23 novembre 2016

Honoré de Balzac, Le Lys dans la Vallée

le lys dans la vallée

Quatrième de couverture:

"Félix de Vandenesse tombe éperdument amoureux de la comtesse de Mortsauf, jeune femme vertueuse mariée à un vieil homme insupportable. Fidèle à ses valeurs, elle lutte contre le désir qui l'envahit peu à peu."

(il s'agit de la quatrième de couverture de l'édition Flammarion)

Le sous-titre étant Le drame d'un impossible amour, le ton est donné avant même d'ouvrir ce roman. Comme tout classique il faut d'abord s'habituer à l'écriture pour entrer complètement dans l'histoire, mais une fois qu'on a pris son aise, quel plaisir! Je conçois qu'il soit difficile d'yn entrer mais comment peut-on dire que c'est ennuyeux, c'est tellement beau! Cet amour platonique entre le narrateur et la comtesse de Mortsauf, la description de cette vie dans la vallée de l'Indre, cette époque, les convenances, tout est intéressant à lire, à découvrir ou redécouvrir sous l'oeil un peu naïf de Maxime. Et tout au long de leur histoire ce suspense intense (ok j'exagère) cèdera-t-elle? ne cèdera-t-elle pas? Cela peut-il durer? Comment cela peut-il finir? J'ai volontairement tronqué la quatrième de couverture de Flammarion pour ne pas dévioler trop d'informations sur l'issue de cet amour. Le roman s'ouvre sur une lettre adressée à une femme, la fin permet de mieux comprendre cette première lettre et le déroulé de l'histoire, et, cette histoire du 19e siècle peut finalement trouver écho dans les réactions d'une femme du 21è siècle. En effet, Balzac s'interroge sur le passé amoureux et ses conséquences dans les prochaines relations, je pense que c'est tout le débat interne qu'on peut aussi avoir aujourd'hui. Veut-on connaître les histoires précédentes de la personne qu'on aime, ou préfère-t-on ne rien savoir... Je suis vraiment contente d'avoir sorti ce roman de ma PAL, il y est depuis très longtemps et je me demande pourquoi je ne l'avais pas lu avant (bon sans doute que la taille de la police, très petite, y est pour quelque chose.

objectif pal

 

(32/31)

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 4  (dans ma PAL depuis que j'ai une PAL)

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16 novembre 2016

Orianne Charpentier, Après la vague

apres-la-vague

Quatrième de couverture: "Ce jour-là, tout a basculé. En quelques minutes la mer turquoise est devenue un monstre qui a tout balayé, hommes, femmes, enfants et villages entiers... Ce jour de tsunami, en 2004, Max, 16 ans, a perdu sa jumelle Jade. Il a aussi perdu le goût de vivre. Ce roman raconte son parcours et de sa quête pour la vie."

Ce roman se lit très facilement, les pages se tournent toute seule, Orianne Charpentier se met dans la peau d'un adolescent de 16 ans en vacances en Indonésie avec ses parents, son grand frère et sa soeur jumelle au moment du tsunami qui a ravagé l'océan indien en 2004. Elle imagine l'avent, le pendant, et l'après. Une vie à reconstruite, dévastée par une vague monstrueuse. Il y a de l'émotion forcément mais dès le départ le personnage de Max m'a paru antipathique, et même s'il fait amende honorable quand il tente de se reconstruire, je suis restée sur ma première idée négative, j'ai donc eu du mal à ressentir de l'empathie pour ce narrateur. Sa fuite en avant m'a semblée un peu superficielle, le tout sonnait un peu faux. Je ne garderai donc pas un souvenir imperissable de cette lecture. 

lire sous la contrainte 

(titre qui commence par une voyelle)

 

objectif pal

( 31/31 youhouuuuuuuu mon objectif de l'année est atteint!!!) 

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 3  (dans ma PAL depuis octobre 2015)

11 novembre 2016

Fred Vargas, L'armée furieuse

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Quatrième de couverture:"Avec sa petite blouse à fleurs et son air timide, Valentine Vendermot et son histoire de fantômes ne sont pas de taille à mobiliser une brigade parisienne. Pourtant, le commissaire Adamsberg a très envie de s'intéresser à cette chevauchée nocturne dans le bocage normand. Il délègue l'enquête en cours et se rend sur les lieux : Ordebec, son église, son bistrot, son chemin de Bonneval, ses crimes atroces."

