16 novembre 2017

Robert Goddard, Par un matin d'automne

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Quatrième de couverture: "Fin des années 1990. Leonora Galloway part en France avec sa fille afin de se rendre à Thiepval, près d'Amiens, au mémorial qui honore les soldats - dont de nombreux Britanniques, comme son père - tombés durant la bataille de la Somme, lors de la Grande Guerre. Le 30 avril 1916 est la date officielle de son décès. Or Leonora est née près d'un an plus tard. Ce qui pourrait n’être qu’un banal adultère cache en fait une étrange histoire, des secrets de famille, sur lesquels plane l'ombre d'un meurtre jamais résolu et où chaque mystère en dissimule un autre… Dans ce livre envoûtant, Robert Goddard allie l'atmosphère des plus grands romans anglais à un sens du suspense et de la reconstitution historique remarquables."

 Quand j'ai croisé ce roman sur un blog (je ne sais plus lequel alors si c'est le tien n'hésite pas à me le dire ;) ) j'ai tout de suite su qu'il me plairait. Et comme je me connais plutôt bien, je ne m'étais pas trompée! J'ai adoré ce récit, et même si j'utilise peu souvent ce terme c'est un coup de coeur. Sachez que ce livre est classé dans les romans policiers en bibliothèque, je désespérais chaque fois de le voir disponible mais de ne pas le trouver... Honnêtement je ne sais pas vraiment ce qu'il fait la-bas, parce qu'un policier il y'en a bien un mais c'est un retraité rappelé au travail pour remplacer les jeunes hommes envoyés au front, et clairement il ne tient pas un rôle clé dans l'histoire, qui est loin d'être une intrigue policière. Il y a certes un meurtre, autour duquel plane beaucoup d'interrogations et de non-dits mais ce n'est pas en soi le sujet du roman. Le sujet du roman c'est la famille et ses secrets. Et vous savez que j'aime bien ça!! Alors quand en plus ça se passe en Cornouailles, au début du 20è siècle dans une grande demeure à la campagne, tous les ingrédients sont réunis!! 

Les récits sont enchassés les uns dans les autres, Léonora raconte son histoire à sa fille, qu'elle a elle-même reçu d'un "ami" de ses parents. Les personnages sont attachants ou détestables, Robert Goddard nous emmène, loin, dans cette campagne anglaise, dans les plaines des Flandres en hiver. Il sonde l'âme de ses personnages, le mystère est non résolu pendant de nombreuses pages, et de nombreuses années, mais peu à peu les éléments s'imbriquent et on devine une vérité qu'on n'ose imaginer. La frontière entre le bien et le mal est ténue, seule peut-être Olivia restera toute sa vie du mauvais côté, elle mourra d'ailleurs seule, comme une vieille sorcière qu'elle est! Ce que Robert Goddard nous apprend c'est qu'il ne faut peut-être pas juger trop rapidement, que chacun peut avoir ses raisons et que selon le point de vue d'où l'on se place, elles sont défendables. Ce qu'il dénonce également c'est la première guerre mondiale, pour qui la vie humaine n'avait que très peu de valeur. Je crois que j'ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Le charme de l'écriture anglaise, un brin désuète mais très poétique pour qui l'apprécie fonctionne presque à coup sûr avec moi.

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12 novembre 2017

Suivi Challenge Petit Bac 2017

J'essaierai de mettre ma grille à jour au fur et à mesure, et surtout je me fais une grille "Cinéma" pour un challenge perso! Vous pouvez bien sûr retrouver toutes les infos sur le challenge sur le blog d'Enna!

 

PRÉNOM : 1. Jo Witek, MENTINE...Privée de réseau!

2. Lily Brett, LOLA Bensky


LIEU : 1. Jenny Colgan, La petite BOULANGERIE du bout du monde

2. James Ellroy, L.A Confidential 


ANIMAL :


OBJET : Emile Zola, L'OEUVRE

Molly Prentiss, New York, ESQUISSES nocturnes


COULEUR : Audur Ava Olafsdottir, Le ROUGE VIF de la rhubarbe

Joanne Harris, Les cinq quartiers de l'ORANGE


SPORT/LOISIR : Christophe Ono-Dit-BIOT, PLONGER


PERSONNE CÉLÈBRE  :  1. Anne-Marie Desplat-Duc, Les Colombes du ROI SOLEIL- Le rêve d'Isabeau (tome 5)

