02 mai 2016

Emile Zola, La joie de vivre

la joie de vivre

Quatrième de couverture:

"Près d'Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d'abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l'enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l'oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l'héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.

En 1884, lorsqu'il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c'est pour une part ironiquement que Zola l'intitule La Joie de vivre. Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c'est l'émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c'est un roman psychologique que l'écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice."

Comme je l'ai lu sur les blogs qui parlaient de La Joie de Vivre, dans ce douzième volume des Rougon-Macquart il n'y a de joie de vivre que dans le titre. En effet l'histoire de Pauline est assez sombre, et peu d'espoir de s'en sortir lui ai laissé, même si je dois avouer que sa bonté, son dévouement et sa naïveté m'ont parfois agacée, comme si elle tendait son propre bâton pour se faire battre! L'enfance de Pauline avec son cousin semble douce, joyeuse et est pleine de grand air, mais à partir du moment où la famille commence à manger son héritage c'est une lente descente dans la maladie, la décrépitude et la culpabilité. Pourtant on n'arrive pas vraiment à la plaindre Pauline. 

J'ai globalement apprécié cette lecture, même si l'auteur a choisi de quitter Paris pour le bord de mer en Normandie, même si finalement je n'ai apprécié aucun des personnages. Chacun à sa façon est antipathique, en tête bien sûr Lazare, et sa mère Madame Chanteau, c'est d'ailleurs ces deux-là qui feront la ruine de Pauline, et de la famille. Chanteau (père) on le plaint, il passe tout le récit assis dans son fauteil, les membres déformés par la goutte, la bonne aussi est à plaindre et que dire des habitants de la bourgade? Tous ont l'air alcoolisés et miséreux. Pauline, quand elle ne donne pas sa chemise pour son cousin, c'est pour ceux-là qu'elle se ruine... Et que dire de la scène d'accouchement que j'ai lu trois soirs de suite, tant elle était longue!! Encore plus efficace qu'un contraceptif!

Bon on ne dirait pas comme ça mais j'ai aimé quand même, ce n'est plus à prouver, Zola est un maître dans la manière de décrire la pauvreté, le temps qui stagne, la culpabilité, la méchanceté et cette complaisance dans la misère... Je vais laisser un peu de temps avant d'entamer Germinal, doux souvenir de l'adolescence, pour mieux le savourer cet été sans doute...

Posté par Cinnamonchocolat à 14:42 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,


21 novembre 2014

Emile Zola, Nana (relecture)

nana

Quatrième de couverture:

"Nana est une oeuvre maîtresse d'Emile Zola. Courtisane à la beauté provocante, Nana ruine tous ceux qui la désirent. Elle incarne les faiblesses d'une société corrompue, assoiffée de jouissance qui va basculer dans le drame de la guerre. Cette peinture audacieuse et acide de la débauche valut a Zola d'être accusé d'obscénité, mais confirma son talent de romancier, et sa puissance d'évocation."

J'ai lu Nana il y a quelques années, je l'avais moyennement apprécié, du coup j'hésitais à la relire, mais puisque j'ai entrepris de lire tous les Rougon-Macquart dans l'ordre, autant faire les choses correctement! Pas si correctement que ça parce que j'ai lu ce livre pendant mes vacances au Portugal, sans prendre de notes et qu'il m'est maintenant difficile de rassembler mes souvenirs pour écrire un billet digne de ce nom!

J'ai eu peur avec les tous premiers chapitres, je me suis ennuyée, cette multitude de personnages, de gens, les coulisses du théâtre etc, ne m'ont pas du tout intéressée! Puis Nana s'établit une réputation, les hommes gravitent autour d'elle, elle fait plier les plus grands, les plus droits, et je me suis prise à ces mondanités, à cette haute société faite de bassesses et de dissimulation. Nana orchestre tout ça pour sa propre gloire, son confort matériel et sa renommée, alors que finalement elle n'est qu'une prostituée de basse extraction, qui grâce à l'appui de certains a su se faire un nom. Elle est loin en effet la jeune Nana fille de blanchisseuse du quartier de la Goutte d'Or. Elle se joue des hommes, se sert de ses amis. 

