14 mai 2018

Hanan El-Cheikh, Toute une histoire

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Quatrième de couverture: "Après la mort prématurée de sa grande soeur, Kamleh, onze ans, est promise à son beau-frère. Dans le Beyrouth des années 1940 où elle s'installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh devient mère mais reste follement éprise du beau Mohamed. 
Elle échange avec lui grâce à l'aide de ses amies des lettres enflammées, s'identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d'obtenir le divorce, au risque d'être séparée de ses deux filles... Portrait de la propre mère de l'auteur, femme du peuple analphabète, espiègle et fine, qui eut l'audace de transgresser les interdits de son milieu, ce récit donne également à lire plus subtilement l'histoire d'une fille qui, ayant grandi, peut enfin comprendre sa mère et lui dire combien elle l'aime."

(photo Exploratology: abonnement de Mars)

Lecture partagée avec Bladelor dont vous pourrez lire le billet ici. Ce qu'il y a de bien avec Exploratology c'est que ça nous amène dans des contrées un peu inhabituelles, alors même si d'emblée l'histoire me semblait intéressante, je ne crois pas avoir jamais lu un auteur Libanais, donc rien que pour ça le concept de la box est vraiment chouette. J'ai pourtant eu un peu de mal en abordant cette lecture, forte de ma déception avec le roman du mois précédent L'art de la joie, que j'ai abandonné. J'ai d'abord eu un peu de mal à entrer dans l'histoire mais je me suis rapidement attachée au personnage principal, comment ne pas éprouver de la compassion à son égard? J'ai donc beaucoup apprécié la première partie du roman, l'enfance de Kamleh et son arrivée à Beyrouth. La suite m'a un peu moins plue, j'ai trouvé quelques longueurs, et certaines attitudes m'ont également agacée, et puis le récit prend un second souffle et je ne l'ai plus lâché. Ce ne fût donc pas une lecture de tout repos, des hauts, des bas, comme dans la vie de cette jeune femme au destin quelque peu chaotique. Le petit plus? Le mordant de son personnage et l'humour parfois un peu grinçant qui nous accompagne tout au long de ces pages. Ce ne sera pas une lecture inoubliable, mais j'ai aimé cette plongée dans la société libanaise.


10 février 2018

Socorro Acioli, Sainte Caboche

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Quatrième de couverture: "Après avoir parcouru pendant des jours et des nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l'étrange forme de tête. L'endroit parfait pour s'installer paisiblement à l'abri des regards ! Mais Samuel se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d'amour que les villageoises adressent à saint Antoine. Voilà l'occasion de s'occuper un peu... Les prédictions de Samuel à travers la voix du saint deviennent rapidement célèbres dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l'amour à de nombreuses femmes désespérées. Mais bien souvent gloire rime avec déboires. Samuel se retrouve bientôt au coeur d'histoires bien plus compliquées que ces simples prières ne le laissaient prévoir."

Cette lecture fût une petite parenthèse enchanteresse dans un quotidien assez morose. J’ai lu cette histoire comme un conte, il me semble que c’en est un en quelque sorte. En tout cas l’écriture sud-américaine est très surprenante, très imagée et poétique, il me semble que c’est ce que j’avais aussi pensé en lisant Chocolat amer de Laura Esquivel. Ce roman m’a également fait penser au Cœur Cousu de Carole Martinez.

Le personnage de Samuel est très touchant, anti-héros parfait Samuel tente de donner un sens à sa vie après la mort de sa mère en retrouvant son père, or les choses ne vont bien évidemment pas se passer comme prévu. Les personnages sont haut en couleurs et les intrigues saupoudrées d’un brin de magie sont à la fois drôles et touchantes. Tout s’imbrique pour donner du sens à cette histoire, pour se souvenir d’où chacun vient et pour rappeler qu’il a un destin à accomplir. Le côté magique ne m’a finalement pas dérangée, pourtant ce n’est clairement pas mon genre de prédilection, mais je me suis laissée emporter. Ce roman pose en effet la question de la destinée, et du poids que les ancêtres font peser sur les générations futures, en effet, les enfants sont-ils coupables de ce qui a été fait par leurs parents, le tout tinté de poésie et d’un peu de loufoquerie, avoir un personnage qui s’appelle Madeinusa (made in usa) ça ne s’invente pas !

