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Notes de lecture
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objectif pal
11 juillet 2012

Cormac McCarthy, La route

la_routeQuatrième de couverture:

"L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.


Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis."

Ce livre est vraiment très noir. Il laisse voir un paysage d'apocalypse. Un homme et son fils dont on ne connaît pas le nom semblent les seuls survivants dans ce paysage de cendre et de mort. On comprend vite que parmi les quelques rescapés de cet incendie dévastateur (mais est-ce bien un incendie? qu'est il arrivé? au fond on ne le sait pas vraiment), c'est la loi du plus fort qui sévit: du simple pillage sur les cadavres au cannibalisme...

McCarthy nous montre deux personnages forts, qui veulent à tout prix s'en sortir, mais se sortir de quoi? Le lien entre le père et le fils est très fort, ils sont tout l'un pour l'autre. On ne sait pas depuis combien de temps ils errent comme ça mais le fils ne semble pas avoir de souvenirs d'un autre monde.

Les interrogations de l'enfant et sa naïveté m'ont forcément rappelé une autre petit garçon, le narrateur de Room d'Emma Donoghue, chacun prisonnier d'un monde différent de celui dans lequel nous évoluons, chacun ayant une grande force de caractère et de volonté.

Ce livre est très prenant, mais aussi très angoissant, il fait ressortir ce qu'il y a de meilleur ou de pire chez l'être humain qui veut survivre. Tellement angoissant qu'on attend un boulversement positif pour nous soulager... J'ai apprécié cette lecture, mais je me suis sentie comme soulagée quand j'ai tourné la dernière page!!

objectif_pal

(21/27)

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15 janvier 2012

Rohinton Mistry, l'équilibre du monde

l__quilibre_du_mondeQuatrième de couverture:

"Voici le grand roman de l'Inde contemporaine, réaliste, foisonnant, inspiré traversé par le souffle d'un Hugo ou d'un Dickens. L'histoire se déroule au cours des années 1970 et 1980.Dans le même quartier vivent des personnages venus d'horizons très divers : Ishvar et Omprakash, les deux tailleurs des «intouchables» ; Dina, la jeune veuve, qui, pour survivre, se lance dans la confection à domicile ; Maneck, descendu de ses lointaines montagnes pour poursuivre ses études ; Shankar, le cul-de-jatte, exploité par le maître des mendiants. Bien d'autres encore? À travers les heurs et malheurs de leurs existences, Rohinton Mistry, romancier anglophone né à Bombay, brosse une fresque qui est à la fois l'odyssée d'une nation et une parabole de la condition humaine. Un roman-fleuve qui nous emporte irrésistiblement."

 

Je suis tout à fait d'accord avec la quatrième, Rohinton Mistry signe avec ce pavé de près de 900 pages un grand roman. Hugo et Dickens (s'ils étaient vivants) n'auraient pas à pâlir avec la comparaison de Mr Mistry. Moi j'ajouterai une comparaison supplémentaire, sans faire référence au côté philosophie des livres de Voltaire, les personnages m'ont un peu rappelé un Zadig qui essaie d'avancer malgré toutes les péripéties qui se mettent en travers de sa route!

Et des péripéties, toutes plus fâcheuses les unes que les autres les personnages vont en rencontrer!!! De nombreux personnages viendront alimanter le récit, mais l'on suit principalement Ishvar et Omprakash, un oncle et son neveu, tous les deux tailleurs bien que faisant partie de la caste des chamaars (ceux qui travaillent le cuir). Ils sont arrivés là pour gagner un peu d'argent afin de retourner vivre dans leur village avec un petit pécule ... Bien avant Omprakash, un homme a brisé les règles des castes pour envoyer ses fils en apprentissage chez un ami tailleur, et musulman. Bien assez de "fautes" pour éveiller la colère des castes dirigeantes! Cet homme c'est le grand-père d'Omprakash.

A la ville, on suit l'enfance et Dina, son entrée fastidieuse dans le monde adulte, la perte de son jeune époux. Dina est à la fois un personnage charmant et agaçant. Elle incarne ici les idées d'une caste supérieure, ses préjugés, son fonctionnement, sa supériorité. Et pourtant c'est le personnage qui va le plus évolué au fil de l'histoire, au contact humain des deux tailleurs mais également à celui du jeune Maneck, son hôte payant.

