09 août 2018

Jean-Philippe Blondel, La mise à nu

la mise à nu

Quatrième de couverture: 

"Louis Claret est un professeur vieillissant qui habite en province. Séparé de sa femme depuis quelques années, ses filles vivant désormais des vies très différentes de ce qu’il avait imaginé, il se laisse bercer par le quotidien. C’est sans réfléchir et pour remplir une soirée bien vide qu’il se rend au vernissage d’une exposition de peintures d’Alexandre Laudin - un ancien élève, jadis très effacé mais devenu une célébrité dans le monde artistique. Il ne se figure pas un seul instant à quel point ces retrouvailles avec Laudin vont bouleverser sa vie.

 

La Mise à nu parle de ce qu’on laisse derrière soi, au bout du compte. Des enfants. Des amis. Des livres ou des tableaux...

Jean-Philippe Blondel, dans une veine très personnelle, évoque avec finesse ce moment délicat où l’on commence à dresser le bilan de son existence tout en s’évertuant à poursuivre son chemin, avec un sourire bravache."

 

Cet homme là sait me toucher, tous les romans de Jean-Philippe Blondel, qu'ils soient pour les adultes ou pour les ados ont touché une corde sensible chez moi, rarement la même, mais j'ai à chaque fois été émue. La mise à nu ne fait pas exception, forcément on est proche de mon univers puisque ce récit s'attarde sur un enseignant de ville de province qui va renouer avec un ancien élève de façon assez inattendue (alors oui je suis plus jeune, et je n'ai pas assez d'années d'enseignements derrière moi pour recroiser des élèves 30 ans après, 10 c'est déjà pas mal) mais il évoque des choses qui me parlent sur la relation à l'élève, et à l'élève qui "revient" après avoir quitté l'établissement. Mais ce roman ce n'est pas que ça. C'est aussi la renaissance d'un homme qui semblait s'être perdu dans la solitude et les habitudes. Les mots choisis sont justes, les sentiments sont vrais et c'est encore une belle tranche de vie réaliste que nous livre l'auteur. Un condensé d'humanité en quelques pages, une vie ordinaire mise en lumière à pas feutrés et avec tendresse. On sent beacuoup de bienveillance de l'auteur vis à vis de ses personnages, c'est souvent ce qui me bouleverse dans ses romans.  

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29 décembre 2017

Jean-Philippe Blondel, Au rebond

au rebond

Présentation de l'éditeur: "Un « vrai pote » – celui avec qui on partage la passion du basket et le même sentiment de n’être pas né au bon endroit –, on ne le laisse jamais tomber. Alors, quand il disparaît soudain, on est prêt à forcer le destin, à entrer – même par effraction –, dans sa maison, dans sa vie."

J'ai lu ce roman ado pratiquement d'une traite début décembre. Vous le savez peut-être déjà j'aime beaucoup Jean-Philippe Blondel et cette collection d'Actes Sud. Ce sont des livres destinés à un public adolescent et qui traitent généralement de problèmes de société rencontrés par des adolescents, et quand en plus ceux-ci sont racontés par Jean-Philippe Blondel et bien ça "matche" forcément.

Ici l'auteur met l'accent sur l'importance de l'amitié, la vraie, celle qui se développe dans les coups durs, celle qui montre qu'on a une béquille sur laquelle se reposer quand la vie est trop compliquée à porter tout seul. Les deux ados ne sont pas du genre à s'épencher sur leurs sentiments, comme à mon avis la plupart des garçons de cet âge.  Alex est là pour son ami Christian qui traverse une épreuve difficile et dont la mère n'est pas suffisamment forte pour les maintenir à flot tous les deux. Christian endosse le rôle de l'adulte, alors qu'à l'inverse dans le duo qu'Alex forme avec sa mère c'est cette dernière qui reprendra toute sa place de parent, avec une force qu'Alex ne soupçonnait même pas. Les deux ados se construisent, mais leurs mères évoluent aussi, et dans un équilibre qui est un peu bousculé, chacun arrivera à mieux communiquer avec l'autre.

