19 septembre 2018

Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots

l'arbre aux haricots

Quatrième de couverture:

"Taylor Greer n'a pas l'intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d'apprendre leurs tables de multiplication.
Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l'Ouest jusqu'à ce que sa voiture rende l'âme. 
C'est compter sans le désert de l'Oklahoma où, sur le parking d'un bar miteux, elle hérite d'un mystérieux balluchon : une petite Indienne. 
On est à Tucson dans l'Arizona ; Taylor a les yeux grands ouverts, de l'énergie à revendre et une bonne dose d'humour. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l'espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle. 
L'Arbre aux Haricots est une histoire de rire et de peine, un magnifique début pour une nouvelle romancière contemporaine. La suite des aventures de Turtle et de sa mère a été publiée sous le titre : Les Cochons au paradis"

Au départ ce n'était pas gagné, j'ai vraiment eu du mal au début, et puis peu à peu on se laisse prendre par l'écriture de Barbara Kinsolver, l'histoire de Taylor et de Lou Ann. Taylor est une jeune femme du Kentucky qui décide de fuir ce qui semble être sa destinée si elle y reste, avoir des enfants tôt et basta... Lou Ann vit en Arizona, avec son mari et leur nouveau né. Rien ne prédestinait ces deux jeunes femmes à se rencontrer, et finalement c'est ensemble qu'elles passeront d'une adolescence tardive à la maturité d'adultes. Ce roman est une belle phoptographie de l'Amérique un peu reculée et moins glamour que celle des grandes villes. Il dresse le portrait de jeunes gens qui se débattent pour mener une vie tranquille dans un pays surdimensionné. C'est également un roman sur l'amitié, la tolérance et la solidarité, sur la famille dont on hérite et celle que l'on se crée. Une très belle leçon de vie et de simplicité. 

mois américain

(Le mois américain chez Titine)

 

objectif pal

 

(Objectif PAL de septembre -2 - dans ma PAL depuis au moins 5 ans)// Objectif PAL 13/20

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09 septembre 2018

John Irving, A moi seul bien des personnages

a moi seul bien des personnages

Quatrième de couverture: "Adolescent ardent et confus, Billy rêve de devenir écrivain. Des béguins secrets pour son beau-père ou ses camarades de classe le bouleversent. Comment lutter contre ces " erreurs d'aiguillage amoureux " ? Il tait aussi son attirance pour Miss Frost, bibliothécaire aux seins juvéniles qui l'initie au plaisir et à la littérature. Quand Billy renoncera-t-il à l'art de la dissimulation ?"

Pour l'été, qui de mieux que le grand Irving pour complètement déconnecter? Alors avec Irving c'est toujours difficile d'entrer dans ses histoires, mais une fois qu'on y est on ne le lâche plus. Parfois on passe à côté, ça m'est déjà arrivé, mais ce ne fût pas le cas avec A moi seul bien des personnages que j'ai vraiment beaucoup aimé. A moi seul bien des personnages c'est le récit de la vie de Billy, ce jeune adolescent américain un peu mal dans sa peau, un peu gauche, qui tatonne dans sa sexualité, aime les femmes, et les hommes. A moi seul bien des personnages, comme son titre l'indique est aussi tous ces personnages aux caractères bien trempés qui gravitent autour de Billy, ces femmes autoritaires, ces grand-pères fantasques et une sexualité aux frontières perméables et floues que l'on retrouve dans la plupart des romans de l'auteur. A moi seul bien des personnages c'est aussi une photographie du Nord est américain figé dans le temps, de l'éducation et des professeurs qui marquent des adolescents en recherche de repères. Ce roman est très beau, parfois dérangeant, il bouscule un peu nos moeurs et nos points de repère mais il fait du bien. L'écriture d'Irving fait du bien, et A moi seul bien des personnages rentre dans mon top 3 Irvingien aux côtés de Garp et Twisted River! Quel regret de ne pas pouvoir aller voir l'auteur au Festival America cette année! 

