26 septembre 2018

Craig Shreve, Une nuit au Mississippi

une nuit au mississippi

Quatrième de couverture: "Dans le Mississippi du milieu des années 1960 où sévit encore une ségrégation à peine dissimulée, Graden Williams, jeune militant pour l'égalité des droits entre Noirs et Blancs, est brutalement assassiné. Au cours des décennies suivant la parodie de procès des meurtriers qui a débouché sur un non-lieu, son frère, Warren, coupe tous les ponts avec le reste de sa famille et erre d'un bout à l'autre des Etats-Unis, chargé du fardeau de la mort de Graden dont il se sent responsable. Lorsque, quarante ans plus tard, les autorités rouvrent l'enquête, Warren se voue entièrement à la traque des assassins de son frère afin qu'ils soient traduits en justice. Conduit par une série d'indices dans une petite ville du nord de l'Ontario, il y trouve Earl Olsen, le dernier des tueurs en fuite, et réduit enfin au silence les démons qui tant d'années durant l'ont hanté."

Pour faire écho au dernier film de Spike Lee, j'avais choisi de découvrir ce roman reçu grâce à la box Exploratology et je n'ai pas été déçue! Ce roman met en parrallèle deux époques, les années 1960, au temps de la ségrégation et les années 2000 et deux points de vue, celui de Warren, jeune homme noir dans les années 1960, dont le fère a été assassiné par des blancs parce qu'il était noir et Earl, jeune homme blanc ayant contribué à la mort du frère de Warren. Plus de quarante ans après, Warren veut retrouver les assassins de son frère. 

Le roman nous retrace la vie des deux frères dans le Mississippi raciste de l'époque, et la vie de ce jeune blanc pauvre à peine débarqué de New York, qui n'aura d'autres choix pour s'intégrer que de bénéficier de la protection de ce qu'on appellerait aujourd'hui les suprémacistes blancs. Les deux points de vue sont intéressants, la quête de Warren semble finalement sans fin, lui qui se sent coupable de la destinée tragique de son frère. Une belle découverte que la plume de Craig Shreve.

mois américain

(Le mois américain chez Titine)

Posté par Cinnamonchocolat à 09:36 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,


19 septembre 2018

Barbara Kingsolver, L'arbre aux haricots

l'arbre aux haricots

Quatrième de couverture:

"Taylor Greer n'a pas l'intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d'apprendre leurs tables de multiplication.
Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l'Ouest jusqu'à ce que sa voiture rende l'âme. 
C'est compter sans le désert de l'Oklahoma où, sur le parking d'un bar miteux, elle hérite d'un mystérieux balluchon : une petite Indienne. 
On est à Tucson dans l'Arizona ; Taylor a les yeux grands ouverts, de l'énergie à revendre et une bonne dose d'humour. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l'espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle. 
L'Arbre aux Haricots est une histoire de rire et de peine, un magnifique début pour une nouvelle romancière contemporaine. La suite des aventures de Turtle et de sa mère a été publiée sous le titre : Les Cochons au paradis"

Au départ ce n'était pas gagné, j'ai vraiment eu du mal au début, et puis peu à peu on se laisse prendre par l'écriture de Barbara Kinsolver, l'histoire de Taylor et de Lou Ann. Taylor est une jeune femme du Kentucky qui décide de fuir ce qui semble être sa destinée si elle y reste, avoir des enfants tôt et basta... Lou Ann vit en Arizona, avec son mari et leur nouveau né. Rien ne prédestinait ces deux jeunes femmes à se rencontrer, et finalement c'est ensemble qu'elles passeront d'une adolescence tardive à la maturité d'adultes. Ce roman est une belle phoptographie de l'Amérique un peu reculée et moins glamour que celle des grandes villes. Il dresse le portrait de jeunes gens qui se débattent pour mener une vie tranquille dans un pays surdimensionné. C'est également un roman sur l'amitié, la tolérance et la solidarité, sur la famille dont on hérite et celle que l'on se crée. Une très belle leçon de vie et de simplicité. 

mois américain

(Le mois américain chez Titine)

 

objectif pal

 

(Objectif PAL de septembre -2 - dans ma PAL depuis au moins 5 ans)// Objectif PAL 13/20

Posté par Cinnamonchocolat à 08:16 - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

09 septembre 2018

John Irving, A moi seul bien des personnages

a moi seul bien des personnages

Quatrième de couverture: "Adolescent ardent et confus, Billy rêve de devenir écrivain. Des béguins secrets pour son beau-père ou ses camarades de classe le bouleversent. Comment lutter contre ces " erreurs d'aiguillage amoureux " ? Il tait aussi son attirance pour Miss Frost, bibliothécaire aux seins juvéniles qui l'initie au plaisir et à la littérature. Quand Billy renoncera-t-il à l'art de la dissimulation ?"