Maneck, jeune étudiant arrivé d'un petit village de montagne dans la grande ville perdra bien vite ses illusions de jeune naïf. Il apprendra toute l'injustice de son pays, la corruption des classes dirigeantes et du gouvernement indien de l'Etat d'urgence. Il est le ciment entre d'un côté les tailleurs, de l'autre Dina.

Chacun des personnages fera au cours du roman des rencontres plus ou moins heureuses. Les rencontres des uns se recouperont d'ailleurs parfois avec les rencontres des autres.

Rohinton Mistry nous montre toute l'absurdité du gouvernement d'Etat d'urgence en Inde, la confusion et l'injustice d'une population toujours plus nombreuse, d'un système de caste qui nourrit le ressentiment de chaque communauté, et qui maintient une partie de la population dans un état de soumission permanente. Il met à jour la corruption lors des élections, la corruption de la police, des propriétaires mais également la pauvreté des gens et la manière dont certains profitent de cela : les opportunistes mafieux comme le propriétaire du bidonville qui sera détruit par le gouvernement qui aura lui-même recruté ce "propriétaire" pour raser ces toits de taule insalubres, les agents du planning famillial qui promet un repas et un peu d'argent aux hommes et aux femmes qui acceptent la stérilisation, le maître des mendiants même qui certes protègent ses recrues, mais qui au final les exploite tout autant. L'on trouve chaque fois quelqu'un susceptible d'exploiter la misère de celui qui est un peu plus miséreux!

Il ne faisait pas bon vivre en Inde en ces années 1970-1980, une Inde où vous pouviez être raflé sur le trottoir pour une journée afin de gonfler les rangs d'un meeting du premier ministre, ou un mois pour effectuer les travaux du plan d'embellissant de manière tout à fait gratuite... où vous pouviez être soumis à une vasectomie sans demander votre reste simplement pour remplir des quotas, où l'on pouvait vous expulser de chez vous du jour au lendemain sans préavis ...

C'est un roman optimiste de part les quatres personnages forts et leurs valeurs, mais très dur en ce qui concerne les relations de pouvoir et le manque d'humanité de certains des personnages, prêt à tout pour un peu d'argent.

J'ai mis un certain temps à le sortir de ma PAL, c'est d'ailleurs grâce au challenge un mot des titres de Calypso que je l'ai lu et je ne regrette pas, je vous le recommande d'ailleurs chaudement (fin pas si vous êtes un peu déprimé!) Pour cette session le mot était monde.

Un_mot_des_titres

 

objectif_pal

  (2/27)

2 janvier 2012

Michel Houellebecq, Les particules élémentaires

les_particules__l_metairesQuatrième de couverture :

"Michel, chercheur en biologie rigoureusement déterministe, incapable d'aimer, gère le déclin de sa sexualité en se consacrant au travail, à son Monoprix et aux tranquillisants. Une année sabbatique donne à ses découvertes un tour qui bouleversera la face du monde.

Bruno, de son côté, s'acharne en une quête désespérée du plaisir sexuel. Un séjour au « Lieu du Changement », camping post-soixante-huitard tendance New Age, changera-t-il sa vie ? Un soir, une inconnue à la bouche hardie lui fait entrevoir la possibilité pratique du bonheur.

Par leur parcours familial et sentimental chaotique, les deux demi-frères illustrent de manière exemplaire la société d'aujourd'hui et la quête complexe de l'amour vrai."

Je n’ai pas tellement accroché à cette lecture. J’ai souvent eu l’impression qu’il s’agissait d’un traité sur la masturbation tellement il en était question, la sexualité d’un des personnages tient une place prépondérante dans ce livre que c’en devient gênant, voire complètement rébarbatif pour la lecture !

Je me suis longtemps demandé s’il s’agissait d’un récit autobiographique sachant qu’un des personnages se prénomme Michel et qu’il grandit à Crécy-en-Brie maintenant Crécy-la-Chapelle et il me semble que c’est aussi le cas pour Michel Houellebecq.