2. Joydeep Roy-Bhattacharya Une ANTIGONE à Kandahar


ALIMENT / BOISSON : 1. Joanne Harris, Des PECHES pour Monsieur le curé

2.Kerry Hudson, Tony Hogan m'a payé un ICE-CREAM SODA avant de me piquer maman


SPHÈRE FAMILIALE: 1. Isabel Alba, BABY Spot

2. John Tiffany & Jack Thorne, Harry Potter and the cursed CHILD

 

 


MORT : 1. Robert Hicks, La VEUVE du Sud

2. Antoine Dole, Je reviens de MOURIR

 


GROS MOT (bonus facultatif) : 1. Margaux Motin rencontre la femme parfaite est une CONNASSE

2. Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, Famille presque zéro DECHET ze guide

challenge petit bac

 

Ma grille cinéma

 

PRÉNOM : MARY de Marc Webb


LIEU : Traque à BOSTON


ANIMAL : Nocturnal ANIMALS de Tom Ford


OBJET : 


COULEUR :  Les figures de l'OMBRE


SPORT/LOISIR : 


PERSONNE CÉLÈBRE  : BARRY SEAL


ALIMENT / BOISSON :


SPHÈRE FAMILIALE: Seven SISTERS


MORT : 


GROS MOT (bonus facultatif) :

 

 

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10 novembre 2017

Antoine Dole, Je reviens de mourir

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Quatrième de couverture: "Marion aime Nicolas à ce point : jusqu'aux coups, jusqu'aux " clients " qu'il la force à voir. Elle s'emploie à le contenter, il s'emploie à l'anéantir.Autre histoire, autre " conte défait ", Ève dévore les hommes, usant du sexe pour tuer l'amour dans l'œuf... jusqu'au jour où David tente de gagner sa confiance. Du destin de l'une dépendra la survie de l'autre."

Antoine Dole écrit de façon percutante mais cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable. Certes le thème de ce livre est important puisqu'il y raconte le calvaire d'une jeune femme battue par son compagnon qui est également son mac, puisque rapidement il va profiter du fait qu'elle est jolie, qu'il travaille dans une boîte de nuit pour lui présenter des clients. Marion se prostitue par amour, de la même façon qu'elle supporte les coups. Eve quant à elle enchaîne les coups d'un soir, jusqu'à ce qu'elle rencontre peut-être celui qui la fera changer.

L'écriture est crue et sans concession, comme son sujet. Les points de vue sont alternés, et permettent une lecture très rapide mais finalement le dénouement est sans grande surprise. Cette elcture m'a laissé un goût d'inachevé, je me suis dit à la fin "et après?"

challenge petit bac

(Mort: MOURIR)

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07 novembre 2017

Molly Prentiss, New-York, esquisses nocturnes

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Quatrième de couverture:

"Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats  insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Parmi eux, Raul Engales, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit. Un soir, il attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l’amante enjouée de Raul, échappée d’une obscure banlieue de l’Idaho, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant."

Forcément cette lecture ne peut qu'être mise en parallèle avec City on fire que j'ai lu cet été, même cadre, même époque, en partie les mêmes sujets. Et je reconnais qu'au début j'ai été un peu déçue, avec un sentiment de pâle copie, mais très vite cette impression s'est estompées, je me suis accrochée aux personnages et j'avais vraiment envie de savoir ce qui allait leur arriver. Molly Prentiss raconte l'ascension d'un peintre désargenté qui a fui son pays. C'est également un clin d'oeil à ma lecture de Mazarine Pingeot puisque Raul est argentin. Il a laissé derrière lui une soeur. Dans le New York des années 80 où les artistes ne sont pas ce qui manque, Raul avec l'appui d'une riche propriétaire de galerie attirera l'attention d'un critique d'art, James Bennett. Redoutable dans ses critiques, il nous apparaît un peu comme un loser dans sa vie de couple, plus collectionneur d'art que critique d'ailleurs, il dilapide l'argent de ménage pour acheter des toiles. 

C'est la seconde moitié du roman que j'ai particulière appréciée après ce que la quatrième de couverture appelle la tragédie, mais je ne vous en révèle rien. On quitte un peu le domaine de l'art pour sintéresser à la famille, à la difficulté de vivre dans le New York des années 80 quand on débarque de nulle-part mais aussi au côté aléatoire du succès dans le milieu artistique. Pour donner du rythme au récit, la narration se fait du point de vue de Raul, de James et de Lucy.

