25 février 2010

Frédérique Deghelt, La vie d'une autre

la_vie_d_une_autreQuatrième de couverture : « Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d'amour et le lendemain... Elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Cauchemar, angoisse... Elle doit assumer sa grande famille et accepter que l'homme qu'elle a rencontré la veille vit avec elle depuis douze ans et ne se doute pas du trou de mémoire dans lequel elle a été précipitée. Pour fuir le monde médical et ses questions, elle choisit de ne rien dire et devient secrètement l'enquêtrice de la vie d'une autre. Ou plutôt de sa propre vie. C'est avec une énergie virevoltante et un optimisme rafraîchissant que Frédérique Deghelt a composé ce roman plein de suspense sur l'amour et le temps qui passe, sur les rêves des jeunes filles confrontés au quotidien et à la force des choix qui déterminent l'existence. »

Cela fait déjà trois semaines que j’ai lu la vie d’une autre mais j’avais envie de publier mon billet en même temps que Canel, Manu, aBeille, Cynthia et Mango pour la lecture commune de ce second roman de Frédérique Deghelt. De toute façon il ne m’aurait pas été possible de poster avant !

Donc sans refaire tout le résumé, nous sommes en 1988, Marie a 25 ans elle semble épanouie elle vient de décrocher un job et de rencontrer un homme avec qui elle passe la nuit mais… le réveil est douloureux : année 2000, douze ans plus tard, Marie ne sait plus qui elle est ou plutôt elle ne sait pas qu’elle a douze ans de plus, un époux et des enfants…

L’histoire m’a énormément plu, ce gros trou de mémoire invraisemblable, la recherche du passé, des souvenirs. J’ai trouvé les personnages et surtout Marie très attachants. J’ai rêvé de rencontrer un Pablo moi aussi… tout en m’interrogeant au fil du temps sur cette famille « parfaite ». En effet pour leur entourage Marie et Pablo sont le couple parfait, deux enfants et toujours heureux et amoureux comme au premier jour, la notoriété de Pablo, l’épanouissement de Marie dans sa vie de mère et dans sa vie de femme. Tout ça n’est-il pas trop beau pour être vrai ? J’ai toujours un peu l’impression finalement qu’on essaie de nous vendre ce tableau parfait du mariage mais qu’il n’existe pas ! (oui 24 ans et déjà blasée^^) et justement ici Frédérique Deghelt nous donne autre chose à voir, si Marie est devenue amnésique, si elle ne se souvient plus de ces 12 ans de bonheur avec Pablo c’est bien qu’il doit y avoir une ombre au tableau ! Marie essaie de démêler les ficelles, elle demande à ses amies très proche, elle consulte un spécialiste également ami de Pablo, elle retourne dans leur maison de vacances tout en jouant son rôle de mère et d’épouse sans rien laisser paraître de ses doutes, ses questions. Petit à petit les évènements s’imbriquent pour révéler à Marie que sous la couche de vernis, leur couple n’est pas si idéal qu’il ne semble l’être.

Cette histoire m’a donc touchée parce que je me dis que sans tomber dans l’amnésie, ça doit arriver dans une relation qu’un jour on se réveille en se demandant comment on est arrivé là, si c’est vraiment ce que l’on souhaite, et comment aurait pu être notre vie si on avait pris un chemin différent. Je me dis que c’est peut-être le genre de questions que je pourrais me poser après plusieurs années de vie commune avec quelqu’un, qu’il y’a forcément un moment où on se remet en question, peut-être même plusieurs.

Frédérique Deghelt soulève également la question de la fidélité dans le couple, j’avais justement une discussion avec une amie hier à ce sujet et nous constations que finalement l’infidélité était très courante et qu’on avait l’impression que ça c’était un peu banalisé. Mon côté un peu pessimiste me fait dire alors que finalement aimer la même personne « toute une vie » et lui rester fidèle est-ce que ça existe vraiment ?