La première partie sur l’enfance des deux personnages m’a plus intéressée mais cela ne suffit pas à en faire un livre appréciable, je ne le recommanderai donc pas et je ne suis pas non plus prête à lire autre chose de l’auteur de sitôt !

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(26/56)

J'ai lu ce dernier livre de ma PAL avant les vacances de Noël, je remets maintenant les compteurs à zéro, aïe aïe aïe!!

28 juin 2011

Nick Hornby, Slam

 

slamQuatrième de couverture :

« Vous savez ce que c'est, un slam ? En langage de skateboarder ça veut dire qu'on se casse la gueule. Et moi, le skate et les filles, c'est tout ce qui m'intéresse.

Je m'appelle Sam, j'ai 15 ans, je vis avec ma mère qui en a 31. Vous avez pigé : elle m'a eu quand elle avait 16 ans, du coup elle me dit toujours de faire attention avec ma copine. Parce que c'est comme avec le skate : un accident est vite arrivé... »

 

C’est donc avec Slam que je découvre la plume de Nick Hornby qui m’était totalement inconnu avant de découvrir la blogosphère.

Au début je me suis dis au secours il va me saouler cet ado avec ses histoires de skate ! Mais finalement après quelques pages le skate  prend une place moins importante dans la vie du narrateur et donc dans la narration. Certes il parle toujours avec le poster de son idole du skate Toni Hawk quand il a besoin de conseils  mais c’est très drôle, un peu bizarre quand il en rêve et fait des incursions dans son futur mais drôle quand même.

D’ailleurs c’est l’adjectif que je retiendrai pour qualifier ce livre, c’est drôle du début à la fin, j’ai beaucoup ri ! Pour autant il ne traite pas le sujet principal avec légèreté, et n’emploie pas non plus un ton moralisateur qui n’aurait pas été agréable à lire de toute façon je pense.

 

Les personnages sont touchants, comme Will, j’ai beaucoup apprécié la relation entre Sam et sa mère, mais j’ai aussi aimé els personnages secondaires Rubbish et Rabbit. A l’inverse, la famille Burns m’a profondément horripilée. J’ai trouvé ces trois personnages très antipathiques. Ils sont bourrés de suffisance et de préjugés. Ca m’a d’autant plus agacée que j’ai moi-même des parents très jeunes, pour autant je ne suis pas devenue une mère adolescente tout comme eux. De plus, il semblerait qu’eux aussi se trainent de lourdes casseroles et feraient donc mieux de balayer devant leur porte. Je n’aime pas du tout ces gens qui, parce qu’ils ont un niveau de vie supérieur au votre se permettent de vous juger. De plus, Alicia est une ado superficielle, centrée sur elle-même et pas très réfléchie contrairement à Sam qui est drôle, intéressant et cultivé.

 

Hornby nous fait part de l’angoisse de devenir parent jeune. Comme je l’ai dis j’ai apprécié la relation entre Sam et sa mère mais un aspect m’a fait un peu tiquée : le reproche de la mère à son fils, ou à elle-même de lui avoir gâché la vie qu’elle aurait pu avoir si elle ne l’avait pas eu si tôt. Je trouve ça aberrent qu’on puisse reprocher sa naissance à un enfant, c’est pas comme ci la contraception ou l’avortement n’existaient pas, si on l’envisage de cette manière alors vaut-il peut-être mieux envisager la seconde solution ou l’adoption !

 

J’ai beaucoup apprécié le style et le ton employé par l’auteur, c’est frais, ça se lit facilement, ce n’est pas non plus du un style télégraphié comme pourrait l’être celui d’un adolescent. Il a su trouver els mots justes pour aborder un sujet plutôt délicat. Bravo !

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(16/26)

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2 juin 2011

Xinran, Chinoises

ChinoisesQuatrième de couverture:

"Un dicton chinois prétend que " dans chaque famille il y a un livre qu'il vaut mieux ne pas lire à haute voix ". Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d'elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d'entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d'elles-mêmes.
Épouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie... Mais elles parlent aussi d'amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

Un livre bouleversant, " décapant, à lire de toute urgence pour voir l'importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir " (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire)."