J'avais noté ce titre à sa sortie mais j'ai attenu un petit moment avant de l'ouvrir, j'aime généralement ce que fait Fred Vargas mais c'est parfois assez pointu et ça requiert un peu de concentration. Dans ce roman c'est assez clair, les rebondissements sont étonnants mais restent vraisemblables, même si tout le monde tend à croire qu'une armée de morts, vieille de plusieurs siècles a décidé de s'en prendre à quatre villageois d'Ordebec. Le doute plane, il y a les sceptiques, ce qui y croient, et ceux que ça arrangent bien qu'on y croit. Et c'est ce que j'aime avec Fred Vargas, la frontière entre le fantastique et le réel est souvent bien mince mais elle n'est pas franchie, rappelons que c'est un policier, pas un roman fantastique.

J'ai beaucoup aimé retrouvé le commissaire Adamsberg, toujours aussi lunaire, Danglard, toujours aussi savant et les autres. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, entre un vieux comte amoureux, une famille de parias et un flic dont l'ancêtre était dans l'armée Napoléonienne... C'est juste dommage qu'on en sache pas un peu plus sur l'origine de cette légende de la Mesnie Hellequin, ça m'aurait intéressé d'en savoir plus.

Parallèlement, Adamsberg mène une autre enquête sur la mort d'un vieux riche entrepreneur. Ses fils sont soupçonnés mais le coupable est vite trouvé, Momo pyromane bien connu des services de police. Quand je dis qu'Adamsberg mène l'enquête j'exagère, l'enquête se mène un peu toute seule, ou d'autres la mène pour lui. Ce que ce roman met en lumière c'est surtout les passe-droit de la haute bourgeoise, la connivence entre un compte riche propriétaire terrien et un juge. Et je suis persuadée que ce n'est pas loin de ce qui se pratique.

Je me demande parfois comment les enquêtes d'Adamsberg peuvent bien se résoudre vu comme il est parfois à côté de ses pompes. Je regrette de n'avoir pas croisé Camille ou Mathilde ici ou là, mais on fait la connaissance de Zerk. J'ai bien apprécié cette lecture, un bon pager turner, je ne l'ai pas laché des vacances.

 

 

objectif pal

( 30/31) 

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 2  (dans ma PAL depuis Juin 2015)

 

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08 novembre 2016

Catherine Poulain, Le grand marin

le grand marin

Quatrième de couverture: "Une femme rêvait de partir. De prendre le large. Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait : à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle. Dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures… C’est la découverte d’une existence âpre et rude, un apprentissage effrayant qui se doit de passer par le sang. Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade. Traîne dans les bars. En attendant de rembarquer. C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin. "

Cette lecture m'enthousiasmait beaucoup, j'aime parfois ces romans à la Into the wild où il est question de soi, de nature et de dépasser ses limites. Pour moi Le grand marin entre dans cette catégorie. Lili est un petit bout de femme qui a laissé sa vie en France pour aller pêcher en Alaska. On ne sait rien d'elle, tout comme on sait peu de choses de tous ces pêcheurs qui n'ont de vie que sur leur bateau ou dans les bars du port. J'ai beaucoup aimé la première partie, celle qui donne à voir cette petite bourgade de Kodiak, une île au sud de l'Alaska, au sud certes mais ça reste le grand nord. Les conditions climatiques sont difficiles, il ne semble y avoir que le froid et l'océan. Les conditions de pêche sont rudes, fatigue, froid, mauvaise météo, nuit, manque de nourriture variée sont le lot de ses pêcheurs au large. Et pourtant ça donne presque envie, la nature, les codes, le fait de se surpasser. 

Mais, parcequ'il y a un mais, j'ai été déçue par la seconde partie, celle justement sur ce grand marin. Lili s'éloigne de son objectif premier, elle qui voulait justement aller au delà de ses limites se perd un peu. Disons que j'ai trouvé ça un peu stéréotypé quant aux femmes. Je pourrai développer plus mais j'ai peur d'en dire trop.

