26 juin 2015

Lecture commune autour de Charles Dickens, Temps difficiles

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Quatrième de couverture:

"Le roman le plus engagé de Dickens. Les Temps difficiles, ce sont les débuts de la révolution industrielle qui transforme l'aimable campagne anglaise en un pandémonium d'usines, de canaux, d'installations minières, de fabriques, d'entrepôts, de banlieues misérables où vit à la limite de la survie le prolétariat le plus exploité qui sans doute fût jamais. Sous un ciel de suie, Coketown, la ville du charbon (Manchester en réalité), est d'autant plus l'image de l'enfer que la classe ouvrière n'y est pas encore organisée et qu'elle apparaît ainsi comme la victime toute désignée de politiciens sans scrupules et d'une bourgeoisie, parfois compatissante et troublée dans son confort moral, mais toujours persuadée de la divinité de ses droits. Le roman de Dickens correspond point pour point à l'analyse qu'en ces mêmes années et dans cette même Angleterre, Fr. Engels entreprenait de la naissance du capitalisme moderne."

J'ai été très agréablement surprise par cette lecture, non pas parce que c'était Dickens, j'ai lu et apprécié les romans de l'auteur que j'ai lus quand j'étais étudiante mais parce que la quatrième de couverture m'en faisait attendre tout autre chose. J'imaginais un roman sur la dureté du milieu ouvrier, le travail à la mine, la vie dans les cités minières, etc, mais finalement ceci ne sert que de contexte à l'histoire que nous livre l'auteur. Ce n'est pas véritablement un roman sur le prolétariat naissant, mais plus une histoire de manipulation de la bourgeoisie locale. 

Jj'ai quand même eu besoin de plusieurs chapitres pour ma familiariser avec la plume de Dickens, et ses personnages, mais au tiers du roman j'ai vraiment été accrochée grâce à l'intrigue "amoureuse", même si ce n'est pas tout à fait le cas. Le sort de Stephen Blackpool, ouvrier congédié pour "agitation" m'a intéressée, il est l'une des clés du récit. J'ai détesté Mrs Sparsit, rien n'est fait pour nous la faire apprécier, au contraire de Rachael, ou Cécilia. Mr Bounderby est pétri de suffisance,

son personnage est contrebalancée par celui de Louisa, chacun ayant son pendant, positif et négatif. 

Les titres des différentes parties du livre son révélateurs (Les semailles, la moisson, l'engrangement) de la manière dont le récit est construit, ce sur quoi repose le dénouement et les véritables rôles des personnages dans l'histoire. C'est aussi assez métaphorique par rapport au contexte historique et aux rapports entre prolétariat et bourgeoisie. J'ai vraiment apprécié me replonger dans un bon classique anglais.

objectif pal

 

(20/32)

 

Challenge-classique-3

 

(classique de Juin n°2)

mois anglais

Le mois anglais chez LouCryssilda et Titine 

 


18 mai 2015

John Steinbeck, En un combat douteux

en un combat douteux

Quatrième de couverture:

" - Le soleil va bientôt se coucher. A la nuit, ceux de la ville vont peut-être laisser passer nos hommes, mais nous, ils nous arrêteront. Ils veulent notre peau. Alors, je veux que tu t'en ailles, dès que la nuit tombera, et que tu retournes en ville.

- Pourquoi ? Mac le regarda de côté, puis fixa de nouveau son regard sur le sol.

- Quand je t'ai amené ici, dit-il, je croyais que j'étais très fort, et je suis persuadé maintenant que tu en vaux dix comme moi, Jim. S'il m'arrive quelque chose, on trouvera facilement vingt types qui pourront me remplacer. Mais toi, tu as du génie pour ce genre de travail. Le parti ne peut pas te sacrifier ainsi ; pour une petite grève de rien du tout. Ce ne serait pas raisonnable. "

Ca me laisse toujours un peu perplexe ces livres dont la quatrième de couverture est une citation du roman, celle-ci en plus intervient presque à la toute fin du livre et ne dévoile à priori rien sur l'intrigue. Je ne suis vraiment pas douée pour les résumés mais en quelques mots, Mac est au parti communiste, il forme Jim qui vient d'entrer au parti également. A deux ils pousseront des ouvriers (des ramasseurs de pommes) à la grève pour réclamer un salaire plus élevé. En effet, la pratique du travail saisonniers, mais surtout journalier dans les années trentes aux Etats-Unis étaient très courante. D'anciens fermiers venus d'autres états, des travailleurs, des hommes pauvres de manière générale, se faisaient employer dans des fermes pour ramasseur les fruits, le coton, le tabac etc. en fonction des saisons ... La demande étant bien plus forte que l'offre (conséquence de la crise de 29 aux Etats-Unis), ces hommes travaillaient pour une misère, étaient souvent logés sur place, on déduisait logement, parfois nourriture de leur salaire ... Ils survivaient plus qu'ils ne vivaient.