Cela n'est pas étonnant que Zola fût accusé d'obscénité avec ce roman, si pour nous, lecteurs du 21e sicèle les scène d'amour ne sont pas chocante, pour l'époque, avec tous ces hommes mariés, mais aussi la tromperie, le langage cru, le mélange des classes sociales, les quelques références à l'homosexualité ont d^en choquer plus d'un! Les scènes d'opulences, qui mettent en avant le corps de Nana mais aussi l'attraction qu'elle suscite sont nombreuses, elles culminent avec la scène de l'hippodrome, qui annonce la chute de certains de ses amants et la sienne toute proche.

Je ne regrette pas cette reclture, j'ai mieux apprécié le texte de Zola, là où la première fois je n'avais vu qu'une vulgaire prostituée prête à tout pour arriver à ses fins, cette fois j'ai aimé toutes ces ficelles, tous les stratagèmes mis en place pour faire succomber les uns et les autres, mais aussi la symbolique autour du personnage de Nana, cette femme qui mange tout sur son passage, ainsi que la critique ouverte de la bourgeoisie, corrompue et vicieuse. 

Challenge-classique-3

(classique de Novembre)

 

Posté par Cinnamonchocolat à 21:45 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 septembre 2013

Emile Zola, Son excellence Eugène Rougon


son_excellence_eug_ne_rougonQuatrième de couverture:

"En 1856, Eugène Rougon, un ancien avocat qui a contribué à faire l'Empire et que l'Empire a fait, se sentant proche de sa disgrâce, préfère démissionner de la présidence du Conseil d'Etat. Mais ses amis ont besoin de lui, et sa chute les embarrasse. Ils s'inquiètent de le voir tromper son ennui par un projet de défrichement des Landes qui le conduirait à une sorte d'exil, et parmi tous ceux qui travaillent à son retour en grâce la plus active est la troublante Clorinde qu'il a refusé d'épouser."

J'ai peiné avec cette lecture, c'est donc une première déception avec les Rougon-Macquart. On retrouve pourtant bien la touche de Zola, la minutie, les personnages bien croqués et multiples, des intrigues, de la critique des gouvernements de l'époque mais justement, ce roman est beaucoup trop politique à mon goût. Je n'ai pas tout compris et le snombreuses notes de bas de page m'ont un peu perdue. C'est dommage. J'ai pourtant aimé les scènes de dîner mondains et la relation cahotique entre Clorinde et Rougon. Je n'ai cependant apprécié aucun personnage. Celui de Clorinde m'a souvent interpelée mais je l'ai trouvée beaucoup trop manipulatrice pour m'y attacher. Quant à Rougon et sa soif de poiveur, je l'ai trouvé antipathique et inintéressant.

Le roman aurait aussi pu s'appeler Clorinde car elle y tient quasiment si ce n'est plus de place que Rougon. Une chose est sûre c'est que la politique qui est montrée dans ce roman est celle des passe-droits et pots de vin où tout est bon pour favoriser ses amis et relations. Mallheureusement si vous tombez en disgrâce, ce sont ces amis-là qui vous tournent le dos les premiers...

 

Logo_challenge_bookineurs_en_couleurs

(1/1 blanc)

Posté par Cinnamonchocolat à 20:55 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

17 septembre 2011

Emile Zola, Le ventre de Paris

le_ventre_de_parisQuatrième de couverture :