 

america1

 

(Le mois américain chez Titine)

objectif pal

 

(Objectif PAL de septembre -1 - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 12/20

07 août 2018

George Eliot, Middlemarch

middlemarch

Quatrième de couverture: "Middlemarch (1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). 
Deux intrigues sentimentales principales, l'histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de personnages et d'événements, d'épisodes intéressants, amusants, émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de détails. "

Je reprends le chemin du blog après deux semaines de vacances bien remplies et dont je vous parlerai peut-être... Au programme les billets de mes lectures du mois de juillet... Et celle-ci je l'ai certes terminée en juillet mais je l'avais commencé en juin. On devrait jamais se lancer dans un classique sans préparation, qui plus est quand ce classique avoisine les mille pages. J'ai d'ailleurs lu une vieille édition en cuir, imprimée sur papier bible et qui date de 1951, un plaisir pour le toucher, et l'odorat (vous n'aimez pas ces odeurs de vieux livres poussiéreux? Moi j'adore!) Je ne sais pas ce qui m'a pris de vouloir commencer ce livre en juin mais soit, je m'étais mise au défi de sortir ce roman de ma PAL en 2018! La lecture fût longue et fastidieuse mais je l'ai pourtant globalement apprécié. Quel plaisir de ce plonger dans ces belles phrases du 19e, dans ces intrigues amoureuses de la petite bourgeoisie anglaise, un régal! Des personnages bien croqués, une campagne anglaise toujours aussi bucolique et les moeurs de la société de l'époque.

Alors oui certains passages m'ont ennuyée, notamment ceux teintés de politique, où les considérations sur les médecins et leurs accointinces politiques ou religieuses, j'avoue même m'être un peu perdue entre les différentes dénominations mais on retrouve les thèmes qui font le charme de cette littérature anglaise, à commencer par le mariage. Ici il n'est d'ailleurs pas que celui des femmes (le point de vue est souvent typiquement féminin), il est aussi celui des hommes. Le roman est porté par le personnage de Dorothée, qui fera un mariage quelque peu inattendu et qui montrera la volonté un peu à contre courant de cette jeune femme au caractère fort et aux idées arrêtées, peut-être en avance sur son temps. George Eliot nous montrera des caractères masculins tout aussi attachants et droits, et d'autres, moins fiables et antipathiques. Tout repose dans le roman, et dans la société de l'époque sur les apparences et le qu'en dira-t-on? Chaque famille est observée dans sa sphère privée et dans sa sphère publique, et l'une et l'autre ne sont pas toujours en adéquation. 

Un livre très riche, dont j'oublie certainement la moitié des choses dans ce billet. Un livre qui nécessite une lecture exigeante et je ne lui ai peut-être pas consacré toute l'attention qu'il aurait mérité.

challenge petit bac

(titre mot unique :MIDDLEMARCH)

challenge pavé

( Et un pavé, un, 922 pages)

objectif pal

 

(Objectif PAL de l'été -3  - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 8/20

18 juillet 2018

Ron Rash, Serena

serena

Quatrième de couverture: "Années 1930, Smoky Mountains. George Pemberton, riche exploitant forestier, et sa femme Serena forment un couple de prédateurs mégalos, déterminés à couper tous les arbres à portée de main pour accroître leur fortune. Mais le projet d'aménagement d'un parc national, pour lequel l'État convoite leurs terres, menace leurs ambitions. Pemberton s'emploie à soudoyer banquiers et politiciens. Sans états d'âme, Serena a d'autres arguments : le fusil, le couteau, le poison, et un homme de main dévoué… Après Un pied au paradis, Ron Rash nous propose un drame élisabéthain sur fond de Dépression et de capitalisme sans foi ni foi. La nature, hostile et menacée, s’y mesure âprement aux pires recoins de l’âme humaine."

