Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Notes de lecture
Publicité
lecture commune
21 juin 2013

Lecture commune: Alice Ferney, les autres

les_autresQuatrième de couverture:

"Lors d'une soirée d'anniversaire, un jeu de société destiné à mieux se connaître devient le révélateur de secrets de famille jusqu'ici soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance. 

Avec délicatesse et cruauté, ce roman d'une rare finesse psychologique interroge la féminité, l'amour et les relations entre les hommes et les femmes."

Le récit est divisé en trois parties, la première nous présente les personnages par le biais de leurs pensées. Tout à tour, le lecteur se retrouve dans la tête des personnages. La seconde partie consiste en dialogues, les personnages jouent au jeu de société qui révèle leur caractère et plutôt les côtés négatifs, les travers. Les questions du jeu amènent débats et disputes et montrent une facette des personnages pas forcément très agréable. Tout est question de comment on se voit, comment on pense que les autres nous voient et comme les autres nous voient en réalité. Trois niveaux finalement qui sont parfois bien différents les uns des autres. 

Ce jeu aboutira à trois révélations qui seront un choc à la fois pour la personne qui se révèle mais aussi pour les personnes que cela touche directement. Il révèle les caractères des uns et des autrestout en les rendant très antipathiques, Niels notamment. En attendant, la grand-mère se meurt seule à l'étage alors que ce roman est un roman sur les liens familiaux, l'attachement aux racines. Trois générations vivent sous le même toit.

Enfin, la troisième partie nous rapporte les paroles prononcées par les personnages pendant la partie. Je n'ai pas trouvé beaucoup d'intérêt à cette dernière partie. Certes elle reformule ce qui a été dit précédemment d'un point de vue exterieur et de ce fait elle fait le contrepoids du dialogue avec une prise de recul sur les différentes révélations mais j'ai quand même trouvé que c'était trop redondant. Je me suis donc ennuyée pendant les cent dernières pages. Ce fût donc une lecture mitigée car d'un côté un peu anxiogène, de l'autre ennuyeuse par sa répétition. 

Allons voir ce que Géraldine en a pensé.

 

objectif_pal

(18/97)

Publicité
20 avril 2013

Lecture commune: Jim Fergus, Mille femmes blanches

mille_femmes_blanchesQuatrième de couverture:

"En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des "Mille femmes" viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d'Amérique... Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l'une d'entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d'adoption..."

 

J'ai beaucoup aimé cette lecture, rapidement j'ai apprécié la narratrice. Le fait que ce récit soit fait sous la forme d'un journal intime a fortement contribué à ce que je l'apprécie. Les carnets de May Dodd sont au nombre de sept, chacun marquant une étape dans son aventure en terre indienne. En effet, May a accepté de devenir l'épouse d'un Cheyenne pour réhabiliter la tribu auprès des blancs. Dans son premier carnet, May nous explique son choix en racontant sa vie à l'asile où elle est internée alors qu'elle a toutes ses capacités mentales (comme nombre de femmes à l'époque, mais qui s'en souciait?)

Un long voyage en train les achemine d'abord les premières femmes consentant à l'échange à Fort Larami où May tombera sous le charme du Capitaine Bourke, chargé de les "remettre" au chef Cheyenne Little Wolf. Vient ensuite le récit de son adaptation en terre Cheyenne, de sa vie de sauvage et de nomade.

On suit la progression d'un petit nombre de ces femmes, avec qui Mmay a sympathisé pendant le voyage. Toutes sont particulières et attachantes, Martha, la petite Sara, Phémie, Gretchen etc. J'ai beaucoup apprécié les portraits des personnages faits par May, que ce soit les femmes blanches ou les indiens. Cette immersion dans la tribu m'a appris beaucoup de choses sur la vie des indiens, leur mode de fonctionnement, leurs lois, la place des femmes dans leur société mais surtout le choc des civilisations dont j'avais déjà eu un bref aperçu avec Sherman Alexie. Ici le Whiskey fait lui aussi des ravages et il est introduit par les blancs, c'est un sang-mêlé qui parle français qui l'introduit dans la tribu de Lttle Wolf. La barbarie des blancs "civilisés" vs. la nature des indiens "sauvages" est soulignée à deux reprises dans le roman. D'abord par le biais du prêtre qui commet un acte impardonable et ignoble. May s'insurge alors sur le fait se savoir qui finalement a plus à apprendre de qui. Ensuite lors de l'attaque militaire mais je n'en dévoile pas plus.