"C'est dans les Halles centrales de Paris récemment construites par Baltard que Zola situe son troisième épisode des Rougon-Macquart. Après "la course aux millions" décrite dans La Curée, ce sera la fête brenghelienne du Ventre de Paris, ses amoncellements de victualiies, ses flamboiements de couleurs, ses odeurs puissantes.
Florent, arrêté par erreur lors du coup d'Etat du 2 décembre 1851, s'est évadé du bagne de Cayenne. Il retrouve à Paris son demi-frère qui, marié à la belle Lisa Macquart, fait prospérer l'opulente charcuterie Quenu-Gradelle. Mais la place de Florent est-elle à leurs côtés ? A-t-il renoncé à ses rêves de justice ? Car si l'Empire a su procurer au "ventre boutiquiers", au ventre de l'honnête moyenne… le consentement large et solide de la bête broyant le foin au râtelier, il n'a guère contenté les affamés. Et la grande kermesse flamande va réveiller bientôt l'éternel affrontement des Maigres et des Gras."
Encore plus que dans les livres de Zola que j'ai lu précédemment on trouve beaucoup plus de description que d'action. Et c'est un régal pour les yeux et les sens de manière générale..
Florent s'est échappé du bagne de Cayenne et revient à Paris cinq ou six ans après sont arrestation. Il y avait été envoyé suite aux évènements de1851 dont il était question dans La fortune des Rougon. On retrouve également Lisa, la fille d'un des frères Macquart. Florent se fait héberger par son frère Quenu et sa belle-soeur, Lisa. Les Quenu tiennent une charcuterie face aux Halles.
Les Halles occupent une place prépondérante dans le livre. Zola nous conte l'abondance des étales sans en oublier un seul, les fruits, les légumes, les viandes, volailles, tripailles, poissons, beurres, fromages,céréales, fleurs ... Chaque produit a son instant de gloire et y est mis à un moment ou un autre à l'honneur, en fonction des évènements.
Ici encore, ce sont les femmes qui mènent le jeu, c'est d'ailleurs l'opposition fareouche entre la charcutière et la poissonnière qui est au coeur de l'action (si tant est qu'il y en ait une). Le fait qu'il n'y ait pas d'action n'est pas une critique au contraire. Pour un autre auteur peut-être mais pas pour Zola. Il dépeint tellement bien les décores qu'on a l'impression d'être dans un tableau de l'époque, un tableau visuel, mais aussi odorant et sonore!
Nous retoruvons également les figures de personnages innocents et un peu simple d'esprit: Marjolin, et, l'amitié entre deux enfants: Muche et Pauline ainsi que la vielle commère: Mme Saget.
Tous les ingrédients qui font la particularité de la plume de Zola sont là, et on ne s'y ennuit toujours pas!

Posté par Cinnamonchocolat à 09:53 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 mai 2011

Emile Zola, La Curée

 

la_cur_eQuatrième de couverture

« La curée désigne en vénerie la part de la dépouille animale que l'on réserve aux chiens après le trépas de la bête. C'est ici, dans ce deuxième tome des Rougon-Macquart, la ruée servile vers les richesses du Second Empire dont chacun veut sa part, dans une succession d'images saisissantes : une clique d'aventuriers attablés à la France et distribuant les miettes, Paris souillée, éventrée et bientôt vautrée, complice de sa fête, " l'orgie des appétits et des ambitions ", la satiété et l'inassouvissement, la double fièvre de l'or et de la chair. »

(ce résumé vient d’une édition plus récente du Livre de Poche que la mienne)

 

Le livre s’ouvre sur des mondanités et  nous donne un aperçu du beau monde qui se promène en voiture dans Paris. Ce premier chapitre est consacré à deux personnages : Maxime et sa belle mère, mais qui sont-ils ? au début il est difficile de le dire, j’avoue que j’étais assez perdue n’ayant pas de résumé, ni l’arbre généalogique des Rougon-Macquart à portée de main !

On obtient les explications un peu plus tard, Aristide Saccard n’est autre qu’Aristide Rougon qui a fait changer son nom, fils de Pierre Rougon et frère donc de Sidonie et Eugène Rougon ! Aristide est donc arrivé à Paris avec son épouse qui mourra peu de temps après, il épouse une seconde femme : Renée, et fait revenir son fils laissé en pensionnat à Plassans.

Ce second volet met l’accent sur l’avidité des personnages, celle d’Aristide d’abord avec son besoin de gagner toujours plus d’argent, ses spéculations sur les grandes constructions de Paris, l’impression qu’il laisse de tirer toutes les ficelles de l’administration. Avidité que l’on retrouve chez Renée, très dépensière contrairement à son mari qui lui ne fait que spéculer, et vendre pour gagner plus d’argent. L’avidité chez Renée se manifeste par le biais de ses toilettes, toutes plus exubérantes les unes que les autres, ses bijoux, la décoration de son intérieur mais aussi la passion dont elle dispense son amant. Chez Maxime, le fils l’avidité est plus subtile, il semble plus malin que les deux autres, il prend ce qu’on lui donne, devient le favori des dames du monde, l’ami, le confident mais au final il reste lui aussi dominé par ce besoin d’argent … Le titre est donc parfaitement choisi et les personnages secondaires ne sont pas en reste.

