09 janvier 2018

Nicolas Mathieu, Aux animaux la guerre

aux animaux la guerre

Quatrième de couverture:" Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s’en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n’ira pas en colo cet été, un ou deux reportages au 19/20 régional et puis basta.
Sauf que les usines sont pleines de types dangereux qui n’ont plus rien à perdre. Comme Martel, le syndicaliste qui planque ses tatouages, ou Bruce, le bodybuilder sous stéroïdes. Des types qui ont du temps et la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Épinal et Nancy. Une fille, un Colt .45, la neige, à partir de là, tout s’enchaîne.
Aux animaux la guerre, c’est le roman noir du déclassement, des petits Blancs qui savent désormais que leurs mômes ne feront pas mieux et qui vomissent d’un même mouvement les patrons, les Arabes, les riches, les assistés, la terre entière. C’est l’histoire d’un monde qui finit. Avec une fille, un Colt .45, la neige."

On change complètement de registre avec un roman de la collection Babel Noir, pas tellement dans mes habitudes mais c'est bien aussi de se bousculer un peu parfois. D'autant plus que la bousculade est plutôt réussie. Nicolas Mathieu sait créer une atmosphère. Ses personnages sont tous plus réalistes les uns que les autres et le décor feutré des Vosges et de la misère liée à la fermeture des usines n'est pas sans me rappeler mon Nord natal. Ces petites frappes qui tentent de survivre et qui par effet boule de neige se retrouvent mêlées à des affaires qui les dépassent sont pathétiques mais éveillent quand même un sentiment de compassion. Rita, inspectrice du travail qui se démène pour que ces hommes ne perdent pas leur emploi, ou y perdent le moins possible est touchante de détermination. D'autres comme Lydie ou Bruce mériteraient d'être un peu secoués pour les réveiller, leur dire qu'il y a un espoir ailleurs, autrement. Une chose est certaine, on ne lit pas Aux animaux la guerre pour son optimisme, c'est sombre, il n'y a pas de véritable issue, mais c'est aussi le quotidien de certaines personnes en France ou ailleurs. Les deux personnages qui m'ont véritablement émues sont Jordan et son père, qui vivotent après le décès de l'épouse, et mère. Alors que son travail à l'usine est compromis, le père essaie malgré tout de faire face pour élever son adolescent de fils. 

J'émets cependant une réserve concernant certains points, et notamment le début du roman. Je n'ai pas tellement compris pourquoi on découvre d'abord certains personnages en Algérie, à l'époque de la guerre. Certes cela nous montre les personnages sous un jour peu reluisant, mais j'ai trouvé que cela ne leur apportait rien de plus par la suite. De même que certaines questions restent sans réponse. Je vous le recommande tout de même parce qu'il est assez prenant. 

Un petit extrait qui m'a marquée: "C'était ça l'usine, un monde de peine et de réconfort, un monde qui n'avait cessé de rapetisser d'ailleurs, passant de plus de deux cent cinquante bonshommes à trois fois rien. Quarante qu'ils étaient désormais. Patrick aimait mieux ne pas penser à ce qu'il adviendrait si l'usine devait fermer. Les gars se connaissaient tous depuis l'enfance ou quasiment. Certains ouvriers avaient vu leur père travailler là avant eux, d'autres passaient la main à leur fils. Par le apssé, les patrons venaient vous cueillir à la sortie du collège, après le certif' et il arrivait qu'on s'engouffre là-dedans jusqu'à la retraite. L'usine avait dévoré des générations complètes, survivant aux grèves, nourrissant les familles, défaisant les coupes, esquintant les corps et les volontés, engloutissant les rêves des jeunes, les colères des anciens, l'énergie de tout un peuple qui ne voulait plus d'autre sort finalement.

challenge petit bac

(ANIMAUX: ANIMAUX)

Je termine ma 2e ligne avec ce dernier titre pour l'édition 2017 du Challenge petit Bac d'Enna, je vous poste un recap de mes deux lignes demain, et bien sûr je renouvelle ma participation avec les nouvelles catégories pour 2018!

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07 janvier 2018

Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs (tome 3 et 4)

3bettina

Quatrième de couverture: (tome 3, Bettina) "Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill'Hervé. Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s'est résignée à louer la chambre des parents.[...]"