C'est le sujet très prisé de Steinbeck, sujet bien développé dans son magnifique roman Les raisins de la colère. Dans En un combat douteux, Steinbeck s'attarde peu sur les conditions de vie de ces travailleurs, mais plus sur la manière d'amener un groupe d'ouvrier à se mettre en grève pour réclamer plus... Les grèves étaient sévèrement réprimées, et souvent inutiles dans la mesure où les patrons trouvaient toujours des travailleurs encore plus démunis pour faire le travail. Je trouve que ce roman est un bon complément aux raisins de la colère, et vraiment riche en "ficelles" sur les mécanismes de rebellion, effet de groupes, et quelque part de propagande. Je trouve que les moyens employés par Mac ne sont pas toujours très honnêtes. Il se sert de ses pauvres gens pour défendre sa cause, et comme l'indique le titre ses arguments, ou ses manières d'agir sont parfois douteuses, voire complètement fumeuses et en cela, j'ai eu un peu de mal. Si j'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture, je suis restée très en dehors de l'histoire et des personnages. Il n'était pas bon être communistre aux Etats-Unis (et je pourrais je crois conserver cette phrase au présent), du coup je me demande si Steinbeck n'a pas écrit son livre de cette manière pour ne pas s'attirer les foudres des américains influents, même si à mon avis ce n'est pas vraiment son genre ... Après je ne doute pas que c'était aussi peut-être une façon d'agir pour le parti communiste, du genre peu importe les moyens du moment qu'on arrive à nos fins ... Je ne sais pas trop .. Et vous l'avez-vous lu? Comment voyez-vous la chose?

Challenge-classique-3

 

(classique de Mai)

objectif pal

(16/32)

 

08 septembre 2014

Rona Jaffe, Rien n'est trop beau

rien n'est trop beau

Quatrième de couverture:

"Lorsqu'il fut publié en 1958, Rien n’est trop beau provoqua l'engouement de millions de lectrices américaines. Elles s'identifièrent à ces jeunes secrétaires venues d'horizons différents, employées dans une grande maison d'édition new-yorkaise, dont les rêves et les doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. Si la ville semble leur offrir d'infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune – l’ambitieuse, la naïve, la divorcée…- doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d'hommes."

Voilà un livre qui a été remis au goût du jour avec la série Mad Men et ça tombe bien puisque Will m'a offert les deux, j'avais d'ailleurs repéré ce roman sur son blog. Voici son billet. Rona Jaffe dresse le portrait de femmes dans les années cinquante-soixante. Tour à tour nous suivrons l'une d'entre elle. Elles se connaissent toutes, travaillent dans la même entreprise, à des postes différents, et chacune ambitionne quelque chose, gravir les échelons pour devenir lectrice, se marier, devenir actrice ... Je n'ai pu m'epêcher bien sûr d'avoir en tête les personnages de Mad Men, que ce soit les femmes, secrétaires, ou les hommes qui occupent un poste important dans l'entreprise, et sortent avec ces secrétaires, pour boire un verre ou plus. 

J'ai de loin préféré le personnage de Caroline qui m'a semblé plus mis en avant que les autres, Elle apparaît comme une jeune femme indépendante, qui s'est affranchie de ses parents et qui n'a pas pour unique ambition de trouver un mari... Oui parce qu'à l'image des romans de Jane Austen, le mariage est toujours dans les années cinquante LE sujet d'actualité chez les jeunes filles. Notons que la libération sexuelle de la femme en France n'interviendra que bien des années plus tard. Les femmes cherchent un mari gentil, une jolie maison et un certain confort matériel. La plus représentative de ces femmes étant Mary Agnès. Il n'est d'ailleurs question à son sujet que des préparatifs de mariage et du mariage en question. 

L'histoire qui m'a le moins intéressée est celle de Gregg. Gregg est venue à New York dans l'espoir de devenir actrice, je ne me suis pas sentie proche de son personnage, mais elle m'a laissée quelque peu indifférente, un peu à l'image de son destin dans le roman ... 

Le personnage d'April m'a quant à lui agacée, mais comment peut-on être aussi naïve??? J'avais parfois envie de la secouer, et ça m'étonne que Caroline ne l'ait pas fait elle-même!!!