J’ai également beaucoup aimé le style d’écriture, les descriptions de personnes, de lieux. J’ai simplement un bémol à ajouter : la fin. J’ai trouvé la fin un peu bâclée, j’avais encore envie de lire des pages et des pages et j’ai trouvé que ça s’arrêtait trop brutalement. J’aurais aimé avoir les explications de Pablo peut-être, plus de réaction de Marie, ou bien une confrontation !

 

Je me rends compte que mon billet n’est pas top, ce qui est donc à retenir c’est une lecture très touchante qui m’a tenue en haleine pendant mes 7 heures d’avion !

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21 février 2010

Voyage au Québec #1

JOUR 1 : Notre avion décolle de Paris vers midi pour atterrir à Montréal vers 13h heure locale. Comme nous n’avons pas pris notre billet ensemble nous sommes tous disséminés ici et là dans l’avion … 7h30 à tuer j’ai donc lu La vie d’une autre de Frédérique Degheldt entrecoupé d’un repas, d’une sieste et d’une collation … Qui a dit que la bouffe dans les avions était dégueu ? bon certes c’est pas le ritz mais c’est meilleur que la cantine du collège ^^

 

Arrivée à Montréal tout le monde passe sans problème à la douane sauf six d’entre nous qui sont envoyées à l’immigration … petit interrogatoire sur les raisons de notre venue etc. Bienvenue au Québec j’ai envie de dire !

 

Nous n’arrivons finalement à l’auberge qu’à 15h, le temps de se répartir les chambres (non sans problèmes) de faire les lits et de s’habiller plus chaudement nous voilà donc déjà dans les rues de Montréal en route pour un petit verre (qui s’avèrera être un énorme bière qui nous mettra tous KO oui oui)

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Petit détour à la salle de bains (pour être plus polie) pour vous montrer ce panneau qui nous a bien fait rire (faut dire qu’on était plus très fraîches)

 

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Il nous fallait bien une petite poutine pour éponger tout ça, ça tombe bien dans le bar on tombe sur le père Noël (non pas le vrai on est le 4 février !) qui nous indique où manger la meilleure poutine de la ville (paraît-il)

 

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(une poutine classique et une poutine bacon)

 

Oui je dis paraît-il parce qu’on n’a pas franchement adhéré mais on ne renonce pas on se dit que c’est peut-être meilleur ailleurs, en tout cas on ne comprend pas l’engouement pour ce plat typique !

 

Finalement retour à l’auberge vers 21h le temps de se doucher et tout et au lit le décalage horaire a raison de nous

 

JOUR 2 : Le vendredi on décide d’aller au biodôme et au stade olympique, en passant quelques photos de maisons Montréalaise.

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C’est dommage le stade est fermé on ne pourra donc pas admirer la vue sur Montréal du haut de sa tour.

 

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L’après-midi un guide nous emmène au Mont Royal, parc qui surplombe la ville.

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Nous redescendons dans le centre ville à pied.

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Nous rejoignons l’autre moitié du groupe au Starbucks pour une pause café/muffins puis nous repartons pour la rue Saint Denis en traversant le quartier « chaud » de Montréal, sexshops salles de projection porno nous accompagnent. Nous passerons devant les fameuses Foufounes électrique où je refuse de poser sous l’araignée géante qui surplombe l’entrée (arachnophobe un jour, arachnophobe toujours) et nous finissons la soirée au resto « auprès de ma blonde » dans une bonne ambiance avec une serveuse super sympa.

 

Demain nous nous lèverons tôt pour rejoindre nos correspondantes en Abitibi-Temiscamingue…

 

La suite au prochain épisode…

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03 février 2010

Québec Day -1!

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Et voilà les trois mois sont déjà écoulés et je suis à la veille du grand départ pour le Québec. Résultats des courses une valise de 19.9kgs et un bagage à main qui attend sagement d'être rempli par les divers trucs de dernières minutes...

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Je prends le train ce soir pour Paris et l'avion demain matin pour Montréal avec 20 autres petites stagiaires comme moi. Au programme tourisme à Montréal du jeudi après-midi au vendredi soir puis on s'envole à nouveau pour l'Abitibi-Temiscamingue (oui oui), une région du Nord Ouest du Québec pour dix jours, retour à Montréal le 15 pour trois autres journées de tourisme et retour à Paris le 18.