Dernier billet express pour mes billets en retard… Avec Serena j’ai retrouvé l’écriture et l’atmosphère particulier de Ron Rash même si le sujet est tout autre. Serena, dont le roman porte le nom, est une femme forte et déterminée, qui ne recule devant rien. C’est l’image même de la femme fatale, celle qui fait tourner les têtes ou qui les fait tomber… Mon avis est assez mitigé, j’ai beaucoup aimé l’univers, l’avancée dans les terres vierges d’Amérique pour y apporter le chemin de fer. D’ailleurs le récit se déroule dans les années 30 mais on aurait plutôt l’impression d’être au 19e siècle ! Par contre, je n’ai pas du tout apprécié ce couple, que ce soit Pemberton le mari, ou Serena. Tous deux froids et calculateurs, qui ne pensent qu’à une chose : l’argent et le pouvoir.

challenge petit bac

 

(titre mot unique : SERENA)

objectif pal

 

(Objectif PAL de juillet - 2  - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 7/20

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06 mars 2018

Olivier Frébourg, Gaston et Gustave

gaston_et_gustave

Quatrième de couverture:"Gaston est un très grand prématuré. A sa naissance, il a été séparé de son jumeau. Dans le service néonatal de l'hôpital de Rouen dont l'entrée est gardée par la statue de Gustave Flaubert, il lutte pour respirer. Gaston, c'est mon fils. Gustave est le "patron" des écrivains. Il refusa d'être père pour écrire Madame Bovary ou L'Education sentimentale. Il y a des moments où l'on aimerait se débarrasser de la littérature parce qu'elle ne console jamais des catastrophes. Et pourtant, à la naissance de Gaston, la statue de Flaubert s'est avancée vers moi. Gaston et Gustave se sont retrouvés unis dans la tempête et le naufrage, peau contre peau. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'écrire ce livre. J'avais quitté le monde des vivants pour celui des limbes où je réchauffais mes deux fils."

L'idée de départ est originale mi-roman biographique sur Gustave Flaubert, mi récit autobiographique sur la naissance du fils de l'auteur. Ce récit semble être une lettre ouverte de l'auteur à sa femme, et à leur enfant mort-né, une ode à la vie pour celui qui a vécu et une déclaration à Gustave Flaubert, l'admiration d'un écrivain-journaliste pour un autre écrivain. Honnêtement je suis restée très en dehors de cette lecture, j'ai été touchée par l'histoire personnelle d'Olivier Frébourg mais il n'a pas réussi à garder mon intérêt pour l'histoire de Flaubert, qui pourtant était celle qui m'intéressait de prime abord. 

 

 

challenge petit bac

(PRENOM: GASTON GUSTAVE )

 

lire sous la contrainte

 

(lire sous la contrainte: le son "é": ET)

objectif pal

(Objectif PAL de Mars- 1 - dans ma PAL depuis mars 2017)// Objectif PAL 3/20


10 février 2018

Socorro Acioli, Sainte Caboche

sainte caboche

Quatrième de couverture: "Après avoir parcouru pendant des jours et des nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l'étrange forme de tête. L'endroit parfait pour s'installer paisiblement à l'abri des regards ! Mais Samuel se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d'amour que les villageoises adressent à saint Antoine. Voilà l'occasion de s'occuper un peu... Les prédictions de Samuel à travers la voix du saint deviennent rapidement célèbres dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l'amour à de nombreuses femmes désespérées. Mais bien souvent gloire rime avec déboires. Samuel se retrouve bientôt au coeur d'histoires bien plus compliquées que ces simples prières ne le laissaient prévoir."

Cette lecture fût une petite parenthèse enchanteresse dans un quotidien assez morose. J’ai lu cette histoire comme un conte, il me semble que c’en est un en quelque sorte. En tout cas l’écriture sud-américaine est très surprenante, très imagée et poétique, il me semble que c’est ce que j’avais aussi pensé en lisant Chocolat amer de Laura Esquivel. Ce roman m’a également fait penser au Cœur Cousu de Carole Martinez.