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Quatrième de couverture: (tome 4, Geneviève) "L'été a vidé la Vill'Hervé. Hortense et Enid sont à Paris, pour voir leurs cousins, Désirée et Harry. Bettina est partie camper avec les DBB. Charlie se demande toujours comment faire pour nourrir, loger et blanchir tout son monde. Geneviève passe ses journées à la plage à vendre des chichis et des churros en regardant passer les bateaux, les pédalos, les glaces à l'eau et surtout le ténébreux Vigo.[...]"

Quel plaisir de retrouver toute la tribu des soeurs Verdeleine. Il ne m'aura pas fallut longtemps pour terminer cette tétrade, mais pourquoi donc n'y a-t-il pas un tome pour Charlie? D'ailleurs je n'étais sensée en lire qu'un et garder le dernier pour plus tard, mais à peine le tome 3 fermé je ne pouvais aps résister à l'envie de prolonger un peu cette parenthèse poétique. Malika Frdjoukh nous emmène totalement dans son univers, à la fois très actuel et lié à la réalité des adolescents de nos jours, et en même temps on retrouve le côté un peu désuet, lié sans doute aux prénoms des personnages et à l'écrtiure. J'ai préféré le tome 3 au tome 4 que j'ai trouvé un brin plus réaliste. J'ai volontaire coupé les résumés des quatrièmes de couverture qui en dévoile un peu trop sur l'histoire, et c'est assez dommage. Le quatrième tome traite de sujets un peu plus difficiles, et qui m'ont aprfois semblé un peu trop lourd à porter pour des enfants, surtout pour Hortense, seule à Paris avec ses petits cousins, alors qu'elle a à peine 12 ou 13 ans. 

Ce sont de beaux livres à décourvir, et à faire découvrir à vos ados, pas trop tôt cependant, je pense que je vais succomber aux bandes-dessinées!

 

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05 janvier 2018

Laetitia Colombani, La tresse

la tresse

Quatrième de couverture:

"Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.
  
Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
  
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
  
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
  
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité."

 

C'est en écrivant mon billet que je découvre que l'auteur est française, dans mon esprit elle était italienne... Bon ça ne change rien à ma lecture ou à mon ressenti mais c'est drôle.

J'ai apprécié cette lecture. Les décors et personnages sont vite plantés. Leurs histoires et leurs destins sont intéressants. Ma préférence allant aux personnages indiens, tant je trouve révoltantes ces histoires de castes. J'ai apprécié le personnage de Gigulia mais surtout le décor dans lequel elle évolue, ainsi que son travail peu commun finalement. Sarah m'a un peu moins plu, le côté cariériste qui délaisse sa famille m'a semblé un peu trop stéréotypé. Chacune de ces femmes est indirectement liée, mais, c'est tout. Et c'est clairement ce que j'ai trouvé dommage dans ce roman, il se referme trop vite, on aimerait en savoir plus sur ces trois femmes. Que va devenir Smita, va-t-elle réussir à accomplir le rêve que sa mère a imaginé pour elle? Giulia va-t-elle assumer ses choix? Sarah va-t-elle accepté sa maladie?

Laetita Colombani laisse toutes ces questions en suspens. Une blogueuse (je ne sais plus qui, mea culpa) que l'histoire était un peu cousue de fil blanc, ce n'est pas faux, mais cette impression aurait sans doute été plus diffuse si l'histoire avait continué? En tout cas moi j'en aurai bien lu un peu plus, pas vous?

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03 janvier 2018

Ma PAL au 1er janvier 2017

L'an dernier je lisais 34 livres de ma pal, contre 21 cette année, par contre j'ai lu plus de livres 68 contre 60 en 2016. J'ai donc raté mon objectif PAL de près (4 livres) mais j'ai aussi plus emprunté. On prend les mêmes et on recommence...

Mon objectif pour le 1er janvier 2018 est donc à nouveau de baisser ma PAL de moitié, Et comme je suis à 41 livres  mon objectif est donc de lire au moins 20 livres! C'est tout à fait faisable! D'autant plus qu'Antigone poursuit l'objectif PAL chaque mois sur la page Facebook consacrée au challenge.

