Laurence Jyl, Le coût de la panne
J’avais juré qu’on ne m’y prendrait plus et que je rédigerai désormais mes articles « à chaud » mais j’ai encore été prise par le temps et voilà que ce petit billet réside dans ma tête depuis dimanche dernier déjà !
4è de couverture : « Les Sertilanges coulent des
jours heureux en Provence. Le père travaille au bureau de poste municipal
cependant que la mère s'occupe de leurs trois enfants, deux adolescents
turbulents et une adorable chipie de dix ans, la narratrice de l'histoire, Zoé.
Mais la promotion à Paris du chef de famille vient bientôt rompre le charme de
cette vie paisible.
D'autant qu'une catastrophe s'abat sur le foyer des néo-Parisiens peu de temps
après leur emménagement : l'antique téléviseur choisit de rendre l'âme à
l'heure fatidique de la finale de "Regardez-les vivre", l'émission de
télé-réalité préférée de toute la famille... La maman de Zoé trouve aussitôt la
parade. Il suffit de se poster à la fenêtre pour suivre discrètement la
retransmission sur l'écran des voisins. Armée de jumelles, la mère de famille
en vient bientôt à épier jour et nuit les faits et gestes des habitants de
l'immeuble d'en face, à les imiter et, au final, à vivre sa vie par
procuration, délaissant peu à peu ses enfants et entraînant son mari sur une pente
vertigineuse.»
Tout est dit ou presque ! La particularité de ce roman, et ce que
j’ai apprécié le plus dans cette histoire, c’est le fait que la narration soit
faite par la cadette de la famille âgée de dix ans. Celle-ci porte un œil très
critique sur ceux qui l’entourent. Je ne suis pas habituée à ce genre de
narration, n’étant pas du tout familière avec la littérature jeunesse, mais j’ai
ici apprécié l’exercice de style, même si parfois j’ai trouvé que ce qui serait
supposé être un vocabulaire d’une fillette de dix ans était peu approprié et
trop recherché, mais qu’importe.
Cette narration permet de dépeindre la famille et les évènements de
façon brutes, avec par-ci par là les critiques de Zoé, sans pour autant
véritablement analyser les comportements de chacun. Cela donne donc une
certaine légèreté au livre qui fait qu’il reste plaisant à lire. On sent
pourtant, (ou bien peut-être est-ce moi qui ai ressenti ça comme ça) une envie
de critiquer les effets pervers de la télé-réalité et le voyeurisme des gens, l’importance
que la télévision peut prendre dans certaines familles, la société du paraître,
notamment lors des repas « devant la fenêtre » organisée par les
parents de plus en plus siphonnés. Peu importe que ce soit bon tant que c’est
brillant et coloré…
Merci donc aux Editions Robert Laffont et à Blog-O-Book pour ces
quelques heures de détente en compagnie de la famille Sertilanges.