Je laisse donc mon blog en pause pour deux semaines n'ayant pas eu le temps de préparer des billets pour mon absence pourtant j'avais envie de vous parler du premier opéra auquel j'ai assisté samedi soir, de deux films (Invictus et Le refuge), de deux livres jeunesses (la chèvre de Monsieur Seguin et la Belle lisse poire du Pince de Motordu) mais le temps me manque, j'ai encore des petites choses à préparer avant mon départ.

A dans deux semaines donc et portez vous bien :) !

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31 janvier 2010

Stéphane Benhamou, Les années 60 pour les nuls

les_ann_es_6__pr_les_nulsQuatrième de couverture: "Les années 60, c'est un peu notre dernier âge d'or. Aux yeux des baby-boomers comme des plus jeunes, elles incarnent le fantasme d'une époque porteuse de tous les espoirs, durant laquelle les perspectives de progrès paraissaient infinies et, la croissance économique aidant, l'avenir assuré pour chacun.

Cet ouvrage ressuscite un temps insouciant où l'on vivait sans airbag ni ceinture, au rythme des chansons des Beatles ou de Françoise Hardy, le Petit Livre rouge de Mao dans une poche et le dernier numéro de Salut les Copains dans l'autre. Il retrace la toute-puissance de l'État gaulliste, l'angoisse du conflit nucléaire, la lutte pour les droits civiques et le combat des femmes, également emblématiques de la décennie. Et, pour finir sur une note plus légère (les années 60 n'en ont pas manqué !), il décrit cinquante icônes, lieux, objets, films ou chansons cultes. Le hit-parade des sixties !
"

 

Un peu difficile de parler d'un livre qui se penche sur l'histoire, ou plutôt la civilisation d'une décennie! J'ai lu déjà deux autres titres de cette collection pour "les Nuls" et j'avoue avoir été franchement déçue par celle-ci! British History for Dummies bien que lourd à ingurgiter était franchement drôle (l'humour anglais peut-être) et même la Bible pour les Nuls avaient des pointes d'humour que je n'ai pas retrouvé dans celui-ci. J'ai trouvé ça bien dommage parce que j'aime beaucoup cette période de l'histoire chez nos voisins outre-Atlantique (a.k.a les ricains) mais que finalement je connaissais peu notre version des sixties. Je pensais en choisissant un livre un peu plus léger qu'un livre d'histoire pur et dur, mais tout de même complet ce serait moins ennuyeux à lire...Et bien je me suis trompée, pour  preuve deux semaines à me traîner de chapitres en chapitres!
J'ai certes apprécié certains paragraphes, des anecdotes ici où là et j'ai bien évidemment appris plein de choses et je ne remets pas du tout en question l'agencement des chapitres, les recherches faites etc simplement niveau plaisir de lecture je n'y ai pas trouvé mon compte!

 

Un grand nombre d'aspects sont brossés et pas seulement côté français: L'avènement de la Ve République, la guerre d'Algérie, la construction du mur de Berlin qui matérialise la frontière entre l'orient et l'occident, la guerre froide donc, le communisme, les guérillas en Amérique latine, le concile Vatican II, la course aux étoiles, la guerre du Vietnam, la guerre des six jours en Israël, le Printemps de Prague.
Stéphane Benhamou recense les avancées dans la société avec la création des planning familiaux, la légalisation de la contraception, la lutte pur les droits civiques , Mai 68 sans oublier le mouvement des Hippies, le festival de Woodstock et la naissance d'une conscience écologique puis les nouveautés d'un point de vue artistique également, le nouveau roman, la création du livre de poche et des maisons de la culture, la bande-dessinée, le rock, le cinéma mais aussi des thèmes plus ancrés dans le mode de vie des français avec la société des loisirs, de consommation, le boum des supermarchés, de l'automobile et de l'électroménager, le développements des crédits, des téléphones et ordinateurs.