On sent que Molly Prentiss est une fervente amatrice de peinture et elle la rend accessible à ceux qui le sont moins. Ainsi si j'ai reconnu certains artistes, elle m'a donné envie d'en découvrir d'autres et pour terminer j'ajouterai que la place qu'elle donne à la ville est tout aussi importante que dans City on fire et qu'on s'y croirait presque, en tout cas j'ai toujours autant envie d'y retourner!!

 

 

 

challenge petit bac

(Objet: ESQUISSES)

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03 novembre 2017

Julien Blanc-Gras, Briser la glace

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Quatrième de couverture:

"Une immersion polaire tout en finesse par un écrivain-voyageur au ton unique.
Ni aventurier, ni ethnologue, ni sportif, ce « Touriste » faussement candide relate un périple au Groenland où l’on croise des chasseurs de baleine et des aurores boréales, des pêcheurs énervés et des dealers fanfarons, des doux rêveurs et surtout des icebergs. Beaucoup d’icebergs."

J'ai un avis assez nuancé sur ce livre, pour autant j'ai quand même apprécié cette lecture. J'ai apprécié parce que ce n'est pas souvent qu'on nous ammène au Groenland, le Groenland pour moi c'est cet énorme pays recouvert de glace et qui était autrefois une colonie danoise, et c'est à peu près tout!! J'ai donc appris des choses intéressantes sur le pays, sur ses habitants, sur ses relations avec le Danemark, sur la vie rude mais simple qu'on y mène. En cela c'est une belle découverte. Des paysages époustouflants, des villes préservés, des gens chaleureux mais pas que... Si le Groenland a un côté très "dans son jus" il n'en est pas moins un pays modernisé, on est loin du cliché des eskimos qui vivent dans leur igloo, et c'est tant mieux! Même si on se prend ce mode de vie en pleine face quand l'auteur nous explique que l'interdiction de chasser le phoque a été très problématique puisqu'il est l'une des principales source de revenus pour certaines familles qui se nourrissent de sa chair et commercent avec sa peau et que les phoques sont de plus en plus envahissants dans certains endroits.

L'auteur a un humour un peu pince-sans-rire qui me plait bien et est adepte de la dérision, par contre je lui ai parfois trouvé un petit côté donneur de leçon qui étale sa culture et c'est pour ça que je nuance un peu mon avis, il est parfois un brin antipathique. Ca n'en reste pas moins une belle découverte, qui donne envie d'en savoir plus sur le Groenland et ses habitants.

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01 novembre 2017

Joanne Harris, Les cinq quartiers de l'orange

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Quatrième de couverture:

"Lorsque Framboise Simon revient dans le village de son enfance sur les rives de la Loire, personne ne reconnaît la fille de la scandaleuse Mirabelle Dartigen, tenue pour responsable de l'exécution de onze villageois pendant l'occupation allemande, cinquante ans auparavant. Framboise ouvre une auberge qui, grâce aux délicieuses recettes de sa mère, retient l'attention des critiques, mais suscite les jalousies de sa famille. Le carnet de recettes de Mirabelle recèle des secrets qui donneront à Framboise la clé de ces années sombres. Peu à peu, elle découvrira la véritable personnalité de sa mère, parfois si tendre, maternelle et sensuelle, subitement cruelle et tourmentée. En temps de guerre, les jeux d'enfants et les histoires d'amour ne sont pas toujours innocents. Leurs conséquences peuvent même être tragiques."

 Ce fût un véritable plaisir de me plonger dans ce roman de Joanne Harris. Bien sûr j'avais à l'esprit Chocolat et le Rocher de Montmartre, l'auteur a une écriture très gourmande, associé au charme de villages d'antan c'est un vrai plaisir, un peu comme un plaid tout chaud un matin d'automne! Quand en plus le récit s'ancre dans un contexte historique bien marqué, ici l'occupation allemand pendant le seconde guerre mondiale, et que les secrets de famille sont au coeur de l'histoire, je ne boude pas mon plaisir! 

La narratrice est Framboise Simon, elle fait des allers-retours dans le passé pour mieux comprendre son présent, un classique mais bien écrit et qui tient en haleine. Framboise a été élevée par une mère veuve et un peu revêche. Elle a manqué de l'affection de sa mère dans son enfance et s'est réfugié dans ses longues promenades à travers la campagne, ses parties de pêche avec son frère et sa soeur. Les trois enfants se lieront d'amitié avec un officier allemand. Une amitié bien peu commune en cette période qui entraînera des rebondissements inattendus.

