21 juillet 2017

Emile Zola, L'Oeuvre

l'oeuvre

Présentation (du Livre de Poche): "Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur. Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création"

Il n'y avait pas de résumé sur la quatrième de couverture de mon édition (Pocket classique) donc je vous ai mis celle du Livre de Poche... Je n'aime toujours pas meprêter à l'exercice du résumé, peur d'en dire trop, ou pas suffisamment... Je ne savais donc pas à quoi m'attendre en ouvrant ce 14ème volume des Rougon-Macquart, hormis qu'il y était question de peinture. Je n'avais d'ailleurs pas ouvert un Zola depuis l'été dernier, plus la fin des Rougon approche, plus je la retarde... Il ne me reste plus que six titres à découvrir! Et bien en tout cas, L'oeuvre, fera parti de mes préférés avec Le ventre de Paris, Au Bonheur des Dames et Germinal. Bien sûr tous les Rougon se suivent et ne se ressemblent pas, bien que tous ont quelque chose en commun. Ici l'on retrouve le Paris des grands changements, on y trouve aussi des allusions au Ventre de Paris, et l'île de la Cité n'a jamais été aussi mystérieuse que sous le regard fiévreux du peintre, Claude Lantier. Bien sûr c'est un Zola, donc on sait que le destin de Claude ne sera pas rose, que la misère et la folie ne sont jamais bien loin. Pourtant, Claude semble avoir le talent et le brin d'originalité qui pourraient faire de lui un grand peintre. Zola entre dans les détails des sélections pour les différents salons proposés à Paris afin de faire connaître les artistes, déjà renommés ou non. De fréquentes allusions sont faites à ceux qui ont percé, Manet, Renoir et autres. Comme à chaque fois je me laisse porter, transporter dans ces lieux, avec l'illusion de pouvoir sentir la peinture fraîchement déposée sur une toile grandeur nature. Ici les personnages féminins n'existent que très peu par eux-mêmes, ils sont les faire-valoir des oeuvres, les modèles admirés ou moqués du public. La vie offerte à Christine est bien triste... celle de Claude aussi, pourtant d'autres s'en tireront bien, Sandoz notamment. Difficile de ressentir quelque chose pour Claude, de l'empathie, de la pitié, de l'agacement, entre les trois mon coeur balance, mais c'est bien de la pitié que Christine m'a inspiré. J'ai l'impression que ce titre de Zola est assez méconnu, pourtant il mérite d'être lu et donné à voir au grand public, comme l'auraient été les oeuvres de Claude.  

challenge petit bac

 

(OBJET: OEUVRE)

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17 août 2016

Emile Zola, Germinal

germinal

Quatrième de couverture: (Folio Classique)

"Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable " J'accuse " contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l'espoir d'un monde nouveau lorsque le héros, Etienne Lantier, quittant la mine " en soldat raisonneur de la révolution ", sent naître autour de lui une " armée noire, vengeresse... dont la germination allait bientôt faire éclater la terre ". Germinal marque l'éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c'est au cri sans cesse repris de " Germinal ! Germinal ! " que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris."

Germinal était pour moi une relecture puisque je l'ai lu en classe de 3e, autant vous dire que c'était presque une découverte tant j'avais oublié le coeur du texte. L'histoire bien sûr je m'en souvenais mais les détails pas du tout... Et forcément quand on dit détail on pense au sexe coupé et promené par ces dames, mais pas que!

Germinal arrive après La joie de vivre dans les Rougon-Macquart, et il aurait très bien pu s'intituler La joie de vivre bis ... C'est, à mon sens, le plus sombre des romans de Zola (en tout cas pour l'instant), si certains y voient l'espoir, l'espoir que le patronnat soit renversé par les ouvriers, ou l'espoir d'un meilleur traitement pour ces derniers, moi je ne l'ai pas vu. Germinal c'est la misère et la promiscuité des mineurs exploités, qui vivent les uns sur les autres, sans manger à leur faim. Certes Zola nous donne à voir quelques scènes joyeuses, des amitiés solides et une insouciance qui réchauffe les coeurs de ces familles, mais elles sont de courte durée. C'est la faim qui domine, et la prise de conscience de leurs conditions de vie. Ils sont traités comme des bêtes, et pour un minimum de confort il faut savoir se vendre, ou coucher ... Pas de quoi se réjouir donc...

