Tatiana de Rosnay, Rose
"Paris, sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann réduisent des quartiers entiers en poussière et génèrent des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé."
J'ai trouvé le personnage de Rose assez antipathique pendant la première moitié du roman. Je l'ai trouvé assez superficielle, une enfant gâtée et le fait qu'elle n'aime pas sa fille a accenuté ce trait. Puis finalement ça a changé, au moment où elle passe du temps avec Alexandrine mais surtout par le biais de sa découverte de la lecture.Ca m'a d'ailleurs donné envie de relire Madame Bovary alors que je ne l'avais pas aimé quand je l'ai étudié au collège puis au lycée.
L'évocation de Zola m'a fait sourire et puis c'était un peu dans la continuité de Bel-Ami. J'ai d'ailleurs suivi ma lecture d'un titre de Zola du coup. Rose m'a bien sûr beaucoup fait penser à La curée où l'avancée des grands boulevards est aussi représenté comme une machine qui détruit tout sur son passage, bien que le point de vue soit dans les deux romans complètement différent.
J'ai trouvé que le secret de Rose n'était pas nécessaire et n'apportait rien en soi à l'histoire.
En bref donc, c'est une lecture en demi-teinte. J'ai apprécié découvrir l'avancée de la modernisation de Paris, l'attachement des habitants à leurs petites rues, à leur quartier. J'ai également aimé les passages de mise en abîme sur la lecture, mais Tatiana de Rosnay n'a pas réussi à m'émouvoir et c'est dommage parce que le choix de narration, les lettres au mari défunt étaient pourtant faites pour ...
Deux extraits:
" Ô mon amour, comme je vous ai senti près de moi alors que je dévorais Madame Bovary. Je ne parvenais pas à comprendre tout ce tumulte au sujet du procès. Flaubert n'avait-il pas réussi à entrer précisément dans l'esprit d'Emma Bovary, offrant à son lecteur de connaître chacune des sensations qu'elle vivait, son ennui, sa douleur, sa peine, son ravissement?"
" Comme vous devez être surprise de me voir lire cela. Mais comprenez-vous, Armand, il est juste de dire que la elcture de M. Zola nous confronte brutalement aux pires aspects de la nature humaine. L'écriture de M. Zola n'a rien de romantique, ni de noble, d'ailleurs. Le style est remarquablement vivant, plus osé encore, je trouve, que celui de M. Flaubert ou M. Poe. Peut-être parce que l'oeuvre est si moderne?"
(9/27)