C’est le premier livre de mon abonnement Exploratology que je lis, et j’ai partagé cette lecture avec Bladelor qui est aussi abonnée, nous avions décidé de commencer notre lecture le 30 janvier et nous avons échangé au fil de notre lecture avant de se mettre d’accord sur la date d’aujourd’hui pour écrire notre billet, c’était vraiment intéressant de pouvoir échanger sur le sujet. Du coup on remet ça à la fin du mois pour le livre de janvier.

objectif pal

(2/20, il ne rentre pas dans le cadre de l'objectif PAL chez Antigone parce qu'il est dans ma PAL depuis décembre seulement)

11 février 2016

Lecture commune: Giulia Enders, Le charme discret de l'intestin

le charme discret de l'intestin

Quatrième de couverture:

"Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… et si tout se jouait dans l’intestin ?

 Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet organe qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée au sein de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau’’ pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.
 Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la soeur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.
 Succès surprise, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à plus de un million d’exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays"
 
J'avais vu ce titre chez A girl from earth en septembre et malgré son billet enthousiaste je m'étais dis, un bouquin sur l'intestin, non merci! Et puis en octobre j'ai assisté à un petit club de lecture où une des participantes a présenté ce bouquin, tout en lisant certains extraits, et allez savoir pourquoi ça m'a donné envie, dans la foulée un ami me l'a prêté... Mais ce n'est que ce weekend alors que je combattais les affres d'un état grippal que je m'y suis mise, et grand bien m'en a pris ... au moins la pseudo grippe est passée plus facilement!
Ce livre est non seulement intéressant, mais aussi plutôt drôle! Certes l'auteur aborde des thèmes scientifico-médicaux, mais elle les rends abordable à tout un chacun en y ajoutant une dose d'humour pour que ce soit suffisamment accrocheur pour quiconque n'y connait rien ou fait un blocage sur la sicence. Le livre est divisé en trois parties, une première sur le fonctionnement de l'intestin, une seconde sur le côté cérébral de notre intestin (qui l'eût cru!) et la dernière sur les différents microbes et bactéries qui peuplent notre système digestif! J'avoue, la seconde partie m'a un peu ennuyée mais j'ai trouvé les deux autres très intéressantes et j'ai appris pas mal de choses, sur le pourquoi du comment il faut manger des fibres par exemple, sur les aliments prébiotiques, sur la consistance des selles (oui oui) et même sur la meilleure position pour faire caca (et j'ose vous dire testée et approuvée aheum ... Non je ne suis pas allée m'accroupir dans un bois ... j'ai adopté la technique du petit banc! Ouais ba faudra lire si vous voulez en savoir plus, bref je m'égare). Bon je 'lavoue sans honte j'ai bien évidemment préféré la première partie, mon humour très pipi-caca sans doute, mais comment résister à un chapitre qui s'intitule "L"art du bien chier en quelques leçons et pourquoi" ... En résumé, ça se lit tout seul, c'est drôle et intéressant, donc je comprends mieux maintenant pourquoi ce titre est en tête de rayon des librairies depuis quelques mois déjà!
Je crois que Soukee a également apprécié sa lecture donc je vous invite fortement à aller lire son billet :)

lire sous la contrainte

 

(je propose ce titre pour la 26e session de la lecture sous la contrainte "le titre le plus cher", en comptabilisant les points du Scrabble, Le charme discret de l'intestin remporte 36 points!)