Pour l'été, qui de mieux que le grand Irving pour complètement déconnecter? Alors avec Irving c'est toujours difficile d'entrer dans ses histoires, mais une fois qu'on y est on ne le lâche plus. Parfois on passe à côté, ça m'est déjà arrivé, mais ce ne fût pas le cas avec A moi seul bien des personnages que j'ai vraiment beaucoup aimé. A moi seul bien des personnages c'est le récit de la vie de Billy, ce jeune adolescent américain un peu mal dans sa peau, un peu gauche, qui tatonne dans sa sexualité, aime les femmes, et les hommes. A moi seul bien des personnages, comme son titre l'indique est aussi tous ces personnages aux caractères bien trempés qui gravitent autour de Billy, ces femmes autoritaires, ces grand-pères fantasques et une sexualité aux frontières perméables et floues que l'on retrouve dans la plupart des romans de l'auteur. A moi seul bien des personnages c'est aussi une photographie du Nord est américain figé dans le temps, de l'éducation et des professeurs qui marquent des adolescents en recherche de repères. Ce roman est très beau, parfois dérangeant, il bouscule un peu nos moeurs et nos points de repère mais il fait du bien. L'écriture d'Irving fait du bien, et A moi seul bien des personnages rentre dans mon top 3 Irvingien aux côtés de Garp et Twisted River! Quel regret de ne pas pouvoir aller voir l'auteur au Festival America cette année! 

 

america1

 

(Le mois américain chez Titine)

objectif pal

 

(Objectif PAL de septembre -1 - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 12/20

30 septembre 2017

Jim Fergus, La vengeance des mères

la vengeance

Quatrième de couverture:

"1875. Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie."

La vengeance des mères est la suite de Mille femmes blanches que j'ai lu il y a trois ou quatre ans. Cela avait d'ailleurs été un coup de coeur tant j'avais été transportée par cette histoire. Dans cette suite, on retrouve la tribu de Little Wolf mais tous les personnages ne sont pas présents et cette fois la narration se fait par le biais d'autres carnets, ceux des jumelles Kelly, déjà présente lors du premier échange, et ceux de Molly McGill, nouvelle recrue. L'écriture est assez inégale, en effet les jumelles sont d'origine très modeste et donc Jim Fergus l'a laissé transparaître dans leur manière d'écrire, mais les histoires sont tout aussi palpitantes. Nous sommes dans les grandes plaines, avec la tribu, toujours aux abois car l'armée entend bien les chasser/tuer. Les jeunes femmes blanches nouvellement arrivées doivent s'adapter, apprendre les codes et les règles de vie des indiens, mais aussi elles doivent apprendre à se battre elles-aussi. Les différents personnages sont intéressants, chacun ayant son caractère et son vécu. Il y a ici ou là des touches d'humour qui permettent de réduire la tension omniprésente du récit. S'il y a un bémol à émettre, c'est le procédé narratif du début du récit et de la fin, des carnets sont amenés à un homme, descendant de May Dodd par une jemme femme indienne, il se plonge alors dans la lecture qui nous est ainsi transmise. J'ai trouvé ça un peu trop artificiel. J'attends cependant la suite avec impatience.

 

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

 

(17/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -2-)

Posté par Cinnamonchocolat à 19:45 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , ,

10 septembre 2017

Garth Risk Hallberg, City on fire

City-on-fire

Quatrième de couverture:

"31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu'à l'autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie attend Samantha pour assister à un concert punk. À quelques encablures de là, dans Hell's Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d'invitation. Et s'il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette soeur que William, son amant, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l'occasion d'en apprendre plus sur lui, l'ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ? Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s'écroule dans la neige.

Qu'est-ce qui peut bien relier ces personnages à ce drame ? Alors que rien ne les prédestinait à se rencontrer, leurs histoires ne vont cesser de se croiser et de s'entremêler jusqu'au blackout du 13 juillet 1977. Une immense coupure de courant plonge alors New York dans le noir. Leurs vies en seront bouleversées à jamais..."