Certaines cscènes sont difficiles mais elle montr les rivalités qui existaient entre les différentes tribus. Une seule m'a vraiment choquée: la célébration de la naissance des enfants sang-mêlés. Cette lecture fût néanmoins un coup de coeur même si celui-ci est un peu nuancé puisque j'ai appris que ce n'était qu'une fiction. L'éditeur précisait que le texte était basé sur un fait réel mais si l'idée de cette échange a bien été soumise par Little Wolf, l'échange n'a jamais eu lieu, le président Grant ne l'ayant jamais autorisé.

Allons tout de suite voir ce qu'en ont pensé Canel et A girl from eath, Val quant à elle avait apprécié les personnages mais c'était un peu ennuyée au milieu.

 

objectif_pal

(11/97)

Logo_challenge_bookineurs_en_couleurs

(1/2)

pour la couleur verte, chez Liyah

lire_sous_la_contrainte

la contrainte étant cette session un chiffre

 

16 mars 2013

Lecture commune: Jean-Michel Guenassia, La vie rêvée d'Ernesto G

la_vie_r_v_e_d_Ernesto_GQuatrième de couverture:

"De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. De la Bohème et ses guinguettes où l'on croisait des filles qui dansaient divinement le tango en fumant des Bastos, à l'exil dans le djebel, de la peste d'Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d'un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l'Histoire. Une vie d'amours et de grandes amitiés, une vie d'espoirs et de rencontres, jusqu'à celle, un jour de 1966, d'un certain Ernesto G., guerrier magnifique et terrassé, échoué au fin fond de la campagne tchèque après sa déroute africaine.

On retrouve ici toute la puissance romanesque de Jean-Michel Guenassia qui, après Le Club des incorrigibles optimistes, nous entraine dans la délicate nostalgie des hommes ballottés par l'Histoire, les hommes qui tombent et qui font de cette chute même et de leur désenchantement une oeuvre d'art."

 

Début du XXe siècle, Joseph, fils de médecin vit à Prague avec son père. Il fait des études de médecine et se spécialise dans la recherche en biologie à Paris. Université le jour, meeting politiques et danse la nuit, les années éstudiantines de Joseph seront marquées par la montée du franquisme puis du nazisme.

A l'orée de la seconde guerre mondiale, Joseph part pour Alger et intègre le prestigieux institut Pasteur où il travaillera quelques années, Guenassia nous fait le doux récit d'une Algérie française où il fait bon vivre. Les amitiés sont solides, la jeunesse se retrouve dans les petites gargottes et l'odeur des merguez grillées n'est pas bien loin. Seule la guerre met un terme à cette vie d'insouscience et oblige notre Joseph, juif de par son père, à  fuir Alger et se cacher tout en continuant ses recherches. Cette période est marquée par la solitude et la promiscuité qui changeront notre protagoniste. Trois ans de cette vie de misère et Joseph revient à Alger puis en France à la fin de la guerre pour retrouver ensuite son pays, ses amis, ses racines. Vivre son amour, occuper des responsabilités dans la vie politique, nous faire réfléchir sur le communisme, rencontrer Ernesto G pas de la manière qu'on croit ... Je n'en dis pas plus quant aux évènements pour vous laisser le plaisir de la découverte intact.

Il est des livres comme ça, qu'on sait qu'on portera toujours au fond de nous, le club des incorrigibles optimistes en était, La vie rêvée d'Ernesto G en sera aussi. Jean-Michel Guenassia m'a une nouvelle fois emmenée avec lui et ses personnages. De Prague à Paris en passant par Alger ce sont une histoire et une Histoire chargées en émotions et en souvenirs qui nous sont contées avec brio.

J'ai autant aimé la première partie centrée sur Joseph Kaplan que la seconde centrée sur Héléna, sa fille et Ernesto Guevara. Quelle en est la part de réalité et la part fictive? On se prend vite à rêver des rues de Prague, de la douceur de la Bohême, du froid qui vous mord les joues et des cafés pittoresques et chaleureux.