Le personnage de Samuel est très touchant, anti-héros parfait Samuel tente de donner un sens à sa vie après la mort de sa mère en retrouvant son père, or les choses ne vont bien évidemment pas se passer comme prévu. Les personnages sont haut en couleurs et les intrigues saupoudrées d’un brin de magie sont à la fois drôles et touchantes. Tout s’imbrique pour donner du sens à cette histoire, pour se souvenir d’où chacun vient et pour rappeler qu’il a un destin à accomplir. Le côté magique ne m’a finalement pas dérangée, pourtant ce n’est clairement pas mon genre de prédilection, mais je me suis laissée emporter. Ce roman pose en effet la question de la destinée, et du poids que les ancêtres font peser sur les générations futures, en effet, les enfants sont-ils coupables de ce qui a été fait par leurs parents, le tout tinté de poésie et d’un peu de loufoquerie, avoir un personnage qui s’appelle Madeinusa (made in usa) ça ne s’invente pas !

C’est le premier livre de mon abonnement Exploratology que je lis, et j’ai partagé cette lecture avec Bladelor qui est aussi abonnée, nous avions décidé de commencer notre lecture le 30 janvier et nous avons échangé au fil de notre lecture avant de se mettre d’accord sur la date d’aujourd’hui pour écrire notre billet, c’était vraiment intéressant de pouvoir échanger sur le sujet. Du coup on remet ça à la fin du mois pour le livre de janvier.

objectif pal

(2/20, il ne rentre pas dans le cadre de l'objectif PAL chez Antigone parce qu'il est dans ma PAL depuis décembre seulement)

03 décembre 2017

Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs - tome 1 et 2

Enid

hortense

Présentation de l'éditeur: "Une belle villa au bord de la mer, pleine de recoins et de mystère. Quatre soeurs qui sont cinq, orphelines de fraîche date. Leurs amis, leurs amours, leurs humeurs, leurs humour. Le dernier livre de Malika Ferdjoukh est une tétrade, un festival en quatre tomes, de personnages, de péripéties et de dialogues piquants, l’équivalent moderne et littéraire des bonnes vieilles grandes comédies américaines des années 40 et 50.

Un régal pour le coeur et l’esprit."

 

Voilà déjà quelques semaines que je dois vous parler de ces petits bonbons que sont les Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh. J'aime bien lire de la littérature jeunesse pendant les périodes chargés au boulot, solution de facilité j'imagine. Cette lecture fût vraiment une petite bulle de douceur, tellement que j'ai enchainé les deux premiers tomes et que j'ai vite acheté ensuite les deux suivants, que je ne vais sans doute pas tarder à lire non plus.

Les quatres soeurs sont en fait cinq, mais seulement quatre tomes pour cette petite série, Enid, Hortense, Bettina et Geneviève. Elles sont élevées par leur soeur aînée Charlie depuis le décès de leurs parents. Toutes ont des prénoms bien particuliers et le caractère qui va avec. Le premier tome se focalise donc sur Enid, la plus jeune, un brin rêveuse, elle embarque son meilleur ami dans ses aventures imaginaires et tous deux emmènent le lecteur avec eux. Ce tome présente aussi toutes les soeurs et distille des informations sur les parents. Une tante les aide financièrement mais elles vivent seules dans leur maison perchée au bord des falaises. Bien sûr il n'est pas simple quand on a à peine 23 ou 24 ans d'élever ses soeurs mais on sent tout de suite l'ambiance chaleureuse et joyeuse qui règne dans la famille, même si forcément avec 5 soeurs, un crêpage de chignon de temps en temps est inévitable.

Dans le second tome, Hortense, c'est finalement sur Bettina qu'on en apprend plus. Superficielle en apparence, en pleine crise d'ado, elle ne s'intéresse qu'aux copines et aux garçons. Très attachée à son apparence, elle sera un peu bousculée dans ses aprioris. Hortense quant à elle est l'écrivain de la famille, elle tient son journal de façon assidue et y déplore de n'être pas vraiment comprise par ses soeurs.

Rien de très innovant dans toutes ces petites histoires mais l'écriture est un vrai plaisir. A la fois moderne dans son sujet, elle a le charme désuet des anciens livres pour enfant, un mélange de Comtesse de Ségur et des Quatre filles du Docteur March, j'aime vraiment beaucoup, et je déplore déjà qu'il n'y ait que quatre tomes. Du coup je lirai avec plaisir la version bande-dessinée!

objectif pal

(20 et 21/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de décembre chez Antigone -1 & 2-)

 

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30 septembre 2017

Jim Fergus, La vengeance des mères

la vengeance

Quatrième de couverture:

"1875. Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie."

