03 septembre 2018

Tracy Chevalier, La dernière fugitive

la dernière fugitive

Quatrième de couverture: "1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s’embarque pour les États-Unis avec sa sœur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. À l’éprouvante traversée s’ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu’à Faithwell, une petite bourgade de l’Ohio. C'est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire. "

Voilà bien longtemps que j'avais repéré ce titre de Tracy Chevalier, j'ai profité de l'été pour lire les livres qu'on m'avait prêtés et je n'ai pas été déçu. Comme souvent je me dis mais pourquoi ai-je donc attendu si longtemps avant de le lire? 

On est plongé ici dans une amérique encore naissante, qui commence à s'organiser et à refuser l'esclavage, en tout cas pour certaines bourgades du nord du pays. Honor, fraîchement arrivée d'Angleterre s'installe dans l'Ohio au seins de la communauté quaker dont elle fait partie. Elle ne tardera pas à trouver un mari et à vivre avec sa famille dont elle ne tolère pas qu'il n'aide pas les esclaves en fuite. Leur ferme se trouve sur ce qu'on appelle le "chemin de fer clandestin" qui permet aux esclaves du sud de fuir dans le nord afin d'y vivre libres. La fuite est rendue encore plus difficile par les chasseurs d'esclave, prêts à tout pour les rendre à leurs propriétaires. 

J'ai beaucoup apprécié ce roman et l'histoire qu'il nous raconte, celle d'Honor au premier plan, la vie d'une jeune quaker en Amérique, celle du chemin de fer clandestin, et puis celle d'un pays encore en formation. Honor est une jeune femme déterminée, à qui la vie n'a pas vraiment fait de cadeau mais elle ne se laisse pas abattre et compte bien mener la vie qu'elle veut selon ses principes, même si cela implique qu'elle soit banie de sa communauté. L'histoire des quakers est également très intéressante et m'a appris pas mal de choses à leur sujet.

J'ai lu plusieurs romans de Tracy Chevalier et c'est de loin mon préféré! 

 

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(Le mois américain chez Titine)

 

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17 mars 2014

Tracy Chevalier, Le récital des Anges

Le récital des anges

Quatrième de couverture:

"Londres, janvier 1901 : la reine Victoria vient de mourir. Comme la coutume l'impose, les familles se rendent au cimetière. Leurs tombes étaient mitoyennes, les Waterhouse et les Coleman font connaissance et leurs petites filles se lient immédiatement d'amitié. Pourtant, les familles n'ont pas grand chose en commun. L'une incarne les valeurs traditionnelles de l'ère victorienne et l'autre aspire à plus de liberté. Dans le cimetière, véritable cœur du roman, Lavinia et Maude se retrouvent souvent et partagent leurs jeux et leurs secrets avec Simon, le fils du fossoyeur, au grand dam de leurs parents. Lavinia est élevée dans le respect des principes alors que Maude est livrée à elle-même : sa mère, Kitty Coleman, vit dans ses propres chimères. Ni la lecture, ni le jardinage, ni même une liaison ne suffisent à lui donner goût à la vie. Jusqu'au jour où elle découvre la cause des suffragettes. La vie des deux familles en sera bouleversée à jamais."

Mmon avis sur ce roman est assez mitigé. J'ai apprécié certains aspects du roman mais d'autres m'ont profondément agacée, à commencer par les personnages. Je les ai presque tous trouvé antipathique, je crois qu'il n'y a que Simon, le fils du fossoyeur, qui m'ait plu et la petite Ivy May. Lavinia et Maude sont fatigantes, chacune à leur manière, et leurs mères n'en parlons pas!! Je crois que c'est ce qui m'a refroidie pendant ma lecture!

J'ai néanmoins apprécié l'alternance dans les points de vue, d'ailleurs heureusement parce que je n'aurais pas supporté une seule narratrice tout au long du roman!! Par le prisme des visites familiales au cimetière, Tracy Chevalier nous donne un aperçu d'une Angleterre en mutation après la mort de la Reine Victoria. Un parallèle est établie entre la poigne de fer avec laquelle cette monarque tenait son pays, et le laisser aller qui suit son décès, notamment en ce qui concerne les moeurs. Le couple Coleman semble un peu volage, même si le récit nous montrera une toute autre réalité. Ce roman est avant tout un roman de femme, sur le statut des femmes. L'engagement de Kitty auprès des suffragettes évoquent le droit de vote certes, mais aussi la représentation de la femme dans la famille, sa place, son rôle. En cela les deux familles sont foncièrement différentes, les mères mais aussi les filles. Maude, à l'image de sa mère ambitionne de faire des études, contrairement à Lavinia qui à l'instar de sa mère souhaite un bon mariage. Elles représentent donc chacune l'avenir des femmes, et le conservatisme de l'époque. Leur vision de la place de la femme, mais aussi de l'attachement à la famille et à ses morts marquent cette vision qui les oppose. De ce point de vue c'est un roman intéressant et riche en information sur les revendications des suffragettes. 

La fin est assez surprenante même si elle est bien préparée et quelque peu inévitable. Je pense même que Tracy Chevalier aurait pu se passer de l'ultime chapitre, le livre n'en aurait été que plus fort.

C'est donc malgré tout une belle déocuverte même si certains passages m'ont ennuyée.

objectif pal

(13/78)

lire sous la contrainte

(GN + GN: 5/5)

Posté par Cinnamonchocolat à 19:13 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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