J'ai apprécié cette lecture, mais ça ne sera pas mon préféré de l'auteur. J'ai trouvé parfois que c'était peut-être un peu trop simple ou un peu trop rapide par rapport à ce qui peut se passer dans la réalité. 

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19 février 2015

Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris

un hiver à paris

Quatrième de couverture:

"Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.
On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d'une remontée mais à quel prix ; l'attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l'amertume derrière la joie.
Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l'auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie - pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes."

 C'est toujours avec plaisir que je retrouve l'auteur, pour preuve, aussitôt acheté, aussitôt commencé ... et difficile entre temps de le lâcher. C'est toujours un peu en apnée que je me plonge dans les romans de Jean-Philippe Blondel. Je suis touchée par ses personnages, par ses histoires, par son écriture ... Je m'attends à chaque fois à avoir la gorge nouée, et il m'arrive même de verser une larme ... Un hiver à Paris n'a pas manqué de m'émouvoir. Je me suis reconnue dans le personnage de Victor, pourtant différent mais par certains côtés identifiable. Blondel ne nous parle pas de choses extraordinaires ou de personnages hors du commun, non il nous parle de vous et moi, de gens comme on en croise tous les jours. Quelle est la part ficitve, quelle est la part romancée, quelle est la part réelle, on ne le sait jamais vraiment, les trois aspects sont très souvent liés dans les oeuvres de l'auteur, et c'est peut-être pour cela que ça marche, en tout cas avec moi, parce qu'on part du réel, du vécu, d'uné émotion qui a réellement existé.

J'ai trouvé l'écriture très belle, c'est simple, les phrases sont relativement courtes, le narrateur va droit au but, il ne s'embête pas avec un style alambiqués, il est proche de son lecteur. Pour autant ça ne tombe à aucun moment dans la mièvrerie ou dans le simplisme. Est-ce que c'est dans la même veine que Et rester vivant? oui, en cela j'ai préféré ce dernier titre à 6h41 qui m'avait un peu moins convaincue. 

 

challenge petit bac

(Lieu: PARIS)

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09 juillet 2014

Jean-Philippe Blondel, G229

Quatrième de couverture:

« Je vous ai accordé une salle. Une salle, vous savez, ça n'a pas de prix. C'est la 229, bâtiment G. G229. Allez chercher la clé chez la concierge. Bon, je crois que cet entretien est terminé. Nous nous croiserons souvent désormais. Bienvenue ici. » Je remercie le proviseur, mais il ne m'écoute déjà plus. Un proviseur, ça a beaucoup de choses à penser. Un prof, non. Un prof, ça ne pense qu'à une chose, ses classes. Puis soudain, il est de nouveau là, présent. Il me fixe. Il dit : « Le plus dur, dans le métier, vous savez, c'est de manier le on et le je. » Je réponds que euh, je ne suis pas sûr de comprendre. « C'est une institution, l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, vous verrez. Le on et le je. Réfléchissez-y. Bonne chance ! »

