Maud Lethielleux, J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais fait
"Première de la classe, Capucine n'a qu'une obsession, elle veut faire l'amour. Elle a quinze ans, c'est le moment, pense-t-elle. Mais pas avec un garçon de son âge, boutonneux et maladroit, non, Capucine aimerait un homme, un vrai, et pourquoi pas son prof d'histoire-géo? Dans la même classe, Martin, avachi sur sa chaise, rêve de musique. Bassiste, il prépare son premier concert public, collectionne les bulles et joue l'homme de la maison, celui qu'il n'a jamais connu. Autour d'eux gravitent Lily la fille qui brille, Nath et ses dreads trop longues, Jo le guitariste, Charlotte qui reprend ses études et les lèche-sandales de Mme Sou. Le soir du concert, les destins s'emmêlent."
Ce roman jeunesse fût plaisant à lire. L'alternance entre les points de vue de Capucine et de Martin, lycéens de 15ans, donne du rythme à l'histoire. Les personnages sont attachants, tous sauf peut-être Capucine justement avec son idée fixe de vouloir faire l'amour. Elle part souvent dans ses fantasmes et imagine presque tous les gens qu'elle croise nus ou en train de faire l'amour, c'est un peu agaçant au bout d'un moment. Le personnage qie j'ai préféré est sans conteste celui de Martin, notamment dans sa relation naissante avec François, le professeur d'histoire-géo mais aussi dans sa relation changeante avec sa mère, une relation qu'on sent plus sereine mais toujours pudique. C'est un trio très touchant, qui donne de l'émotion à une histoire qui aurait pu être tout à fait banale. L'idée qui se dégage de ces pages c'est qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Le léthargique du fond de la classe a peut-être tout autant à dire que l'intello du premier rang...
Deux petits extraits:
"Pourquoi t'es prof?
- Parce que ça me donne une excuse.
J'ai pas insisté, je me suis dit qu'il avait pas dormi plus que moi. Il a continué.
- Une excuse pour être avec des jeunes et partager des moments. Je sais c'est nul comme réponse mais j'avais que ça. Et puis l'histoire c'est aussi l'histoire de l'homme, c'est tout ce qu'on est avec notre violence, nos désirs de pouvoir, nos illusions, nos grands rêves, nos folies. Et une homme c'est un continent. T'es pas un coninent toi?"
"J'ai eu envie de leur presser un jus d'orange. C'est peut-être ça être heureux, avoir envie de presser un jus d'orange pour ceux qu'on aime, même après une nuit de deux heures."
(10/97)
(1/2)
la contrainte étant cette session un chiffre