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16 janvier 2016

Lecture commune: Emile Zola, Thérèse Raquin

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Quatrième de couverture:

"Premier roman naturaliste, Thérèse Raquin est une véritable tragédie, tragédie du silence et du désir, tragédie du remords, tragédie de la vie et de la mort glacée. Thérèse Raquin, ou la banalité tragique"

Ce roman c'est tellement la patte de Zola, dans ce qu'elle a de plus noir mais aussi un peu nouveau parce que dans les Rougon-Macquart si on retrouve le thème de la folie je n'ai jusqu'à présent rien lu qui flirte de si près avec le fantastique. Attention, ce n'est pas non plus un roman fantastique, mais il y a quelque chose de Poe dans la seconde moitié du roman. J'ai préféré la première partie, celle où l'auteur met en place les personnages, la mercerie, l'enfance puis le mariage de Thérèse et Camille, le trio Thérèse-Camille-Laurent. La seconde partie m'a moins tenue en haleine, Zola bien entendu maîtrise son récit à la perfection, c'est sordide et détaillé, c'est graduel et les symboles du roman noir sont présents, la pourriture, les bas quartiers, jusqu'au chat noir qu'on accuse de perfidie (euh d'ailleurs est-il vraiment noir ce chat?).  L'issue du roman est inévitable, en tant que lectrice je l'attendais même, elle est nécessaire et je pense que c'est la seule issue possible... En tout cas sans doute la seule issue pour mettre un point final au roman. Cela ne m'étonne pas que ce roman ait été très mal reçu à sa publication...

Excusez-moi pour ce billet médiocre, je suis shootée au doliprane et aux gouttes pour le nez mais je tenais à publier mon billet à temps pour la lecture commune avec Enna et Manika

 

challenge petit bac

(1ère lecture pour le challenge Petit Bac 2016 d'Enna avec

un prénom: THERESE)

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12 septembre 2015

Sorj Chalandon, Profession du père

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Quatrième de couverture:

"Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu’en 1958. Un jour, il m’a dit que le Général l’avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m’a annoncé qu’il allait tuer de Gaulle. Et il m’a demandé de l’aider.Je n’avais pas le choix.C’était un ordre.J’étais fier.Mais j’avais peur aussi.À 13 ans, c’est drôlement lourd un pistolet. "

C'est avec un peu d'émotion et les mains moites que j'ai entamé ma lecture, après le coup de coeur pour Le quatrième mur et les claques assenés par Mon traitre et Retour à Killybegs ... de l'émotion il y en a aussi dans ce livre, mais ce n'est pas pareil. L'écriture est belle et touchante, mais elle n'a pas la saveur des autres, ce côté instrospection ou réflexion sur le monde qui donne envie de corner chaque page, de citer, de relire, de faire résonner les mots. Cette histoire est plus simple mais elle a elle aussi sa part de tragédie, la tragédie d'un enfant sous le joug de son père, cautionné par sa mère. Ce roman a la force de nous faire ressentir beaucoup de peine pour son narrateur, un peu d'empathie, beaucoup de colère face à ce père abusif, à cette mère qui ne réagit pas, jamais. Et finalement le narrateur adulte revient à peine sur ce passé, ne tente pas de l'expliquer, c'est par le biais de son épouse que l'on sait toute la colère, mais aussi à quel point l'homme a été et est encore affecté par cette enfance en vase clos. La force de ce roman réside sans doute dans tous ces non-dits, jamais la maladie n'est mentionée, elle est à peine effleurée à la toute fin du roman, mais là encore elle n'est pas nommée. Pendant ma lecture je me suis souvent demandée comment il était possible de vivre en vase clos comme ça, sans que personne (je pense notamment à l'environnement scolaire) ne puisse s'apercevoir de la souffrance de cet enfant, même si j'imagine qu'à cette époque le bien-être de l'élève n'était pas autant une priorité qu'à l'heure actuelle ... Et c'est en me faisant ces interrogations que j'ai réalisé que Sorj Chalandon était très efficace quand il s'agit de gommer la frontière entre personnages de fiction et réalité... Et pour cela, pour le fait de lire ces romans comme des témoignages de la vie, je lui tire mon chapeau. Alors non ce n'est pas un coup de coeur pour les raisons que j'ai mentionnées au départ, mais cela n'en reste pas moins un roman touchant, qui résonnera en moi pendant quelques temps ... 