Ce roman c'est aussi l'histoire d'une nation qui a porté le communisme à bouts de bras comme l'illusion d'un monde meilleur et plus humain c'est donc aussi forcément la desillusion d'un peuple brimé qui ne peut s'exprimer librement et qui vit dans l'angoisse des arrestations arbitraires.

Il y aurait tellement de choses à dire: l'amour parental, la raison et la passion, la trahison, la manipulation, l'enfance, l'appartenance à un peuple, à une terre, à des idéaux, l'enfance, l'abandon, la foi... Le mieux étant encore de le découvrir soi-même... Et par la même occasion de (re)voir Carnets de voyages avec Gabriel Garcia Bernal.

 

Quelques extraits qui m'ont particulièrement émue:

"Un soir, elle lui avait recommandé de se méfier comme de la peste des lieutenants de vaisseau, tout ce qu'ils juraient ou écrivaient c'était des bobards, rien d'autre."

"Ils se retrouvaient en tête à tête, dans cette maison au silence de cathédrale, ressemblant à ces enfants perdus dans la palpitation d'une nuit de noces d'un mariage arrangé par les familles et même si c'était eux qui l'avait organisé, ils se sentaient aussi gauches et empruntés, ils savaient l'un et l'autre que ce n'était plus une belle idée mais un corps inconnu avec qui ils étaient censés passer le reste de leur vie et se découvrir, se donner, faire le grand saut dans le vide, devenir intimes, dévoiler leurs secrets, en finir avec cette amitié batarde, plus prochesdésormais que de n'importe qui, avec la même appréhension, la même crainte, va-t-on s'entendre? Va-t-on se trouver? Avons-nous suffisamment envie l'un de l'autre pas seulement pour cette nuit mais pour les milliers d'autres nuits et d'autres jours? Peut-on se remettre d'avoir fait les choses à l'envers, dans un sens différent de l'ordre universel, où on s'aime d'abord, où on s'aime tellement qu'on décide de rester ensemble pour la vie."

"Nos vies ne nous appartiennent pas: d'autres les écrivent pour nous. Je dois partir ailleurs. Nous ne nous reverrons pas. Je vais tenir un rôle que je n'avais pas envie de jouer, dans un mauvais film, avec une fin stupide, mais ce film aura certainement beaucoup de succès. Et il paraît que ce sera une grande victoire pour notre cause. Sauf pour moi."

"Au moment de m'en aller, je voulais que tu saches à quel point j'ai pu t'aimer, tu as été une lumière merveilleuse, tu m'accompagneras toujours où que j'aille et je souhaite à chaque homme sur cette terre de connaître une femme comme toi." (lettre d'Ernesto)

"Je ne vais pas me mettre à énumérer la liste infinie des évènements du siècle. Et de tous, si je ne devais en retenir qu'un seul, ce serait la chute du Mur. Parce que ce fût ce jour-là l'écroulement de la pire dictature de tous les temps, du plus grand mensonge de l'histoire de l'humanité. La vie aujourd'hui est dure mais au moins c'est une vie d'hommes et de femmes libres."

 

 

C'était une lecture commune avec Valérie et Sylire

 

1___2012

(3/7)

 

objectif_pal

(5/97)

15 février 2013

Lecture commune: Sherman Alexie, Indian blues

indian_bluesQuatrième de couverture:

"Salué par Jill Silberstein (Le Journal de Lausanne) comme " un roman iconoclaste, poignant, immensément talentueux " et révélant un nouvel écrivain majeur, Indian Blues est une histoire tragi-comique sur le vieux thème du " pacte avec le diable ". Le célèbre bluesman Robert Johnson, assassiné en 1938, réapparaît pour les besoins de la fiction cinquante ans plus tard, dans la réserve des Spokanes, à la recherche d'une Indienne susceptible de l'aider à rompre son sort. Par un heureux hasard, des jeunes vont récupérer sa fameuse guitare et fonder un groupe de rock, les Coyote Springs, dont le succès extraordinaire les conduira à New York, au terme d'une réjouissante odyssée. Mais peut-on jouer impunément de l'instrument diabolique ? Un livre fort, original et percutant sur le rêve américain et le prix du succès, par un auteur dont on n'a pas fini d'entendre parler, l'un des plus prometteurs de sa génération."