En bref c'est une lecture en demi-teinte, des choses intéressantes mais des chapitres parfois ennuyeux. J'ai encore La culture générale pour les Nuls dans ma PAL, je ne lirai donc que quelques chapitres à la fois mais plus le livre dans son intégralité d'une seule traite!

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28 janvier 2010

Le swap anniversaire c'est parti!

Herisson08 s'est vue traitée de folle par sa moitié pour avoir eu cette idée ... et bien Mr Herisson, sachez que nous sommes 11 autres folles à s'être embarquées dans ce swap fou :)

L'idée est simple, envoyer chaque mois à la personne qui fête son anniversaire une enveloppe contenant une carte d'anniversaire, un livre et une 3e surprise (gourmandise ou petit objet). A son anniversaire, chaque participante recevra donc onze petits paquets :)

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Voici donc le récapitulatif des participantes avec un lien vers leurs blogs:

Janvier (2011) le 8 Cacahuete
    Février (2011?)> le 4 Latite06
    Mars > 16 Mélo
    Avril > le 8 Esmeraldae
    Mai > le 26 Emeralda
    Juin > le 22 Hélène
    Juillet > le 30 Edelwe (mister)
    Août > le 8 - Herisson08
    Septembre > le 15 Valérie
    Octobre > le 29 Isleene
    Novembre > le 6 Tiphanie
    Décembre >le 31 Mélopée


Je nous souhaite donc une très belle année ensemble qui s'annonce pleine de découvertes et de surprises!

J'en profite également pour remercier notre organisatrice pour son certificat de l'amitié et lui décerne à mon tour pour ses idées brillantes et sa gentillesse ;) ainsi qu'à Joey7lindley avec qui j'échange quelques mails et qui est très sympa et Cynthia pour qu'elle me fasse son gâteau chocolat blanc-speculoos, qui a toujours un mot gentil :)

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24 janvier 2010

Défi lecture qu'on ne s'imaginerait pas lire

Suis-je folle? oui!! ça n'est effectivement plus à prouver ... me voilà donc inscrite à un nouveau challenge! Comme l'indique le titre, ce défi consiste à lire deux livres dont nous n'aimons à priori pas le genre... J'ai donc défié Grazyel qui n'aime ni les thrillers ni les autobiographies de lire Gone Baby Gone de Dennis Lehane et Les ritals de Cavanna. Puis, j'ai été à mon tour défiée par Nathalie avec L'appel de la lune de Patricia Briggs  pour la Bit-litt et Kiss Kiss de Roald Dahl pour le recueil de nouvelles.
Ce défi  a été lancé par Lexounet222 sur Livraddict, pour s'inscrire c'est sur le sujet du forum où on trouve également le récapitulatif de tous les participants et livres à lire.

Alors alors qui est prêt à tomber ses aprioris? ou peut-être à les confirmer...

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18 janvier 2010

Eugène Labiche, La Cagnotte

la_cagnotteJe lis très peu de pièces de théâtre, je préfère aller les voir que de chercher tout le temps qui est qui, qui a dit quoi et qui fait quoi dans les didascalies. Bien souvent les intrigues me plaisent, les personnages aussi (hormis Coriolanus de Shakespeare, je ne peux plus le voir en peinture celui-là !)

J’ai donc apprécié cette lecture, La Cagnotte se trouve dans ma PAL depuis des années (avant même probablement que le concept de PAL ai été inventé puisqu’il date des années collège de ma sœur. (non elle n’est pas si vieille mais la blogosphère n’était pas encore à son apogée)

Labiche met donc enseigne une petite « société » de la Ferté-sous-Jouarre (en Seine et Marne aujourd’hui) qui se réunie le soir pour jouer aux cartes. Il a M. Champbourcy (rentier), Colladan (riche fermier), Cordenbois (pharmacien), Baucantin (percepteur), Félix (jeune notaire) et deux demoiselles : Blanche (fille de Champbourcy) et Léonida sa sœur célibataire.