Je trouve toujours plus difficile de parler des livres qui m'ont vraiment touchée, ce fût le cas de G229, comme les autres romans de Jean-Philippe Blondel que j'ai lus! Je crois que j'étais un peu nostalgique en cette fin d'année scolaire, et donc pour ma dernière semaine sans élève je me suis plongée dans le récit de l'auteur, également professeur d'anglais dans un lycée, G229 c'est le numéro de la salle qui lui a été attribuée. Je regrette de ne pas avoir noté l'extrait où il parle avec émotion de sa salle de classe, parce que c'est tout à fait juste et chaque début d'année quand je retrouve ma petite salle A25, c'est la même émotion et des souvenirs similaires qui me reviennent. Cette année a été particulière parce que j'ai vu partir les 3e qui sont arrivés en même temps que moi dans mon collège, dont certains que j'ai suivi ces quatre années justement, l'une d'elle me disait au moment d'aurevoirs un peu particuliers que "je l'avais vi grandir" ... c'est en effet le cas, j'ai donc voulu prolonger avec ce roman ces souvenirs liés à la classe mais aussi à notre métier d'enseignant, fait de petites choses et de grands évènements. C'est toujours avec beaucoup de simplicité et de justesse que l'auteur aborde ces petits moments qui donnent une saveur particulière à la vie de ses personnages, sauf qu'ici ce ne sont pas des personnages. On ne retrouve pas le ton habituel si propre à l'éducation, simplement un ressenti, qui je crois l'est par bon nombre d'enseignants, tous niveaux confondus. Bien des années après avoir débuté, Jean-Philippe Blondel a toujours la foi et l'envie. La foi en son métier et l'envie de continuer à croire en ces élèves. Cette foi est pourtant souvent mise à l'épreuve mais ce sont justement les petits rien dont il parle qui font toute l'envie de continuer... Donc encore une fois, je n'aurai qu'une chose à dire: Merci!

 

Bon excusez ce billet nullissime, je suis en mode vacances freestyle, pour preuve je n'arrive même pas à mettre une photo de la couverture sur mon billet! Le blog va tourner au ralenti mais je vais quand même essayer de parler de mes lectures au fur et à mesure!

 

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20 décembre 2013

Jean-Philippe Blondel, Double jeu

double jeu

Quatrième de couverture : 

"Changer. C'est ce qu'ils veulent tous. Il faut que j'arrête de poser des problèmes aux adultes. Que je cesse d'être dans leur ligne de vision, de mire, de tir. Que je bouge de là. C'est ce que je voudrais, oui. A l'intérieur, je bous. J'aimerais être loin. Loin, genre à l'autre bout du monde. Me réinventer une existence avec un début moins pourri". 
Quentin, nouveau dans son lycée, est enrôlé dans un cours de théâtre pour jouer dans la pièce de Tennessee Williams La Ménagerie de verre. Comme le personnage qu'il interprète, le garçon est tiraillé entre l'envie de tout plaquer pour voir le monde et celle de se battre. D'affronter, Les parents, Les profs, Les élèves, Les spectateurs, l'avenir."

Voilà encore un très beau livre de Jean-Philippe Blondel. Si j'aime beaucoup ses romans pour adultes, je suis encore plus touchée par ses romans pour adolescents. Ce roman là est construit à la manière d'une pièce de théâtre et nous parle d'une pièce de théâtre. C'est avec son personnage Quentin, que Jean-Philippe Blondel nous offre une belle mise en abîme de la pièce de théâtre de Tennessee Williams, La Ménagerie de verre. Quentin change de lycée, il quitte sont quartier pour le centre ville, les élèves ne sont pas issus du même milieu social que lui, il ne se sent pas à sa place, mais par le théâtre, sa professeur de françaos va essayer de faire tomber ces barrières.

Quentin est un garçon intelligent et touchant, son rapport aux autres mais surtout le lien avec sa petite soeur en font un jeune homme sensible sous l'aspect d'un dur. L'enseignante qui perce cette carapace est elle aussi un personnage intéressant. Tous les autres apporteront quelque chose à l'histoire mais sont secondaires.  L'auteur met à jour le système scolaire et ses inagilités sociales, certes on souhaite une mixité des élèves, et elle existe dans certains établissements, mais il ne faut pas se leurrer, les établissements de centre ville touchent généralement une population différente des établissements situés en marge des villes, ou dans les quartiers. La réussite des uns et des autres dépend en partie du milieu social des parents, un enfant provenant d'un milieu modeste, d'un quartier rencontrera plus d'obstacles pour réussir. Je ne dis pas que ça n'arrive pas, au contraire, mais le parcours est différent et il faut s'accrocher un peu plus, ne serait-ce parce que l'accès à la culture se fait plus difficilement. Enfin, je dévie un peu là ... Si vous aimez le théâtre, si vous aimez les histoires qui se passent dans le milieu scolaire, alors peut-être que la passion que transmet ce professeur à ses élèves vous émouvera autant que moi... peut-être au point de verser une petite larme, comme moi...

