'une ou à l'autre, tant elles sont à tour de rôle antipathique. Pas de véritable attachement aux personnages donc pour moi, ce qui n'en fait donc pas un coup de coeur. Et c'est peut-être le seul point négatif du roman. Pour le reste on s'embarque assez vite à Naples, dans ce quartier pauvre. Les perosnnages sont hauts en couleurs, la vie est simple, et la narration est teintée du souvenir de l'enfance. Elena et Lila se racontent un peu des histoires, notamment celle de Don Achille Caracci qui est présenté comme un ogre. C'est typiquement le genre de romaan que j'aime, pendant lesquels on grandit avec le narrateur.

Elena Ferrante nous donne à voir les tranches d'une vie dans l'Italie des années caiqnaunte-soixante, et ça m'a beaucoup plus, aprce que finalement la littérature italienne je la connais très peu, ça a un peu fait écho aux Ritals de Cavanna, que j'avais beaucoup apprécié en classe de 1ère. Les nombreux personnages, un peu déstabilisants au début permettent de rende cette fresque bien vivante et j'ai déjà emprunté le second tome à la bibliothèque... Affaire à suivre donc... Et je ne peux pas terminer mon billet sans évoquer les Bibliomaniacs qui m'avaient donner envie de lire ce livre et qui vous parlent ce mois-ci du 3e tome, Celle qui fuit et celle qui reste.

objectif pal

(7/25 dans ma PAL depuis l'été 2016

Objectif Pal de février chez Antigone -3-)

7 avril 2018

Alexi Zentner, Les Bois de Sawgamet

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Quatrième de couverture:

"Dans les immenses forêts du Grand Nord canadien, à Sawgamet, colonie de bûcherons et de chercheurs d'or, le froid est si intense, la coupe si dangereuse et les esprits si susceptibles, que survivre est déjà presque une offense à la nature. Une femme est en train de mourir. Stephen, son fils, devenu pasteur, contemple son corps fragile. A l’approche d’un nouvel hiver, les souvenirs de cette saison redoutable et superbe s’imposent à lui : la disparition de son père et de sa jeune sœur Mary, pris par la glace, alors qu’il n’avait que 10 ans ; les histoires de son grand-père Jeannot et de sa femme bien aimée Martine… Un monde perdu, sauvage et merveilleux revit, où les caribous d’or côtoient les sorcières des bois, où les hommes se révèlent dans la beauté stupéfiante de l'hiver."

Quand j'ai commencé cette lecture j'étais presque sûre de ne pas aimer, d'ailleurs, Bladelor avec qui je faisais une lecture commune a abandonné. Ce roman issu de la box Exploratology s'apparente au réalisme magique comme son titre précédent, Sainte-Caboche. Le contexte est cependant très différent, ici nous sommes dans la forêt canadienne avec une impression d'être hors du temps, celui où on cherchait de l'or dans les rivières pour vivre. Les conditions de vie sont rudimentaires, des cabanes dans les bois tout au plus, ces gens se contentent de ce que la forêt et la rivière ont à leur offrir. Ce roman m'a également beaucoup fait penser à Dernière nuit à Twisted River de mon cher John Irving puisqu'il y est aussi question des scieries et du convoi des troncs d'arbre par la rivière. Alors dans ces bois reculés de toute civilisation moderne, la nuit le monde magique reprend ses droits, et les histoires de fantômes et de fées sont transmises de génération en génération, et c'est surtout comme ça que j'ai pris ce roman. En effet cet aspect de légende et de magie aurait pu totalement me rebuter, mais je l'ai plutôt pris comme ces superstitions et cette tradition de l'oralité et de ce qui se transmet d'une génération à l'autre. Je me suis totalement laissé porter par cette famille, ses joies et surtout ces malheurs et la rudesse de son mode de vie, mais aussi la chaleur réconfortante du foyer et de la famille. Une belle découverte finalement!

