Denis Johnson, Arbre de fumée
« JFK vient d'être abattu. La guerre du Vietnam bat son plein. Jeune
agent de la CIA engagé dans des opérations contre le Viêt-cong, Skip Sands ne
tarde pas à perdre foi en son métier. Croisant les parcours d'une demi-douzaine
de personnages pris dans la guerre, Denis Johnson décrit de manière
bouleversante leur chute inévitable. Roman polyphonique sur fond d'histoire et
d'espionnage, aussi luxuriant que la jungle asiatique, cette œuvre folle, d'une
puissance rare et déployée sur près de deux décennies, n'est pas sans évoquer
le cinéma de Michael Cimino ou de Francis Ford Coppola. Une déflagration au
napalm, dramatique et hallucinatoire. »
Dur dur de rendre compte de
ce livre alors même qu’il m’a fallut un mois entier pour venir à bout de ces
900 pages ! un mois entrecoupé de rédaction de mémoire, soutenance,
rapports en tout genre et accueil de ma correspondante québécoise mais un mois
tout de même !
Je n’en ferai pas le résumé,
je pense que la quatrième de couverture suffit. J’ai trouvé ce livre à la fois
tout à fait intéressant et extrêmement ennuyeux ! Certains passages m’ont tenue en haleine
et j’en ai lu d’autres sans vraiment les
lire. J’ai été touchée par certains des personnages, celui de Kathy Jones
particulièrement, encore plus à la fin quand on la retrouve dans la « vie
normale » dix ans après. J’aimais bien suivre Skip Sand également mais la
fin me l'a rendu antipathique. Mais surtout je n’ai absolument rien compris à
leur mission des Psy Ops, si quelqu’un veut d’ailleurs m’éclairer sur le sujet
ce serait volontiers.
J’ai apprécié les histoires
ici et là des jeunes engagés, de la manière dont la guerre, et surtout celle-ci
les transforme. Denis Johnson nous donne un aperçu de leur manière de vivre, l’alcool,
la crasse, les prostituées et nous permet de comprendre comment leur retour au
pays peut être si difficilement vécu, comment la guerre fait de ces soldats des
inadaptés dans le monde « réel », un peu comme s’il existait un avant
et un après, un ici et un là-bas.
Nous avons également un
aperçu de la barbarie de la guerre et certains passages nous montrent comment
finalement des adolescents se sont peu à peu transformés en tueurs sans âmes :
« Bon, tu étais triste pour les
gamins pendant un certain temps, un mois, deux mois, trois mois. Tu es triste
pour les gamins, pour les animaux, faut pas baiser les femmes, faut pas buter
les animaux, mais ensuite tu comprends que c’est une zone de guerre et que tout
le monde y habite. Tu te fiches que ces gens vivent ou meurent demain, tu te
fiches que toi-même tu vives ou meures demain, tu maltraites les gamins, tu
baises les femmes, tu butes les animaux. »
Toutes ces histoires entremêlées
parfois sans queue ni tête m’ont donné l’impression d’être dans la tête d’un de
ces soldats complètement déboussolé par l’horreur qu’il a vécu. Ca m’a laissé
une impression de vertige. Je n’ai en somme ni aimé, ni pas aimé, j’ai juste
trouvé ça trop long et trop confus pour être apprécié à sa juste valeur.
Merci à Blog-O-Book et aux éditions 10/18 qui m’ont renvoyé ce livre après qu’il se soit égaré quelque part en France !
(2/5)

