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Notes de lecture
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17 mars 2010

Adam Braver, 22 Novembre 1963

22_novembre_1963Présentation de l’éditeur : « Nous sommes avec Jackie Kennedy lorsque, ce matin-là, elle choisit le tailleur qu’elle portera, un tailleur a priori sans grande importance, pour un jour a priori comme un autre, un tailleur qui, taché du sang de son mari, fera ensuite le tour du monde. Ce sens incroyable des détails, confronté au poids de l’histoire, en fait un livre saisissant. » Publisher’s weekly.

À la manière de Short Cuts de Robert Altman, Adam Braver met ici en scène quelques-uns des protagonistes de l’événement, premiers rôles et figurants, durant les heures qui précédèrent et suivirent le drame. Le livre s’ouvre avec le départ de Jackie Kennedy pour Dallas, il se referme quelques heures plus tard, lorsque la first lady, désormais veuve, rentre au milieu de la nuit à la Maison-Blanche. Autour de Jackie Kennedy, quelques personnages vont vivre eux aussi une journée très particulière : un tailleur, dont le nom et le film amateur feront par la suite le tour du monde, un médecin de l’hôpital Parkland, qui ne se doute pas en se levant qu’il va faire ce jour-là l’autopsie du corps du président, le personnel de la Maison-Blanche en charge des enfants du couple.
Entrelaçant la grande et les petites histoires qui, dans ce contexte, prennent un poids très particulier, Adam Braver nous fait littéralement entrer dans l’intimité des acteurs du drame. S’attachant à l’aspect humain, il nous permet de poser un regard complètement neuf et poignant sur cette affaire qui continue de marquer tous les esprits. Servi par une écriture magnifique de précision et par une construction ensorcelante, il nous livre un roman hypnotique. »

 

 

Adam Braver nous fait le récit détaillé des quelques jours/heures avant l’assassinat du Président Kennedy, il passe assez rapidement sur l’évènement en lui-même et nous donne à voir les heures qui ont suivies la tragédie. On entre donc dans l’intimité de plusieurs personnes de la première dame aux employés de la maison blanche en passant par le garagiste qui entretenait la voiture présidentielle.

J’ai trouvé la narration bien menée, l’écriture poignante de part son soucis du détail et de la précision. On entre véritablement dans l’intimité de ces gens, on connaît leurs pensées, leurs sentiments, leur ressenti de la tragédie. J’ai trouvé très touchantes les discussions des employés de la maison blanche parce que ce sont celles qui offrent le plus un aperçu de la personnalité du Président Kennedy, un homme simple et déterminé, proche du peuple. « Kennedy semble sorti tout droit de son passé : un homme qui connaît la valeur d’une poignée de main et d’un mot gentil, qui sait reconnaître la bonté des gens qui l’acceptent. » Est-ce une des raisons de son assassinat ? Nous ne le saurons jamais puisque son meurtrier présumé a lui-même été assassiné (cf mon billet sur JFK de Jim Garisson) mais Adam Braver ne s’attache pas à ces questions, ce n’est pas le but de son livre qui est principalement axé sur la Première Dame, ses appréhensions avant la parade dans Dallas, son souci du détail, le choix du tailleur rose si célèbre est bien pensé à l’avance, et elle ne le quittera d’ailleurs pas de la journée. On entre dans ses pensées à l’hôpital, dans sa chambre à bord d’Air Force One, auprès du cercueil de JFK. Elle organise les funérailles du président, assiste au serment de Johnson et quitte la Maison Blanche à la manière d’un automate mais ses pensées ne cessent de fourmiller dans sa tête.

Deux choses m’ont « choquées » dans cette lecture, la première étant que ce soit la gouvernante qui annonce aux petits Kennedy l’assassinat de leur père, je ne le savais pas et je ne sais pas ça me dérange un peu. La seconde étant la conversation qui est reportée à la fin du livre entre Johnson maintenant Président et Jackie qui vient de déménager il lui dit « J’appelle pour flirter avec vous » et « Dites leurs (en parlant des enfants) que j’aimerais être leur papa. » J’ai trouvé ça totalement déplacé ! Alors la question qui se pose est est-ce que tous les faits relatés par Adam Braver sont conformes à la réalité ou bien ne sont-ils pas un peu romancés ? D’après la quatrième de couverture on pourrait penser que ce sont des faits bruts, mais j’ai eu la réponse à ma question en lisant les remerciements : « Si ce livre est en grande partie un travail d’imagination, certaines contributions précieuses ne peuvent être ignorées… » La fiction prend donc le pas sur le souci de réalisme même si en effet l’écriture se base sur les archives, les interviews etc. des protagonistes.

Pour conclure ce billet je dirai donc que c’est une lecture en demi-teinte, j’ai apprécié tous ces détails, j’ai été sensible aux pensées des personnes présentes mais j’en attendais plus, plus d’interrogations, plus de faits réels mais je ne suis cependant pas déçue, j’aime beaucoup cette période de l’histoire américaine et je remercie donc les Editions Sonatine et Blog-O-book de m’avoir envoyé ce livre qui m’a permis de me replonger dans cette période mouvementée des Etats-Unis et qui m’a encore une fois fait penser « ahhhhh si j’avais eu 20 ans dans les années 60 ! » …et bien si j’avais eu 20 ans dans les années 60, j’aurais sans doute pleuré ce 22 Novembre 1963 …

 

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Quelques extraits :

«  Et en un clin d’œil, l’histoire que vous ne cherchiez pas est l’histoire qui se déroule. »

« De retour aux pompes funèbres il marcha directement jusqu’à la salle des cercueils à l’arrière, ferma la porte et pleura comme il n’avait jamais pleuré jusqu’alors. Il pleura pour toute la force dont il avait du faire preuve au cours de la journée. Il pleura pour Madame Kennedy. Et parce qu’il savait que demain arriverait inéluctablement et qu’il se réveillerait une fois de plus dans le même lit en se demandant s’il n’aurait pas pu en faire plus la veille. »

« Le cheval caparaçonné a été utilisé pour la première fois au cours de la procession en l’honneur de Lincoln, en partie parce qu’il était commandant en chef. Il symbolise l’héroïsme du soldat mort, mais dans le cas de Lincoln le cheval solitaire avait une résonance plus profonde, car il évoquait le trot lent d’une nation qui venait soudain de perdre son meneur. Tout en lisant ceci, Nelson sent sa poitrine se serrer, car il comprend déjà que rien ne capturera aussi bien la tragédie de Dallas que la vue de cette selle vide lors d’une procession fière et élégante le long de Constitution Avenue. »

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Commentaires
P
Ellory au lieu d'Ellroy...;-)
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S
Bonjour Tiphanie,<br /> nous vous remercions pour votre chronique mitigée et sommes ravis que le livre vous ai intrigué. A bientôt pour de nouvelles lectures!
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T
Nous sommes synchro, j'écrivais justement un commentaire quand j'ai reçu le tien ;)
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V
C'est publié! Avec en plus une petite surprise...
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T
@ Edelwe, il l'est oui mais il y manque un quelque chose
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