La vengeance des mères est la suite de Mille femmes blanches que j'ai lu il y a trois ou quatre ans. Cela avait d'ailleurs été un coup de coeur tant j'avais été transportée par cette histoire. Dans cette suite, on retrouve la tribu de Little Wolf mais tous les personnages ne sont pas présents et cette fois la narration se fait par le biais d'autres carnets, ceux des jumelles Kelly, déjà présente lors du premier échange, et ceux de Molly McGill, nouvelle recrue. L'écriture est assez inégale, en effet les jumelles sont d'origine très modeste et donc Jim Fergus l'a laissé transparaître dans leur manière d'écrire, mais les histoires sont tout aussi palpitantes. Nous sommes dans les grandes plaines, avec la tribu, toujours aux abois car l'armée entend bien les chasser/tuer. Les jeunes femmes blanches nouvellement arrivées doivent s'adapter, apprendre les codes et les règles de vie des indiens, mais aussi elles doivent apprendre à se battre elles-aussi. Les différents personnages sont intéressants, chacun ayant son caractère et son vécu. Il y a ici ou là des touches d'humour qui permettent de réduire la tension omniprésente du récit. S'il y a un bémol à émettre, c'est le procédé narratif du début du récit et de la fin, des carnets sont amenés à un homme, descendant de May Dodd par une jemme femme indienne, il se plonge alors dans la lecture qui nous est ainsi transmise. J'ai trouvé ça un peu trop artificiel. J'attends cependant la suite avec impatience.

 

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

 

(17/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -2-)

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10 septembre 2017

Garth Risk Hallberg, City on fire

City-on-fire

Quatrième de couverture:

"31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu'à l'autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell's Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d'invitation. Et s'il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l'occasion d'en apprendre plus sur lui, l'ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s'écroule dans la neige.

Qu'est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s'entremêler jusqu'au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais..."

Ce livre c'est un peu mon roman du mois d'août ... 970 pages et des poussières, le poids d'un gros gigot qui m'aura valu quelques crampes aux poignets (non c'est pas vrai mais presque, il fallait que je le pose sur un coussin), il m'a accompagné à Lyon, en Provence, a prolongé son séjour sur mon canapé, pour être finalement vite terminé avant la rentrée! Bon tout ça on s'en fiche, qu'est ce que j'en ai pensé?

Et bien ... J'ai globalement beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très riche, bien documenté et assez prenant, en même temps, quand on frôle les 1000 pages y a plutôt intérêt à ce que l'histoire soit faite de rebondissements et révélations si on ne veut pas perdre son lecteur!!

Sauf que pour pouvoir l'apprécier il faut quand même se farcir quelques chapitres un peu longuets et pas très palpitants, donc il faut faire preuve d'un peu de tenacité malgré tout! Heureusement des "interludes" viennent donner un nouveau souffle à l'écriture, ils sont composés de journaux, lettres et autres photos. D'ailleurs, la narration est elle-même assez vivante, bien qu'un peu dense. On fait des bonds en arrière pour mieux revenir au présent, les quelques mois qui ont suivi ce réveillon de 1976. On suit plusieurs personnages, tous intimement liés à l'intrigue principale, d'une manière plus ou mois explicite. Chaque chapitre vient dénouer l'intrigue, jusqu'au coup final... qui s'avère assez compliqué, fort de la machination d'une ou plusieurs personnes. Les manipulés sont manipulateurs et inversement. C'est assez déroutant et il faut parfois s'accrocher pour bien tout comprendre. Ce n'est d'ailleurs pas ce que j'ai préféré dans le roman.

Ce que j'ai préféré c'est New York, personnage à part entière, le New York de 1976, loin de celui que j'ai vu ce printemps donc, mais en même temps tellement semblable, en tout cas pour ce qui est de l'East Village. J'ai vraiment apprécié retrouver les divers endroits que j'ai pu voir de mes propres yeux, et je pense que si j'avais lu ce livre avant mon séjour je ne l'aurais pas autant apprécié. Chaque quartier a son ambiance bien particulière, et tout ça se mélange peu, ou en tout cas, les mélanges ne sont pas des plus heureux. 

