15 décembre 2009

Jorge Amado, Cacao

cacaoPrésentation de l'éditeur

"Devant faire face à la ruine de sa famille après la mort de son père, le jeune Sergipano quitte sa ville natale. Direction le sud de l'État de Bahia, au Brésil, où il sera ouvrier dans les plantations de cacao... Ses rêves de richesse seront vite déçus: parmi les vieux paysans et les petits artisans, il connaîtra la détresse et l'injustice. Publié en 1933, ce roman de jeunesse du plus célèbre des écrivains brésiliens fait entendre avec force la voix des humbles en lutte pour un avenir meilleur."

Jorge Amado est l'un des auteurs brésiliens le plus lu dans le monde (dixit la courte biographie de l'édition Larousse). Il nous fait le récit, à travers Sergipano, de la vie des hommes "loués" dans les cacaoyères... un peu le même principe que les journaliers rencontrés chez Steinbeck. Ces hommes vivent pour travailler, et travaillent pour vivre, ou plutôt survivre. Ils semblent s'en accommoder, ils refuseraient de devenir patrons parce que considèreraient cela comme une trahison. Il est pourtant question de conscience et lutte des classes, on évoque rapidement l'idée de grève, et finalement la façon dont les patrons les "tiennent" : " Un jour ils abaissèrent les salaires à 3 milréis. Je pris la tête de la résistance. Nous ne retournerions pas aux plantations. [...] - Faut pas y penser... Il est arrivé trois cents et plus d'émigrants de la sécheresse, qui prennent le boulot pour n'importe quelle payer... et nous on meurt de faim.
- On est vaincu avant de commencer la lutte."
-Nous on vient au monde vaincus, conclut Valentin.
Nous baissâmes la tête. Et le lendemain nous retournâmes au travail pour 500 réis de moins."
Ce passage me rappelle les paies des journaliers dans Les raisins de la colère qui étaient toujours plus basses et pour lesquelles de plus en plus d'hommes affluaient pourtant. Mieux valaient être payés une misère que de ne pas travailler du tout.
On ressent ici toute l'injustice de ce système d'exploitation des plus pauvres par la classe moyenne et la classe dominante de l'époque, les grands propriétaires.

L'histoire n'est pas romancée, Jorge Amado n'a pas souhaité enjoliver ou dramatiser les choses, il les décrit simplement, et l'annonce à la fin du livre au travers du narrateur : "Ce livre est mal composé. Mais c'est qu'il n'a pas d'intrigue à proprement parler, et ces souvenirs de la vie des plantations, je les mets sur le papier à mesure qu'ils me viennent à l'esprit. J'ai lu quelques romans avant de commencer Cacao, et je vois bien que celui-ci n'a rien de commun avec eux. Tel qu'il est le voici. J'ai voulu seulement conter la vie de la plantation. Parfois j'ai eu des envies d'écrire un pamphlet ou un poème. Peut-être n'ai-je même pas réussi à faire un roman."

J'ai bien aimé cette histoire assez courte et sans fioriture et je ne sais qu'en dire de plus. Les faits sonts bruts, on n'a pas vraiment le temps de s'attacher aux personnages, on arrive tout de même à ne pas en aimer certains, comme Mano-la-peste ou Maria que j'ai trouvé insupportable, mais dont l'attitude au final colle bien à la représentation qu'ont ces hommes exploités de la bourgeoisie qui les exploite.

Un petit mot sur l'édition, Larousse, Petits contemprains destinée donc à un public scolaire, avec à la fin des questions pour mieux comprendre l'oeuvre, puis des "clés" sur les personnages, les thèmes abordés.
Je trouve que les questions peuvent plus qu'éclairer le lecteur, le perdre dans sa lecture. J'ai trouvé que certaines n'étaient pas forcément pertinentes, mais bon je ne suis sauf preuve du contraire pas prof de français ^^. Par contre j'ai trouvé les thèmes intéressants. Et les extraits de textes sur le thème du chocolat  ont bien évidemment été de mon goût. Il y'a d'ailleurs une courte bibliographie à la fin du livre sur les thèmes du cacao/chocolat, le Brésil ainsi que quelques auteurs Brésiliens. Pas mal fait donc!

Posté par Cinnamonchocolat à 18:24 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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