 

Xinran est une journaliste chinoise, dans ce livre elle a assemblé plusieurs témoignages de femmes chinoises qu'elle a reçus grâce à son travail dans une émission de radio locale. Par le biais de ces témoignages, Xinran met en lumière la place des femmes dans la société chinoise, d'aujourd'hui et d'hier. J'ai trouvé toutes ces histoires de femmes qui vivent sous le joug des hommes, leur époux, leur père ou les membres du parti, très bouleversants, certains m'ont ému aux larmes.

Ces témoignages font état du quotidien de femmes qui ont subit l'opression par le viol, la polygamie ou la prositution.

Xinran s'interroge sur le fossé qui s'est creusé entre les générations de femmes. On y sent bien évidemment tout le poids du parti communisme et de la Révolution Culturelle.

L'une des histoires qui m'a le plus étonnée au final est celle des femmes qui vivent dans une région reculée, dans un état encore primitif. J'ai trouvé le récit de leur mode de vie aberrant, j'ai bien conscience qu'il existe en Chine et ailleurs et que je le juge de mon point de vue de femme moderne... Mais au final quand Xinran les interroge sur leur bonheur, ce sont les seules femmes à lui dire qu'elles se sentent heureuses ...

Un extrait qui m'a particulièrement marquée : " Pour une jeune fille, grandire pendant la Révolution culturelle signifiait être confronté à l'ignorance, la folie et la perversion. "

objectif pal

(15/56)

abc challenge

(12/26)

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14 mai 2011

Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

M_moires_d_HadrienQuatrième de couverture:

"Cette oeuvre, qui est à la fois roman, histoire, poésie, a été saluée par la critique française et mondiale comme un événement littéraire. En imaginant les Mémoires d'un grand empereur romain, l'auteur a voulu "refaire du dedans ce que les archéologues du XIXe siècle ont fait du dehors". Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son oeuvre politique, Hadrien n'ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout.

"... Je me sentais responsable de la beauté du monde", dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l'homme de tous les temps : les dangers mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la "discipline auguste", entre l'intelligence et la volonté."

 

L'heure est grave mes amis, j'ai perdu mon carnet de lecture! Certes cela traduit le désordre ambiant qui reigne chez moi mais quand même comment est-ce possible? Ce petit carnet turquoise qui accompagne mes lectures depuis janvier 2010 a disparu (et donc toutes mes notes, citations, blogs and so on qui s'y trouvaient compulsés!). J'espère (après avoir bougé certains meubles) le retrouver quelque part où je n'aurais pas cherché, plutôt que de l'avoir jeté par mégarde avec une pile de vieux magazines... :(

Ce billet et les deux prochains seront donc rédigés de mémoire plus ou moins incertaine, oui c'est déjà prouvé ci-dessus que je perdais la tête...

Revenons à notre empereur... Honnêtement je ne sais absolument plus comment ce livre a aterri dans ma PAL mais il n'avait pas franchement grand chose à y faire! Non mais c'est vrai est-ce que ça m'intéresse moi la vie des empereurs romains? pas vraiment! et le seul lien que je vois entre ce livre et moi, c'est le fameux mur d'Hadrien construit au nord de l'Angleterre!

Le récit est cependant bien documenté, nombreux détails de la vie d'Hadrien sont fournis, on pourrait même croire qu'il a été écrit par le narrateur lui-même. L'écriture est agréable mais ça n'a pas suffit pour me rendre l'histoire intéressante. J'ai régulièrement lu les pages sans forcément les imprimer, juste parce que je n'aime pas abandonner un livre. C'est dommage parce qu'il y avait certains passages intéressants mais je suis totalement passée à côté.

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(10/26)

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(11/56)

15 avril 2011

Objectif PAL d'Avril: Toni Morrison, Un don

 

un_donPrésentation de l'éditeur

« Dans l'Amérique du XVIIe siècle, celle des vastes étendues et des territoires vierges, Blancs, Noirs, Indiens subissent encore la même oppression. Jacob, un négociant anglo-néerlandais vit avec sa femme Rebekka en Virginie. Lorsqu'il se rend chez un planteur de tabac qui lui doit une forte somme, ce dernier ne pouvant le payer, lui propose une esclave. En dépit du mépris qu'il a pour ce système, Jacob accepte de prendre avec lui Florens, une enfant noire de huit ans. Elle formera avec Lina, seule survivante de sa tribu indienne et Sorrow, une adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. Roman polyphonique, Un don traverse l'Amérique des origines, transcende les genres, bouleverse. »