V'était une lecture commune avec Enna et  Saxaoul, un coup de coeur pour toutes les deux. 

 

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20 juin 2014

Maggie O'Farrell, The hand that first held mine (Attention risque de spoilers!!)

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Quatrième de couverture:

"Fresh out of university and in disgrace, Lexie Sinclair is waiting for life to begin. When the sophisticated Innes Kent turns up on her doorstep in rural Devon, she realises she can wait no longer, and leaves for London. There, Lexie carves out a new life for herself at the heart of bohemian 1950s Soho, with Innes by her side.

In the present, Ted and Elina no longer recognise their lives after the arrival of their first child. Elina, an artist, wonders if she will ever paint again, while Ted is disturbed by memories of his own childhood - memories that don't tally with his parents' version  of events. As Ted's search for answers gathers momentum, so a portait is revealed of two women separated by fifty years, but linked by their passionate refusal to settle for ordinary lives."

 

Ce roman deux Maggie O'Farrell mènent en parallèle deux histoires, l'une dans les années 50/60, l'autre de nos jours. Chacune, à la 3e personne du singulier fait le récit de la vie d'une jeune femme. Lexie Sinclair qui s'est faite exclure de l'université pour avoir osé passer par une porte réservée aux garçons. La seconde jeune femme, Elina, vient de donner naissance à un petit garçon.

J'ai vraiment eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, d'une part à cause de la langue, il me faut toujours un petit temps d'adaptation quand je lis en VO et d'autre part à cause du récit concernant Elina, qui au début du roman est très décousu. La narration bien qu'à la 3e personne se fait d'un point de vue interne. Nous n'en savons donc pas plus qu'Elina qui elle-même ne semble pas savoir où elle en est. On comprend au fil du récit pourquoi, et cela s'estompe au fil des pages mais cela m'a beaucoup gênée!

Le récit que j'ai préféré est donc celui au sujet de Lexie, à cause de la narration, mais surtout aussi pour son époque, vous savez comme j'aime les 50s/60s donc forcément ça m'a touchée un peu plus. Mais surtout, je me suis demandé tout le long quel lien il pouvait bien y avoir entre les deux histoires, Je me suis formulé de nombreuses hypothèses, puis peu à peu tout se met en place... Le personnage de Lexie est très attachant, et semble dans l'air du temps, son caractère et sa volonté d'indépendance font d'elle une femme forte, et une femme moderne pour l'époque. Son rapport à l'enfant fait écho au rapport à la maternité d'Elina.  Les deux récits donnent une vision de la maternité très touchante et sans doute assez juste. Là où Lexie tente de préserver son fils, tout en ayant un rapport assez adulte avec lui, Elina a un rapport plus exclusif et ne nous épargne pas les difficultés des premiers gestes maternels (la scène du caca est épique, oui épique!!, j'ai déjà vécu ce genre de truc avec ma nièce donc ça m'a bien fait sourire!)Le personnage de Ted, le compagnon d'Elina m'a également beaucoup plu. Il prend son rôle de père au sérieux, tout en laissant Elina s'habituer à cette nouvelle relation. Il est désarmant de sensibilité ... J'ai beaucoup aimé leur couple finalement, leur maison londonienne. 

Finalement je ne m'attendais pas spécialement à ce dénouement, et j'ai eu du mal à relier les personnages du passé, avec ce qu'ils sont devenus dans le présent... comme si, avec les années, leurs mauvais traits de caractères s'étaient estompés, du coup j'ai eu des difficultés à les mettre en relation.

Le roman aborde sous différents aspects le thème de la culture, plus précisément celui de l'art, j'ai apprécié ces touches de peinture, de sculpture et d'artistes. 