 

challenge petit bac

 

(LIEU: BOIS)

 

30 septembre 2017

Jim Fergus, La vengeance des mères

la vengeance

Quatrième de couverture:

"1875. Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie."

La vengeance des mères est la suite de Mille femmes blanches que j'ai lu il y a trois ou quatre ans. Cela avait d'ailleurs été un coup de coeur tant j'avais été transportée par cette histoire. Dans cette suite, on retrouve la tribu de Little Wolf mais tous les personnages ne sont pas présents et cette fois la narration se fait par le biais d'autres carnets, ceux des jumelles Kelly, déjà présente lors du premier échange, et ceux de Molly McGill, nouvelle recrue. L'écriture est assez inégale, en effet les jumelles sont d'origine très modeste et donc Jim Fergus l'a laissé transparaître dans leur manière d'écrire, mais les histoires sont tout aussi palpitantes. Nous sommes dans les grandes plaines, avec la tribu, toujours aux abois car l'armée entend bien les chasser/tuer. Les jeunes femmes blanches nouvellement arrivées doivent s'adapter, apprendre les codes et les règles de vie des indiens, mais aussi elles doivent apprendre à se battre elles-aussi. Les différents personnages sont intéressants, chacun ayant son caractère et son vécu. Il y a ici ou là des touches d'humour qui permettent de réduire la tension omniprésente du récit. S'il y a un bémol à émettre, c'est le procédé narratif du début du récit et de la fin, des carnets sont amenés à un homme, descendant de May Dodd par une jemme femme indienne, il se plonge alors dans la lecture qui nous est ainsi transmise. J'ai trouvé ça un peu trop artificiel. J'attends cependant la suite avec impatience.

 

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

 

(17/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -2-)

28 avril 2017

Lily Brett, Lola Bensky

lola bensky

Quatrième de couverture: "Londres, 1967. Lola, 19 ans, pige pour le magazine Rock-Out. Sans diplôme, trop ronde, trop sage, celle dont le seul bagage est d'être l'enfant de survivants de la Shoah plonge au coeur de la scène rock, causant bigoudis, sexe ou régime avec Hendrix, Mick Jagger, Janis Joplin. Des portraits inattendus qui révèlent son inconsciente quête identitaire... Entre guitares électriques et survie, avec humour et tendresse : un roman survolté, poignant autoportrait et savoureux hommage aux génies du rock des années 60-70. Une pépite."

J'étais vraiment très emballée par ce roman, à priori autobiographique, de Lily Brett, la quatrième de couverture est très prometteuse et me parle de sujets que j'apprie dans la littérature et en général, une quête identitaire, du rock des années 60-70 et leurs noms évocateurs, Janis, les Rolling Stones, Londres, New-York, Monterey, l'Australie, un cocktaïl explosif quoi, et puis qualifié de pépite!! Euh mais pourquoi j'ai attendu aussi longtemps pour le lire d'ailleurs?

Et bien quelle déception!!! A tel point que j'ai failli abandonner à plusieurs reprises. Ce qui aurait pu être un genre de communion littéraire avec le rock m'est apparu comme un genre de closer en pire. J'ai trouvé les quelques interviews à peine intéressantes, à part quelques discussions autour des fringues et des régimes, parce que l'auteur, visiblement en surpoids, testent les régimes à la mode de l'époque, genre manger un melon, deux bananes, une pomme, à chaque repas, il n'y a pas grand chose de substanciel. Le seul point quelque peu intéressant tourne autour des origines juives de Lola Bensky, née dans un camp de déportés, dont la famille a en partie était tuée à Auschwitz. Le roman ne suit pas de trame chronologique précises, journaliste pour un magazine de rock Australien, puis, écrivain aux Etats-Unis, Lola Bensky/ Lily Brett fait des aller-retours entre les époques et les pays, au fil de ses pensées, avec pour fil rouge, son poids, et ses orgines. La mise en abîme avec le roman que Lola Bensky est en train d'écrire m'a un peu ennuyée également, est-ce vraiment l'histoire d'un de ses autres romans?

