15 juin 2012

Lecture commune: Elif Shafak, Bonbon Palace

bonbon_palaceQuatrième de couverture:

"Bienvenue à Bonbon Palace ! Jadis bâti par un riche Russe pour son épouse dépressive dont le regard vide ne s'allumait plus qu'à la vue de friandises, cet immeuble d'Istanbul semblait promis à un avenir paisible... Pourtant, si l'édifice a gardé son élégance d'antan, il est aujourd'hui infesté par la vermine et les ordures, au grand dam de ses habitants. Et les coups de sang ne sont pas rares à Bonbon Palace ! Appartements après appartements, le numéro 8 de la rue Jurnal se fait le témoin des vicissitudes de ses occupants : le religieux gérant Hadji Hadji ; la desperate housewife Nadja ; la cafardeuse Maîtresse bleue ; ou encore les jumeaux coiffeurs Djemal et Djelal.... Après La Bâtarde d'Istanbul, Elif Shafak, conteuse hors pair, s'empare des contrastes de la société turque contemporaine pour composer une inoubliable galerie de portraits. "

 

On trouve dans ce roman plusieurs récits, au tout début l'histoire d'un cimetière d'Istanbul, cimetière séparé en deux, d'un côté les musulmans, de l'autre les orthodoxes et au milieu, deux scépultures de saints ... Vient ensuite l'histoire de deux russés émigrés en Turquie puis en France. Ce couple revient finir ses jours en Turquie où il achète l'immeuble construit sur l'ancien cimetière: Bonbon Palace. Alors enfin, à notre époque, le roman développé l'histoire des habitants de cet immeuble, bien après le décès de ses propriétaires. Elif Shafak nous donne donc ce que j'appelle "des tranches de vie" de ces habitants. J'aime en général ce genre de récit mais j'aime aussi quand il y a une progression, un fil conducteur, or j'ai trouvé qu'il manqué ici au récit d'Elif Shafak.

Je n'ai cependant pas de réel avis tranché sur Bonbon Palace. Je n'ai ni aimé, ni pas aimé. J'avais juste hâte soit qu'il se passe quelque chose, soit que ce soit terminé! J'ai apprécié certains personnages et j'aurais aimé que l'auteur développe plus leur histoire. Mais finalement, de par la multiplicité des habitants de l'immeuble j'ai trouvé qu'aun n'était vraiment abouti, on les abandonne tous un à un en cours de route.De ce fait, le lecteur est lui aussi placé en position de "voisin" qui glânent les informations par le biais des ragots colportés par les autres voisins. En cela, peut-être la "mission" de l'auteur est-elle réussie et du coup n'est pas sans rappeler L'immeuble Yacoubian d'Alaa al-Aswani. D'ailleurs, la comparaison est assez lié puisque j'avais eu le même ressenti.

Je suis donc ressortie un peu frustrée de cette lecture parce que je n'ai au final pas trouvé ce que j'y cherchais, et puis la fin m'a laissée assez perplexe. Je ne peux pas vraiment soulevé mes questions ici parce qu'elles pourraient révéler certaine sinformations qui gâcheraient la lecture à certains, mais je serais ravie d'en discuter par mail. Je vais d'ailleurs aller lire l'avis de Manu, qui semble avoir apprécié cette lecture plus que moi.

 

 

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02 novembre 2011

Elif Shafak, La bâtarde d'Istanbul

la_batarde_d_istanbulQuatrième de couverture:

"Chez les Kazanci, Turcs d'Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l'amour et parlent avec les djinns, tandis que les hommes s'envolent trop tôt - pour l'au-delà ou pour l'Amérique. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux États-Unis dans les années 1920, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l'indignation générale. Quand, à l'âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d'ou vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L'amitié naissante d'Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la « bâtarde », va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés..."


C'est un livre très riche, en termes de culture, de tradition, de famille, d'amitié, de préjugés, de communautés qui s'interrogent sur leur identité, sur leur passé etc. J'ai beaucoup aimé! La première chose que l'on remarque c'est d'abord le choc des cultures. Dun côté un mode de vie turque assez traditionnaliste, attaché à sa culture, à sa nourriture, à son histoire, de l'autre un mode de vie occidentalisé incarné à son maximum par la mère d'Armenoush. Les traditionnalistes ne sont d'ailleurs pas forcément ceux qui sont restés au pays, on le voit avec la famille arménienne d'Armenoush qui vit aux Etats-Unis depuis des décennies mais qui a su conserver ses traditions. Ils sont d'ailleurs très attaché à leur passé et l'ont verra à travers le récit d'Elif Shafak que si le passé est celui qui nous construit, il peut aussi parfois être celui qui nous retient, et nous empêche d'avancer. Tout cela bien sûr fait référence au passé des Turques et des Arméniens, de la reconnaissance du génocide par l'un, du ressentiment de l'autre...

Armenoush part donc avec un lourd bagage en Turquie, l'Histoire de son peuple d'origine, mais aussi son histoire personnelle. Armenoush s'interroge, vaut-il mieux à l'image des Turcs oublier le apssé et se concentrer sur l'avenir ou comme les Arméniens porter le fardeau du souvenir et être plus soudé tout en cultivant une certaine haine du peuple Turc?

Parallèlement, l'histoire d'Asya, elle aussi en quête de son identité est bien menée mais surtout très touchante. Les femmes de la famille Kaznci sont toutes à leur manière touchante et fortes, solidaires.

J'ai beaucoup aimé les personnages d'Asya et d'Armenoush, les liens qu'elles tissent en dépit de leurs différences. Elles se complètent parfaitement.

C'est un livre riche également parce que la nourriture y est abondante, les couleurs très chattoyantes, à l'image de la couverture du livre.

Je ne peux donc que vous inviter à le découvrir par vous-même :)

abc_challenge

(23/26)

objectif_pal

(24/56)

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