Lors de leurs parties de cartes, les amis misent quelques sous qu’ils conservent dans des tirelires. Ces tirelires sont au nombre de quatre, ils décident donc un soir de compter l’argent qui s’y trouve et de « manger la cagnotte » ensemble.

C’est ainsi que ces provinciaux se retrouvent à Paris le jour du mardi gras. Les péripéties vont s’enchainer au détriment des personnages qui ne comprennent pas toujours ce qui leur arrive. Nous sommes donc dans le comique de situation que Labiche manie avec adresse.

Il nous dépeint une bourgeoisie provinciale dont l’une des préoccupations principales (si ce n’est La préoccupation principale) est l’argent pour les hommes, le mariage pour les femmes. Les portraits sont donc assez caricaturaux, chaque personnage est caractérisé par sa profession ou sa façon de parler. Labiche met en évidence le choc entre la vie parisienne et la vie en province. De même le thème de la nourriture est récurrent les amis veulent « manger la cagnotte » et se retrouve donc dans un restaurant de la capitale à commander les plus délicats.

Le comique de situation est basé sur des quiproquos dont les personnages peinent à s’extirper, sur la gaucherie des personnages. On peut se moquer d’eux tant qu’on le veut :). En résumé donc j’ai passé un agréable moment avec Labiche ;)

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14 janvier 2010

Suze Rotolo, Le Temps des possibles, Greenwich Village, les années 1960

le_temps_des_possiblesVoilà que je referme Le temps des possibles et que je me dis mais comment c’est déjà terminé ? Encore ! J’en veux encore !

Comme certaines l’auront déjà compris j’aime beaucoup les années 1960 et ce livre fut donc pour moi un vrai régal, une petite merveille 348 pages dont il va m’être difficile de rendre compte. Je ferai donc ça plutôt de façon linéaire et surtout grâce à certaines citations que j’ai relevées. Mais pour commencer un mot sur Suze Rotolo. Issue d’une famille d’immigrés italiens communistes elle a grandit dans le Queens et a rencontré Bob Dylan au début des années 1960. C’est ainsi qu’elle s’est plongée dans l’univers folk qui régnait à Greenwich Village. Bob Dylan est omniprésent dans le temps des possibles, c’est d’ailleurs d’après le titre d’un de ses albums que le titre original a été choisi : A Freewheelin’ Time, a mémoir of Greenwich in the Sixties. J’ai donc eu au début un peu peur que cela finisse par m’ennuyer je ne suis pas tellement adepte des biographies. Mais non finalement, Suze Rotolo tente de nous livrer son ressenti par rapport à sa relation avec Bob Dylan, elle nous le dépeint telle qu’il était à l’époque dans la sphère privée et dans la sphère publique avec une certaine admiration mais aussi un soucis de vérité qui parfois nous livre un Bob Dylan antipathique. C’est aussi l’occasion pour elle de nous parler de sa famille, des Etats-Unis où il ne fait pas bon vivre étant communiste, de la montée de la musique Folk, du mouvement pour les droits sociaux, de l’art, de ses interrogations sur la place de la femme à l’heure où le féminisme n’était pas encore d’actualité…Son écriture est fluide, plaisante à lire. On a simplement l’impression de suivre le cheminement de ses pensées.

Elle annonce dès le début qu’elle va  nous livrer ses propres souvenirs d’une époque aujourd’hui révolue : «  J’ai rencontré Bob Dylan en 1961. J’avais dix-sept ans et il en avait vingt. Ces quelques pages sont les souvenirs de ma vie qui sont intimement mêlés à la sienne lors de nos années d’apprentissage. »

« Les années 1960 ont été fabuleuses – une décennie de protestation et de rébellion. Une génération entière avait le droit de boire et de mourir à la guerre à dix-huit ans mais n’avait pas le droit de voter avant vingt-et-un. La crise était inévitable. Les conversations devenaient des chansons, les chansons provoquaient des discussions. On organisait des marches pour les droits civiques, des marches contre la bombe, des marches contre l’escalade de la guerre au Vietnam. Mais c’était aussi des marches en réaction à la rigidité morale des années 1950 ; La Beat Generation avait ouvert une brèche, et nous, la génération suivante, nous y sommes engouffrés. »