 

L’histoire se déroule à la fin di 17e siècle, bien avant l’Indépendance des Etats-Unis et donc bien avant la guerre civile et l’abolition de l’esclavage.  Le narrateur (la narratrice) s’adresse directement à quelqu’un mais ce n’est pas à nous lecture, elle fait allusion au commerce d’esclaves avec l’Angola, de culture du tabac, de familles hollandaises mais rien n’est vraiment clair et le premier chapitre m’a vraiment rebutée. Heureusement j’ai poursuivi !

L’ordre chronologique n’est pas respecté, les chapitres sont tous narrés par des voix différentes, on n’arrive pas vraiment à savoir qui au début, c’est confus et l’Histoire m’a parue plus importante et plus intéressant que l’histoire en elle-même. Ces chapitres nous font le récit des minorités sur le nouveau continent, terre promise des européens, les noirs bien sûr mais aussi les indiens  natifs et surtout les femmes et leurs conditions, peu importe leur origine ethnique, toutes les femmes sont dominées.

Ces chapitres abordent également les différentes scissions dans la religion catholicisme et différents protestantismes mais également les raisons diverses et variées de l’immigration dans ce pays qui n’en est d’ailleurs pas encore un. Le commerce oui, mais aussi l’exil, les marginaux que l’on ne veut plus voir en Europe, prostituées et autres voleurs.

Il est question des exploitations, celles des blancs sur les noirs, mais aussi des blancs sur d’autres blancs. En effet, les jeunes gens qui voulaient tenter leur chance outre Atlantique payer leur billet e vendant leur force de travail, ils appartenaient à un maître et n’étaient pas rétribués pour leur travail.

L’histoire qui nous est contée dans le livre devient intéressante après un bon tiers de lecture donc il faut s’accrocher. A partir de ce moment, les premiers chapitres s’éclairent et on peut comprendre de quoi il était question…

Attention !!! Risque de spoiler !!

Un des thèmes majeurs de cette histoire est la question de la perte d’identité de ces personnes exploitées. Sorrow par exemple refuse de donner son vrai nom jusqu’à ce qu’elle enfant, par le biais de son accouchement elle crée elle-même sa propre vie, celle qui n’appartient qu’à elle-même, et seulement à partir de ce moment elle peut se nommer. Florens, qui se sent livre malgré sa condition d’esclave finira par perdre son identité quand elle aura pris conscience de son statut. Elle sera alors rejetée par le forgeron. Le regard des femmes qu’elle a croisé dans la « maison du démon » lui ont fait perdre son identité première.

Fin des spoilers !!

La toute fin permet de comprendre le tout premier chapitre. J’ai donc un peu retrouvé ce qui faisait la particularité de Beloved que j’avais étudié à la fac. Au début je n’accrochais pas du tout non plus parce que c’était trop diffus mais à la lumière des évènements plus avancés dans le livre, tout prend sens. Cela semble être la marque de fabrication de Toni Morrison, et c’est là, en tout cas en ce qui concerne Beloved et un don, toute la force de l’écriture de Toni Morrison.  J’ai trouvé ce récit bouleversant… Merci Will pour cette lecture!

Quelques extraits :

« N’ayant aucun lien avec l’âme de la terre, ils tenaient absolument à en acheter le sol, et, comme tous les orphelins, se montraient insatiables. C’était leur destinée que de chiquer le monde et de recracher des horreurs qui détruiraient tous les peuples premiers. »

« Des perspectives se limitaient à servante, prostituée ou épouse, et, bien qu’on racontât des histoires horribles sur chacune de ces trois carrières, la troisième semblait encore la plus sûre. »

« Etre femme ici c’est être une blessure ouverte qui ne peut guérir. Même si des cicatrices se forment, le pus est toujours tapi en dessous. »

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(2/3)

 

 

 

 

25 février 2011

Alexandre Dumas, Vingt ans après

IMGP1312Résumé du livre :