Les trentes dernières pages sont peut-être les seules qui aient vraiment retenues mon attention, Lily Brett évoque la ségrégation avec les musiciens d'Otis Redding et où elle fait également une analyse sur la culpabilité des enfants de victimes de l'holocauste et de leurs bourreaux. 

C'est dommage parce que le thème me plaisiat bien, et celui de ses autres romans aussi, surtout parce qu'ils se passent à New York, dans le Lower East Side, mais je ne suis pas sûre de retenter l'expérience!

challenge petit bac

 

(PRENOM: LOLA)

objectif pal

 

(10/25 dans ma PAL depuis Janvier 2016

Objectif Pal d'Avril chez Antigone -1-)

29 juillet 2016

Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes

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Quatrième de couverture:

«Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L'homme est noir, la femme est blanche. Et alors?»

Je n'avais pas prévu de faire de pause de blog pendant ces vacances mais la pause s'est imposée d'elle-même, j'ai été très occupée ces trois premières semaines, j'ai fait quelques lectures mais pas tant que ça. J'ai même loupé la date anniversaire du blog... 7ans déjà, ça passe si vite!

J'ai terminé l'année scolaire avec ce roman de Marie Darrieissecq, la quatrième de couverture en disait assez pour me donner envie de le lire et en même temps pas suffisamment pour savoir à quoi m'attendre. On peut difficilement faire plus court, mais c'est très représentatif du style d el'auteur dans ce roman! Au début j'ai eu du mal, puis c'est ce que j'ai préféré. L'histoire en elle-même ne m'a pas plus. Cette actrice française un peu ratée expatriée aux States qui tombent amoureuse d'un acteur noir en vogue. Cette relation m'est apparue à sens unique tout au long du récit, cet homme m'a été très antipatique, et l'actrice aussi. J'ai eu l'impression que cet amour était uniquement basé sur la couleur de peau et le statut de cet homme et ça m'a profondément agacée qu'une femme se rabaisse autant pour un homme. La seule chose que j'ai apprécié c'est le style incisif de l'auteur, du coup j'étais assez contente de passer à autre chose.

challenge petit bac

 (phrase)

 

objectif pal

(21/31)

 

11 mai 2016

Erica Bauermeister, L'école des saveurs

l'école des saveurs

Quatrième de couverture:

"Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Un savoureux roman culinaire, une ode à la gourmandise et aux sens."

 Pour faire dans la métaphore gourmande, j'ai dévoré ce court roman d'Erica Bauermeister. Cette lecture m'a beaucoup plue, j'ai eu l'impression d'entrer dans un univers chaud, confortable et réconfortant. Certes le thème n'y est pas pour rien puisque le fil rouge de ce roman est la cuisine. Une fois par mois un groupe se retrouve pour prendre des cours de cuisine dans le restaurant de Lilian. Au fil des séances ils vont apprendre à se connaître, et nous aussi nous allons les découvrir. Chacun est lié de près ou de loin à la cuisine, chacun a sa propre histoire et assiste à ses cours pour une raison qui n'est pas forcément l'envie d'apprendre à cuisiner, pour solidifier un couple, pour prendre du temps pour soi, pour oublier, et le ciment de ces gens, de ces vies c'est Lilian et ses recettes, simples mais gourmandes. A travers la cuisine, c'est aussi à une manière de ressentir la cuisine, de la goûter qu'elle les ouvre. Elle est métaphoriquement l'instigatrice de nouvelles décisions dans leur vie. Ca semble un peu cliché dit comme ça mais ça ne l'est pas, c'est amené de manière assez subtile et c'est aussi un point de vue que je partage, trouver sa voie, faire quelque chose qu'on aime, permet d'apprendre sur soi, sur les autres. J'ai aimé à la fois l'écriture et les personnages, leurs caractères, leurs vies, leurs hauts et leurs bas. Et puis bien évidemment les recettes en elles-mêmes mettent l'eau à la bouche. Bien sûr je conseille cette elcture à tout le monde, sauf peut-être si vous venez d'entamer un régime ^^

 

 

challenge petit bac

 

(LIEU: ECOLE)

 

objectif pal

 

(13/31)

28 juin 2016

Tatiana de Rosnay, Manderley for ever

manderley for ever

Quatrième de couverture:

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme."