Suze Rotolo a donc grandi dans une famille italienne aux idéologies communistes pendant les années 1950 pendant lesquelles la guerre froide était à son apogée sous le Général Heisenhower et la chasse aux sorcières lancée par McCarthy : le régime du tout noir ou du tout blanc comme elle l’appelle. Métaphore appropriée quand on sait que les années 1950 sont aussi marquées par la ségrégation dans les états du sud. C’est effectivement en 1958 qu’ont commencées les « Freedom Rides » pour demander l’égalité entre blancs et noirs.  Suze était engagée dans ces marches et ces sit-in, elle distribuait des tracts devant les magasins Woolworth qui pratiquait la ségrégation dans le sud, elle a assisté au discours de Martin Luther King en Août 1963 à Washington.

Sa rencontre avec Bob Dylan avant qu’il ne devienne le Dylan Folk nous donne un aperçu de Greenwich village et tous les artistes, musiciens et chanteurs qu’elle y a rencontré. Elle nous parle des précurseurs de la Folk, d’Alan Ginsberg et de Woody Guthrie… Tout ça m’a rappelé mes cours de L3 avec un prof super sexy tout droit arrivé de Chicago. Ses cours étaient passionnants, ce n’est pas lui qui m’a transmis ce goût pour les sixties mais il y a ajouté sa pierre.

En 1962 elle part étudier en Italie. Sa séparation avec Bob est douloureuse. Ils s’écrivent. Certains passages de ses lettres deviendront des chansons. Il lui fait part des chansons qu’il écrit, lui écrit celles où il parle d’elle (Bob Dylan’s blues, Down in the Highway, I’m in the mood for you) Elle rentre en Décembre 1962 quelques temps avant la sortie de l’album Freewheelin’ Bob Dylan.

L’été 1963 verra la popularité du chanteur Folk s’accroitre notamment grâce à sa rencontre avec Joane Baez et au festival de suze_rotoloNewport : « Une énergie particulière régna sur ce festival. Les concerts furent magnifiques et tout le monde sentait que nous étions à la veille de quelque chose d’important. La folk avait remporté la partie. Des gamins révoltés venus des quatre coins du pays, qui attendaient de passer à l’action, venaient de se rencontrer. »

La première moitié des années soixante c’est aussi l’élection puis l’assassinat de Kennedy et de son « meurtrier » Lee Harvey Oswald (cf mon billet sur JFK de Jim Garisson) C’est l’époque où « la culture jeune était en pleine éclosion. Les jeunes étaient furieux contre la société telle qu’elle était. »

La fin de l’année 1963 fut donc un tournant dans l’histoire des Etats-Unis : « L’année avait été compliquée, pleine de hauts et de bas, rythmés par des évènements tristes, terribles, des soulèvements et des changements pour le meilleur et pour le pire. Un parfum d’anticipation flottait dans l’air. »

Avec ce changement d’atmosphère sont venus également les changements dans le couple Bobby-Suze. Suze était étouffée par la personnalité de Bob et ne pouvait pas supporter d’être « la nana de », unique reconnaissance à laquelle avaient droit les copines ou femmes de chanteurs à l’époque. Les femmes de manière générale étaient toujours femme de. Suze retourne donc vivre avec sa sœur mais ne cesse pas pour autant de fréquenter Bob Dylan et son cercle d’amis à Greenwich village. C’est à cette époque que sort l’album de Dylan Times They Are A-Changin’

Suze ne supporte plus ces gens qui se rapprochent d’elle pour se rapprocher du chanteur : « On dit qu’il est très secret : « Pourquoi ne se dévoile-t-il pas plus ? » Je n’ai jamais compris ce que cela signifie.. Les chansons et les poèmes révèlent le cœur même de l’artiste. Bob Dylan est son œuvre. Quand on analyse les paroles il y a une limite à ne pas dépasser si l’on ne veut pas anéantir l’art. A quel moment la dissection commence-t-elle à nuire à la magie des mots ? »

Suze participe au voyage à Cuba pour braver le décret qui interdit de se rendre sur l’île. Elle passera par Londres, Paris et Prague avant de se rendre à La Havane pour déjouer les douanes américaines. 0 son retour son passeport sera invalidé. La suspicion contre « les rouges » est partout. Parallèlement, les manifestations contre la guerre du Vietnam se font plus fréquentes, l’air des Beatles gagne les Etats-Unis.