A présent grand-mère et veuve, Framboise est revenue dans la maison de son enfance, a ouvert un petit restaurant et mène une vie paisible. Les habitants de ce village de la Loire ne savent pas qu'enfant, elle vivait déjà là et qu'elle est la fille de Mirabelle Dartigen. La menace de révéler sa véritable identité l'amènera à découvrir les secrets de sa mère. 

J'ai bien sûr préféré la narration du passé, cette enfance un peu à part de la jeune fille. La mère m'a beaucoup fait penser à une autre mère acariâtre, Folcoche. L'amitié entre Framboise et Paul est particulièrement touchante. Framboise l'intrépide, un brin garçon-manqué et ce jeune issu d'une famille modeste, très timide. La mère est antipathique à souhait, les allemands également, sauf Tomas Leibniz, le fameux... Et bien sûr, Joanne Harris fait la part-belle à la nourriture, comme d'habitude elle sait mettre 'leau à la bouche. J'ai donc beaucoup apprécié cette lecture, au charme désuet d'une époque révolue.

lire sous la contrainte

(Challenge lire sous la contrainte chez Phildes: apostrophe - 2)

objectif pal

(18/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de novembre chez Antigone -1-)

challenge petit bac

(Couleur:ORANGE)

28 octobre 2017

Sorj Chalandon, Le jour d'avant

le jour d'avant

Quatrième de couverture:

"« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes."

C'est toujours un grand plaisir quand je découvre que Sorj Chalendon a publié un nouveau roman. Je crois qu'avec Zola, c'est mon auteur doudou, celui qui me réconforte à l'entrée de l'automne. Enfin réconforté n'est pas forcément le mot, tant les sujets abordés sont souvent graves. Et comme souvent je repousse l'écriture de mon billet... Alors c'est encore ce que j'ai fait... Le jour d'avant avait un intérêt encore plus particulier, c'est que le Nord-Pas-de-Calais c'est chez moi, et même si j'ai grandi loin des mines c'est un paysage qui ne m'est pas étranger. 

J'ai trouvé dans ce roman un écho à Profession du père, à travers l'histoire familiale mais aussi à travers la thématique de la vérité qui est omniprésente dans ces pages. Ce titre semble diviser, en tout cas moi je l'ai beaucoup aimé, beaucoup plus que Profession du père justement. 

Le narrateur aura attendu toute sa vie d'adolescent, puis d'adulte pour venger son frère Joseph de la catastrophe survenue dans un puits de la mine de Liévain en Décembre 1974. Il reviendra donc à Liévain avec l'idée d'en finir, de punir celui qui pour lui est responsable de l'explosion de 1974.

Sorj Chalendon nous raconte avec simplicté cette univers de la mine mais toujours avec beaucoup d'émotion. C'est un bel hommage aux ouvriers qui ont usé leur santé et parfois leur vie dans ces trous noirs impitoyables. J'ai été très touchée par la première partie du récit, j'ai versé quelques larmes, et puis j'ai été surprise par la seconde moitié. Les scènes de procès sont intéressantes et la rhétorique employée par l'avocat est remarquable. L'auteur manie les mots avec beaucoup d'efficacité tout en sachant toucher son lecteur. J'ai beaucoup aimé et je n peux que vous le conseiller, ainsi que tous ses autres titres.

lire sous la contrainte

(Challenge lire sous la contrainte chez Phildes: apostrophe - 1 )

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15 octobre 2017

Mazarine Pingeot, Théa

théa

Quatrième de couverture:

"Paris, 1982 : fuyant le coup d'État, des centaines d'Argentins se réfugient dans la capitale française, des images macabres plein la mémoire. La vie de Josèphe, 22 ans, bascule lorsqu'elle croise l'un d'entre eux. À peine le coup de foudre s'est-il produit que le mystérieux " Antoine " disparaît. Josèphe se met alors à enquêter : qui est Antoine ? Que lui est-il arrivé ? Est-ce vrai, ce que Josèphe a lu sur les " disparus ", sur ces " folles de la place de Mai " ?
Alors qu'elle découvre le passé de l'homme qu'elle aime, la jeune femme est brutalement renvoyée à sa propre histoire familiale, aux secrets et aux silences de ses parents... Bientôt les stigmates de la guerre d'Algérie viendront se mêler à ceux de la dictature argentine..."

Par où commencer? Comme souvent je traîne des semaines quand il s'agit de vous parler d'un livre qui m'a beaucoup touchée! Mazarine Pingeot pour moi c'était juste la fille cachée de Miterrand, un manteau marine sur une vieille couverture de Paris Match ou un autre magazine du genre, et c'est tout. Je ne savais pas qu'elle était écrivain, et c'est dans l'émission de Ruqier, à l'époque où c'était encore regardable que je l'ai découverte, elle était venue pour ce livre. Et j'ai eu moi aussi envie de la lire!