On ne peut pas dire que mes lectures du mois anglais aient été inoubliables, heureusement j'ai terminé avec le titre de Tatiana de Rosnay, je ne doutais pas terminer sur une note positive avec cette biographie de Daphné du Maurier, et j'avais raison puisque, et c'est rare que je le dise, c'est un coup de coeur!! 

J'étais acquis à la cause de l'auteure puisque j'aime beaucoup les romans de Daphné du Maurier, mais le côté biographique n'était pas gagné d'avance. Et bien on oublie le genre et on se plonge dans ce livre comme dans un roman, tant la vie de l'auteure anglaise est intéressante. Née au début du vingtième siècle, on l'imagine presque évoluer dans les dernières saisons de Downtown Abbey, même si le milieu est différent, sa famille n'en reste pas moins atypique. Ce sont les jeunes années de Daphné que j'ai préféré, celles de son enfance, puis celles étant jeune adulte, en France et en Cornouailles, ses débuts en tant qu'écrivain, sa rencontre avec celui qui deviendra son époux.

Le récit est riche de tous les liens tissés avec les membres de sa famille, avec ses amis proches, avec la France puis la Cornouailles. Cela nous montre des relations entre soeurs assez saines, et un attachement au père très présent. Daphné était une passionnée, elle ne vivait pas les évènements à moitié, et cela se ressent dans ses écrits. 

J'ai été contente de voir que La chaîne d'amour / L'amour dans l'âme, mon roman préféré de l'auteure est en fait son premier roman, celui qu'elle a écrit d'une traite, enfermée à Ferryside, entourée par les vents, la mer et les bateaux à perte de vue. C'est drôle parce que c'est comme ça que je l'ai ressenti lors de ma lecture il y a quelques années, avalé d'une traîte, sans prêter attention aux éléments qui m'entouraient. Bien sûr j'aime Rebecca, mais c'est différent, j'ai préféré l'atmosphère de son premier, ou de l'Auberge de la Jamaïque, pour ce côté un peu Stevensonnien. Daphné du Maurier aurait finalement pu être l"héroîne d'une de ses propres histoires, elle s'est contenté d'écrire sur sa famille, son grand-père, son arrière-grand-mère, ses ancêtres. Cette lecture apporte un nouvel éclairage sur certains des titres déjà lus, je trouve que c'est inétressant, j'aurais peut-être porté un regard différent sur La maison sur le rivage si je l'avais lu après cette lecture par exemple.

La fin de sa vie est un peu triste, on sent la perte d'engouement,la déception de devoir quitter Menabilly, l'abattement, ça m'a fait de la peine de la savoir si diminuée à la fin ... j'aime garder l'image d'une Daphné qui vit encore à travers tous ses écrits. Il me reste encore un certain nombre de romans à découvrir, et je me pencherai à nouveau sur ses nouvelles et autres adaptations. Quoiqu'il en soit, si vous hésitiez parce que la biographie vous fait un peu peur, n'hésitez plus et lisez le, Tatiana de Rosnay a su rendre son récit très vivant, on ne s'ennuie pas un seul instant!

mois anglais 2

(chez Lou et Cryssilda)

 

10 mars 2018

Gail Honeyman, Eleanor Oliphant va très bien

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Quatrième de couverture:

"Eleanor Oliphant est un peu spéciale.
Dotée d'une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu'elle les pense, sans fard, sans ambages. 
Fidèle à sa devise " Mieux vaut être seule que mal accompagnée ", Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d'une bouteille de vodka. 
Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec " maman ". 
Mais tout change le jour où elle s'éprend du chanteur d'un groupe de rock à la mode. 
Décidée à conquérir de l'objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. 
Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec " maman ", Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d'un ami... "

 Voilà une lecture qui m'a un peu sortie des déceptions! C'est le premier roman de Gail Honeyman et j'ai trouvé ça bien réussi, plaisant à lire et bien écrit. Eleanor est un personnage très atypique, elle a une vie très chronométrée, évolue seule et ressent très peu d'empathie pour les autres... Un petit syndrome d'Asperger? En tout cas cela y ressemble... Je n'ai cessé d'avoir en tête "Saga Nören Police de Malmö", l'héroïne de The Bridge, qui lui ressemble par bien des aspects. Eleanor est ce qu'on pourrait définir comme une inadaptée sociale, et cela depuis sa petite enfance, élevée par une mère complètement coupée de la réalité. Cette difficulté à s'adapter et à comprendre les autres donnent lieu à des scènes cocasses et n'en rendent le personnage que plus touchant.

La vie d'Eleanor change en effet après sa "rencontre" avec un chanteur de groupe de rock local dont elle s'entiche, mais aussi finalement à l'arrivée de ce nouveau collègue un peu gauche qu'est Raymond. Le duo fonctionne bien, et là encore ça m'a fait penser au duo Saga/Martin, même si le personnage de Martin est très différent de Raymond. 

Gail Honeyman traite le sujet du parent abusif en finesse, elle montre la difficulté à se construire seul et à s'adapter à la vie sociale quand on n'en a pas les codes. A travers le personnage de Raymond elle aborde également la relation au parent âgé dont il faut s'occuper.Si vous voulez passer un bon moment, sourire, être ému(e), je pense qu'Eleanor Oliphant peut remplir cette mission.

 

challenge petit bac

 

(PRENOM: ELEANOR)

lire sous la contrainte

(lire sous la contrainte: le son "é": Eleanor)

28 octobre 2017

Sorj Chalandon, Le jour d'avant

le jour d'avant

Quatrième de couverture:

"« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes."

C'est toujours un grand plaisir quand je découvre que Sorj Chalendon a publié un nouveau roman. Je crois qu'avec Zola, c'est mon auteur doudou, celui qui me réconforte à l'entrée de l'automne. Enfin réconforté n'est pas forcément le mot, tant les sujets abordés sont souvent graves. Et comme souvent je repousse l'écriture de mon billet... Alors c'est encore ce que j'ai fait... Le jour d'avant avait un intérêt encore plus particulier, c'est que le Nord-Pas-de-Calais c'est chez moi, et même si j'ai grandi loin des mines c'est un paysage qui ne m'est pas étranger. 

J'ai trouvé dans ce roman un écho à Profession du père, à travers l'histoire familiale mais aussi à travers la thématique de la vérité qui est omniprésente dans ces pages. Ce titre semble diviser, en tout cas moi je l'ai beaucoup aimé, beaucoup plus que Profession du père justement. 

Le narrateur aura attendu toute sa vie d'adolescent, puis d'adulte pour venger son frère Joseph de la catastrophe survenue dans un puits de la mine de Liévain en Décembre 1974. Il reviendra donc à Liévain avec l'idée d'en finir, de punir celui qui pour lui est responsable de l'explosion de 1974.