Malgré un début très difficile, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman. Après les 70 premières pages je l'ai dévoré, je voulais connaître l'histoire de Lexie et le dénouement du roman tout en savourant contexte, personnages et ambiances. J'ai été très emue à la fin, pour l'histoire, mais aussi de la réaction et de la sensibilité des personnages. Oserais-je parler d'un coup de coeur? Et Enna qu'en a t'elle pensé?

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(PAL VO: 2/13)

mois anglais

(Mois anglais: l'auteur est irlandaise mais le récit se déroule en Angleterre)

 

12 novembre 2013

Lecture commune: Laura Kasischke, Esprit d'Hiver

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Quatrième de couverture:

"Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant..."

Voilà un court roman qui fait un peu l'effet d'un coup de poing. Je n'utilise pas le terme coup de poing dans le sens où le retournement de situation final est surprenant, ou dans le sens d'un coup de coeur, mais plutôt parce que j'ai eu l'impression d'être en apnée tout au long de ma lecture pour n'avaler une goulée d'air qu'en tournant la dernière page. Et ce fût presque le cas puisque j'ai lu ce roman en deux fois. Laura Kasischke semble maîtresse en l'art. J'avais eu cette impression également avec un oiseau blanc dans le blizzard. J'ai apprécié cette lecture, même si le terme apprécié n'est pas vraiment approprié, pour moi un bon livre c'est un livre que vous n'avez pas envie de quitter avant d'en connaître la fin, dans ce cas je considère qu'Esprit d'hiver est un bon livre.

Pourtant, on tourne en rond. Les actions sont répétitives, le vase clos entre la mère et la fille, les dialogues de sourd, les répétitions, comme si la mère était devenue monomaniaque sont anxiogènes et laisse l'impression d'un mauvais rêve tourné au ralenti, vous savez ce genre de rêves où quoi que vous fassiez vous êtes quand même en retard parce que vous n'avancez pas, et bien c'est ce que j'ai ressenti. De plus, j'ai pressenti le retournement de situation assez tôt dans ma lecture, ne sachant pas quel personnage exactement il concernait mais j'avais quand même deviné juste.

Je ne peux pas dire que j'ai apprécié les personnages, ni la mère que j'ai eu envie de secouer un peu, ni la fille que j'ai trouvé un peu égoïste et trop parfaite. Par contre j'ai aimé les souvenirs, ceux de l'adoption en Russie. J'ai trouvé que l'auteur les a rendu très vraisemblables. Ces souvenirs reviennent en vague pour apporter des éclaircissements au lecteur, mais aux personnages également, ce qui était enfouie permet de mieux comprendre les évènements. 

En bref ce fût une bonne lecture même si elle m'a value quelques suées :p c'est pourquoi je ne lui mettrai qu'un 13/20 malgré tout. Je remercie Priceminister pour m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire 2013

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Pour les billets des blogueuses qui ont partagé cette lecture commune c'est par ici: Géraldine,  Lecturissime et Cynthia

 

10 octobre 2013

Lecture commune: Joyce Carol Oates, Vallée de la mort

vallee_de_la_mort_10Quatrième de couverture:

"Rona, Charlotte et Courtney sont des femmes actives et indépendantes. Pourtant, la violence n'est jamais loin. Et quand elle s'abat, les voici qui vacillent et chancèlent sous l'emprise de la domination masculine. Des riches universités de la côte Est aux motels de Las Vegas, la cruauté des hommes n'a d'égal que leur désir."

Pparfois je me dis que je suis complètement à côté de la plaque ... J'ai lu toute la première partie du livre de Joyce Carol Oates en pensant que c'était un roman, avec différents chapitres ou le destin plus ou moins tragique d'une femme ou d'une famille était "mis à l'honneur" et qu'à un moment donné, sans doute dans la seconde partie, on retrouverait ces femmes et leur famille ou bien que les destins de certaines se croiseraient un peu à la manière de 1979 de Jean-Philippe Blondel, le côté glauque et tragique en plus bien sûr. Mais non je me suis résigné en attaquant cette deuxième partie qu'il s'agissait en fait d'un recueil de nouvelles avec pour point commun un destin tragique qui dans de nombreux cas conduit à la mort de l'un des personnages. Et là que vois-je en regardant ma quatrième de couverture???? Je vous le donne en mille: "Nouvelles", donc oui je suis vraiment complètement à côté de la plaque parfois...

