09 septembre 2018

John Irving, A moi seul bien des personnages

a moi seul bien des personnages

Quatrième de couverture: "Adolescent ardent et confus, Billy rêve de devenir écrivain. Des béguins secrets pour son beau-père ou ses camarades de classe le bouleversent. Comment lutter contre ces " erreurs d'aiguillage amoureux " ? Il tait aussi son attirance pour Miss Frost, bibliothécaire aux seins juvéniles qui l'initie au plaisir et à la littérature. Quand Billy renoncera-t-il à l'art de la dissimulation ?"

Pour l'été, qui de mieux que le grand Irving pour complètement déconnecter? Alors avec Irving c'est toujours difficile d'entrer dans ses histoires, mais une fois qu'on y est on ne le lâche plus. Parfois on passe à côté, ça m'est déjà arrivé, mais ce ne fût pas le cas avec A moi seul bien des personnages que j'ai vraiment beaucoup aimé. A moi seul bien des personnages c'est le récit de la vie de Billy, ce jeune adolescent américain un peu mal dans sa peau, un peu gauche, qui tatonne dans sa sexualité, aime les femmes, et les hommes. A moi seul bien des personnages, comme son titre l'indique est aussi tous ces personnages aux caractères bien trempés qui gravitent autour de Billy, ces femmes autoritaires, ces grand-pères fantasques et une sexualité aux frontières perméables et floues que l'on retrouve dans la plupart des romans de l'auteur. A moi seul bien des personnages c'est aussi une photographie du Nord est américain figé dans le temps, de l'éducation et des professeurs qui marquent des adolescents en recherche de repères. Ce roman est très beau, parfois dérangeant, il bouscule un peu nos moeurs et nos points de repère mais il fait du bien. L'écriture d'Irving fait du bien, et A moi seul bien des personnages rentre dans mon top 3 Irvingien aux côtés de Garp et Twisted River! Quel regret de ne pas pouvoir aller voir l'auteur au Festival America cette année! 

 

america1

 

(Le mois américain chez Titine)

objectif pal

 

(Objectif PAL de septembre -1 - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 12/20


05 décembre 2016

John Irving, Un mariage poids moyen

un mariage poids moyen

Quatrième de couverture:

"Séverin Winter, professeur d'allemand et entraîneur de lutte de l'équipe universitaire, n'est pas homme à prendre la vie à la légère.

Ses ébats amoureux, tout comme ses prouesses sportives, sont à ranger dans la catégorie poids lourd...

Ce qui n'est pas pour déplaire à Utch, la robuste Viennoise dont le mari - narrateur de surcroît - est littéralement conquis par Edith, l'épouse poids plume de Séverin."

C'est assez drôle parce que par certains aspects ce livre rapelle le roman de James Salter, Un bonheur parfait, que je n'avais pas aimé. Mais alors que je n'avais pas apprécié la plume de Salter, j'ai beaucoup apprécié celle d'Irving. Un Mariage poids moyen est un de ses premiers livres, et on y retrouve déjà ses thèmes de prédilection, les relations amoureuses atypiques, l'Autriche, les physiques un peu particulier, l'art. C'est un closer à la sauce Irvingienne, deux couples qui s'aiment à quatre si je puis dire, jusqu'à ce que leur équilibre se brise. Pas vraiment d'action dans ce roman mais des tranches de vie, et cette relation amicale/amoureuse. Certains passages m'ont moins intéressée, ceux sur la lutte, d'une parce que je ne suis pas une grande sportive, et de deux parce que la lutte n'est pas un sport que j'apprécierai en plus. J'ai beaucoup aimé les plongées dans le passé, et dans le Vienne d'après guerre. Je n'ai pas ressenti de sympathie pour les personnages masculins, le narrateur et le professeur de lutte, ce dernier m'a même très souvent agacée. J'ai eu un peu de peine pour les personnages féminins, Edith, l'épouse du lutteur et Utch celle du narrateur. Utch semble complètement instrumentalisée par les deux hommes, incapable de décision et de livre arbitre, j'ai trouvé ça dommage. J'ai toutefois passé un bon moment même si ce titre ne sera pas mon préféré de l'auteur, j'aime retrouver la plume d'Irving de temps à autre.