Sorj Chalendon nous raconte avec simplicté cette univers de la mine mais toujours avec beaucoup d'émotion. C'est un bel hommage aux ouvriers qui ont usé leur santé et parfois leur vie dans ces trous noirs impitoyables. J'ai été très touchée par la première partie du récit, j'ai versé quelques larmes, et puis j'ai été surprise par la seconde moitié. Les scènes de procès sont intéressantes et la rhétorique employée par l'avocat est remarquable. L'auteur manie les mots avec beaucoup d'efficacité tout en sachant toucher son lecteur. J'ai beaucoup aimé et je n peux que vous le conseiller, ainsi que tous ses autres titres.

lire sous la contrainte

(Challenge lire sous la contrainte chez Phildes: apostrophe - 1 )

5 juin 2017

Stella Gibbons, La ferme de cousine Judith

la-ferme-de-cousine-judith

Présentation de l'éditeur:

"Ruinée à la mort de ses parents, la jeune et malicieuse Flora est accueillie dans la ferme de sa cousine Judith. Mais cette étrange famille tombée du ciel manque totalement de la distinction à laquelle la jeune Londonienne est habituée. Heureusement, grâce à elle, leur vie va changer !
Un vent de modernité souffle sur la ferme…"

Non seulement je n'ai pas eu le temps de faire un billet de lancement pour ce Mois anglais, mais en plus j'ai failli ne pas participer à ma première LC autour de la campagne anglaise!!

Pourquoi? Et bien pour la simple raison que j'ai mis presque trois semaines à lire ce livre! Trois semaines!!! Vous vous rendez compte? Les aléas du calendrier + un livre ennuyeux au possible ne font absolument pas bon ménage. Bon heureusement je me suis rattrapée cette semaine et j'ai réussi à terminer les aventures de cette jeune Flora à la campagne.

Pourquoi je n'ai pas vraiment accroché à ce livre?

- le personnage de Flora, assez antipathique. Elle s'est mis en tête d'aller change rla vie de ses proches, quoi de mieux que ses cousins un peu arriérés qui vivent au fond de la brousse? (une ferme délabrée du Sussex), je force le trait, mais à peine! 

- l'écriture: trop alambiquée. Ce roman a été écrit dans les années 30 mais j'ai trouvé l'écriture très vieillotte.

- les clichés: les personnages sont quasiment tous des caricatures de personnes vivant à la campagne, le fermier bourru, l'idiot du village, l'extrémiste religieux, l'écrivain raseur, la jeune vierge sublime, et bien sûr la tante complètement gâteuse. Personne n'est épargné!

Je reconnais toutefois avoir trouvé certaines situations cocasses, et un rythme un peu plus soutenu dans la seconde moitié du roman m'ont aidé à aller jusqu'au bout. Je ne conseillerai donc pas spécialement cette lecture, même en terme de plongée dans la vie campagnarde j'ai été déçue!

mois anglais 2

 

(chez Lou et Cryssilda - Lecture commune: campagne anglaise

Cryssilda a lu La couleur du lait, Eva a lu Ma vie (pas si) parfaite, Fondant et Anne ont aussi lu Stella Gibbons avec respectivement  Le célibataire  et Le bois du Rossignol)

objectif pal

(12/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de Juin chez Antigone -1-)

16 février 2015

Balzac, Eugénie Grandet

Eugénie Grandet

Quatrième de couverture: 

« Tout est grand dans ce célèbre roman, sans que rien ne bouge. Eugénie est une sorte de sainte selon l'homme, toujours fidèle à une même pensée, mais toute naturelle. [...] Eugénie est le premier personnage de ce drame d'amour. [...] En Grandet, ce rocheux Grandet, il y a une source de tendresse émouvante, quand il se cache pour voir sa fille à la toilette. [...] Au rebours on trouvera dans Eugénie tous les stratagèmes du coeur, et un vrai courage à affronter le terrible homme aux gants de cuir. On a tout dit sur Grandet. On a moins remarqué ce mot de reine, lorsque Eugénie se trouve maîtresse d'une immense fortune et assiégée d'intrigues. Elle répond :
« Nous verrons cela » comme son père faisait. [...] Ainsi l'âme de Grandet finit par être sauvée. Balzac laboure la terre. »

 Ca fait une quinzaine d'année que ce livre dort dans la bibliothèque familiale, ma soeur l'a étudié en seconde, pas sûr que ça m'aurait plu en seconde, et pas sûr qu'elle l'ait lu en entier d'ailleurs!! :) (non non je ne suis pas vilaine, ma soeur était du genre cancre en seconde).