 

Sans une lecture commune je crois que ce roman aurait pu dormir longtemps, très longtemps dans ma PAL, pour la raison totalement arbitraire que je n'aime pas du tout la couverture! Dieu merci ça ne présage finalement pas de la qualité du roman (comme à l'inverse j'ai pu être attiré par une couverture et être finalement très déçue par l'histoire!) donc je peux dire merci à Canel qui m'a motivée pour le lire!!

Quand j'ai commencé à lire j'ai eu un peur, une guitare ensorcelée qui "parle" à son propriétaire, je me suis dis "OMG pourquoi je lis ce livre?" mais quelques pages plus tard la magie a opéré non seulement sur les musiciens mais aussi sur la lectrice que je suis.

Thomas trouve donc une guitare ensorcelée et décide de monter un groupe avec deux autres indiens de la réserve Spokane, Victor et Junior qui semblent tout aussi perdus que lui si ce n'est plus. Victor est un personnage cruel et égocentrique. Junior quant à lui apparaît comme un simple d'esprit alors qu'il est le seul des trois à être allé à l'université. Les rejoigent après leur premier concert, Chesse et Checkers, deux indiennes du Nevada.

Outre la magie de la musique, Sherman Alexie nous conte la vie de ces jeunes indiens dans les réserves d'états. S'ils bénéficient d'une maison gouvernementale, ils mènent une vie de misère sans travail ni ambition. Quitter la réserve c'est renoncer à sa tribu et pourtant rester dans la réserve  ne semble pas permettre une vie épanouie. L'alcoolisme y fait rage, le taux de mortalité est aussi élevé que celui du chômage.  Plusieurs fois reveint dans le roman l'idée qu'être indien c'est avoir voulu au moins une fois dans sa vie ne pas l'être. Cela rejoint le paradoxe de l'appartenance à la réserve. Par la musique le groupe essaie de sortir de ce schémas.

L'attachement à la terre indienne est donc mis en avant dans ce roman. Celui-ci fait partie intégrante de l'identité des personnages de même que leur attachement à la famille ou à la tribu. Les personnages sont attachants (sauf Victor qui est détestable du début à la fin), on aimerait les aider mais ils laissent parfois l'impression de ne pas vraiment vouloir s'en sortir et de se complaire dans cette vie. C'est ce qui fait que ce n'est pas un coup de coeur, même si j'ai effectivement beaucoup apprécié cette lecture, l'inertie des personnages m'a parfois agacée!

Allons voir ce que Canel en a pensé.

 

objectif_pal

(3/97)

24 octobre 2012

Lecture commune: Sarah Waters, Du bout des doigts

duboutdesdoigtsQuatrième de couverture:

"Londres, 1862. A la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose."

 

Par où commencer??? Peut-être en disant tout simplement que j'ai adoré cette lecture! J'ai eu un peu de mal au tout début et j'ai un peu pris peur d'être moi aussi perdue au milieu des bas-fonds de Londres, et puis finalement je me suis laissées transportée avec Sue! J'ai retrouvé avec Sraha Waters la plume d'un Dickens au féminin. Car si dans les romans de Dickens, les femmes sont les faire-valoir des hommes, ici elles sont au centre de l'intrigue. Elles se font certes manipuler par un homme mais elles sont au coeur du roman et le destin des deux héroïnes, Sue et Maud, sont inextricablement liés!De plus, nous sommes baignés en plein coeur de l'époque Victorienne, donc ça ne pouvait que me plaire!

La première partie est racontée par Sue, orpheline élevée par une "famille" de voleurs. Elle évolue dans le Borough de Londres jusqu'à ce qu'elle devienne la femme de chambre de Maud Lilly, cette jeune héritière qu'elle doit dupée à l'aide de Gentleman ... Qui 'na de Gentleman que le nom... On lui suit donc ensuite au service de la demoiselle à Briar, plus luxueux mais tout aussi lugubre à sa façon que le repère de Lant Street. Un petit clin do'eil est fait au roman gothique avec l'héritière "enfermée" dans cette grande demeure délabrée ... J'ai beaucoup aimé cette partie, je me suis attachée aux personnages. On découvre au fil des pages le malheur de Maud et l'étrange passion de son oncle...