 

objectif pal

 

(33/31)

Objectif PAL de Décembre chez Antigone : 1  (dans ma PAL depuis mai 2015)

lire sous la contrainte

 

(titre qui commence par une voyelle)

09 septembre 2012

Lecture commune: John Irving, Une prière pour Owen

une_pri_re_pour_OwenQuatrième de couverture:

"Lorsque John Wheelwright évoque avec nostalgie le puzzle invraisemblable de sa jeunesse, un personnage en émerge : Owen, son ami dont la frêle enveloppe dissimulait une volonté de fer, une foi absolue ou la conviction profonde qu'il était l'instrument de Dieu.

Cet ange du Bizarre ne s'était-il pas assigné la double tâche de réparer le tort causé à John et de sauver le monde ?"

 


En retard... Je suis en retard ... En effet cette lecture commune avec Valérie et Mango était prévue pour le 6 mais je me suis laissée débordée par les évènements (déménagement + rentrée scolaire), du coup je suis une vilaine vilaine parce que je n'ai pas non plus pris de notes en lisant! Aïe Aïe. J'ai pourtant beaucoup apprécié cette lecture mais elle a traîné en longueur, et ça par contre je n'aime pas! Donc j'étais quand même au final, comme soulagée de l'avoir terminée!


 John Wheelwright nous raconte son amitié avec Owen Meany, personnage hors du commun. Sa différence est mise en avant tout au long du roman, autant par les proches d'Owen que par lui-même. J'ai été très touchée par cette amitié elle aussi quelque peu hors du commun et qui a su perduré malgré le temps, la distance, mais surtout les évènements plus ou moins tragiques survenus dans les vies de chacun. Quarante ans plus tard, John se souvient et nous raconte...

John Irving évoque des thèmes qui lui sont chers, l'enfance bien sûr, et le passage à l'âge adulte, la famille et la perte d'un parent, l'amitié ... mais aussi de manière plus vaste, le rapport à la religion et à Dieu, les Américains et dissimulé entre les lignes, l'homosexualité. Il n'y va pas de main morte avec les américains, que ce soit les simples citoyens ou les hommes politiques, mais surtout, puisque la méjorité du récit se situe dans les années soixante, inévitablement, la guerre du Vietnam. Critique acerbe du gouvernement Johnson et de l'engagement de l'armée américaine en Asie. Critique encore plus acerbe des soldats américains qui veulent aller à tout prix au "Nam" pour tuer du "Viet". Pour autant, les jeunes manifestants pacifistes ne sont pas en reste, l'engagement de la cousine Hester contre la guerre est souvent tourné en dérision par le narrateur. Présente en philigrane dans tout le livre, de par sa relaiton avec Owen, le personnage d'Hester ma beaucoup plu, moins centrale que les autres, elle est pourtant je crois, indispensable à l'évolution des deux personnages principaux et de leur amitié.

Souvent dans les romans dits d'apprentissage, c'est l'enfance des personnages qui me plaît le plus, mais ce ne fût pas le cas avec Une prière pour Owen. J'ai apprécié toutes les étapes de leurs vies, et je me suis souvent amusée, des situations vécues par les personnages, mais aussi et surtout de l'esprit d'Owen et John. Un esprit plutôt cynique, mais très réaliste et drôle!

Il y aurait tant à dire sur les uns et les autres, Dan Needham que j'oublie mais aussi Harriet, la grand-mère de John et certaines personnes qui ont fait des apparitions mais ont marqué les personnages. Ce titre rejoint donc pour moi Le monde selon Garp et Dernière nuit à Twisted River que j'ai beaucoup aimés, contrairement à l'Hôtel New Hampshire.

Mango est aussi enthousiaste que moi, quant à Valérie, elle a apprécié sa lecture mais ne la compte pas parmis ses préférées d'Irving.

 

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(1/1)

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(2/2 avec 699 pages ^^)

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(24/27)

 

"Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.3

" - Pourquoi boit-elle autant? demandai-je à Owen.

- Et ça veut dire quoi au juste? Doit-on s'attendre à une génération d'ivrognes?