"Vingt ans ont passé, les quatre amis ont toujours la même amitié, même si leurs priorités sont, elles, différentes : Athos a un fils Raoul, Porthos pense à son titre de noblesse, Aramis a ses intrigues amoureuses et d'Artagnan sert le cardinal Mazarin, de plus en plus impopulaire. Néanmoins leur solidarité et leur envie sont toujours au rendez-vous pour vivre des aventures en France ou même en Angleterre"

C'est cinq ans après Les trois mousquetaires que je me suis plongée dans ce second volet écrit par Alexandre Dumas. Comme l'indique le titre, on retrouve les quatre vingt années plus tard. Chacun a poursuivi sa route, Athos et Porthos vivent chacun sur leurs terres, Aramis est devenu abbé et seul D'Artagnan est resté mousquetaire au service du roi. Vingt années se sont écoulées mais ces quatre mousquetaires ne semblent pas avoir vieilli, ils sont toujours aussi alertes, prêts à dégainer leurs épées pour défendre la veuve et l'orphelin. On les retrouve d'abord opposés, chacun défendant sa cause, d'un côté D'Artagnan et Porthos, de l'autre Athos et Aramis. D'artagnan m'a parfois agacée, et j'ai trouvé presque tout au long de l'histoire Aramis assez antipathique, mais j'ai été touchée par la simplicité de Porthos et la générosité d'Athos. Au final les quatre hommes se complètent et s'équilibrent. On est toujours prêt à embarqué dans leurs aventures plus abracabantesques les unes que les autres, et si donc les personnages ont vieilli, la plume de Dumas est restée intact. C'était un vrai régal de replonger dans cette écriture, qui n'est pas sans rappeler un certain Cervantes. Dumas se sert avec brio du contexte historique pour tenir le lecteur en haleine, et même s'il arrange l'Histoire pour servir son histoire, c'est toujours intéressant de se réapproprié l'histoire de France mêlée ici à celle de l'Angleterre, j'avoue que tout ça est bien loin pour moi maintenant!!

J'ai donc passé d'agréables moments en compagnie des quatre hommes, les personnages féminins y sont bien moins présents de dans les Trois mousquetaires, excepté Anne d'Autriche et aux quelques autres grandes dames de La fronde, la figure de Milady n'étant plus de la partie, les femmes perdent un peu de leur importance. D'ailleurs Anne d'Autriche est totalement sous la coupe du Cardinal Mazarin. Les méchants ne sont donc pas forcément ceux auxquelles on s'attendrait en premier lieu ...

Et puis il y a aussi donc l'apparition d'un nouveau personnage: Raoul qui sera central dans le Comte de Bragelonne, que je lirai volontiers!

En bref, une très bonne lecture mais je n'en attendais pas moins de toute façon :)

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(6/56)                                         (5/26)

Le_defi_1000

(1/1)

23 février 2011

Michèle Lesbre, Le canapé rouge

Le_Canap__RougePrésentation de l'éditeur:

"Dans le transsibérien qui la conduit à Irkoutsk, tandis que défilent les paysages, Anne songe à l'amitié qui la lie à une vieille dame, Clémence Barrot, laissée à Paris.

 

Elle lisait à cette ancienne modiste la vie de femmes libres et courageuses telle Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne... Et partageait avec elle des souvenirs tendres et douloureux: ceux des amours passées... Le dixième livre de Michèle Lesbre est un roman lumineux sur le désir, un texte limpide sur le bonheur de vivre."

 

Ce livre ne m'a pas laissé grande impression, il évoque certes l'attachement de deux personnes de générations tout à fait différentes, le voyage en train apparaît comme un voyage initiatique à travers lequel la narratrice va évoluer, il est le symbole d'un passage d'un état à un autre. Ce voyage renforce par l'absence l'attachement d'Anne pour sa vieille voisine. J'ai trouvé cet attachement assez émouvant mais en même temps je me suis demandé ce qu'Anne allait faire au fin fond de la Russie, ce 'nest pas bie clair, qu'attend-elle au final en espérant retrouver l'homme qu'elle a aimé? J'ai donc été vraiment déçue par ce voyage qui ne m'a pas donné à voir les paysages russes auxquels je m'attendais en fait. Je suis complètement passée à côté!