Seconde partie et premier volte-face dans le récit, et quel volte face! Je n'en dis pas plus ... Mais au début je me suis dit "What's the point??" et puis finalement je me suis aussi laissée prendre à ce récit, cette fois narré par Maud. Fini la paisibilité réglée de Briar et retour à Londres. Que ce soit pour Maud ou pour Sue tout leurs points de repères sont brouillés, d'ailleurs, Sue qui est très brouillarde apparaît très fébrile à Briar dans cette vie qui n'est pas la sienne et ce changement s'opère aussi pour Maud, dans son élément à Briar elle devient la petite chose fragile à Londres.

Ce qui nous amène à la troisième partie reprise par Sue qui reprend les rennes de l'histoire, et de nouveau que de rebondissements! J'avoue que j'ai été un peu emmêlée dans tout ça, mais finalement Sarah Waters tire toutes ses ficelles avec brio et là en écrivant ça me fait penser à un passage du film d'Ozon que j'ai vu hier soir, Luchini dit à son élève qu'une bonne fin est une fin sureprenante mais de laquelle on se dit que ça ne pouvait pas être autrement et c'est exactement ça!

Je suis donc allée de surprises en suprises tout en savourant l'écriture, que demander de plus? Sarah Waters aborde des thèmes récurrents au 19e siècle dans la littérature féminine, la place de la femme bien sûr, son "dénuement" quand elle n'a pas de mari ou de frère pour la protéger, la littérature, la société victorienne guindée dans ses principes et sa morale et bien sûr les différentes couches sociales qui ici se côtoient dez très près, ce qui est d'ailleurs assez rare!

Les avis de George , Bianca et Céline sont tout aussi enthousiastes!

objectif_pal

(26/27)

Publicité
15 septembre 2012

Lecture commune: Sue Townsend, The Queen and I

the_queen_and_IQuatrième de couverture:

"THE MONARCHY HAS BEEN DISMANTLED

When a Republican party wins the General Election, their first act in power is to strip the royal family of their assets andtitles and send them to live on a housing estate in the Midlands.

Exchanging Buckingham Palace for a two-bedroomed semi in Hell Close (as the locals dub it), caviar for boiled eggs, servants for a social worker named Trish, the Queen and her family learn what it means to be poor among the great unwashed. But is their breeding sufficient to allow them to rise above their changed circumstance or deep down are they really just like everyone else?"

 

J'ai apprécié cette lecture mais elle m'a laissée sur ma faim. En effet, en 260 pages Sue Townsend raconte la chute de la famille royale contrainte d'emménager dans l'équivalent de nos logements sociaux, ici une cité de petites maisons mitoyennes où les murs sont fins comme du papier à cigarettes. Mais pourquoi une telle extêmité? Un retour à la vie normale aurait déjà été un grand écart avec Buckingham. J'ai du coup trouvé que c'était too much sans l'être vraiment. Je m'explique, 260 pages c'est trop court pour approfondir le caractère, l'adaptation et l'évolution de chaque membre de la famille royale. Certains auraient peut-être au final pu être mis de côté au profit d'autres. On entrevoit à peine la princesse Margaret, on envisage une relation pour la princesse Anne mais elle est ensuite mise de côté, le prince Charles disparaît de l'intrigue, et on y découvre du coup un Prince Philippe complètement gaga, Charles est obnibulé par son potager et Diana extrêment superficielle, elle ne pense qu'à sa garde-robe. J'ai du coup trouvé le sportraits un peu trop simplistes et caricaturaux pour être sincères, et il en va de même pour les habitants de Hell Close. Les femmes semblent toutes être des "Cheap tarts" habillées vulgairement donc et les hommes de grosses brutes mal dégrossies. Néanmoins, malgré ces caractères caricaturaux il ressort d'eux une bonté et une solidarité à toute épreuve.

Ceratines situations sont cocaces et m'ont bien fait rire, surtout celles à propos du chien de la reine. La fin m'a quant à elle déçue, inévitable dans un sens mais justement trop prévisible. Elle met également en lumière peut-être la manière dont certains personnages sont perçus ou bien c'est moi qui extrapole... Quoi qu'il en soit c'est à lire car c'est tout de même divertissant mais ça aurait gagné à être approfondi je trouve.

Valérie a apprécié sa lecture mais n'a pas non plus aimé la fin, allons voir ce qu'elle en dit.