« Les jeunes filles de bonne famille n’avaient pas une mèche qui dépassait et tout jeune homme respectable devait afficher une coupe de cheveux avec la nuque dégagée. Tout le monde devait être gominé et dans la norme. Les Beatles étaient propres sur eux mais avec les cheveux longs. Message contradictoire. Un vent de liberté commençait à souffler. »

Après sa rupture avec Bob Dylan tout s’accélère, Suze s’inscrit aux cours du soir de la faculté d’Harvard, elle fait l’expérience des transes sans même prendre de drogue, elle reprend un appartement avec son amie Janet qu’elle retrouvera en Europe quand elle repartira en 1967 pour l’Italie, Et puis Suze s’arrête et nous donne sa conclusion des années 1960. J’avais envie que cela continue après 1967… mais c’est ainsi, « les années 1960 furent une décennie de remise en question, de curiosité et de refus de la répression politique et sociale qui régnait dans les années 1950. La nouvelle génération qui ruait dans les brancards, ainsi que ceux qui observaient et critiquaient, n’était pas animée par la loi du marché : elle n’avait pas quelque chose à vendre mais quelque chose à dire. »

J’ai recommencé mon billet plusieurs fois enlevés des choses puis rajouté…et je ne suis toujours pas satisfaite. Je n’ai pas l’impression de rendre le plaisir qu’a pu me donner Suze Rotolo à la lecture de son histoire, de ses anecdotes, de ses sentiments. Et pourtant c’est un livre fort en émotion et très intéressant d’un point de vue culturel et civilisationnel.

Je dois dire un grand merci à Joey7lindley parce que c’est elle qui m’a offert ce livre dans le cadre du swap nouvel an organisé par Herisson08. Merci à toutes les deux pour cette très belle découverte.

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12 janvier 2010

Et un challenge, encore un!

Fashion et Stéphanie ont lancé un challenge au nom mystérieux de Lunettes noires sur pages blanches, mais qu'est ce donc? Un Challenge sur le cinéma et la littérature! Quoi de mieux pour se mettre dans le bain avant Books and the City? Je ne pouvais pas résister! Il me faut donc lire  avant le 31 Décembre 2010 un roman qui a été adapté à l'écran, voir son adaptation et faire un billet qui compare les deux. Je n'ai pas encore choisi le titre je verrais si un des bouquins de ma PAL s'y prête bien :) et vous, vous en êtes?

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09 janvier 2010

Caroline Sers, La Maison Tudaure

La_maison_TudaureQuatrième de couverture : « Quels secrets recèle la maison Tudaure, une demeure isolée, abandonnée depuis plusieurs décennies ? Claude, un adolescent un peu bizarre, aime venir contempler cette bâtisse qui ne ressemble pas à celles du village avec son toit biscornu et ses volets percés. Jusqu’au jour où il remarque quelque chose d’inhabituel. Il préfère taire sa découverte. Quand, peu après, les gendarmes convoquent les villageois pour les interroger, il n’en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres. Car, chez ces gens-là, on se méfie des autorités et des curieux. Mais il semble pourtant que la forêt dissimule bien des faits sordides… Caroline Sers, auteur de Tombent les avions (prix du Premier Roman 2004), dose habilement le suspense… »

Comme on dit dans le jargon littéraire, l’histoire commence in medias res. Nous ne sommes pas invités à découvrir les personnages, nous les rencontrons directement au café de Jean comme si nous les connaissions déjà. C’est alors que l’adjudant Marty débarque pour interroger les clients (dont nous faisons un peu partie nous aussi !). Ces gens ne semblent pas aimer le police et encore moi l’adjudant Marty. Ils n’entendent pas le laisser faire la loi dans leur village.