Les personnages sont parfois caricaturaux mais sont finalement intéressants, surtout Regan, Mercer et Charlie. Pour les autres je suis un peu moins enthousiastes, ils m'ont agacée. C'est mon petit côté intolérante à l'auto-appitoiement. Je reconnais en avoir confondu certains d'ailleurs. Si vraiment je devais qualifier ce roman d'un seul adjectif ce serait nébuleux! Beaucoup de personnes, de lieux, de faits, d'histoires, de souvenirs, qui concourent tous en un même point. Je me rends compte que je ne dois pas tellement donner envie de le lire, mais si vous aimez les histoires longues, les secrets de famille et le New-York des années 1970 vous ne bouderez pas votre plaisir.

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

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(challenge pavé de l'été chez Brize - 970 pages)

objectif pal

 

(16/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -1-)

24 août 2017

Julie Wolkenstein, Adèle et moi

adèle et moi

Quatrième de couverture:

«Après la mort de mon père, j'ai trouvé en rangeant ses papiers des documents sur sa grand-mère dont j'ignorais tout et qui révélaient un secret de famille. Je ne me suis jamais intéressée aux ancêtres de personne : les gens que je ne connais pas, surtout s'ils sont morts, me sont cent fois plus étrangers, même s'ils me sont apparentés, que les personnages de romans. Mais il y avait dans ce que je découvrais sur cette arrière-grand-mère des choses qui me plaisaient, d'autres que j'aurais voulu savoir. J'ai hésité à enquêter. Ce livre est le résultat de mes hésitations.» 

De 1870 à 1941, au cœur de la bourgeoisie corsetée, le roman d'une femme amoureuse de la vie."

Comme souvent Adèle et moi n'est pas un roman vers lequel je me serai tournée, ce sont les avis lus sur les blogs qui m'en ont donné l'envie. Celui de Valérie et de Galéa si je me souviens bien. Bien sûr j'ai mis du temps à entrer dans ma lecture. Le mélange des deux narrations, celle dans un temps plus ou moins présent, et celle du passé au sujet d'Adèle, l'arrière-grand-mère de la narratrice m'ont un peu perdue. Et puis, il y a eu le récit de la grand-tante à Annecy, dans sa maison de retraite avec vue sur le lac et là j'étais ferrée!

Adèle c'est une enfant d'abord, puis une jeune femme à la fois très moderne et très conservatrice, née dans un autre siècle, elle a connu le 19ème et le 20ème siècle et les évolutions qui les ont traversé, deux guerres, une vie bourgeoise avec un appartement parisien, une maison à Sèvres et une maison de vacances sur les côtes normandes. Ce sont d'ailleurs les passages sur sa vie à Saint-Pair que j'ai le plus apprécié. Sans doute une envie de bord de mer n'y est pas pour rien... La narratrice tente de reconstituer ce que fût la vie de son arrière grand-mère, à partir du récit de sa grand-tante, de carnets retrouvés, de ce qu'elle tient de sa famille mais aussi de ce qu'elle s'imagine. Julie Wolkenstein a construit son livre à la manière des réminiscences qu'on peut avoir du passé. Les souvenirs sont très fluctuants donc ce qu'on ne sait pas ou plus on l'imagine. J'ai moi-même eu l'impression de lire un vieux journal intime, un peu poussiéreux mais captivant. Cela m'a donné la nostalgie de l'époque, les bains de mer, les repas en famille où l'ont devait "s'habiller". Ce n'est pas une lecture facile, l'écriture de Julie Wolkenstein colle avec l'époque, ce sont de belles phrases, qui rappelleent un peu la littérature victorienne, c'est donc une lecture qui se mérite mais ça vaut la peine de faire quelques efforts!

objectif pal

(15/25 dans ma PAL depuis novembre 2016

Objectif Pal d'août chez Antigone -1-)

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