Ah et aussi au bout d'un moment tout cet alcool ça m'a saoulée (bon ok elle était facile), je pense en effet que c'est omniprésent dans la vie de ces pêcheurs, "repeindre la ville en rouge" comme c'est souvent évoqué dans le livre est la première chose à faire quand on rentre au port mais j'ai été agacée par cet immobilisme. Se saouler, repartir en mer, rentrer, se saouler and so on... 

En bref donc c'est une lecture mitigée, l'Alsaka et le grand large m'ont fait rêver mais la promiscuité du port et les choix de Lili n'ont pas répondu à mes attentes de grand air.

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05 novembre 2016

Patrick Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

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Quatrième de couverture:

« – Et l'enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l'enfant? 
– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie... 
– Ils l'avaient certainement inscrit à une école... 
– Oui. À l'école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d'une grippe. 
– Et à l'école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage... 
– Non, malheureusement. Ils ont détruit l'école de la Forêt il y a deux ans. C'était une toute petite école, vous savez...»

Souvenez-vous, j'ai découvert Patrick Modiano récemment avec Dora Bruder que j'ai beaucoup aimé, pourtant j'ai eu beaucoup plus de mal avec ce titre-ci. Beaucoup de mal à le lire, à le comprendre. Pourtant c'est de nouveau une quête, non plus celle d'une jeune femme, mais celle du narrateur instiguée par d'autres perosnnages ayant retrouvé son carnet d'adresse. Indirectement ils obligent le narrateur à se souvenir de son enfance, de l'époque où il était jeune homme, pourtant cela semble bien enfoui, il ne se souvient plus des lieux, des gens ou plutôt si mais il semble l'avoir volontairement oublié. Il tourne autour de ses souvenirs, sans qu'ils soient jamais clairs, que recherche ces gens? Et lui, que veut-il savoir? Plusieurs chronologies sont déroulées, la quête semble avoir débutée déjà des années auparavant. J'ai vraiment été confuse pendant cette lecture. Cet entretien avec Patrick Modiano sur le site de Gallimard m'a un peu éclairée...

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02 novembre 2016

Laurie Halse Anderson, Vous parler de ça

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Quatrième de couverture:

"Melinda Sordino ne trouve plus les mots. Ou plus exactement, ils s’étranglent avant d’atteindre ses lèvres. Sa gorge se visse dans l’étau d’un secret et il ne lui reste que ces pages pour vous parler de ça. Se coupant du monde, elle se voit repoussée progressivement par les élèves, les professeurs, ses amis, et même ses parents. Elle fait l’expérience intime de la plus grande des injustices : devenir un paria parce que ceux dont elle aurait tant besoin pensent que le mal-être, c’est trop compliqué, contagieux, pas fun. Melinda va livrer une longue et courageuse bataille, contre la peur, le rejet, contre elle-même et le monstre qui rôde dans les couloirs du lycée."

J'avais repéré ce titre sur la blogo et je suis contente de l'avoir sorti de ma PAL. Si le sujet du roman est assez commun, une adolescente américaine mal dans sa peau et rejetée par ses pairs, la manière de le traiter diffère un peu. Dès le départ on sait que la narratrice porte un lourd secret mais on ne sait pas de quoi il est question, on le devine, on le pressent, on glane les infos jusqu'à être clairement fixé. Ce qui nous interpelle c'est de savoir comment cette fille populaire est devenue le temps d'un été la paria du lycée et la véritable raison du rejet des autres n'en est que plus révoltante. 

Encore une fois l'on découvre ce système de clans à l'américaine, les sportifs, les pom-pom girls, les intellos, les membres de tel ou tel club etc. Si la popularité, les groupes sont bien présents dans les cours de récréation française j'ai l'impression que c'est quand même moins cloisonné, et qu'il est peut-être plus facile de passer d'un groupe à l'autre, encore que... Je me berce peut-être d'illusions, les ados sont parfois très cruels les uns envers les autres!