J'ai tout de même relevé deux passages qui m'ont plu:

" Je trouvais [...] chez Dostoïevski ce que je croyais lire sur certains visages, l'histoire éprouvante de ce pays, la sombre humeur, sa démence, sa cruelle sauvagerie, sa grandeur aussi, une tempête figée dans les yeux gris-bleus des russes."

" J'ignorais ainsi quelle rue elle avait rayé de sa carte intime, mais je la comprenais, je pourrais tout à fait renoncer à un pays si l'homme avec qui je l'avais visité venait à disparaître."

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(5/56)                                 (4/26)

30 décembre 2010

Objectif PAL, le livre de Décembre: John Irving, l'Hôtel New Hampshire

L_hotel_New_HampshirePrésentation de l' éditeur :

"Ils auraient pu mener une vie tranquille. Mais comment vivre comme tout le monde quand on a Winslow Berry pour père? Quand on passe sa vie à courir d’hôtel en hôtel, de Vienne à New York, armé d’un ours et du petit Freud pour tout bagage ? Dans le regard de John, l’un des cinq enfants, les aventures de la famille Berry, prennent des airs de conte de fée loufoque…"

Je l'ai commencé mi novembre et l'ai abandonné au bout d'une cinquantaine de pages. Je n'arrivais pas à entrer dans l'histoire et les personnages m'étaient antipathiques.La préface était tirée par les cheveux et me laissaient déjà quelques craintes pour la suite! (en fait les préfaces ne devraient pas exister, il ne devrait y avoir que des postfaces!) Mais bon, je n'aime pas abandonner un livre (sauf pour les nouvelles de Poe!) donc il m'a accompagné pour mon périple en train en décembre.

Effectivement donc nous avons affaire à une famille complètement loufoque comme le laissait présager la préface! Tout au long de l'histoire je n'ai pas réussi à m'attacher véritablement aux personnages (c'est un critère pour moi d'appréciation du bouquin, c'est comme ça que voulez-vous) même si j'ai parfois ressenti un peu de sympathie pour certains (jamais d'empathie, ça augure de bonnes choses pour ma santé mentale je l'espère)

L'histoire est teintée de symbolismes, et de présages pour la famille Berry, famille américaine moyenne et un peu excentrique: un homme en smoking blanc, Freud (leur ami et le célèbre penseur) et trois figures sont récurrentes tout au long du livre et constitue un peu le leitmotiv de la famille: les ours, leur chien Sorrow (cf signification du nom) et bien sûr les Hôtels. Quatre hôtels dans l'histoire, trois seront les leurs mais ne seront jamais des hôtels au sens où on l'entend véritablement.

L'amour incestueux entre Franny et son frère, le narrateur est également un fil conducteur du livre. Il est d'abord sous-jacent dans la place qu'occupe le personnage de Franny et l'admiration que semble lui porter le narrateur dans son enfance et puis il devient de plus en plus clair, à Vienne d'abord puis de retour aux Etats-Unis. Ca m'a un peu dérangé que ce soit traité de cette amnière. Un peu comme si c'était normal et qu'il n'y avait rien de dérangeant ni de choquant là-dedans. Le thème du viol est d'ailleurs lui aussi souvent abordé au travers des personnages rencontrés. Il apparaît toujours comme quelque chose de non traité, qu'il faut enfouir et c'est "normal" pour l'époque mais Suzie l'ours, qui fait figure de marginale, ne va pas avoir peur elle de venir en aide aux femmes violées en ouvrant son local et en créant son association. Si elle semble apporter un soutien aux femmes violées rien n'est dit d'une quelconque condamnation de la justice américaine.

Et puis on retrouve évidemment le thème du rêve, bin oui on parle pas mal d'un certain Freud tout de même. J'ai l'impression que c'est un thème cher à Irving. Je me souviens l'avoir déjà remarqué dans Le monde selon Garp et dans son recueil de nouvelles Les rêves des autres. Je verrais si je le trouve également dans Une prière pour Owen qui m'attend dans ma PAL.

En bref, une légère déception par rapport au souvenir que j'avais de son écriture, et une lecture un peu longue.


abc_challenge   objectif_pal

(17/26)                       (20/46)

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