Germinal n'en reste pas moins une lecture intéressante, je n'ose dire agréable. Le texte vous transporte avec les Maheu, vous êtes prêts à battre le pavé. C'est une écriture descriptive, fidèle à la plume de Zola, forte en émotions, qui ne peut donc pas laisser de marbre.

 

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02 mai 2016

Emile Zola, La joie de vivre

la joie de vivre

Quatrième de couverture:

"Près d'Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d'abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l'enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l'oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l'héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.

En 1884, lorsqu'il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c'est pour une part ironiquement que Zola l'intitule La Joie de vivre. Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c'est l'émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c'est un roman psychologique que l'écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice."

Comme je l'ai lu sur les blogs qui parlaient de La Joie de Vivre, dans ce douzième volume des Rougon-Macquart il n'y a de joie de vivre que dans le titre. En effet l'histoire de Pauline est assez sombre, et peu d'espoir de s'en sortir lui ai laissé, même si je dois avouer que sa bonté, son dévouement et sa naïveté m'ont parfois agacée, comme si elle tendait son propre bâton pour se faire battre! L'enfance de Pauline avec son cousin semble douce, joyeuse et est pleine de grand air, mais à partir du moment où la famille commence à manger son héritage c'est une lente descente dans la maladie, la décrépitude et la culpabilité. Pourtant on n'arrive pas vraiment à la plaindre Pauline. 

J'ai globalement apprécié cette lecture, même si l'auteur a choisi de quitter Paris pour le bord de mer en Normandie, même si finalement je n'ai apprécié aucun des personnages. Chacun à sa façon est antipathique, en tête bien sûr Lazare, et sa mère Madame Chanteau, c'est d'ailleurs ces deux-là qui feront la ruine de Pauline, et de la famille. Chanteau (père) on le plaint, il passe tout le récit assis dans son fauteil, les membres déformés par la goutte, la bonne aussi est à plaindre et que dire des habitants de la bourgade? Tous ont l'air alcoolisés et miséreux. Pauline, quand elle ne donne pas sa chemise pour son cousin, c'est pour ceux-là qu'elle se ruine... Et que dire de la scène d'accouchement que j'ai lu trois soirs de suite, tant elle était longue!! Encore plus efficace qu'un contraceptif!

Bon on ne dirait pas comme ça mais j'ai aimé quand même, ce n'est plus à prouver, Zola est un maître dans la manière de décrire la pauvreté, le temps qui stagne, la culpabilité, la méchanceté et cette complaisance dans la misère... Je vais laisser un peu de temps avant d'entamer Germinal, doux souvenir de l'adolescence, pour mieux le savourer cet été sans doute...

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16 janvier 2016

Lecture commune: Emile Zola, Thérèse Raquin

thérèse raquin

Quatrième de couverture:

"Premier roman naturaliste, Thérèse Raquin est une véritable tragédie, tragédie du silence et du désir, tragédie du remords, tragédie de la vie et de la mort glacée. Thérèse Raquin, ou la banalité tragique"

Ce roman c'est tellement la patte de Zola, dans ce qu'elle a de plus noir mais aussi un peu nouveau parce que dans les Rougon-Macquart si on retrouve le thème de la folie je n'ai jusqu'à présent rien lu qui flirte de si près avec le fantastique. Attention, ce n'est pas non plus un roman fantastique, mais il y a quelque chose de Poe dans la seconde moitié du roman. J'ai préféré la première partie, celle où l'auteur met en place les personnages, la mercerie, l'enfance puis le mariage de Thérèse et Camille, le trio Thérèse-Camille-Laurent. La seconde partie m'a moins tenue en haleine, Zola bien entendu maîtrise son récit à la perfection, c'est sordide et détaillé, c'est graduel et les symboles du roman noir sont présents, la pourriture, les bas quartiers, jusqu'au chat noir qu'on accuse de perfidie (euh d'ailleurs est-il vraiment noir ce chat?).  L'issue du roman est inévitable, en tant que lectrice je l'attendais même, elle est nécessaire et je pense que c'est la seule issue possible... En tout cas sans doute la seule issue pour mettre un point final au roman. Cela ne m'étonne pas que ce roman ait été très mal reçu à sa publication...