Alors voilà c'est fait! Et quelle petite claque que ce roman! Théa c'est le surnom qu'Antoine donne à Josèphe, Antoine n'est d'ailleurs pas son vrai nom. Son vrai nom il l'a perdu quand il a dû fuir son pays à la fin des années soixante-dix. Antoine est beau, mystérieux et imprévisible. Josèphe semble fragile et perdue. A priori peu de choses les rapprochaient et finalement un brin de passion est né entre ces deux personnes, l'une cherchant à oublier son identité, l'autre à la trouver. Josèphe c'est cette jeune banlieusarde d'origine modeste qui tente de mener une vie d'étudiante parisienne. Mais sa famille n'est pas bien loin, ils sont ce qu'elle préfère oublier, ce dont elle a un peu honte et qui n'est pas sans rapeler certains romans d'Olivier Adam. Le rapport compliqué qu'entretiennent les enfants avec des parents qui ne leur ressemblent pas et dont ils trouvent la vie de banlieue pavillonnaire bien terne par rapport à celle qu'ils voudraient mener à la capitale. Les parents de Josèphe sont de cette génération qui ne parle pas, ou peu, en tout cas pas pour s'épencher sur ses sentiments. 

Josèphe veut en savoir plus sur son amant. Elle se nourrit de ce qu'elle trouve sur l'Argentine, toute cette partie est vraiment intéressante parce que finalement assez loin de mon univers. Mes connaissances de l'Amérique latine sont très parcellaires. J'ai donc appris beaucoup de choses en même temps que Josèphe. Le débat sur la guerre des Malouines amènera un parallèle auquel Josèphe n'aurait même pas songé: la guerre d'Algérie, et la position de son père pendant ce conflit. En effet, la famille de Josèphe, des immigrés italiens qui ont fait le choix de s'établir en Algérie française, ses parents sont nés et ont grandis la-bas, avant de venir en France dans les années soixante.

C'est donc un roman très riche en histoire, l'Argentine, l'Algérie. La question de l'identité est centrale dans le récit mais c'est surtout le point de vue qu'on est améné à questionner. Comment tel ou tel aspect est perçu selon le point de vue duquel on le regarde, et il n'est finalement pas si aisé de trancher. C'est aussi une très belle plume que j'ai découverte, tout de suite séduite par les belles phrases, modernes mais pas trop. On sent la formation très classique de l'auteur et ça m'a beaucoup plu. Je vous encourage à le lire également, c'est une très belle découverte, oserais-je dire un coup de coeur? OUI!

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04 octobre 2017

Christophe Ono-Dit-Biot

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Quatrième de couverture:

"«Ils l'ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d'un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau.» 
Un homme enquête sur la femme qu'il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. 
Elle était artiste, elle s'appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe. 
Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour – leur rencontre, les débuts puis l'ascension de Paz dans le monde de l'art, la naissance de l'enfant – et essaie d'élucider les raisons qui ont précipité sa fin. 
Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, Plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer."

J'ai mis du temps à l'écrire ce billet, plus d'un mois, et je sais que je n'en serai pas satisfaite... Mais bon, il faut bien se jeter à l'eau ... Haha ... Honnêtement je sais d'avance que je ne vous en parlerai pas aussi bien que Galéa ou d'autres blogueuses avant moi mais sachez qu'avant je n'étais pas convaincue et je n'avais pas spécialement envie de lire cet auteur aussi beau soit-il, et puis un billet de Valérie d'abord, et récemment une vidéo de Galéa m'ont fait changer d'avis. Et j'ai eu raison.

J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Dès les premières pages j'ai su que j'allais l'adorer ce livre. C'est tellement bien écrit, beau, et sincère que je ne pouvais plus le lâcher. Je crois que Christophe Ono-Dit-Biot a tout de suite su me parler... J'ai été très intriguée par la rencontre du narrateur avec Paz, celle qui deviendra sa femme. Pourtant le personnage de Paz est, selon moi, assez antipathique. Je l'ai trouvé très égoïste, et son côté artiste très plaisant dans son originalité, n'excuse en rien certains de ses comportements. Mais Paz, je l'ai vu à travers les yeux du narrateur et j'ai compris pourquoi il l'aimait. Et c'est ça qui m'a accrochée, c'est l'amour que cet homme porte à Paz, pourtant lui aussi a été blessé, mais une chose est immuable dans ce récit c'est qu'il l'aime malgré tout.