En tout cas je suis contente de l'avoir sorti de ma PAL! Ce roman est autant sur Eugénie, la fille, que sur son père, bourgeois de Saumur, etouffé par l'avarice! Grandet est un peu un self-made man à l'américaine, de tonnelier il est devenu viticulteur puis sans doute le plus riche propriétaire terrien de la région de Saumur ... Mais sa richesse il n'en fait profiter personne, il préfère l'amasser sans en profiter lui-même. La jeune Eugénie, beau parti donc est convoitée par les notables de la région, Grandet ne semble pas s'en préoccuper, lui tout ce qui l'importe c'est son or. La belle succombera pourtant aux charmes de son cousin ...

J'avais lu Le père Goriot, et j'avoue ne pas m'en souvenir, sans doute lu trop tôt, ici j'ai beaucoup plus apprécié ma lecture. Le style de l'auteur est parfois un peu alambiqué, mais c'est propre à l'écriture de ce siècle et passé l'appréhension des premières pages, on se plonge avec délice dans ses descriptions. Ce roman est un roman sur l'avarice, et donc sur l'argent, celui qui gouverne tout, et même l'amour d'Eugénie finalement... Eugénie est l'amoureuse pieuse et transie par excellence, et c'est aussi ce qui la fait changer physiquement, comme si l'attente révélait sa beauté ... parallèlement à son père que l'argent enlaidi et défigure ...

Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce classique par vous même, il est court et se lit assez facilement.

 

challenge petit bac

 

(Prénom: EUGENIE)

Challenge-classique-3

(Classique de Février)

objectif pal

(6/32)

5 décembre 2016

John Irving, Un mariage poids moyen

un mariage poids moyen

Quatrième de couverture:

"Séverin Winter, professeur d'allemand et entraîneur de lutte de l'équipe universitaire, n'est pas homme à prendre la vie à la légère.

Ses ébats amoureux, tout comme ses prouesses sportives, sont à ranger dans la catégorie poids lourd...

Ce qui n'est pas pour déplaire à Utch, la robuste Viennoise dont le mari - narrateur de surcroît - est littéralement conquis par Edith, l'épouse poids plume de Séverin."

C'est assez drôle parce que par certains aspects ce livre rapelle le roman de James Salter, Un bonheur parfait, que je n'avais pas aimé. Mais alors que je n'avais pas apprécié la plume de Salter, j'ai beaucoup apprécié celle d'Irving. Un Mariage poids moyen est un de ses premiers livres, et on y retrouve déjà ses thèmes de prédilection, les relations amoureuses atypiques, l'Autriche, les physiques un peu particulier, l'art. C'est un closer à la sauce Irvingienne, deux couples qui s'aiment à quatre si je puis dire, jusqu'à ce que leur équilibre se brise. Pas vraiment d'action dans ce roman mais des tranches de vie, et cette relation amicale/amoureuse. Certains passages m'ont moins intéressée, ceux sur la lutte, d'une parce que je ne suis pas une grande sportive, et de deux parce que la lutte n'est pas un sport que j'apprécierai en plus. J'ai beaucoup aimé les plongées dans le passé, et dans le Vienne d'après guerre. Je n'ai pas ressenti de sympathie pour les personnages masculins, le narrateur et le professeur de lutte, ce dernier m'a même très souvent agacée. J'ai eu un peu de peine pour les personnages féminins, Edith, l'épouse du lutteur et Utch celle du narrateur. Utch semble complètement instrumentalisée par les deux hommes, incapable de décision et de livre arbitre, j'ai trouvé ça dommage. J'ai toutefois passé un bon moment même si ce titre ne sera pas mon préféré de l'auteur, j'aime retrouver la plume d'Irving de temps à autre.