Ce livre c'est un peu mon roman du mois d'août ... 970 pages et des poussières, le poids d'un gros gigot qui m'aura valu quelques crampes aux poignets (non c'est pas vrai mais presque, il fallait que je le pose sur un coussin), il m'a accompagné à Lyon, en Provence, a prolongé son séjour sur mon canapé, pour être finalement vite terminé avant la rentrée! Bon tout ça on s'en fiche, qu'est ce que j'en ai pensé?

Et bien ... J'ai globalement beaucoup apprécié cette lecture. C'est un roman très riche, bien documenté et assez prenant, en même temps, quand on frôle les 1000 pages y a plutôt intérêt à ce que l'histoire soit faite de rebondissements et révélations si on ne veut pas perdre son lecteur!!

Sauf que pour pouvoir l'apprécier il faut quand même se farcir quelques chapitres un peu longuets et pas très palpitants, donc il faut faire preuve d'un peu de tenacité malgré tout! Heureusement des "interludes" viennent donner un nouveau souffle à l'écriture, ils sont composés de journaux, lettres et autres photos. D'ailleurs, la narration est elle-même assez vivante, bien qu'un peu dense. On fait des bonds en arrière pour mieux revenir au présent, les quelques mois qui ont suivi ce réveillon de 1976. On suit plusieurs personnages, tous intimement liés à l'intrigue principale, d'une manière plus ou mois explicite. Chaque chapitre vient dénouer l'intrigue, jusqu'au coup final... qui s'avère assez compliqué, fort de la machination d'une ou plusieurs personnes. Les manipulés sont manipulateurs et inversement. C'est assez déroutant et il faut parfois s'accrocher pour bien tout comprendre. Ce n'est d'ailleurs pas ce que j'ai préféré dans le roman.

Ce que j'ai préféré c'est New York, personnage à part entière, le New York de 1976, loin de celui que j'ai vu ce printemps donc, mais en même temps tellement semblable, en tout cas pour ce qui est de l'East Village. J'ai vraiment apprécié retrouver les divers endroits que j'ai pu voir de mes propres yeux, et je pense que si j'avais lu ce livre avant mon séjour je ne l'aurais pas autant apprécié. Chaque quartier a son ambiance bien particulière, et tout ça se mélange peu, ou en tout cas, les mélanges ne sont pas des plus heureux. 

Les personnages sont parfois caricaturaux mais sont finalement intéressants, surtout Regan, Mercer et Charlie. Pour les autres je suis un peu moins enthousiastes, ils m'ont agacée. C'est mon petit côté intolérante à l'auto-appitoiement. Je reconnais en avoir confondu certains d'ailleurs. Si vraiment je devais qualifier ce roman d'un seul adjectif ce serait nébuleux! Beaucoup de personnes, de lieux, de faits, d'histoires, de souvenirs, qui concourent tous en un même point. Je me rends compte que je ne dois pas tellement donner envie de le lire, mais si vous aimez les histoires longues, les secrets de famille et le New-York des années 1970 vous ne bouderez pas votre plaisir.

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

pave-2017-small

 

(challenge pavé de l'été chez Brize - 970 pages)

objectif pal

 

(16/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -1-)


29 septembre 2016

James Salter, Un bonheur parfait

un bonheur parfait

Quatrième de couverture:

"Viri pose les yeux sur sa femme, Nedra. Une mèche de cheveux lui balaie délicatement la nuque, elle s’affaire en cuisine dans sa jolie robe rouge. Leurs deux adorables petites filles dînent devant le feu de cheminée. Sont-ils réellement heureux ? Ils forment un couple envié de tous, elle si belle, lui si élégant. Leur bonheur semble parfait… Mais la perfection est-elle vraiment de ce monde ?"

Je termine le mois américain avec une lecture mi-figue mi-raisin. J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans cette lecture. Les chapitres sont un peu décousus, de nouveaux personnages apparaissent sans qu'on sache qui ils sont... James Salter dresse le portrait d'un couple qui selon toute vraisemblance est très heureux, et correspond à l'image que l'on se fait de la famille américaine parfaite. Elle est jolie, il est séducteur, ils ont une belle maison, un chien et deux jolies petites filles. Sauf qu'ils sont l'un et l'autre infidèles, semblent mener plusieurs vies. Des personnages apparaissent au grè des pages et des diners ou de courts séjours au grand air. Je ne me suis pas attachée aux personnages qui m'ont parus très superficiels et vaniteux. Je ne sais pas exactement à quelle époque est sensée se dérouler l'histoire mais je l'ai trouvée un peu hors du temps, cela aurait aussi bien pu être les années cinquante, les années quatre-vingts ou plus récemment. Même si l'atmosphère et l'aura qui émane des lieux, des personnages, et des conversations me fait deavantage pencher pour les années quatre-vingts. J'ai apprécié cette ambiance un peu feutrée de moquette, de cigarette et de glaçons qui tintent dans les verres, et c'est malhreusement la seule chose qui m'ai plue dans ce roman!