15 juin 2012

Lecture commune: Elif Shafak, Bonbon Palace

bonbon_palaceQuatrième de couverture:

"Bienvenue à Bonbon Palace ! Jadis bâti par un riche Russe pour son épouse dépressive dont le regard vide ne s'allumait plus qu'à la vue de friandises, cet immeuble d'Istanbul semblait promis à un avenir paisible... Pourtant, si l'édifice a gardé son élégance d'antan, il est aujourd'hui infesté par la vermine et les ordures, au grand dam de ses habitants. Et les coups de sang ne sont pas rares à Bonbon Palace ! Appartements après appartements, le numéro 8 de la rue Jurnal se fait le témoin des vicissitudes de ses occupants : le religieux gérant Hadji Hadji ; la desperate housewife Nadja ; la cafardeuse Maîtresse bleue ; ou encore les jumeaux coiffeurs Djemal et Djelal.... Après La Bâtarde d'Istanbul, Elif Shafak, conteuse hors pair, s'empare des contrastes de la société turque contemporaine pour composer une inoubliable galerie de portraits. "

 

On trouve dans ce roman plusieurs récits, au tout début l'histoire d'un cimetière d'Istanbul, cimetière séparé en deux, d'un côté les musulmans, de l'autre les orthodoxes et au milieu, deux scépultures de saints ... Vient ensuite l'histoire de deux russés émigrés en Turquie puis en France. Ce couple revient finir ses jours en Turquie où il achète l'immeuble construit sur l'ancien cimetière: Bonbon Palace. Alors enfin, à notre époque, le roman développé l'histoire des habitants de cet immeuble, bien après le décès de ses propriétaires. Elif Shafak nous donne donc ce que j'appelle "des tranches de vie" de ces habitants. J'aime en général ce genre de récit mais j'aime aussi quand il y a une progression, un fil conducteur, or j'ai trouvé qu'il manqué ici au récit d'Elif Shafak.

Je n'ai cependant pas de réel avis tranché sur Bonbon Palace. Je n'ai ni aimé, ni pas aimé. J'avais juste hâte soit qu'il se passe quelque chose, soit que ce soit terminé! J'ai apprécié certains personnages et j'aurais aimé que l'auteur développe plus leur histoire. Mais finalement, de par la multiplicité des habitants de l'immeuble j'ai trouvé qu'aun n'était vraiment abouti, on les abandonne tous un à un en cours de route.De ce fait, le lecteur est lui aussi placé en position de "voisin" qui glânent les informations par le biais des ragots colportés par les autres voisins. En cela, peut-être la "mission" de l'auteur est-elle réussie et du coup n'est pas sans rappeler L'immeuble Yacoubian d'Alaa al-Aswani. D'ailleurs, la comparaison est assez lié puisque j'avais eu le même ressenti.

Je suis donc ressortie un peu frustrée de cette lecture parce que je n'ai au final pas trouvé ce que j'y cherchais, et puis la fin m'a laissée assez perplexe. Je ne peux pas vraiment soulevé mes questions ici parce qu'elles pourraient révéler certaine sinformations qui gâcheraient la lecture à certains, mais je serais ravie d'en discuter par mail. Je vais d'ailleurs aller lire l'avis de Manu, qui semble avoir apprécié cette lecture plus que moi.

 

 

30 avril 2012

Lecture commune: Barbara Constantine, Tom petit Tom tout petit homme Tom

tom_petit_tomQuatrième de couverture:

"Tom a onze ans. Il vit dans un vieux mobil-home déglingué avec Joss, sa mère (plutôt jeune : elle l’a eu à treize ans et demi). Comme Joss aime beaucoup sortir tard le soir, tomber amoureuse et partir en week-end avec ses copains, Tom se retrouve souvent tout seul. Et il doit se débrouiller. Pour manger, il va dans les potagers de ses voisins, pique leurs carottes, leurs pommes de terre… Mais comme il a très peur de se faire prendre et d’être envoyé à la Ddass (c’est Joss qui lui a dit que ça pouvait arriver et qu’elle ne pourrait rien faire pour le récupérer), il fait très attention, efface soigneusement les traces de son passage, replante derrière lui, brouille les pistes. Un soir, en cherchant un nouveau jardin où faire ses courses, il tombe sur Madeleine (quatre-vingt-treize ans), couchée par terre au milieu de ses choux, en train de pleurer, toute seule, sans pouvoir se relever. Elle serait certainement morte, la pauvre vieille, si le petit Tom (petit homme) n’était pas passé par là…"

Ce roman assez court se lit rapidement, trop rapidement au final! Le personnage de Tom est très attachant, il est très mature pour son âge mais n'en reste pas moins un enfant, avec la bonté d'un enfant. J'ai été ému par cet aspect là, la générosité qui se dégage des personnages, tous plus au moins démunis et seuls mais qui trouvent malgré tout la force de donner et de se soutenir.