Excusez-moi pour ce billet médiocre, je suis shootée au doliprane et aux gouttes pour le nez mais je tenais à publier mon billet à temps pour la lecture commune avec Enna et Manika

 

challenge petit bac

(1ère lecture pour le challenge Petit Bac 2016 d'Enna avec

un prénom: THERESE)

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24 octobre 2015

Emile Zola, Au Bonheur des Dames (relecture)

au bonheur des dames

Je vous renvoie à mon premier billet sur ce  titre écrit il y a cinq ans. Je relis très peu, voire pas du tout, si j'ai relu Au Bonheur des Dames c'est parce que j'ai entrepris de lire les Rougon-Macquart dans l'ordre et qu'après Pot-Bouille venait Au Bonheur des Dames... Et si relire n'est pas ce que je préfère, je n'ai pas boudé mon plaisir, et je crois que je l'ai plus apprécié encore que la première fois, pour l'instant j'accordais ma préférence au Ventre de Paris, mais je crois que le Bonheur vient le supplanter ou tout au moins l'égaler. Et si l'on s'y attarde un peu ce sont deux romans assez similaires dans leur thème et leur construction, l'arrivée d'un pronvincial à Paris, le commerce, l'étalage des marchandises, la transformation de Paris et la modernisation du commerce.

Bien sûr ici ce qui me plaît c'est le personnage de Denise, pleine de candeur mais personnage très déterminé et sûr de lui malgré les apparences. Elle vient à bout des plus coriaces, traverse les épreuves, toujours avec une certaine dignité et beaucoup de dévouement pour les siens. Je trouve que le débat que pose ce roman est très actuel. Nous sommes dans une époque ou l'industrie textile d'une part, mais surtout agro-alimentaire régit un peu tous les marchés, où les petites enseignes, les producteurs se font engloutir par les hyper-marchés, et c'est ce qui est décrit dans ce roman. Certes il n'est ici question que de tissus, de confections, de soieries etc, mais le principe est le même. Les petites boutiques se font écrasés par la machine lancée par Mouret, ils ne peuvent rivaliser en terme de quantité, de diversité, mais surtout de prix. La différence avec aujourd'hui c'est que si à l'époque c'était effectivement LA nouveauté et LA solution économique qui l'emportait, aujourd'hui de plus en plus de gens se tournent à nouveau vers les petits commerces, vers les producteurs, vers le local... Zola était quand même assez visionnaire je trouve. D'ailleurs le système de la publicité était bien assimilé par lui, et donc par son personnage qui en use et en abuse pour son magasin, ce sont aussi les prémices de la vente par correspondance, j'ai eu l'impression parfois d'avoir un condensé des galeries LaFayette et de LaRedoute version 19é. Nombreuses sont les métaphores et expression imagées pour faire référence à ce commerce, à ses produits, vendeurs, clients et l'impression qu'il en reste est l'abondance, l'accumulation, la surrenchère. Tout le quartier semble appartenir à Mouret finalement... A se demander même jusqu'où cette expansion ira, la fin est donc assez abrupte parce qu'elle n'amène bien sûr pas de réponse à cette question, et qu'on aimerait savoir ce que devient le Bonheur, peut-être retrouve-t-on ces personnages dans un autre récit des Rougon-Macquart, le suivant La joie de vivre, ne semble avoir de joyeux que le titre!!!

lire sous la contrainte

(Bonheur 2/2)

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09 avril 2015

Emile Zola, Pot-Bouille

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Quatrième de couverture:

"Zola est entré partout, chez les ouvriers et chez les bourgeois. Chez les premiers, selon lui, tout est visible. La misère, comme le plaisir, saute aux yeux. Chez les seconds, tout est caché. Ils clament : « Nous sommes l’honneur, la morale, la famille. » Faux, répond Zola, vous êtes le mensonge de tout cela. Votre pot-bouille est la marmite où mijotent toutes les pourritures de la famille.
Octave Mouret, le futur patron qui révolutionnera le commerce en créant « Au Bonheur des Dames », arrive de province, et loue une chambre dans un immeuble de la rue de Choiseul. Beau et enjoué, il séduit une femme par étage, découvrant ainsi les secrets de chaque famille. Ce dixième volume desRougon-Macquart, qui évoque la vie sous le Second Empire, montre ici la bourgeoisie côté rue et côté cour, avec ses soucis de filles à marier, de rang à tenir ou à gagner, coûte que coûte. Les caricatures de Zola sont cruelles mais elles sont vraies."