Revenons donc à nos moutons... Comme vous le savez sans doute déjà, les nouvelles et moi, c'est pas toujours ça! et comme vous le savez sûrement aussi Joyce Carol Oates et moi c'est pas toujours ça non plus! Et bien contre toute attente je peux dire que j'ai globalement apprécié ce recueil. En effet, Joyce Carol Oates n'a pas abandonné son style mordbide et grinçant mais finalement la longueur des différents textes permettent de ne pas trop s'appesantir et somber dans le glauque du glauque. Bon oui les histoires s'accumulent et sont toutes plus cyniques les unes que les autres mais la plupart m'ont plues, je les ai lue avec la curiosité morbide d'un lecteur du pseudo journal "Le nouveau détective'". Tantôt à la troisième personne, tantôt à la première, l'auteur jongle avec les points de vue et les narrateurs comme si c'était facile et donné à tout le monde. Ce que je regrette généralement avec les nouvelles c'est que la fin tombe souvent comme un cheveu sur la soupe. Ce n'est pas le cas ici; même rapidement les personnages sont décris de façon détaillée, on arrive à "connecter" avec leurs sentiments, l'intrigue des nouvelles est bien menée et la résolution coule de source. 

Je reocnnais tout de même que certaines nouvelles m'ont moins accrochée, et que j'ai même eu enviez de zapper certaines, mon gros bémol va à la dernière nouvelle que j'ai trouvé vraiment dégueu!! Et comme c'était la dernière, c'est celle qui me reste le plus à l'esprit!!

 

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25 juillet 2013

Lecture commune: Audur Ava Olafsdottir, L'embellie

embellieRésumé :

"C'est la belle histoire d'une femme libre et d'un enfant prêté, le temps d'une équipée hivernale autour de l'Islande.
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.
Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus."
 
Ce roman ne me tentait pas plus que ça et comme souvent c'est la perspective d'une lecture commune qui me l'a fait sortir de ma PAL, et comme assez souvent aussi ce fût une belle surprise... J'ai beaucoup aimé cette lecture et ce pour plusieurs raisons. 
D'abord parce que c'est un roman à la première personne et que bien souvent ça m'embarque plus facilement, je suis plus touchée et je m'identifie plus facilement au narrateur, ce qui m'amène à la deuxième raison pour laquelle j'ai beaucoup apprécié ce roman: la narratrice. Elle m'a parfois agacée, mais globalement elle m'a touchée, son franc-parler, sa volonté de ne pas être une femme traditionnelle qui ne sont finalement que des façades, elle revendique ne pas vouloir d'enfants, en est fière, mais se laisse finalement prendre au jeu des responsabilités qui incombent à une mère quand son amie lui confie son fils. La relation qui s'installe entre la narratrice et ce petit garçon a fait vibré ma corde sensible. J'aime beaucoup les romans où il est question d'enfants qui évoluent, les fameux Bbildungsroman, mais ici la narratrice évolue autant que l'enfant à son contact et c'est ce que j'ai trouvé beau dans cette histoire.
Enfin, ce que j'ai aussi beaucoup apprécié c'est l'Islande, personnage à part entière du récit. J'aimerais beaucoup visiter ce pays, parce qu'il entretient son mystère en étant très peu présent dans les médias et que les paysages y sont à couper le souffle je pense. Audur Ava Olfasdottir entretient ce mystère, elle fait de son pays un paysage un peu désolé où il y pleut beaucoup, mais paradoxalement, elle le rend en même temps  accueillant et chaleureux. 
J'ai apprécié les recette en fin de livre, il est souvent question de nourriture au fil des pages, donc c'est une bonne idée mais j'aurais préféré que le livre ne se termine pas de cette manière, j'aurais voulu une suite à cette histoire qui n'aura duré que le temps d'un été ...
 