J'ai aimé le parallèle qui est fait tout au long du livre avec l'oeuvre que doit réaliser Mélinda pour le cours d'art plastique, tatonner, se tromper, recommencer, persévérer, telle est la leçon de vie que tente de leur inculquer ce professeur un peu hors norme, rejeté lui aussi par ses confères car peu conventionnel. Et c'est pourtant la seule figure adulte qui semble à l'écoute de Mélinda, les autres enseignants sont très caricaturaux et les parents de Mélinda brillent par leur absence. Ils m'ont d'ailleurs parus très antipathiques! Difficile donc pour cette jeune fille de faire face à sa souffrance et à toute cette indifférence!

objectif pal

(29/31)

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 1  (dans ma PAL depuis Août 2015)

 

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01 novembre 2016

Objectif PAL de Novembre

Antigone  qui était à l'initiative de l'objectif PAL reprend du service avec Anne pour le mois de Novembre. Rien ne change, il suffit de lire un maximum de livres issus de sa PAL au courant du mois de novembre.

Je poursuis mon challenge perso qui est de lire au moins 31 livres de ma PAL cette année, objectif presque atteint, ce mois de novembre tombe à pic pour donner un dernier coup de fouet!!

 

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Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne

 

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Une petite photo de ma PAL

demain je vous parlerai d'un roman jeunesse dans ma PAL depuis Août 2015

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30 octobre 2016

Guinevere Glasfurd, Les mots entre mes mains

les mots entre mes mains

Quatrième de couverture:

"Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le coeur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?
En dévoilant cette relation amoureuse avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse, en avance sur son temps, et révèle une autre facette du célèbre philosophe français.
Un roman de passion et de liberté qui nous plonge dans une fresque envoûtante des Pays-Bas au « siècle d’or », à la manière de La Jeune Fille à la perle."

En lisant les avis sur les autres titres des Match de la Rentrée littéraire j'étais presque déçue d'avoir choisi ce titre, Chanson douce, Baby Spot, Petit Pays et Police me tentaient finalement beaucoup. Quand j'ai relu la quatrième de couverture des Mots entre les mains, je me suis à nouveau demandé "mais qu'est ce qui m'a pris?" Mais dès les premières pages j'ai accroché, à l'écriture, à l'histoire, aux personnages, à l'époque, en bref cette lecture m'a beaucoup plue et je n'ai ensuite plus du tout regretté mon choix!!

Guinevere Glasfurd décrit très bien l'époque je me suis rapidement projetée dans l'Amsterdam du 17è siècle. L'histoire de cette jeune fille est intéressante, sa condition de servante ne semble pas coller à son niveau d'instruction et pourtant elle s'accomode très bien de sa tâche, sans amertume ni ressentiment, au contraire, le bien-être de son employeur lui tient à coeur. Pour autant elle n'oubblie pas l'importance pour une fille de savoir lire,écrire, compter pour s'élever. Pour autant sa relation avec le philosophe français n'est pas un calcul. Leur histoire est sincère, naturelle bien que compliquée. Descartes, bien que controversé, cherche à se faire publier, Héléna n'est qu'une simple servante, le milieu social, la religion, tout les oppose. Pour ce qui est de la suite de leur histoire je vous laisse la découvrir... J'ai juste regretté que la fin soit si rapide, j'aurais aimé en découvrir un peu plus, de la même manière que l'histoire de certains personnages secondaires auraient gagnée à être un peu plus développée, que s'est-il passé pour le frère d'Héléna aux Indes, qu'est devenue la servante à qui Héléna apprend à lire?

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Titre sélectionné par Leiloona

16 octobre 2016

Grand Corps Malade, Patients

Patients

Quatrième de couverture:

«J'ai envie de vomir.

J'ai toujours été en galère dans les moyens de transport, quels qu'ils soient. J'ai mal au coeur en bateau, bien sûr, mais aussi en avion, en voiture... Alors là, allongé sur le dos à contresens de la marche, c'est un vrai calvaire.

Nous sommes le 11 août et il doit bien faire 35 degrés dans l'ambulance. Je suis en sueur, mais pas autant que l'ambulancier qui s'affaire au-dessus de moi ; je le vois manipuler des tuyaux, des petites poches et plein d'autres trucs bizarres. Il a de l'eau
qui lui glisse sur le visage et qui forme au niveau du menton un petit goutte-à-goutte bien dégueulasse.

Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés...

Bref, je sens qu'on va bien s'amuser.»