1. Socorro Acioli, Sainte Caboche

 

    1. Beauvais Clémentine, Les petites reines
    2. Cassidy Cathy, Les filles au chocolat, Coeur cookie (tome 6)
    3. Cohen Albert, Belle du Seigneur
    4. Collins Michael, Minuit dans une vie parfaite
    5. Conroy Pat, Le prince des marées
    6. Cusset Catherine, La Haine de la famille 
    7. Delillo Don, Libra
    8. Diderot, Jacques le fataliste et son maître
    9. Dos Passos, 42e parallèle
    10. Eliot George, Middlemarch
    11. Fernandez Fabien, Detroit
    12. Fletcher Susan, Un bûcher sous la neige
    13. Timothée de Fombelle, Tobie Lolness
    14. Frébourg Olivier, Gaston et Gustave
    15. Frey James, Mille morceaux
    16. Geille Annick, La voyageuse du soir
    17. Giesbert Franz-Olivier, Belle d'amour
    18. John Gray, Une nouvelle vie pour Mars et Vénus
    19. Jacquard Anne-Laure, La photo pas à pas 
    20. Irving John, La quatrième main
    21. Irving John, L'épopée du buveur d'eau
    22. Irving John, A moi seul bien des personnages
    23. Kingsolver Barbara, L'arbre aux haricots
    24. Kohler Hannah, Sur le fil
    25. Lapeyre Bénédicte, La repasseuse
    26. Lehane Dennis, Un pays à l’aube
    27. Mallet-Joris Françoise, le rire de Laura
    28. Mérimée, Colomba et autres nouvelles
    29. Merle Robert, Le propre de l’homme
    30. Minard Céline, Faillir être flingué
    31. Niven Jennifer, Tous nos jours parfaits
    32. Oates Joyce Carol, La fille du fossoyeur
    33. Pilcher Rosamund, Retour au pays
    34. Prcic Ismet, California Dream
    35. Rash Ron, Serena
    36. Robb JohnManchester Music City 1976-1996
    37. Sade, Justine
    38. Madame de Sévigné, Lettres
    39. Solomons Natacha, Le manoir de Tyneford
    40. Wolfe Tom, le bucher des vanités

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01 janvier 2018

2018!

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Je vous souhaite à tous une très belle année 2018!

Prenez soin de vous et de vos proches.

 

Pas de top ou de retour sur mes lectures cette année encore, à l'image de ce dernier trimestre de l'année 2017 le temps passe trop vite et je n'ai le temps de rien... Alors si peut-être j'avais une résolution à prendre pour 2018 ce serait de prendre plus le temps. Le temps de lire je le prends, mais celui d'écrire sur le blog, de lire le votre ou même de consigner lectures, films et autres découvertes dans mon carnet papier c'est ce temps là que je rogne et qu'il faudrait que je m'accorde plus en 2018.

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29 décembre 2017

Jean-Philippe Blondel, Au rebond

au rebond

Présentation de l'éditeur: "Un « vrai pote » – celui avec qui on partage la passion du basket et le même sentiment de n’être pas né au bon endroit –, on ne le laisse jamais tomber. Alors, quand il disparaît soudain, on est prêt à forcer le destin, à entrer – même par effraction –, dans sa maison, dans sa vie."

J'ai lu ce roman ado pratiquement d'une traite début décembre. Vous le savez peut-être déjà j'aime beaucoup Jean-Philippe Blondel et cette collection d'Actes Sud. Ce sont des livres destinés à un public adolescent et qui traitent généralement de problèmes de société rencontrés par des adolescents, et quand en plus ceux-ci sont racontés par Jean-Philippe Blondel et bien ça "matche" forcément.

Ici l'auteur met l'accent sur l'importance de l'amitié, la vraie, celle qui se développe dans les coups durs, celle qui montre qu'on a une béquille sur laquelle se reposer quand la vie est trop compliquée à porter tout seul. Les deux ados ne sont pas du genre à s'épencher sur leurs sentiments, comme à mon avis la plupart des garçons de cet âge.  Alex est là pour son ami Christian qui traverse une épreuve difficile et dont la mère n'est pas suffisamment forte pour les maintenir à flot tous les deux. Christian endosse le rôle de l'adulte, alors qu'à l'inverse dans le duo qu'Alex forme avec sa mère c'est cette dernière qui reprendra toute sa place de parent, avec une force qu'Alex ne soupçonnait même pas. Les deux ados se construisent, mais leurs mères évoluent aussi, et dans un équilibre qui est un peu bousculé, chacun arrivera à mieux communiquer avec l'autre.

J'ai apprécié cette lecture, mais ça ne sera pas mon préféré de l'auteur. J'ai trouvé parfois que c'était peut-être un peu trop simple ou un peu trop rapide par rapport à ce qui peut se passer dans la réalité. 