 

Aproposdelivres a elle aussi beaucoup aimé ce roman, Mirontaine l'a également apprécié, Bouma (que je remercie d'avoir fait voyager ce livre jusqu'à moi)  a aimé mais ce n'est pas son préféré, 

1 % 2013

(3/6)

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29 octobre 2013

Jean-Philippe Blondel, 06H41

06h41

Quatrième de couverture:

"Le train de 06 h 41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, quarante-sept ans, revient d'un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef d'entreprise. La place à côté d'elle est libre. S'y assied, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois.
Cela s'est très mal passé. A leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s'installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend."

Lu pour le marathon lecture d'il y a quinze jours je n'ai pas pris de notes donc ne rendrait pas forcément justice à ce beau roman de Jean-Philippe Blondel. J'avais en effet viser sur une valeur sûre pour cette journée de lecture sachant qu'avec 06h41 les pages se tourneraient toutes seules, et ce fût bien le cas.

Ce roman alterne les points de vue, celui de Cécile et celui de Philippe, le hasard a fait qu'aujourd'hui ils se sont assis l'un à côté de l'autre dans le train pour Paris. L'un et l'autre ont pris ce train de manière un peu forcée, Cécile parce qu'elle se sent obligée d'aller voir ses parents en province un weekend de temps en temps bien qu'elle déteste ces moments passés dans cette ville qui n'est plus la sienne; Philippe parce qu'il va voir un ami malade...

La tension des personnages est omniprésente, cette "rencontre" les amène à réfléchir sur leur vie actuelle mais aussi sur leur passé. Ils s'interrogent sur les trajectoires qu'ils ont prises et sur l'influence que leur rencontre 27ans plus tôt a eu sur leur vie actuelle. Ni l'un, ni l'autre en semblent d'ailleurs satisfait de leur vie actuelle, même si Cécile semble avoir "mieux réussi" que Philippe.

Jean-Philippe Blondel analyse avec finesse les pensées de ses personnages, et l'écriture est comme celle que l'ont se fait souvent dans sa tête lors des voyages en train. Je ne sais pas vous mais moi ça m'arrive souvent de laisser mon esprit vagabonder et de me rendre compte que "j'écris dans ma tête", j'ai déjà essayé de coucher les mots sur du papier dans ces moments mais je n'y arrive pas. Ici l'auteur nous donne un aperçu, grâce à ses deux personnages de ce à quoi peuvent bien penser nos voisins dans le train ... Encore un joli texte de l'auteur!

 

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05 août 2013

Jean-Philippe Blondel, Passage du gué

PassagedugueQuatrième de couverture:

"Myriam et Thomas. Pour Fred, les revoir aujourd'hui, c'est une joie violente qui prend à la gorge, bouscule et donne une force inattendue.
Il y a vingt ans, Fred a choisi de traverser, à leurs côtés, une épreuve qui n'était pas sienne. Pour leur éviter la noyade, il s'est tenu là, attentif, disponible, sans rien attendre. Avec tendresse et fermeté, il a tenu leurs têtes hors de l'eau. Une fois la tempête éloignée, il s'est effacé. Myriam, Thomas et Fred. S'ils ont survécu, c'est que le pari le plus insensé peut être tenu. C'est que la vie peut tout donner après avoir tout retiré."

 

Encore une fois j'éai été emportée par un roman de Jean-Philippe Blondel... Fred rencontre par hasard deux personne qu'il a connu dans sa jeunesse, quand il avait une vingtaine d'années et qu'il préparait son capes. Il se replonge alors dans ses souvenirs, cette amitié née entre les personnages à cause d'une terrible épreuve...