D'un point de vue adulte ce conte moderne est assez peu réaliste, notamment en ce qui concerne la manière de vivre de Tom et sa mère mais c'est quand même une histoire à laquelle on a envie de croire et qui met du baume au coeur...

J'ai passé un agréable moment donc mais ce n'est pas non plus un coup de coeur, voyons voir ce que Jeneen et Manu qui nous a rejoint en cours de route, en ont pensé!

objectif_pal

(13/27)

10 mars 2012

Lecture commune: Catherine Cusset, Un brillant avenir

un_brillant_avenirQuatrième de couverture:

"En 1958, malgré l'opposition de ses parents, Elena épouse Jacob, un Juif.
Elle réalise son rêve : quitter la Roumanie communiste et antisémite de Ceausescu et émigrer aux Etats-Unis. Elle s'y fait appeler Helen et rompt avec son passé. Mais, vingt ans plus tard, elle se retrouve confrontée à une réalité qui lui échappe : l'indépendance de ce fils à qui elle a tout sacrifié, et qui épouse Marie, une Française. Compte-t-il partir à son tour ? Helen n'aime pas la jeune femme, qu'elle trouve égoïste et arrogante.
Marie a peur de cette belle-mère dont le silence recèle une hostilité croissante. Pourtant, entre ces deux femmes que tout oppose - leur origine, leurs valeurs et leur attachement au même homme -, quelque chose grandit qui ressemble à de l'amour"

Pas d'effet de surprise, j'ai beaucoup apprécié cette lecture que j'ai quasiment lu d'une traite (du coup honte à moi je n'ai quasiment pas pris de notes, pas bien malin quand il s'agit en plus d'une lecture commune!)

J'ai particulièrement apprécié les changements d'époque dans la narration, tantôt au présent, tantôt dans la vie d'Helen/ Elena jeune femme, ou plus loin encore lorsqu'elle était enfant. Ses incursions dans le passé nous aide à comprendre la personne qu'elle est devenue des années plus tard, des milliers de kilomètres plus loin. Si j'ai beaucoup aimé Elena, sa jeunesse, son amour innocent pour Jacob, sa volonté de s'opposer à ses parents, j'ai eu un peu plus de mal avec l'Helen qui s'ingère dans la vie de son fils et qui finalement reproduit le schéma de ses parents qu'elle a fui.

C'est là toute la difficulté je pense du sentiment de mère, elle veut protéger son fils et ne pas le perdre mais au final elle le pousse à s'éloigner d'elle alors qu'elle même a vécu cette situation!

Le personnage de Marie est assez caricatural dans sa volonté de la montrer comme une femme moderne l'auteur la rend antipathique, mais n'est-ce pas là la manière qu'à Helen de la voir? Avec le temps elle est montrée sur un jour plus favorable, quand elle-même devient mère, mais là encore, elle semble mieux acceptée par Helen donc nous est montrée sous un jour plus sympathique.

Deux choses ont particulièrement attirées mon attention lors de ma lecture. La première étant le thème autour de l'immigration, d'abord dans l'enfance d'Elena, bien qu'au sein du même pays, le changement de région semble négatif et difficile. La stigmatisation de leur origine est difficilement vécue par l'enfant. Ensuite en Israël comme transition avant l'Amérique, où l'on retrouve les thèmes de l'American Dream mais surtout du self made man, les deux personnages font table rases du passé et se lance dans l'informatique. On montre leur volonté de s'adapter à un pays tourner evrs l'avenir et les nouvelles technologies. Cette volonté d'adaptation, d'acceptation et de reconnaissance passe ensuite principalement par le fils et sa réussite. Le choix de l'université n'est pas anodine, Harvard est tout à fait symbolique de l'ascension sociale de ces deux immigrés de l'est... On nous motre donc deux perspectives bien différentes, les pays d'Europe de l'est ancré dans le passé, les traditions, les préjugés et l'Amérique toute puissante qui permet de s'élever socialement par l'intégration du système économique. Et entre les deux il y a la France et sa vie de bohème...