Il m’est quelque peu difficile de faire un résumé sans dévoiler quoi que ce soit je vais donc m’abstenir et donner simplement mes impressions d’une façon assez décousue, comme l’histoire d’ailleurs !!

En effet, Caroline Sers ne suit pas une trame chronologique et linéaire des évènements mais fait des bonds dans le passé sans qu’on s’en aperçoive immédiatement. Personnage du passé, enfants, et personnages du présent adultes ayant eu des enfants se côtoient d’une page à l’autre. Ce n’est pas par pur plaisir d’embrouiller le lecteur, non, c’est une découverte macabre dans les bois qui n’est pas sans rappelé un évènement survenu des années auparavant quand les adultes de l’histoire avaient une dizaine d’années tout au plus. Tout ce petit monde évolue dans un village retiré et difficile d’accès (routes qui rejoignent le village en mauvais état), ils donnent une impression de villageois un peu bourrus qui vivent en autarcie et ne veulent pas que des étrangers au village viennent perturber leur petite vie tranquille. Caroline Sers nous donne donc l’impression pendant 219 pages d’être hors du temps, là où les mentalités n’ont pas encore changé. J’ai aimé l’écriture simple et directe. Les descriptions, les personnages caractérisés par un trait de caractère comme Claude, doux rêveur ou par leur profession, Jean le cafetier, la boulangère, le vétérinaire etc. J’ai tout de suite été plongée dans cet univers pittoresque de campagne.

Ce livre soulève quelques questions au sujet de la presse et de son ingérence dans les enquêtes policières, de sa façon de relier des évènements entre eux, d’en rajouter pour vendre et éveiller la suspicion. La vision justement qu’ont les médias mais aussi les habitants des grandes villes sur les petites villages. La suspicion des villageois à l’égard des citadins. Mais surtout, le non-dit et la solidarité dans les villages.

J’ai donc beaucoup aimé ce livre mais j’ai regretté cependant que la Maison Tudaure n’est finalement pas une place si centrale que ça dans le roman.

J’ai parfois trouvé les histoires de chacun par rapport aux évènements un peu tirées par les cheveux, et la conclusion m’a laissée un goût d’inachevé ! Que va-t-il arriver à Claude, auquel je me suis attachée ? Est-ce qu’un père agirait vraiment de la sorte avec son fils ? (pour comprendre de quoi je parle il faut lire l’épilogue vous m’excuserez donc de ne pas en dire plus !)

Deux extraits :

D’abord, p32 la description de la Maison Tudaure : « Quand on observait la bâtisse depuis la route, face à la porte d’entrée, on était frappé par la symétrie de la façade. Les fenêtres se répondaient, les ornementations au-dessus de la porte étaient rigoureusement semblables à celles qui surmontaient les meurtrières, et seules deux des tours étaient visibles, de part et d’autre du corps de logis. Mais si l’on faisait quelques pas à droite ou à gauche apparaissaient les éléments qui donnaient toute sa beauté et son étrangeté à l’édifice. La troisième tour se dévoilait, plus petite que les autres. […] Là, les ouvertures donnaient le sentiment que les demi-étages étaient légion, les appendices foisonnaient, et le regard se perdaient dans les décors étranges apposés sur les pierres sombres. Une fantaisie architecturale, une folie… »

Et un extrait du journal concernant la découverte dans les bois que le journaliste relie à un évènement du passé p 80 : «  Le village est d’ailleurs connu pour l’affaire qui s’y déroula il y’a près de cinquante ans, et dont les circonstances font dire aux anciens que les démons du passé sont revenus. Les horreurs ont parfois la vie longue, et de la mémoire… »

Je dois cette agréable lecture à Blog-O-Book et aux Editions Le Livre de poche que je remercie pour ce partenariat!

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