J'ai fait cette lecture avec Valérie et Aifelle donc allons voir ce qu'elles en ont pensé. C'est aussi avec cette lecture que je clos mon challenge du 1% de la rentrée littéraire 2012 en ne l'ayant pas terminé avec seulement 5 livres lus. Je ne sais pas encore si je participerai au challenge pour la rentrée 2013, mon objectif étant toujours de baisser ma PAL existante et je ne me suis pas encore penchée sur les livres qui pourraient m'intéresser, à voir donc ...
 
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04 juillet 2013

Lecture commune: Ken Grimwood, Replay

replayQuatrième de couverture:

" En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone : « il nous faut, il nous faut... » Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A coeur ouvert.

     Sur ce, Jeff meurt d'une crise cardiaque. Il se réveille en 1963, à l'âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d'université. Va-t-il connaître le même avenir ? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu'il en sera d'IBM et d'Apple... De quoi devenir l'homme le plus puissant du monde, jusqu'à... sa deuxième mort, et qu'une troisième, puis une quatrième vie commence..."
Jeff meurt en 1988 d'une crise cardiaque et se réveille en 1963 dans sa chambre d'étudiant à Atlanta. Il croit rêver mais les éléments qui l'entourent lui montrent que non, les voitures, les constructions, les tenues vestimentaires, les traces de la ségrégation sont autant d'élément qui lui prouvent qu'il est bel et bien revenu dans les années soixante... 
J'enchaine un peu avec le fantastique mais dans un tout autre genre. Jeff va à plusieurs reprises revivre sa vie chaque fois en  modifiant sa trajectoire jusqu'à ce qu'il rencontre Paméla. La jeune femme est elle aussi soumise à des "replay". La première chose que Jeff fait quand il recommence sa vie c'est de se mettre à l'abri financièrement avec des paris sportifs et des placements en bourse. Il est ainsi libre de reconstruire sa vie comme il l'entend, à l'abri du besoin, mais, quoiqu'il arrive il mourra d'une crise cardiaque en 1988.
J'ai beaucoup aimé ce roman parce qu'il est très ancré dans le contexte socio-historique de l'époque traversée par les personnages principaux. C'est ce qui sert à chaque fois de cadre  et de point de repère dans les replay. Que ce soit Jeff ou Pamela, leur personnage est attachant, ils cherchent l'un comme l'autre à comprendre pourquoi ils revivent leur vie. Chaque come back est espacé dans le temps, ils ne reprennent pas toujours le cours de leur vie au même moment ce qui modifie leur vie à l'origine puisque des choix ont déjà été faits et malgré ces trajectoires différentes, ils se cherchent toujours. Un lien fort les unit, celui d'être les seules personnes conscientes de ces replay, ou peut-être même les seules personnes à vivre ces replay. Pour comprendre ce mécanisme ils vont utiliser plusieurs stratégies, l'une d'elle permet de dénoncer l'omniprésence des services de renseignement aux Etats-Unis (sujet d'actualité...) leur ingérence dans la vie de ses citoyens. Ce romn nous montre à quel point l'histoire se répète parce que que nous ne tenons pas compte des éléments extérieurs avant d'agir, et de ce qui s'est fait précédemment ou ailleurs. L'auteur semble insister sur le fait que seule la famille, ou l'attachement à une personne permet d'avancer. La fin est d'autant plus pessimiste qu'elle ne nous apporte aucune réponse.
C'est un petit coup de coeur pour ce roman qui m'a agréablement surprise. Le seul bémol que j'émets concerne parfois certaines scènes un peu répétitives (normal je sais vu le thème), le second passage en Europe avec Sharla est à mon sens plutôt inutile pour l'avancée du roman. J'oublie beaucoup de choses encore, allez lire ce roman vous verrez par vous-même...
 
Je faisais cette lecture avec Camille/Moka, et il me semble qu'elle aussi a beaucoup apprécié sa lecture, allons lire son avis.
 
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