 

objectif pal

 

(33/31)

Objectif PAL de Décembre chez Antigone : 1  (dans ma PAL depuis mai 2015)

lire sous la contrainte

 

(titre qui commence par une voyelle)

16 novembre 2016

Orianne Charpentier, Après la vague

apres-la-vague

Quatrième de couverture: "Ce jour-là, tout a basculé. En quelques minutes la mer turquoise est devenue un monstre qui a tout balayé, hommes, femmes, enfants et villages entiers... Ce jour de tsunami, en 2004, Max, 16 ans, a perdu sa jumelle Jade. Il a aussi perdu le goût de vivre. Ce roman raconte son parcours et de sa quête pour la vie."

Ce roman se lit très facilement, les pages se tournent toute seule, Orianne Charpentier se met dans la peau d'un adolescent de 16 ans en vacances en Indonésie avec ses parents, son grand frère et sa soeur jumelle au moment du tsunami qui a ravagé l'océan indien en 2004. Elle imagine l'avent, le pendant, et l'après. Une vie à reconstruite, dévastée par une vague monstrueuse. Il y a de l'émotion forcément mais dès le départ le personnage de Max m'a paru antipathique, et même s'il fait amende honorable quand il tente de se reconstruire, je suis restée sur ma première idée négative, j'ai donc eu du mal à ressentir de l'empathie pour ce narrateur. Sa fuite en avant m'a semblée un peu superficielle, le tout sonnait un peu faux. Je ne garderai donc pas un souvenir imperissable de cette lecture. 

lire sous la contrainte 

(titre qui commence par une voyelle)

 

objectif pal

( 31/31 youhouuuuuuuu mon objectif de l'année est atteint!!!) 

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 3  (dans ma PAL depuis octobre 2015)

11 septembre 2016

Laura Kasischke, La vie devant ses yeux

La-Vie-devant-ses-yeux

Quatrième de couverture:

"Diana vient d'atteindre la quarantaine.
Elle a apparemment tout pour être heureuse : un mari professeur de philosophie, une jolie petite fille et une belle maison. Elle est cette mère de famille américaine typique qui accompagne les sorties scolaires de sa fille, qui cuisine admirablement et enseigne le dessin à mi-temps. Pourtant le passé - et l'événement traumatisant qui en est au coeur - ne cesse de la hanter, par bouffées, et ces flashes sont autant de ruptures dans la narration du présent de Diana.
Par un effet d'éclatement chronologique, Laura Kasischke crée ainsi une sorte de science-fiction " domestique ", et nous livre une critique cruelle de l'Amérique petite-bourgeoise."

Comme à chaque fois que j'ouvre un roman de Kasischke, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, c'est toujours un peu flou au début et il me faut un petit temps d'adaptation à sa manière d'écrire, et ensuite je suis happée, je veux savoir et je le lâche à peine. La vie devant ses yeux n'a pas dérogé à cette règle, si ce n'est que j'ai été frustrée tout au long de ma lecture à cause d'un spolier dans le résumé qui se trouve à la première page, ne le lisez pas, ça en révèle beaucoup trop!!! Ca révèle le twist final presque dans son intégralité et ça c'est clairement nul!!

Il n'empêche que l'auteur est douée pour décrire une époque, un milieu et l'errance des gens qui ne se reconnaissent plus dans ce qu'ils sont devenus. Qui aurait cru qu'un jour, l'adolescente frivole et superficielle soit devenu cette épouse et mère de famille parfaite? Diana s'interroge, perd pied... La narration qui alterne entre passé et présent donne un rythme soutenu au récit qui permet de ne pas s'ennuyer parce qu'il y a très peu d'action, il s'agit presque uniquement du cheminement de pensée de Diana. 

J'ai enchaîné avec un Joyce Carol Oates, deux auteurs donc que l'on compare très souvent, si je ne devais n'en retenir qu'une ce serait Kasischke, beaucoup ne seront pas d'accord mais je vous dirai pourquoi dans mon prochain billet :)

mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

(26/31)

 

 

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