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26 décembre 2017

Christophe Ono-dit-Biot, Croire au merveilleux

croire au merveilleux

Quatrième de couverture:

"César a décidé de mourir. Mais une jeune femme sonne à sa porte et contrarie ses plans. Étudiante en architecture, grecque, elle se prétend sa voisine, alors qu'il ne l'a jamais vue. En est-il si sûr? Pourquoi se montre-t-elle si prévenante envers lui, quadragénaire en deuil de Paz, la femme aimée, persuadé qu'il n'arrivera pas à rendre heureux l'enfant qu'ils ont eu ensemble, et qui lui ressemble tant? Pourquoi est-elle si intéressée par sa bibliothèque d'auteurs antiques? 
D'un Paris meurtri aux rivages solaires de l'Italie en passant par quelques îles proches et lointaines, Croire au merveilleux, en dialogue intime avec Plonger, est l'histoire d'un homme sauvé par son enfance et le pouvoir des mythes. Un homme qui va comprendre qu'il est peut-être temps, enfin, de devenir un père. Et de transmettre ce qu'il a de plus cher."

Je délaissé tellement mon blog ces derniers temps que je ne vous ai ni souhaité un bon réveillon, ni un joyeux Noël alors puisque ce billet s'y prête bien par son titre, parce que croire à la magie de Noël c'est aussi croire un peu au merveilleux, j'espère que vous avez passé un bon Noël avec vos proches, que vous aussi vous avez trop mangé, que vous avez fait plaisir et que vous vous êtes fait plaisir.

Maintenant revenons à nos moutons, j'ai lu Croire au merveilleux au début du mois de décembre, je crois que qu'avant de le commencer je n'avais même pas capté que c'était la suite de Plonger, ou peut-être que j'avais oublié cette information, parce que j'oublie tout aussi ces derniers temps. J'ai apprécié retrouver la plume d'Ono-dit-Biot et ses personnages. J'avais été un peu déçue par la fin de Plonger donc finalement je trouve ça bien que l'auteur n'en soit pas resté là, il fallait une autre fin pour César, ou un autre commencement. Bien sûr ce roman est à nouveau une ôde à cet amour que César porte à sa femme défunte, mais aussi à son fils. Il se débat avec la vie pour reprendre sa place de père et cela passe à nouveau par les souvenirs mais surtout par l'art et par la culture, et c'est beau à lire. Je me suis laissée emporter, j'ai moi aussi surfé sur la limite du merveilleux. 

A ceux qui ont aimé Plonger vous pouvez prolonger un peu de cet émerveillement avec Croire au merveilleux, et si tel n'est pas le cas peut-être pourriez-vous laisser une deuxième chance à Christophe Ono-dit-Biot?

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12 décembre 2017

Estelle Nollet, On ne boit pas les rats-kangourous

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Quatrième de couverture:

"Un hameau perdu en plein désert, deux boutiques, l'épicerie de Monsieur Den et le café de Dan où tous les soirs les paumés qui y végètent se retrouvent et éclusent au comptoir. De ce pays, personne ne peut sortir. Willie, qui y est né et ne connaît rien d'autre, le sait mieux que personne. Mais vient le jour où le garçon de 25 ans se pose la question, et rien ne sera plus comme avant.Ce premier roman au climat étrange, proche de l'imaginaire du Caldwell de la Grande Dépression, ou du Mc Carthy de la Route frappe l'imagination par son évocation de personnages déchus, au bout du rouleau, ou d'innocents magnifiques dans un nulle part aride, implacable et ordinaire."

Avec un titre pareil on peut s'attendre à lire une histoire un peu OVNI, et c'est le cas en quelque sorte. Si je suis honnête, je reconnais avoir pris ce livre à la bibliothèque uniquement par ce qu'il me fallait un titre avec un animal pour le challenge petit bac de Enna, sinon je ne me serait certainement pas attardée sur ce titre et ce n'est pas la quatrième de couverture qui m'aurait donné envie de le lire, sauf peut-être la référence à La route de McCarthy qui pour moi est une petite pépite de la littérature américaine, bien que je n'aime pas tellement ce genre de récit de fin du monde. Donc les rats-kangourous ce n'est pas une invention de l'auteur, c'est un animal qui existe, un rongeur pour être plus précise! Par contre je n'ai toujours pas compris le titre, certes les rats-kangourous sont évoqués, mais sur le fait de les boire j'avoue que je suis encore perplexe!