Avec cette lecture j'entame la pente descendante des Rougon-Macquart puisque je suis maintenant à mi-parcours, dix volumes et la plume de l'auteur ne faiblit pas, surtout pas d'ailleurs avec ce roman qui n'pargne rien à ses personnages. J'ai eu un peu de mal à m'y retrouver avec tous ces personnages mais le tableau que nous fait Zola de ces habitants de la rue de Choiseul est assez effarant. Pot-Bouille c'est Octave Mouret, ce jeune homme arrivé du sud et recueilli par des amis de la famille dans cet immeuble bourgeois au rez-de-chaussée duquel se trouvent deux magasins de tissus. Octave travaillera pour l'un (Le Bonheur des Dames", puis pour l'autre avant de revenir au Bonheur des Dames, (celui qui sera dans le tome suivant l'un des plus en vue du tout Paris). L'immeuble appartient au vieux Vabre qui loue des appartements à ses enfants, Auguste, Théophile et Clotile (épouse Duveyrier) ainsi qu'à d'autres familles, les Juzurs, les Josserand, une famille dont on ne connaît pas le nom, les Campardon, les Pichon, et Octave bien sûr. L'immeuble abrite aussi tous les domestiques de ces différentes familles. Autant de personnages c'est déjà compliqué, mais ça l'est encore plus quand on sait que dans toutes les familles ou presque, l'un trompe avec l'autre si ce n'est les deux, et nous voilà embarqués dans un fouilli absolu de relations adultères! Parce que Pot-Bouille c'est ça, les histoires adultères des uns et des autres, à demi-mots et plein de sous entendus pour certains, cachées mais découvertes pour d'autres, et au su et au vue de tout le monde pour la plupart!!

Elle est belle la petite bourgeoisie française, et les domestiques s'en donnent à coeur joie, bien qu'ils ne soient pas mal non plus... et tout ce linge sale se lave au seins même de l'immeuble, parfois à même les pavés de la petite cours sordide. L'histoire se déoule presque en huis-clos dans l'immeuble, Très peu de sorties dans Paris sont évoquées et cela donne une impression d'asphyxie à cet environnement confiné. Tout est sombre et un peu sale.Il ets difficile de trouver une touche d'optimisme dans ce roman. On est presque soulagé de le refermer! 

Zola met l'accent sur les apparences trompeuses, un immeuble bourgeois, des familles relativement aisées, certains qui préfèrent recevoir du monde, améliorer ses toilettes plutôt que de manger à leur faim. J'ai l'impression que plus on avance, plus c'est sombre, le prochain volume viendra un peu casser cette dynamique.

Challenge-classique-3

 

(classique d'avril: 10e volume des Rougon-Macquart)

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21 novembre 2014

Emile Zola, Nana (relecture)

nana

Quatrième de couverture:

"Nana est une oeuvre maîtresse d'Emile Zola. Courtisane à la beauté provocante, Nana ruine tous ceux qui la désirent. Elle incarne les faiblesses d'une société corrompue, assoiffée de jouissance qui va basculer dans le drame de la guerre. Cette peinture audacieuse et acide de la débauche valut a Zola d'être accusé d'obscénité, mais confirma son talent de romancier, et sa puissance d'évocation."

J'ai lu Nana il y a quelques années, je l'avais moyennement apprécié, du coup j'hésitais à la relire, mais puisque j'ai entrepris de lire tous les Rougon-Macquart dans l'ordre, autant faire les choses correctement! Pas si correctement que ça parce que j'ai lu ce livre pendant mes vacances au Portugal, sans prendre de notes et qu'il m'est maintenant difficile de rassembler mes souvenirs pour écrire un billet digne de ce nom!

J'ai eu peur avec les tous premiers chapitres, je me suis ennuyée, cette multitude de personnages, de gens, les coulisses du théâtre etc, ne m'ont pas du tout intéressée! Puis Nana s'établit une réputation, les hommes gravitent autour d'elle, elle fait plier les plus grands, les plus droits, et je me suis prise à ces mondanités, à cette haute société faite de bassesses et de dissimulation. Nana orchestre tout ça pour sa propre gloire, son confort matériel et sa renommée, alors que finalement elle n'est qu'une prostituée de basse extraction, qui grâce à l'appui de certains a su se faire un nom. Elle est loin en effet la jeune Nana fille de blanchisseuse du quartier de la Goutte d'Or. Elle se joue des hommes, se sert de ses amis. 