J'ai cependant apprécié suivre ces jeunes femmes, leur évolution au travail et dans leur vie personnelle. J'aurais cependant apprécié une toute autre fin, mais n'oublions pas que ce roman date de 1958. C'est une époque que j'aime toujours autant, mais purée, qu'est ce qu'ils buvaient/fumaient/mangeaient au resto à l'époque!!!

Aifelle l'a lu récemment aussi.

le mois américain

 

 Le mois américain chez Titine

Challenge-classique-3

((classique de septembre)

challenge pavé de l'été

(3)

objectif pal

 

(30/78)

29 juillet 2014

Emile Zola, Une page d'Amour

une page d'amour

Quatrième de couverture:

"Ce huitième roman de la série des Rougon-Macquart, paru entre deux des oeuvres les plus fortes de Zola, l'Assomoir et Nana, est d'un registre fort différent.

La passion soudaine qui jette aux bras l'un de l'autre la belle et sage Hélène et le docteur Deberle fait l'objet d'une analyse psychologique nuancée et minutieuse.
Entracte dans une vie monotone et réglée, cette Page d'amour sera bientôt tournée et l'héroïne retrouvera à la fois son équilibre et sa solitude. Mais l'aventure aura fait une victime, la petite Jeanne, condamnée par l'égoïsme et le délire passionnel des grandes personnes. Ainsi, cette oeuvre apparemment sans éclat se révèle subtilement imprégnée de désenchantement et d'amertume."
Et voilà je suis rentrée de Bretagne, comme vous l'aviez dit j'ai eu une très belle semaine, chaude et ensoleillée, il est temps pour moi de vous parler de mon classique du mois... J'ai choisi un Rougon-Macquart, un peu moins connu que les autres: Une page d'Amour.
Bon, une chose est sûre ce n'est pas une lecture de plage, j'ai donc parfois eu un peu de mal à me plonger totalement dans la lecture! Cela n'empêche pas que j'ai apprécié ce tome, en apparance plus "lumineux" que les autres mais tout aussi sombre quand on en connaît le dénouement. Ce roman est aussi un peu plus court que les autres, et les personnages y sont  un peu moins nombreux. Une page d'Amour est une parenthèse dans la vie d'Hélène, jeune veuve qui se prend d'amitié pour la famille Deberle, ou plutôt la famille Deberle se prend d'amitié pour la jeune veuve et sa fille Jeanne, de condition fragile.
Le récit s'étend sur de longs après-midis passés dans la jardin des Deberle à contempler une nature foisonnante mais maîtrisée au coeur de Paris. La capitale n'est pas en reste, elle occupe une place centrale dans le roman et est le témoin de l'émoi d'Hélène, et de la maladie de Jeanne. Paris  s'etend à leurs pieds sans qu'elles ne s'y rendent, elles contemplent les monuments depuis la fenêtre de leur appartement. Les personnages apparaissent dans l'arbre généalogique des Rougon-Macquart mais n'y sont pas directement reliés, on évoque bien la naissance d'Hélène à Marseille,son arrivée à Paris mais ce n'est pas développé comme dans les autres romans de la "série", en ce sens, le roman peut lui aussi être considéré comme une page dans l'histoire de la famille Rougon-Macquart. Ce n'est sans doute pas le roman de Zola qui me marquera le plus, mais j'ai aimé le lire, comme une parenthèse entre Gervaise et Nana ...

Challenge-classique-3

(classique de Juillet)

challenge petit bac

(OBJET: PAGE)

19 juin 2014

Wilkie Collins, La dame en blanc

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Quatrième de couverture:

"Dans la fournaise de l été, en ce milieu du XIXe siècle, William Hartright, jeune professeur de dessin émérite, s apprête à quitter Londres pour enseigner l aquarelle à deux jeunes filles de l aristocratie, dans le Cumberland. 
Il laisse derrière lui la vie trépidante de la ville et ses étranges incidents, comme cette rencontre en pleine nuit avec une jeune femme terrorisée, toute de blanc vêtue, semblant fuir un invisible danger... 
Mais la campagne anglaise, malgré ses charmes bucoliques, n apaise pas le jeune William autant qu il le souhaiterait. La demeure de Limmeridge recèle en effet de bien lourds secrets, et lorsque resurgit la mystérieuse dame en blanc, il est bien difficile d affirmer qu il ne s agit pas d un présage funeste..."

Voilà une lecture comme je les aimes: l'époque, une amitié sincère, de grandes demeures, un mariage arrangé, des intrigues et secrets sur les personnages, les bonnes manières de l'époque, des lettres, des voitures (tirées par des chevaux hein), un soupçon de Londres et la recette est complète!

