16 octobre 2010

Richard Van Camp, Les délaissés

les_delaissesQuatrième de couverture : « Fort Simmer, Territoires du Nord-Ouest, Canada. Nouvelle année scolaire et nouveaux enjeux pour Larry, seize ans, un Indien dogrib. Il devient le meilleur ami de Johnny, turbulent, grande gueule, détesté ; et il fond devant Juliet Hope, la plus belle fille du lycée qui lui préfère... Johnny. Quel avenir pour cette relation triangulaire, rythmée par le heavy metal, l'alcool et la fumette.

Mais Larry n'a hélas pas que des amis : il se fait souvent tabasser par les Blancs. Certes son talent de conteur lui est d'un grand secours, mais quelle est cette histoire d'incendie, d'enfant brûlé et de brutalités qu'il aime raconter ? Réalité ou fiction ? Souvenirs ou hallucinations ? Pourquoi Larry entretient-il des rapports si tendus avec sa mère ? Et que s'est-il passé avec son père ?

Un roman où la rage de vivre l'emporte sur la violence des événements.

Un roman où la réconciliation, avec soi-même et les autres, s'associe aux rêves d'une vie meilleure
. »

 

Tout d’abord un grand merci aux Editions Gaïa et à Blog-O-book qui m’ont permis de passer un agréable moment en compagnie de Larry !

Le ton est donc donné, j’ai apprécié cette lecture. J’ai un peu de mal à lire ces derniers temps à cause du travail (et encore plus à tenir mes billets à jour !) et l’écriture de Richard Van Camp est assez fluide pour m’avoir tenue en haleine pendant deux heures sans me lasser de ses personnages un peu loufoques et parfois désolants. Et oui désolants ils le sont. J’ai parfois eu l’impression de me retrouver en face de mes élèves et me suis sentie tout aussi désarmée et pourtant je me suis quand même attachée à Larry et son ami Johnny et même à Juliet. De la même manière qu’on finit par s’attacher à certains élèves… Nous sommes donc plongés dans les quartiers assez défavorisés d’une petite ville du Canada mais les préoccupations ce ses adolescents sont assez semblables j’imagine à toutes les préoccupations des adolescents, même si au final je n’ai pas l’impression que l’histoire se place dans un contexte actuel, je l’imagine plus facilement fin des années 80 début des années 90. Qu’en pensez-vous ?

Les références à la chasse, aux chiens de traineaux, aux communautés indiennes m’ont rappelé mon séjour au Québec et j’ai aimé être replongée dans cet univers. Même si finalement je n’arrive toujours pas à comprendre comment il est possible, à notre époque, de trouver encore des réserves d’Indiens mais bon il n’est pas question de ce débat dans le livre.

On a en filigrane de l’histoire toute la tradition orale des tribus indiennes avec les histoires de Larry, on devine que ces histoires son sa propre histoire mais on imagine difficilement qu’elle puisse être vraie. Et pourtant son corps porte la trace que c’est bien réel. Il n’y a pourtant aucune indication temporelle de quand ça s’est passé, l’âge qu’il pouvait bien avoir ni combien de temps il lui a fallut pour guérir ce qui accentue le sentiment d’irréel, de conte raconté par un gamin un peu paumé pour se prouver qu’il existe, pour avoir une certaine légitimité face aux autres. Cette légitimité il la trouve bien sûr grâce à son ami Johnny qui devient un peu son modèle et qui l’embarque dans des plans plus foireux les uns que les autres et qui au final s’avèrera être le plus faible des deux.

Larry finira par se trouver grâce à la figure paternelle  de Jed qui dès son apparition dans l’histoire semble « calmer un peu le jeu ». Un personnage très touchant selon moi, de même que Donny, le petit frère de Johnny.

On ressort de cette lecture avec le sentiment d’avoir rencontré des gamins un peu perdus, sans repères, sans figure d’autorité à laquelle se raccrocher, sans affection et qui se cherchent encore, qui tentent de se construire leur propre identité.