Ce qui m'étonne toujours ce sont les points de similitude avec la vie de l'auteur même, qui semble toujours s'encrer dans quelques choses qu'il connaît... Et c'est sans doute parce qu'il le connaît bien qu'il peut le narrer avec autant de précision et nous faire passer tant d'émotions.

Fred c'est le jeune homme qu'on aimerait avoir connu. Il est touchant, rêveur mais avec les pieds sur terre quand même, et sa loyauté semble infaillible. Les liens qu'ils tissent d'abord avec Myrian, mais surtout ensuite avec Thomas m'ont émue. J'ai eu à plusieurs reprises les yeux un peu mouillés... Jean-Philippe Blondel nous donne à voir une époque où les relations ne semblaient pas plus simples mais plus vraies. 

L'alternance entre les points de vues permet de mieux comprendre les mécanismes de cette amitié, au début Thomas est antipathique mais au fil des pages c'est Myriam qui le devient... La souffrance bien sûr change le ressenti des personnages et chacun la surmonte à sa manière, Thomas lui nous montre sa vulnérabilité tandis que Myriam se retranche derrière un personnage un peu plus dur et intransigeant, Fred lui est là, comme un rocher sur lequel ils peuvent s'accrocher, il encaisse en silence...

J'ai déjà hâte de me plonger dans 06H41 et en même temps je repousse ma lecture pour pouvoir la savourer plus longtemps ...

 

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29 janvier 2013

Jean-Philippe Blondel,Un minuscule inventaire

Minuscule_inventaireQuatrième de couverture:

"Une paire de boucles d'oreilles, un hamac, un cendrier... le bric-à-brac habituel des vide-greniers.  Pour ceux qui achètent, c'est l'occasion d'une trouvaille ou d'un cadeau.  Pour ceux qui vendent, comme Antoine, c'est parfois un déchirement inattendu. 
 
À 42 ans, alors que sa femme vient de le quitter, il profite d'une brocante pour faire un grand ménage dans sa maison et dans sa vie.  Mais voir disparaître un à un ces objets apparemment anodins, c'est aussi dérouler le fil de son existence, avec ses découvertes, ses joies et ses malheurs.  Pour Antoine, le moment est alors venu de faire enfin la paix avec ses souvenirs et de se donner les moyens d'un nouveau départ..."

 

Alors que les billets sur le dernier roman de Blondel fleurissent ces temps-ci (oui oui on sent une petite pointe de jalousie :p ) je vous livre mon très court avis sur l'un des premiers romans de l'auteur. Et bien sûr je suis conquise ... Il n'y a plus vraiment d'effet de surprise quand vous lisez mes avis sur les romans de Jean-Philippe Blondel, et pourtant la surprise est toujours au rendez-vous lors de mes lectures. Je m'attache aux personnages, ils m'émeuvent et s'animent sous mes yeux. Trêve d'envolée lyrique, chaque objet vendu par le narratuer lors de ce vide-grenier le ramène à un souvenir, l'achat de boucles d'oreilles, la lecture d'un roman, la rencontre avec celle qui est aujourd'hui son ex-femme. Il nous fait part de ses sentiments, et des émotions liés aux objets, et on vit avec lui les tranches de sa vie, celles qui ont fait de lui l'homme d'aujourd'hui.

Le petit plus du roman étant aussi le "devenir" de ces objets, en effet on suit également pour quelques pages les personnes qui font l'acquisition des objets d'Antoine. Certaines histoires se recoupent avec la sienne. Je pense notamment à la couverture jaune ... Des liens se tissent à l'insu des personnages, comme dans Accès direct à la plage.

Pour conclure je dirai que Jean-Philippe Blondel manie avec brio les tranches de vie et fait passer beaucoup d'émotion en peu de mots. Un coup de coeur donc ...