Je n'ai pas lu ce livre avec déplaisir, j'ai même tourné les pages assez rapidement pour en connaître le dénouement. Estelle Nollet sait créer une atmosphère, les personnages bien qu'un peu caricaturaux ne laissent pas de marbre, soit on les aime, à l'instar de Willie et Dan, soit on les déteste. Difficile de savoir où ils se trouvent exactement, le titre laisserait à penser que c'est en Australie, mais en fait ça peut être n'importe quel endroit un peu isolé au climat chaud et aride, où les gens vivent en vase clos et n'ont que pour objectif de se pochtronner dès le soir venu (ou à tout moment de la journée ça passe aussi!) Ils sont coincés dans cet endroit. Un camion vient de temps en temps approvisionner Den l'épicier, ou se débarrasser d'objets à la décharche. Dans le passé certains des personnes ont également été "déposés" dans cet endroit. En tout cas aujourd'hui tout ce petit monde est coincé dans cet espace sans époir de pouvoir l'en quitter, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. La frontière de l'endroit ramène inlassablement ceux qui s'y essaient à l'autre bout du village.

ATTENTION RISQUE DE SPOILERS!!

Sauf que... on ne sait pas vraiment ce qu'ils font là, pourquoi? Comment c'est possible que certains puissent juste passer, et que les personnages eux ne peuvent sortir? Comment ils sont arrivés là (à part pour les quelques uns qui ont été déposés), de quoi ils vivent, etc etc. Cette elcture m'a pas certains aspects beaucoup fait penser au dernier livre de Laura Kasischke que j'ai lu et la frustration qui va avec. La fin n'apporte pas non plus de réponse et épaissit peut-être encore un peu plus le mystère.

challenge petit bac

(ANIMAUX: RATS-KANGOUROUS)

03 décembre 2017

Malika Ferdjoukh, Quatre soeurs - tome 1 et 2

Enid

hortense

Présentation de l'éditeur: "Une belle villa au bord de la mer, pleine de recoins et de mystère. Quatre soeurs qui sont cinq, orphelines de fraîche date. Leurs amis, leurs amours, leurs humeurs, leurs humour. Le dernier livre de Malika Ferdjoukh est une tétrade, un festival en quatre tomes, de personnages, de péripéties et de dialogues piquants, l’équivalent moderne et littéraire des bonnes vieilles grandes comédies américaines des années 40 et 50.

Un régal pour le coeur et l’esprit."

 

Voilà déjà quelques semaines que je dois vous parler de ces petits bonbons que sont les Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh. J'aime bien lire de la littérature jeunesse pendant les périodes chargés au boulot, solution de facilité j'imagine. Cette lecture fût vraiment une petite bulle de douceur, tellement que j'ai enchainé les deux premiers tomes et que j'ai vite acheté ensuite les deux suivants, que je ne vais sans doute pas tarder à lire non plus.

Les quatres soeurs sont en fait cinq, mais seulement quatre tomes pour cette petite série, Enid, Hortense, Bettina et Geneviève. Elles sont élevées par leur soeur aînée Charlie depuis le décès de leurs parents. Toutes ont des prénoms bien particuliers et le caractère qui va avec. Le premier tome se focalise donc sur Enid, la plus jeune, un brin rêveuse, elle embarque son meilleur ami dans ses aventures imaginaires et tous deux emmènent le lecteur avec eux. Ce tome présente aussi toutes les soeurs et distille des informations sur les parents. Une tante les aide financièrement mais elles vivent seules dans leur maison perchée au bord des falaises. Bien sûr il n'est pas simple quand on a à peine 23 ou 24 ans d'élever ses soeurs mais on sent tout de suite l'ambiance chaleureuse et joyeuse qui règne dans la famille, même si forcément avec 5 soeurs, un crêpage de chignon de temps en temps est inévitable.

Dans le second tome, Hortense, c'est finalement sur Bettina qu'on en apprend plus. Superficielle en apparence, en pleine crise d'ado, elle ne s'intéresse qu'aux copines et aux garçons. Très attachée à son apparence, elle sera un peu bousculée dans ses aprioris. Hortense quant à elle est l'écrivain de la famille, elle tient son journal de façon assidue et y déplore de n'être pas vraiment comprise par ses soeurs.