Cela n'est pas étonnant que Zola fût accusé d'obscénité avec ce roman, si pour nous, lecteurs du 21e sicèle les scène d'amour ne sont pas chocante, pour l'époque, avec tous ces hommes mariés, mais aussi la tromperie, le langage cru, le mélange des classes sociales, les quelques références à l'homosexualité ont d^en choquer plus d'un! Les scènes d'opulences, qui mettent en avant le corps de Nana mais aussi l'attraction qu'elle suscite sont nombreuses, elles culminent avec la scène de l'hippodrome, qui annonce la chute de certains de ses amants et la sienne toute proche.

Je ne regrette pas cette reclture, j'ai mieux apprécié le texte de Zola, là où la première fois je n'avais vu qu'une vulgaire prostituée prête à tout pour arriver à ses fins, cette fois j'ai aimé toutes ces ficelles, tous les stratagèmes mis en place pour faire succomber les uns et les autres, mais aussi la symbolique autour du personnage de Nana, cette femme qui mange tout sur son passage, ainsi que la critique ouverte de la bourgeoisie, corrompue et vicieuse. 

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(classique de Novembre)

 

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29 juillet 2014

Emile Zola, Une page d'Amour

une page d'amour

Quatrième de couverture:

"Ce huitième roman de la série des Rougon-Macquart, paru entre deux des oeuvres les plus fortes de Zola, l'Assomoir et Nana, est d'un registre fort différent.

La passion soudaine qui jette aux bras l'un de l'autre la belle et sage Hélène et le docteur Deberle fait l'objet d'une analyse psychologique nuancée et minutieuse.
Entracte dans une vie monotone et réglée, cette Page d'amour sera bientôt tournée et l'héroïne retrouvera à la fois son équilibre et sa solitude. Mais l'aventure aura fait une victime, la petite Jeanne, condamnée par l'égoïsme et le délire passionnel des grandes personnes. Ainsi, cette oeuvre apparemment sans éclat se révèle subtilement imprégnée de désenchantement et d'amertume."
Et voilà je suis rentrée de Bretagne, comme vous l'aviez dit j'ai eu une très belle semaine, chaude et ensoleillée, il est temps pour moi de vous parler de mon classique du mois... J'ai choisi un Rougon-Macquart, un peu moins connu que les autres: Une page d'Amour.
Bon, une chose est sûre ce n'est pas une lecture de plage, j'ai donc parfois eu un peu de mal à me plonger totalement dans la lecture! Cela n'empêche pas que j'ai apprécié ce tome, en apparance plus "lumineux" que les autres mais tout aussi sombre quand on en connaît le dénouement. Ce roman est aussi un peu plus court que les autres, et les personnages y sont  un peu moins nombreux. Une page d'Amour est une parenthèse dans la vie d'Hélène, jeune veuve qui se prend d'amitié pour la famille Deberle, ou plutôt la famille Deberle se prend d'amitié pour la jeune veuve et sa fille Jeanne, de condition fragile.
Le récit s'étend sur de longs après-midis passés dans la jardin des Deberle à contempler une nature foisonnante mais maîtrisée au coeur de Paris. La capitale n'est pas en reste, elle occupe une place centrale dans le roman et est le témoin de l'émoi d'Hélène, et de la maladie de Jeanne. Paris  s'etend à leurs pieds sans qu'elles ne s'y rendent, elles contemplent les monuments depuis la fenêtre de leur appartement. Les personnages apparaissent dans l'arbre généalogique des Rougon-Macquart mais n'y sont pas directement reliés, on évoque bien la naissance d'Hélène à Marseille,son arrivée à Paris mais ce n'est pas développé comme dans les autres romans de la "série", en ce sens, le roman peut lui aussi être considéré comme une page dans l'histoire de la famille Rougon-Macquart. Ce n'est sans doute pas le roman de Zola qui me marquera le plus, mais j'ai aimé le lire, comme une parenthèse entre Gervaise et Nana ...

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(classique de Juillet)

challenge petit bac

(OBJET: PAGE)

31 mai 2014

Emile Zola, L'assommoir

l'assommoir

Quatrième de couverture:

"Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie " simple et tranquille " de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire ? L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête.
Et tant pis si, la fatalité aidant, divers " assommoirs " - un accident de travail, l'alcool, les " autres ", la faim - ont finalement raison d'elle et des siens.
Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même.
Relisons L'Assommoir, cette " passion de Gervaise ", cet étonnant chef-d'œuvre, avec des yeux neufs."