-Nous aurons une génération qui refuse d'envisager l'avenir, et peut-être deux générations qui se foutent de tout."

15 octobre 2011

John Irving, Dernière nuit à Twisted River

derni_re_nuit___twisted_riverQuatrième de couverture:

"Au nord du Nord, au pays des bûcherons et des flotteurs de bois -les draveurs -, il était une fois un petit cuisinier boiteux et son fils de douze ans, gamin impressionnable à l’imagination peuplée d’ours indiscrets. Ils avaient pour garde du corps Ketchum, l’ogre anarchiste, ivrogne, rusé, noiseur, faux illettré à l’intelligence incisive.

A l’image de la Twisted River torrentielle, ce récit d’une vengeance impitoyable bourlingue son lecteur d’ethnies en états sur trois générations, rencontre explosive entre l’Orient et l’Occident, comédie de mœurs culinaires, tragédie des portes mal fermées entre la splendeur d’une nature meurtrière et la quiétude imprudente du foyer.

Un chien héroïque, une Mustang bleue fantôme, une ange atterrie dans la fange : le chef Irving nous réserve toutes les surprises de son art consommé dans un roman qui se dévore et se déguste jusqu’à la dernière page. Bombe glacée pour tout le monde au dessert !"

 

Comme Valérie (lien de son billet) j'ai eu envie de lire ce livre après l'interview de John Irving dans la grande librairire, je l'avais acheté peu de temps après mais pas pris tout de suite le temps de le lire. Le challenge un mot un titre de Calypso était donc l'occasion de le sortir puisqu'il s'agissait de lire un livre avec le mot nuit dedans.

J'appréhendais la lecture parce que je n'avais pas tellement aimé le dernier Irving que j'avais lu et au final j'ai a-do-ré! J'ai certes parfois trouvé certains passages soit un peu longs soit un peu flous, mais globalement j'ai beaucoup apprécié cette lecture, les histoires de chacun mais surtout les personnages!

L'histoire, ou plutôt les histoires sont découpées en six parties chacune centrée sur un lieu et une époque allant de 1954 à 2005. On traverse les années avec Dominic Baciagalupo et son fils Daniel ainsi que leur ami Ketchum. Daniel aura à son tour un fils Joe. Trois générations d'hommes seuls "délaissés" par leur compagne ou leur mère ... Les femmes sont d'ailleurs assez peu présentes dans le roman et quand elles le sont elles font figure d'homme de par leur stature comme Pam Pack de six ou Jane l'Indienne. L'une des exceptions allant à Rosie.

Ce livre est tellement riche qu'il m'est difficile d'en faire état. John Irving nous livre ici une belle histoire sur l'amour paternel et le travail de la mémoire. La mémoire de l'écrivain mais aussi la mémoire des hommes. Qu'elle mène à du positif ou à du négatif. C'est les souvenirs du passé qui lient Dominic, Daniel et Ketchum, le fait d'avoir une histoire commune, pour le meilleur et pour le pire. Dominic ne tiendra jamais rancoeur à son fils et vice versa.

Le symbolisme de l'ours est présent dans tout le livre, c'est souvent la mort d'un ours qui annonce un changement dans la vie des personnages, que cet ours soit réel ou imaginé, celui de la poêle, Jane l'indienne, ou l'ours tué par le chien de Ketchum. Chacun annonce un départ et un recommencement. En ce sens j'ai toruvé qu'il était beaucoup plus intéressant que les ours qui peuplaient L'hotel New Hampshire!!

Une place importante est également laissé à la cuisine puisque Dominic est cuisinier, pour les bûcherons de Twisted River puis dans divers restaurants ensuite. La cuisine dans le livre est fédératrice, elle permet aux gens de se rassembler et crée des liens entre les personnages. C'est autour de la cuisine que l'histoire prend aussi des tournants importants: la recontre avec Carmella, l'arrivée du "cow boy" dans le restaurant de Boston, les deux anciennes cuisinières de Twisted River qui se retrouvent autour d'une pizza de Dominic etc.