Les passages sur l'art sont particulièrement intéressant, surtout à Venise et je suis un peu frustrée de n'avoir pas vu ce "Boy with a frog" lors de mon séjour l'automne dernier mais la sculpture n'y était déjà plu... un passage m'a replongé dans ma période universitaire lorsqu'il évoque La Carte du Tendre de Madeleine de Scudéry. Son regard sur le Moyen Orient est intéressant même si très acerbe. 

J'ai été touchée par la peur du narrateur à voyager hors des frontières de l'Europe, et finalement ce sentiment d'insécurité ne m'est pas si étranger. Ce qui se passe dans le monde actuel est effrayant si l'on y pense bien. 

J'ai cependant une petite déception en ce qui concerne la fin du roman, je lui aurais préféré une autre fin à Paz, celle-ci est un peu trop éloignée de mon imaginaire, ou de ma sensibilité animale peut-être? Je ne sais pas, mais ça ne m'a pas tellement convaincue. Je pense que c'est mon côté très terre à terre, la fin ne me paraît pas vraisemblable, alors que j'aurais tellement aimé me dire "c'est une histoire vraie"... ça pourrait peut-être l'être me direz-vous, mais je reste sceptique.

Je vous copie trois extraits que j'ai notés dans mon carnet:

"Je te rappelle seulement que dans le domaine de l'art, on aime toujours pour des motivations privées. Parce que les oeuvres, qu'elles soient filmiques ou graphiques, remuent des choses en vous."

"Ils étaient mes amis, ils avaient l'allure et le parfum des belles choses mortes. Celles qu'on regrette à vie. Celles qui ne réapparaisent jamais."

"Plutôt crever que de retourner là-bas. Terminé l'exotisme, cette drogue pour enfants gâtés d'Europe qui ne mesurent pas ce qu'ils ont entre les mains."

challenge petit bac

(Sport/loisir: PLONGER)

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30 septembre 2017

Jim Fergus, La vengeance des mères

la vengeance

Quatrième de couverture:

"1875. Dans le but de favoriser l’intégration, un chef cheyenne, Little Wolf, propose au président Grant d’échanger mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers. Grant accepte et envoie dans les contrées reculées du Nebraska les premières femmes, pour la plupart « recrutées » de force dans les pénitenciers et les asiles du pays. En dépit de tous les traités, la tribu de Little Wolf ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine, et quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre.
Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly, qui, traumatisées par la perte de leurs enfants et par le comportement sanguinaire de l’armée, refusent de rejoindre la « civilisation ». Après avoir trouvé refuge dans la tribu de Sitting Bull, elles vont prendre le parti du peuple indien et se lancer, avec quelques prisonnières des Sioux, dans une lutte désespérée pour leur survie."

La vengeance des mères est la suite de Mille femmes blanches que j'ai lu il y a trois ou quatre ans. Cela avait d'ailleurs été un coup de coeur tant j'avais été transportée par cette histoire. Dans cette suite, on retrouve la tribu de Little Wolf mais tous les personnages ne sont pas présents et cette fois la narration se fait par le biais d'autres carnets, ceux des jumelles Kelly, déjà présente lors du premier échange, et ceux de Molly McGill, nouvelle recrue. L'écriture est assez inégale, en effet les jumelles sont d'origine très modeste et donc Jim Fergus l'a laissé transparaître dans leur manière d'écrire, mais les histoires sont tout aussi palpitantes. Nous sommes dans les grandes plaines, avec la tribu, toujours aux abois car l'armée entend bien les chasser/tuer. Les jeunes femmes blanches nouvellement arrivées doivent s'adapter, apprendre les codes et les règles de vie des indiens, mais aussi elles doivent apprendre à se battre elles-aussi. Les différents personnages sont intéressants, chacun ayant son caractère et son vécu. Il y a ici ou là des touches d'humour qui permettent de réduire la tension omniprésente du récit. S'il y a un bémol à émettre, c'est le procédé narratif du début du récit et de la fin, des carnets sont amenés à un homme, descendant de May Dodd par une jemme femme indienne, il se plonge alors dans la lecture qui nous est ainsi transmise. J'ai trouvé ça un peu trop artificiel. J'attends cependant la suite avec impatience.

 

le mois américain

 

(Le mois Américain chez Titine)

objectif pal

 

(17/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de septembre chez Antigone -2-)

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