Lecture commune: Linda Newbery, De pierre et de cendre
"Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l'art aux deux filles de Mr Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d'un passé scandaleux..."
Linda Newbery a beau être un auteur contemporain, on retrouve dans Depierre et de cendre le charme désuet des livres de Jane Austen et consœurs. Certes l’action e se passe pas même époque que celle de Miss Austen bien un siècle plus tard et pourtant la place dévolue aux jeunes femmes est inchangée. Elles espèrent toujours faire un bon mariage, si possible du meme rang social qu’elles. Elles sont toujours soumises à l’autorité du père et à la loi de l’entail (seul un héritier male bénéficie des biens de son père après sa mort)
Pour autant, il y a dans ce livre moins de légèreté que dans les livres d’Austen. Juliana et Marianne portent un lourd secret que leur gouvernante Miss Charlotte Agnew et leur précepteur, le peintre Samuel Godwin vont tenter de percer… Les apparences sont d’abord très trompeuses mais les amènera finalement à découvrir toute l’horreur de la situation. Nous-mêmes en tant que lecteurs, menons notre enquête pour être finalement aussi trompés par les apparences au même titre que les personnages. C’est d’ailleurs assez fort parce que j’ai imaginé tous les scénarios possibles sauf celui-là. La narration d’un point de vue omniscient nous pousse justement dans l’erreur !
C’est un livre fort, qui nous montre tous les codes de la société de l’époque, une société basée sur les apparences et le qu’en dira-t-on. Qui je trouve n’est finalement pas si éloignée de la notre. Si le mariage n’est pas forcément LA priorité des jeunes filles il faut reconnaître que le célibat sied mal à nombre d’entre elles.
J’ai beaucoup apprécié les nombreuses descriptions de la maison et du jardin. Et j’ai trouvé le « débat » sur l’artiste, son œuvre, et l’art en général très intéressant. Est-ce l’artiste qui fait de son œuvre de l’art ou au final serait les soi-disant amateurs d’art qui en font une œuvre d’art … Là encore on touche à la question de l’apparence.
Les références à des peintres que j’ai étudiés en fac et que j’apprécie comme Dante-Rossetti et Millais n’ont fait que me conforter dans mon coup de cœur. Je vous conseille donc cette lecture !