Wilkie Collins nous offre une histoire bien ficelée avec des personnages aux personnalités marquées et variées. Ma préférence va bien sûr au narrateur principal, le jeune professeur William Hartright et à Marian Halcombe qui n'est d'abord pas décrire sous un jour favorable mais à laquelle je me suis vite attachée. Les autres personnages aussi sont intéressants mais ce sont ces deux là qui sont un peu sortis du lot. Comme souvent dans ce genre de roman tout repose sur la réputation et l'argent et la jeune Laura Fairlie en fera les frais. 

L'auteur donne du rythme à son histoire grâce à des narrateurs multiples qui viennent chacun apporter par leur témoignage un éclaircissement à l'intrigue de William Hartright tente de déméler. Le lecteur tente lui aussi d'imbriquer les différentes pièces du puzzle pour trouver une issue cohérente. Si le noeud de l'intrigue est facilement trouvable, le dénouement de l'histoire n'en est pas moins surprenant. 

Les personnages malveillants sont tout aussi bien croqué que les autres, Mr Fairlie est agaçant à souhait,  le côté manipulateur de Percival est vite estompé par sa rudesse et son impulsivité, le Comte Fosco, soutenu aveuglément par sa femme est l'apogée du beau parleur diabolique! Les personnages secondaires ne sont pas en reste, les "petites" gens tiennent une place honorable est ont un rôle à jouer dans l'avencement de l'enquête. Le petit plus de cette enquête étant qu'elle n'est pas mené par un quelconque inspecteur mais par l'un des personnages.

Ce roman de Wilkie Collins est un témoin fidèle de l'époque victorienne et n'a finalement rien à envier à ceux de son confrère Charles Dickens. Je ne regrette qu'une chose, avoir attendu si longtemps pour sortir La dame en blanc de ma bibliothèque!

mois anglais

 

(Lecture commune autour de Wilkie Collins,Lilas a lu L'Hôtel hanté, Cryssilda a regardé l'adaptation BBC de La pierre de lune.)

Challenge-classique-3

 

(classique de Juin 1/2 )

challenge-pal été

 

(2/10)

objectif pal

 

(24/78)

28 avril 2014

Jules Verne, Voyage au centre de la terre

voyage au centre de la terre

Quatrième de couverture:

"Dans le cabinet encombré de l'excentrique professeur Lidenbrock, un parchemin couvert d'étranges caractères s'échappe d'un vieux manuscrit, œuvre d'un alchimiste islandais du Xvie siècle.
Le savant déchiffre alors un curieux message : une invitation à se rendre au centre de la terre ! Un mois plus tard, avec son neveu Axel et un guide islandais, Lidenbrock s'engouffre dans les entrailles de notre planète..."

C'est avec plaisir que je me suis plongée pour la première fois dans un roman de Jules Verne! C'était encore plus sympathique de le faire avec cette édition destinée à la jeunesse et dotée de quelques illustrations. Je n'aime pas vraiment la science-fiction donc j'appréhendais un peu cette lecture mais c'était sans compter sur le talent de Jules Verne pour nous raconter cette histoire improbable d'un vieux professeur qui s'est mis en tête d'aller au centre de la terre. Ce n'est pas sans préparation que le professeur Lidenbrock se lance dans l'aventure, mais tout de même le centre de la terre!

L'histoire nous est contée par le neveu du scientifique, sceptique quant à la réussite de son oncle mais qui n'ose l'abandonner dans ce périple, parfois au risque d'y laisser sa vie.

Les personnages sont dépeints avec beaucoup d'humour, le jeune Axel porte un regard très critique sur son oncle mais jamais empreint de méchanceté. Il transmet toute l'admiration qu'il a pour son seul parent, bien qu'il ne partage pas toutes ses ambitions, lui serait bien rester auprès de sa belle... Jules Verne nous parle également avec brio de l'Islande, telle qu'elle devait être à l'époque mais également telle qu'on se l'imagine, avec ses habitants taciturnes mais serviables, comme le pays, une terre un rbin hostile mais qui a beaucoup à offrir.

L'histoire en elle-même est plaisante, les personnages sont confrontés à de nombreux obstacles mais sous la tutelle du professeur ne renonce pas à leur projet d'arriver au centre de la terre. Il manque tout de même un peu de femme dans ce roman mais ce n'est pas grave, les liens qui unissent nos personnages suffisent et les différentes mésaventures nous tiennent en haleine tout au long du récit. Je relirai donc avec plaisir l'auteur, pourquoi pas dans cette édition.

 

objectif pal

 

(18/78)

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                                                                                                 ( 10e session: Violet)

Challenge-classique-3

Avril

challenge petit bac

( MATIERE: TERRE)

edit: il semblerait que mes images ne veulent pas s'afficher, j'essaie de comprendre pourquoi ...