 

J'ai apprécié cette lecture. En ce qui concerne le contenu, difficile de critiquer le récit de cette épreuve traversée par l'auteur, Grand Corps Malade, Fabien pour les intimes, raconte son accident, sa prise en charge aux urgences et sa convalescence dans un centre pour accidentés de la route. C'est dur, très lent et parfois sans espoir. Mais comme on le sait Fabien s'en est sorti, il marche et vit normalement, ce n'est pas le cas de ses camarades d'infortune. Il nous fait part justement de cette frustration qu'ont les autres à ne pas progresser, à ne voir aucune amélioration de leur état, il y a ceux qui restent plusieurs mois et d'autres pour qui il n'y pas de solution. Fabien nous fait part des amitiés qui se lient, du besoin de tuer le temps ou du personnel du centre. Deux livres de suite qui me font penser au film Mon roi.

L'écriture quant à elle est percutente, je me suis surprise plusieurs fois à lire comme un slam, à scander les mots dans ma tête comme si c'était l'auteur lui-même qui les mettait en musique. Le rythme de elcture est donc très rapide, comme si tout était sorti d'une traite, comme une libération. Un témoignage très intéressant à lire donc...

 

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05 octobre 2016

Leïla Slimani, Dans le jardin de l'ogre

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Quatrième de couverture:

«Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt. 
Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.»

J'ai choisi ce roman presque au hasard, et le hasard fait visiblement bien les choses. N'ayant pas de "méchants" dans ma PAL pour cette session de Lire sous la contrainte j'ai porté mon choix sur un livre de la bibliothèque. Leïla Slimani est une jeune écrivain que je ne connaissais pas, si ce n'est pour ces matchs de la rentrée littéraire, avec Chanson douce qui ne me tentait pas vraiment. Sauf que non seulement j'ai aimé Dans le jardin de l'ogre, mais maintenant j'ai aussi envie de lire Chanson douce!!

 J'ai beaucoup aimé l'écriture, c'est assez brutal, en adéquation avec le sujet du roman. Certaines scènes sont assez violentes, la langue est plutôt crue mais ça ne m'a pas dérangée, le tout est empreinte d'une certaine poésie, c'est glacial mais à la fois sulfureux, très chirurgical mais en même temps on évolue comme dans du coton. Les personnages ne sont pas spécialement attachants, j'ai même ressenti une certaine pitié pour Adèle, mais pas de sympathie, tellement elle se trouve à mille lieues de ma vision de la vie et du couple. Pourtant, par certains côtés je l'ai comprise, non pas parce je suis en accord avec elle, mais parce que je pense que les femmes comme elles sont légions, les couples comme ce couple sont à mon avis très fréquents, pas au départ, mais ils le deviennent, parce que Leïla Slimani met le doigt sur un phénomène de société sans jugement apparent et qu'elle le fait bien, celui des apparences, celui du "il faut faire comme tout le monde", celui du "si tu n'as pas de mari et d'enfant passé trente ans tu as raté ta vie". Et pour compenser cela, Adèle mène une double vie, à l'extrême, comme quoi vouloir sauver les apparences à tout prix n'est pas si sain.

Attention si vous ne l'avez pas lu j'en dis peut-être un peu trop!

Le mari n'est pas en reste, il est froid et détestable, un genre de pervers narcissique à la Vincent Cassel dans Mon roi... J'ai mis du temps à comprendre le rapport avec le titre mais c'est en réfléchissant à ma lecture que j'ai mis le doigt dessus. Pendant ma lecture j'ai été un peu déçue par la fin, j'aurais aimé une Adèle différente, plus en adéquation avec son personnage de départ mais après coup je me dis que la fin n'aurait pas été aussi forte si elle avait été différente. Néanmoins je reste convaincue que les meilleurs moments sont les 150 premières pages.

 

Deux extraits:

"Adèle a fait un enfant pour la même raison qu'elle s'est mariée. Pour appartenir au monde et se protéger de toute différence avec les autres. En devenant épouse et mère, elle s'est nimbée d'une aura de respectabilité que personne ne peut lui enlever. Elle s'est construit un refuge pour les soirs d'angoisse et un repli confortable pour les jours de débauche."

"Auprès d'Adèle il a le sentiment d'avoir vécu auprès d'une malade sans symptômes, d'avoir côtoyé un cancer dormant, qui ronge et ne dit pas son nom."

 

lire sous la contrainte

(méchants: ogre)

challenge petit bac

(gros mot: OGRE)

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