Comme pour chacun des livres faisant partie des Rougon-Macquart, Zola ancre ses personnages dans un contexte historique qui donne sa couleur à chacun des romans. Ici nous sommes toujours sous le  Second Empire et c’est la transformation de Paris dont nous sommes les témoins : la démolition, les grands boulevards et les grandes constructions. J’avoue avoir été un peu perdue dans les explications concernant les expropriations !!

Ce tome m’a moins plu que le premier mais j’ai quand même admiré les nombreuses description des toilettes, des intérieurs, des rues et des manigances des uns et des autres.

La suite au prochain épisode ;)

Posté par Cinnamonchocolat à 08:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

28 janvier 2011

Emile Zola, La Fortune des Rougon (1/20)

la_fortune_des_rougonPrésentation de l'éditeur

 

  "Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'État d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s'installe le régime impérial que l'écrivain pourfend, c'est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l'argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime. " Votre comédie est tragique ", écrit Hugo juste après avoir lu le livre : " Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes."

Je n'ai pas lu La Fortune des Rougon dans cette édition mais dans une ancienne édition reliée en cuir rigide avec une préface intéressante d'Henri Guillemin, préface à lire plutôt après le livre parce qu'elle dévoile quelques fils conducteurs de l'histoire, c'est dommage, et aussi quelques illustrations originales. Puisqu'il s'agit du premier volume des vingts qui composent Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, Zola le préface pour expliquer sa démarche. J'ai trouvé cette courte préface intéressante, Zola nous explique la manière dont il a crée sa famille.
La fortune des Rougon pose les fondations de la famille Rougon et de la branche Maquart. J'ai pris quelques notes pour repérer qui était qui par rapport à qui et l'arbre généalogique en annexe m'y a bien aidé! Que ce soit l'une ou l'autre branche, leur portrait n'est pas des plus reluisants. Chacun apparaît sans scrupule et prêt à tout pour réussir: "La Révolution de 1848 trouva donc tous les Rougon sur le qui-vive exaspérés par leur mauvaise chance et disposés à violer la fortune, s'ils la rencontraient jamais au détour d'un sentier. C'était une famille de bandits à l'affût, prêts à détrousser les évènements".
Plus l'histoire avance, plus le fossé entre les Rougon et les Macquart se creuse. Pierre Rougon fait parti de la branche royaliste et conservatrice. Il critique la République lors de ces petites réunions hebdomadaires, et fomentent un plan avec ses amis bourgeois pour prendre le pouvoir à Plassans. Antoine Macquart est lui sans le sou et se place du côté des Républicains, même si au final c'est plus par opportunisme que pas réel conviction j'ai trouvé. Lui aussi, comme son demi-frère est au final prêt à toutes les bassesses pour faire fortune.
Le triomphe des Rougon est basé sur le mensonges, les duperies et le sang. Ca ne laisse présager rien de bon pour les volumes suivants, le décor est donné: personnages, repères spatio-temporels, grandes idéologies.
Zola, l'air de rien, donne un rôle prépondérant à la femme dans ce volume. Que ce soit la femme pernicieuse, qui tire toutes les ficelles dans le dos de tout le monde, Adélaïde, la femme forte et courageuse mais quelque peu limitée qui accepte son sort, Joséphine, ou la jeune fille fragile qui fait preuve d'un grand courage mais surtout d'une grande vertu, Miette. L'histoire, l'Histoire même, aurait été tout à fait différente sans leur présence. Pierre ne se serait jamais engagé politiquement, Antoine serait sans doute mort de faim, et Silvère n'aurait pas rejoint le rang des Républicains.
J'ai donc beaucoup apprécié cette lecture et ai hâte de découvrir la suite et ce qu'il adviendra à notre célèbre famille sans scrupule!

objectif_pal   abc_challenge

(3/56)                                   (2/26)