 

Un extrait qui m'a marquée... " Je me suis senti mieux. Voilà. Il me fait me sentir mieux. Et même bien, souvent - je ne sais pas ce que j'ai pu lui apporter en échange. C'est l'un des mystères de mon existence - je sais ce que les autres me donnent mais j'ignore ce que je peux leur offrir."

objectif_pal

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16 janvier 2013

Jean-Philippe Blondel, Blog

blogQuatrième de couverture :
"Révolté par cette trahison, par ce " viol virtuel ", le narrateur décide de ne plus adresser la parole à son père. Pour se racheter, ce dernier lui fait un don... une plongée dans le passé qui ne sera pas sans conséquence. Un roman de la filiation et de l'écriture intime".


Une fois encore j'ai accroché à la simplicité de l'écriture de Jean-Philippe Blondel. Les émotions sont fortes, le sentiment de trahison partagé et l'amour entre le père et le fils aussi. Cette plongée dans les souvenirs m'a rendue un peu mélancolique et puis bien sûr j'ai beaucoup apprécié cet adolescent mur pour son âge, qui a des choses à dire et beaucoup d'humour.

 Ce fût donc un très bon moment de lecture, dommage que ce soit si court!

Billet très court, je m'en excuse ... Voilà déjà un mois que j'ai lu ce roman ... Le temps file à toute vitesse ...

 

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07 janvier 2013

Jean-Philippe Blondel, Brise-glace

brise_glacePrésentation de l'éditeur:

"Aurélien est nouveau dans son lycée. Il a déménagé. Ce n'est pas la première fois qu'il déménage. Pas facile de se faire des amis dans ces conditions. Mais justement, des amis, Aurélien semble ne pas en vouloir. Il est du genre solitaire ; parfois il voudrait juste pouvoir se fondre dans le décor pour qu'on lui fiche la paix. Pourtant, un garçon de sa classe, Thibaud, semble s'intéresser particulièrement à lui ; il parvient même à convaincre Aurélien de participer à une soirée slam. Dans la pulsation des mots, dans la chaleur de cette amitié naissante, Aurélien arrive enfin à faire craquer la glace qui l'enserre et commence à se libérer du poids du secret, celui du deuil."

 

Si j'ai effectivement commencé l'année avec un livre de Jean-Philippe Blondel ce n'est pas celui-là que j'ai lu avant les vacances de Noël. Comment donc bien terminer une année et en commencer une autre de la même façon ... Je ne me lasse pas de cet auteur ...

Les phrases de ce roman jeunesse sont à l'image de son intrigue: très courtes, incisives. Il y a cependant beaucoup de poésie dans les mots choisis et pourtant un style très épuré. Jean-Philippe Blondel va droit au but et c'est ce que j'ai apprécié lors de cette lecture.

C'est une histoire d'amitié et de drame, des adolescents très matures, prêts à devenir adultes.
 Je me suis attachée aux deux personnages.... Quelques extraits en parleront mieux que moi...

" Elle n'est pas méchante la prof de lettres, elle est coincée dans son rôle comme moi dans le mien. C'est tellement hypocrite, parfois, l'éducation."

"Je suis le papier peint de la pièce, invisible, rasant les murs. Il est le canapé qui tône au milieu du salon."

"Les sms ont révolutionné la drague. Il n'y a plus de silences, à l'autre bout du fil. Il n'y a plus la voix qui s'éraille un peu et le souffle de l'écouteur. Il n'y a plus que des bruits d'insectes qui vibrent dans l'air. Et des conversations où manquent des voyelles."

" J'ai toujours rêvé de me fondre dans le décor.

Hier soir, j'ai fondu.

Et c'est le décor qui est entré en moi.

Je ne suis plus un iceberg.

Je suis un glaçon dans un verre.

Je me dilue.

Et c'est en écrivant que je me reconstitue."

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