John Irving en profite également pour aborder le traitement de l'écrivain par les médias américains, le patriotisme, la politique après le 11 septembre, les élections de 2000 puis celles de 2004, l'économie du bois, la vie rurale ...

Autant de thème qui sont abordés avec brio par l'auteur, qu'on n'adhère ou pas à son point de vue cela reste agréable et divertissant à lire. En bref donc un coup de maître pour Mr Irving dont j'avais également adoré Le monde selon Garp.

L'avis de Flo et Mango.

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(22/26)

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J'en profite également pour m'inscrire au challenge de Valérie sur John Irving

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30 décembre 2010

Objectif PAL, le livre de Décembre: John Irving, l'Hôtel New Hampshire

L_hotel_New_HampshirePrésentation de l' éditeur :

"Ils auraient pu mener une vie tranquille. Mais comment vivre comme tout le monde quand on a Winslow Berry pour père? Quand on passe sa vie à courir d’hôtel en hôtel, de Vienne à New York, armé d’un ours et du petit Freud pour tout bagage ? Dans le regard de John, l’un des cinq enfants, les aventures de la famille Berry, prennent des airs de conte de fée loufoque…"

Je l'ai commencé mi novembre et l'ai abandonné au bout d'une cinquantaine de pages. Je n'arrivais pas à entrer dans l'histoire et les personnages m'étaient antipathiques.La préface était tirée par les cheveux et me laissaient déjà quelques craintes pour la suite! (en fait les préfaces ne devraient pas exister, il ne devrait y avoir que des postfaces!) Mais bon, je n'aime pas abandonner un livre (sauf pour les nouvelles de Poe!) donc il m'a accompagné pour mon périple en train en décembre.

Effectivement donc nous avons affaire à une famille complètement loufoque comme le laissait présager la préface! Tout au long de l'histoire je n'ai pas réussi à m'attacher véritablement aux personnages (c'est un critère pour moi d'appréciation du bouquin, c'est comme ça que voulez-vous) même si j'ai parfois ressenti un peu de sympathie pour certains (jamais d'empathie, ça augure de bonnes choses pour ma santé mentale je l'espère)

L'histoire est teintée de symbolismes, et de présages pour la famille Berry, famille américaine moyenne et un peu excentrique: un homme en smoking blanc, Freud (leur ami et le célèbre penseur) et trois figures sont récurrentes tout au long du livre et constitue un peu le leitmotiv de la famille: les ours, leur chien Sorrow (cf signification du nom) et bien sûr les Hôtels. Quatre hôtels dans l'histoire, trois seront les leurs mais ne seront jamais des hôtels au sens où on l'entend véritablement.

L'amour incestueux entre Franny et son frère, le narrateur est également un fil conducteur du livre. Il est d'abord sous-jacent dans la place qu'occupe le personnage de Franny et l'admiration que semble lui porter le narrateur dans son enfance et puis il devient de plus en plus clair, à Vienne d'abord puis de retour aux Etats-Unis. Ca m'a un peu dérangé que ce soit traité de cette amnière. Un peu comme si c'était normal et qu'il n'y avait rien de dérangeant ni de choquant là-dedans. Le thème du viol est d'ailleurs lui aussi souvent abordé au travers des personnages rencontrés. Il apparaît toujours comme quelque chose de non traité, qu'il faut enfouir et c'est "normal" pour l'époque mais Suzie l'ours, qui fait figure de marginale, ne va pas avoir peur elle de venir en aide aux femmes violées en ouvrant son local et en créant son association. Si elle semble apporter un soutien aux femmes violées rien n'est dit d'une quelconque condamnation de la justice américaine.

Et puis on retrouve évidemment le thème du rêve, bin oui on parle pas mal d'un certain Freud tout de même. J'ai l'impression que c'est un thème cher à Irving. Je me souviens l'avoir déjà remarqué dans Le monde selon Garp et dans son recueil de nouvelles Les rêves des autres. Je verrais si je le trouve également dans Une prière pour Owen qui m'attend dans ma PAL.

En bref, une légère déception par rapport au souvenir que j'avais de son écriture, et une lecture un peu longue.


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(17/26)                       (20/46)

Posté par Cinnamonchocolat à 17:54 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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