La seconde chose qui m'a elle beaucoup touchée c'est l'amour qu'il y a entre Elena et Jacob, qu'ils soient jeunes adultes ou mariés. L'on sent que c'est un amour très fort et qui reste uni contre vents et marées. J'aimerais croire qu'un tel amour existe. Seule la maladie et donc la dégénérescence de la mémoire aura raison de cet amour ...

Je conseille cette lecture rien que pour la naissance de l'histoire d'amour entre Elena et Jacob...

C'était une lecture commune avec Géraldine et Enna, allons-vois leurs billets!

objectif_pal

(6/27)

30 août 2011

Alexandre Dumas, La tulipe noire

la_tulipe_noireQuatrième de couverture :

"Cornélius Van Baerle cultive passionnément des tulipes dans sa Hollande natale lorsqu'il se retrouve injustement accusé d'un complot contre Guillaume d'Orange. Emprisonné, dépouillé de ses biens, il ne lui reste qu'un oignon de tulipe pas comme les autres ainsi que l'amitié et la complicité de Rosa, la fille de son terrible geôlier, Gryphus..."

 

J'ai eu plaisir à retrouver l'écriture d'Alexandre Dumas. La tulipe noire est un bon compromis pour ceux qui hésitent à se lancer dans les trois mousquetaires à cause de sa longueur. Le sujet et les aventures en sont assez différentes mais le texte et l'intrigue sont tout aussi savoureux.

Ici pas questions d'épées et de chevauchées à travers le pays mais bel et bien d'une histoire d'amour (pour la tulipe d'abord puis entre deux jeunes gens que tout sépare) sur fond d'intrigue politique et de jalousie.

Dumas, comme à son habitude, s'adresse directement au lecteur en situant son histoire dans un contexte historique et politique réel et imaginaire à la fois. On s'interroge sans ces sur ce qui est vrai et ce qui est faux mais cela n'entache en rien la lecture, en tout cas pour ma part.

Tout est lié et tout est en quelques sorte, l'arrestation de Corneille de Witt pour trahison et tentative d'assassinat sur la personne de Guillaume d'Orange. Indirectement et tout à fait involontairement son filleul, Cornélius Van Baerle, va s'y trouver mêler et se faire arrêter. Cornélius qui n'a d'yeux que pour les tulipes et est totalement étranger aux affaires politiques du pays. Quand il apprend que la Société d'Horticulture décernera un prix à celui qui fera pousser une tulipe toute noire et sans tâche c'est tout naturellement qu'il se lancera la quête de cette perfection de la nature. Ceci ne sera pas sans attirer la convoitise ... Le décor est donc planté, suivront la ténacité du jeune homme et la loyauté d'une jeune femme ...

Les portraits des personnages sont réussis. La jeune Rosa est l'image par excellente de la jeune fille pure et innocente, dévouée, que rien ne saurait détourner du bien. Ceci approte une nouveauté par rapport aux romandes de Dumas que j'ai lu car rares sont les femmes décrites sous un jour positif comme l'est Rosa. On a tous en tête la figure de Milady, ou les figures d'autorité des femmes dans Vingt ans après.

Cornélius, quant à lui n'en est pas moins naïf que la jeune Rosa. Il n'est pas réellement en prise avec le monde qui l'entoure et semble évoluer en dehors du temps et des conditions matérielles. La tulipe, plus qu'une passion est le graal qui motive sa vie.

J'ai donc passé un moment très agréable et je vous invite à aller lire l'avis de Céline que j'ai accompagnée pour cette lecture commune.

objectif_pal(20/56)

Antigone ne renouvelle pas le challenge objectif Pal cette année mais elle nous autorise à utiliser son logo donc je poursuis l'aventure en cavalier seule, rappelant que mon objectif annuelle et d'avoir lu la moitié de ma PAL soit, 28 livres sur les 56, tout est donc encore possible ... ce que je ne vous dis pas c'est combien elle a augmenté cette année en parallèle!!!

 

Publicité
<< < 1 2 3 > >>
Publicité
Archives
Publicité
Publicité