Ah et coïncidence l'un des personnages se prénomme comme l'un des personnages de Joyce Carol Oates dans Hudson River! D'ailleurs ces deux lectures m'ont laissé la même impression d'inachevé.

mois américain

 

chez Titine

objectif pal

 

(28/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

26 septembre 2016

Joyce Carol Oates, Hudson River

hudson river

Quatrième de couverture:

"A Salthill-on-Hudson, on cultive les orchidées et on roule en voiture de luxe. On est beau, on est riche et on vit comme suspendu hors du temps. Mais quand Adam Berendt, le sculpteur aimé de la commune, trouve la mort dans un accident de bateau, c'est tout ce petit monde idyllique qui est précipité dans le chaos. La disparition de cet homme charismatique délie les langues et déchaîne les passions. Une même question obsédante taraude la ville entière : qui était vraiment Adam Berendt ? Dès lors, un manège de personnages et de destins se met à tourner à folle allure, entraînant le lecteur au coeur des pensées les plus intimes des protagonistes. Bâti comme une enquête à plusieurs voix, ce roman, sous prétexte de reconstruire l'histoire d'un homme insaisissable, révèle les désirs et les fantasmes d'individus rongés par le désoeuvrement.Avec Hudson River, Joyce Carol Oates réussit une farce sociale brillamment composée, une comédie noire doublée d'une ronde sociale vertigineuse, une variation magistrale sur le thème de l'apparence et de la vérité."

J'ai laissé traîner l'écriture de ce billet parce que je ne sais pas vraiment quoi vous dire sur ce roman. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je ne peux pas totalement dire que je l'ai apprécié non plus. En fait, j'ai aimé certains aspects, mais j'ai du mal à avoir une vision globale du roman, et j'ai l'impression (mais peut-être ai-je tort) que c'est aussi la volonté de l'auteur. Je pensais que le récit tournait autour de la mort d'Adam Berendt, que ce serait un genre d'enquête autour de sa mort mystérieuse mais en fait pas du tout, sa mort n'est d'ailleurs pas mystérieuse, seul le personnage et son passé l'est. La mort d'Adam est plutôt le prétexte pour nous parler des gens qui l'ont connu, Marina la libraire, Camille et Lionel, Roger Cavanagh, Abigail, Augusta... Tous semblent perdus dans une vie qui ne leur ressemble pas, engoncé dans le qu'en dira-t-on de banlieue bourgeoise américaine. Chacun sera changé par la mort de leur ami et prendra des décisions irréversibles. Chacun s'interrogera sur qui était le véritable Adam Berendt et le lecteur peut mettre bout à bout les informations des uns et des autres, sans pour autant pouvoir mieux répondre à la question. J'ai vécu ce roman comme un puzzle où les pièces ne s'emboîtent pas pour former un tout. Bien sûr j'ai aimé cette critique acerbe de la bourgeoisie de banlieue, cette remise en question, un peu comme si le roman était une crise de la quarantaine à lui tout seul mais j'aurai aimé un peu plus de liant. Aussi ce n'était sans doute pas très malin de ma part d'enchaîner Oates après Kasischke...

mois américain

 

chez Titine

pavé

(Chez Brize , 665 pages)

objectif pal

 

(27/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 17:30 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 septembre 2016

The Americans

the americans

Aujourd'hui j'ai choisi de vous parler d'une série. Pourquoi celle-ci et pas les autres? Parce que je viens de terminer la saison 1, que j'ai beaucoup aimé, et qu'elle colle parfaitement au thème du mois!

Elizabeth et Philip Jennings forment LE couple idéal, deux enfants, une jolie maison dans un quartier résidentiel de Washington, agents de voyage et pour ne rien leur enlever... tout aussi séduisant l'un que l'autre. Sauf que... nous sommes dans les années 80, en pleine guerre froide et qu'ils sont espions pour le KGB. 