Rien de très innovant dans toutes ces petites histoires mais l'écriture est un vrai plaisir. A la fois moderne dans son sujet, elle a le charme désuet des anciens livres pour enfant, un mélange de Comtesse de Ségur et des Quatre filles du Docteur March, j'aime vraiment beaucoup, et je déplore déjà qu'il n'y ait que quatre tomes. Du coup je lirai avec plaisir la version bande-dessinée!

objectif pal

(20 et 21/25 dans ma PAL depuis décembre 2016

Objectif Pal de décembre chez Antigone -1 & 2-)

 

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29 novembre 2017

Zoyâ Pirzâd, C'est moi qui éteins les lumières

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Présentation de l'éditeur:

"Dans un quartier préservé d’Abadan, Clarisse, l’épouse et mère de famille à travers qui l’histoire se déploie, est une femme d’une profonde humanité, intelligente, d’une simplicité de cœur qui nous la rend spontanément attachante. Par ses yeux, on observe le petit cercle qui se presse autour du foyer : un mari ingénieur à la raffinerie, fervent de jeu d’échecs et de politique, les deux filles, adorables et malicieuses jumelles, Armène, le fils vénéré en pleine crise d’adolescence, et la vieille mère enfin qui règne sur la mémoire familiale.

Pourtant la très modeste Clarisse, cuisinière éprouvée qui se dévoue sans compter pour les siens, va bientôt révéler sa nature de personnage tchekhovien, au romanesque d’autant plus désarmant qu’il se montre on ne peut plus retenu. De nouveaux voisins se manifestent en effet, une famille arménienne débarquée de Téhéran qui va très vite bouleverser l’équilibre affectif de notre femme invisible.
Comme dans les romans de Jane Austen, Zoyâ Pirzâd dresse avec justesse et drôlerie le portrait d’une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes."

Deuxième livre prêté par Violette en provenance de la box Exploratology et deuxième belle découverte. La découverte est double puisque c'est une auteur que je ne connaissais aps du tout, et c'est un pays sur lequel j'ai très peu lu. Si la découverte de l'auteur m'a apporté une grande satisfaction, je reviendrai sur le second point à la fin de mon billet.

Zoyâ Pirzâd nous emmène donc en Iran, chez une famille d'origine arménienne, qui vit en communauté dans un quartier qui semble lui aussi arménien, les amis de la famille sont arméniens, et les enfants fréquentent une école arménienne. Le seul personnage iranien qui intervient dans l'histoire, c'est la secrétaire du mari qui est une progressiste, engagée dans une association pour faire accéder les femmes au droit de vote, elle s'intéresse de près à la communauté arménienne qui d'après elle est plus avancée sur la question. Ne vous trompez pas, la question du droit de vote des femmes n'est pas centrale dans le roman, j'en parle uniquement pour aborder le rapport entre les deux communautés dans le roman mais surtout pour essayer de dater le récit. Années soixantes ou quelque chose de plus récent? Difficile à dire, les femmes ont eu le droit de vote en Iran en 1962 donc cela pourrait être avant, mais leurs droit sont été à nouveau limités après le Révolution donc à voir...

En tout cas, on entre dans cette communauté et dans cette famille pour suivre une tranche de la vie de Clarisse, vie qui va être quelque peu bousculée par l'arrivée de nouveaux voisins. Un père et sa fille et la grand-mère. Cachun est un peu étrange à sa façon, la grand-mère, très petite et assez hautaine, Emily, très jolie mais manipulatrice, et le père qui éveillera une certaine attirance chez Clarisse tant il est différent de son époux. A travers cette vision, l'auteur nous donne à voir l'organisation de la famille, mais surtout la vie des femmes. C'est assez intéressant, d'autant plus que c'est bien écrit, et je pense très fidèle à cette vision de la famille où la femme s'efface pour le bonheur de ses enfants et de son mari.  Ce n'est pas un livre à suspense, il n'y a pas d'intrigue à proprement parlé, c'est un moment d'une vie assez ordinaire mais qui finalement aura changé sa narratrice. Est-ce que sa vie reprendra son cours, est-ce qu'elle portera ces quelques mois en elle... nous ne le saurons pas, mais c'est ça aussi qui est beau dans l'écriture, elle laisse place à l'imagination.

Ce n'est donc pas un livre sur l'Iran, c'est un livre sur une femme, c'est un livre sur la communauté arménienne en Iran mais on ne voyage pas spécialement en Iran, donc de ce point de vue je suis un peu restée sur ma faim. Mais en relisant la quatrième de couverture le livre est vraiment présenté comme "le portrait d’une société patriarcale scellée par les usages et traditions des femmes" donc pas comme une plongée dans l'univers des femmes iraniennes, il n'y avait donc aps de déception à avoir! 

lire sous la contrainte

(Challenge lire sous la contrainte chez Phildes: être - 2)