Cela faisait déjà quelques temps que je ne m'étais pas plongée dans un Rougon-Macquart, c'est donc avec le plaisir des retrouvailles que j'ai entamé le septième volume de cette grande saga familiale. L'assommoir est centré sur le personnage de Gervaise. Nous l'avions quittée à Plassans, la voici à Paris avec Etienne Lantier où elle souhaite s'établir comme blanchisseuse. Permettez-moi d'user d'un cliché facile, si nombreux sont les lycéens à avoir lu ce roman et à avoir pensé que le titre était bien choisi, ce ne fût pas mon cas ... Bon ok je ne suis plus lycéenne depuis un peu plus d'une décennie, ça joue peut-être. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Bien sûr l'écriture minutieuse de Zola y est toujours pour quelque chose, ses romans se lisent et se peignet au fur et à mesure de la lecture. On s'imagine bien les scènes, les personnages, les lieux, le Paris de l'époque. Tout est fait pour que le lecteur, plus d'un siècle plus tard soit happé par ce tableau vivant. 

Le destin de Gervaise est bien triste, oui les romans de Zola ne sont pas très joyeux, même si j'ai à plusieurs reprises ris de certaines situation. Il y a toujours un moment, où par orgueil, par gourmandise, par oisiveté, voire les trois réunis ici le personnage arrivé à sa gloire, au sommet de ses espérances, chute ... Lentement mais sûrement, et nous lecteurs en sommes les témoins avertis dès le départ. 

Le personnage de Gervaise est d'abord attachant, mais plus le récit avance, moins je l'ai apprécié de ne pas la voir réagir à sa déchéance, d'avoir eu la bêtise de se laisser avoir, de mal élever sa fille, de ne pas tenir tête à son époux! Et quel époux ... Nombreux sont les fainéants alcooliques dans ce roman, d'où le titre, l'assommoir étant le lieu où les poltrons viennent s'enfiler à longueur de journée, des verres de gnôles mal distillés. Non pas joyeux du tout tout ça ... et pourtant ça se lit facilement, avec beaucoup de curiosité et de dépit, mais surtout beaucoup d'intérêt pour l'époque, pour le milieu ouvrier, pour le Paris d'avant la percée des grands boulevards, ou est-ce après? 

En bref, L'assommoir n'est pas le livre assommant que l'on vous force à lire au lycée, s'il y a bien quelques Rougon Macquart à lire absolument (bien que tous le soit sans doute) celui-ci en fait partie!

Challenge-classique-3

(classique de Mai)

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26 septembre 2013

Emile Zola, Son excellence Eugène Rougon


son_excellence_eug_ne_rougonQuatrième de couverture:

"En 1856, Eugène Rougon, un ancien avocat qui a contribué à faire l'Empire et que l'Empire a fait, se sentant proche de sa disgrâce, préfère démissionner de la présidence du Conseil d'Etat. Mais ses amis ont besoin de lui, et sa chute les embarrasse. Ils s'inquiètent de le voir tromper son ennui par un projet de défrichement des Landes qui le conduirait à une sorte d'exil, et parmi tous ceux qui travaillent à son retour en grâce la plus active est la troublante Clorinde qu'il a refusé d'épouser."

J'ai peiné avec cette lecture, c'est donc une première déception avec les Rougon-Macquart. On retrouve pourtant bien la touche de Zola, la minutie, les personnages bien croqués et multiples, des intrigues, de la critique des gouvernements de l'époque mais justement, ce roman est beaucoup trop politique à mon goût. Je n'ai pas tout compris et le snombreuses notes de bas de page m'ont un peu perdue. C'est dommage. J'ai pourtant aimé les scènes de dîner mondains et la relation cahotique entre Clorinde et Rougon. Je n'ai cependant apprécié aucun personnage. Celui de Clorinde m'a souvent interpelée mais je l'ai trouvée beaucoup trop manipulatrice pour m'y attacher. Quant à Rougon et sa soif de poiveur, je l'ai trouvé antipathique et inintéressant.

Le roman aurait aussi pu s'appeler Clorinde car elle y tient quasiment si ce n'est plus de place que Rougon. Une chose est sûre c'est que la politique qui est montrée dans ce roman est celle des passe-droits et pots de vin où tout est bon pour favoriser ses amis et relations. Mallheureusement si vous tombez en disgrâce, ce sont ces amis-là qui vous tournent le dos les premiers...

 

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