J'ai beaucoup aimé l'ambiance de la série, les années 80 mais aussi ce climat de suspicion et rivalité entre les Etats-Unis et la Russie. Le gouvernement américain n'apparaît aps comme le gentil contre les méchants russes, a contraire, la série montre la complexité de la période à travers les différentes missions qu'elles soient russes ou américaines. Les intrigues sont intéressantes et vraisemblables. Les acteurs jouent bien leurs rôles. Ils sont attachants. Le fait qu'ils soient un "faux couple" mais à la tête d'une "vraie famille" ajoute à la complexité de leurs relations.

Je ne connaissais pas du tout Keri Russell, l'actrice qui incarne Elizabeth mais je l'aime beaucoup, et ma cause était toute acquise à Matthew Rhys que j'ai adoré dans la série Brothers and Sisters

mois américain

chez Titine

Posté par Cinnamonchocolat à 18:14 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

15 septembre 2016

Jennifer Brown, Hate List

hate list

Quatrième de couverture:

"C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonnera ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses. Jusqu'au matin où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée."

En achetant ce livre je me suis un peu mélangée avec le titre La liste qui lui aussi se passe dans un lycée mais dont le sujet diffère un peu. Bon c'est sans mal, ce titre-là me tentait aussi, c'est un sujet intéressant de manière général, d'autant plus quand on est enseignant et qu'on aborde le sujet des armes à feu aux Etats-Unis. Certes c'est une fiction mais pourquoi pas en étudier un extrait en classe (on me dit dans l'oreillette que les cours au lycée c'est terminé, youhou!

C'est donc avec quelques attentes que j'ai entamé ma lecture, j'ai beaucoup apprécié les différents points de vue narratifs, tantôt celui de Valérie, tantôt des extraits de journaux sur le drame, des témoignages ou un narrateur omniscient sur les autres "acteurs" de la tragédie. Ce livre soulève quelques questions, celle de la responsabilité d'abord, des coupables, des victimes qui n'en étaient pas à priori, des personnels enseignants, du système éducatif aussi. 

Pourtant, l'histoire est malheureusement assez banal, le personnage de Valérie agaçant, et les réactions des autres élèves m'ont parues assez erronées. J'ai eu une impression de faux, de trop beau et trop lisse tout au long de ma lecture. Le seul personnage ayant eu grâce à mes yeux est sans doute le psy. Lecture assez mitigée en somme.

 

mois américain

chez Titine

Posté par Cinnamonchocolat à 07:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 septembre 2016

Laura Kasischke, La vie devant ses yeux

La-Vie-devant-ses-yeux

Quatrième de couverture:

"Diana vient d'atteindre la quarantaine.
Elle a apparemment tout pour être heureuse : un mari professeur de philosophie, une jolie petite fille et une belle maison. Elle est cette mère de famille américaine typique qui accompagne les sorties scolaires de sa fille, qui cuisine admirablement et enseigne le dessin à mi-temps. Pourtant le passé - et l'événement traumatisant qui en est au coeur - ne cesse de la hanter, par bouffées, et ces flashes sont autant de ruptures dans la narration du présent de Diana.
Par un effet d'éclatement chronologique, Laura Kasischke crée ainsi une sorte de science-fiction " domestique ", et nous livre une critique cruelle de l'Amérique petite-bourgeoise."

Comme à chaque fois que j'ouvre un roman de Kasischke, j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, c'est toujours un peu flou au début et il me faut un petit temps d'adaptation à sa manière d'écrire, et ensuite je suis happée, je veux savoir et je le lâche à peine. La vie devant ses yeux n'a pas dérogé à cette règle, si ce n'est que j'ai été frustrée tout au long de ma lecture à cause d'un spolier dans le résumé qui se trouve à la première page, ne le lisez pas, ça en révèle beaucoup trop!!! Ca révèle le twist final presque dans son intégralité et ça c'est clairement nul!!

Il n'empêche que l'auteur est douée pour décrire une époque, un milieu et l'errance des gens qui ne se reconnaissent plus dans ce qu'ils sont devenus. Qui aurait cru qu'un jour, l'adolescente frivole et superficielle soit devenu cette épouse et mère de famille parfaite? Diana s'interroge, perd pied... La narration qui alterne entre passé et présent donne un rythme soutenu au récit qui permet de ne pas s'ennuyer parce qu'il y a très peu d'action, il s'agit presque uniquement du cheminement de pensée de Diana. 

J'ai enchaîné avec un Joyce Carol Oates, deux auteurs donc que l'on compare très souvent, si je ne devais n'en retenir qu'une ce serait Kasischke, beaucoup ne seront pas d'accord mais je vous dirai pourquoi dans mon prochain billet :)

mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

(26/31)