17 mai 2017

Pascal Manoukian, Ce que tient ta main droite t'appartient

Ce-que-tient-ta-main-droite-t-appartientQuatrième de couverture:

" Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé... » Le miracle n'arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu'aux ruines d'Alep, au cour de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d'égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. Un voyage réaliste au pays mal connu de l'embrigadement et de toutes les violences."

J'avais repéré Pascal Manoukian avec son titre Les échoués mais c'est finalement avec son deuxième roman que j'ai découvert sa plume, et je ne regrette pas cette lecture. Un vrai coup de coeur et ce pour plusieurs raisons:

-l'histoire qui s'ancre dans l'actualité. Charlotte et Karim sont un couple mixte et moderne. Ils ont la trentaine, profite de leur vie mais sont prêts à fonder une famille. Karim est musulman, il pratique un islam modéré, Charlotte est chrétienne, ses ancêtres, des chrétiens d'Arménie ont été persécutés au début du siècle. Tout deux veulent concilier leurs deux cultures. La famille tient une place prépondérante dans la première partie du roman. Les liens qui unissent les générations entre elles, le rapport à la foi, aux origines, et bien sûr, l'amour d'un couple moderne. 

-le point de vue de l'auteur est plutôt étonnant. Je trouve que faire partir Karim en Syrie pour intégrer les rangs de Daech est un contrepieds assez intéressant. Pascal Manoukian nous donne donc une vision de l'intérieur. On rencontre des personnages variés, qui sont parfois là un peu par hasard, un peu par erreur. Je n'ai PAs ressenti de manichéisme, et ça ça m'a plu. Je ne dis pas qu'il adoucit, ou excuse quoi que ce soit, on est évidemment d'accord pour dire que Daech c'est pire que tout, mais il n'y a pas les gentils d'un côté, et les méchants de l'autre. C'est justement ce qui montre la dangerosité de l'organisation. Il n'est d'ailleurs pas tendre avec notre jeunesse, les médias, le monde dans lequel on vit finalement...

- les personnages sont variés, eux aussi ne sont pas ni tout blanc, ni tout noir. L'auteur essaie de montrer la noirceur que l'on peut avoir en chacun de nous, ou au contraire l'humanité dont on peut faire preuve dans les pires situations. Et ceux qui sont à la tête des entraînements au Djihad l'ont bien compris, la première phase consite à déshumaniser les gens qui leur arrivent de partout.

- l'écriture est très moderne, vivante et imagée. Elle reflète bien les émotions, les sentiments, des personnages, des situations, mais aussi celles du lecteur, elle est le miroir de notre désarroi, de notre incompréhension, de notre volonté de vivre, de ne pas avoir peur mais quand même de porter ça en nous, maintenant, et pour toujours je crois. 

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15 mai 2017

Margaux Motin rencontre la femme parfaite est une connasse 2

 

femme parfaite2

Quatrième de couverture:

« Qu’est-ce qu’elle a de plus que nous ? Rien. Pourtant, elle est la Femme Parfaite, et elle nous agace toujours autant !

Redécouvrez le manuel de survie des femmes normales de Marie-Aldine et Anne-Sophie Girard revisité avec humour par Margaux Motin (J’aurais adoré être ethnologue, La Théorie de la contorsion, La Tectonique des plaques…), avec notamment les précieux conseils sur « Comment savoir qu’il faut fuir cette soirée » ou « l’interdiction d’aller sur le Facebook de l’ex »… ».

Voilà une bande-dessinée dans la lignée de la première mais qui m'a semblée un peu plus intéressante. Bien sûr Margaux Motin apporte toujours un soin particulier aux détails de ses dessins, les dessins en eux-même sont très bien faits et souvent très drôles, les situations également. Il m'a semblé que ce dexuième volet tapait un peu moins sur les "femmes parfaites" pour tout simplement mettre en avant des situations cocasses, des expériences vécues, du quotidien de toute femme lambda, du coup ça m'a un peu plus parlé. Si vous ne voulez n'en lire qu'une, je pense que c'est sur celle-ci qu'il faut miser plutôt que sur la première.

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12 mai 2017

Parlons un peu d'écologie

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 Jérémie Pichon - Bénédicte Moret, Famille presque zéro déchet Ze guide

Quatrième de couverture:

"Réduire ses déchets pour la planète, pour sa santé, pour le porte-monnaie, c’est le moment ! Mais comment s’y prendre ? En marchant dans les pas de Jérémie et Bénédicte. Ce livre, à la fois carnet de bord pas triste, et guide pratique, vous mènera au but en vous épargnant bien des pièges !
Avec humour et autodérision, les auteurs vous proposent un plan d’action détaillé et 10 défis Zéro Déchet pour vous lancer. En s’appuyant sur leur connaissance de l’écologie, ils livrent des centaines de conseils pratiques et d’alternatives simples pour le quotidien : courses, cuisine, nettoyage, mobilier, hygiène, maquillage, vêtements, jardin, bricolage, festivités… Car les déchets sont partout !
Ce que vous allez gagner : l’amélioration de votre écobilan familial (1 poubelle de 15 L pour 1 mois), moins de toxiques et de sacrées économies. Plus le sentiment exaltant d’être acteur de sa vie, de sa santé, de créer du lien, de toucher à l’essentiel."

Je profite de cette lecture pour vous faire un petit billet fourre-tout sur mon processus écologique...

J'avais un peu de mal à être sensible à l'écologie ces dernières années, sachant que je vivais dans un environnement saturé de bombe insecticide anti-araignées... mais malgré tout je culpabilisais, ne pouvant évidemment pas me passer de mon arme fatale toute la période où j'ai vécu seule, encore plus pendant mes trois années dans ma maison Seine-et-Marnaise où très régulièrement j'étais confrontée à ma peur incontrôlable!

Bref, maintenant je vis en couple, et en appartement et je (re)vis sereinement par rapport à ça, le film Demain a agit un peu comme un électro-choc, bien sûr j'ai toujours trié mes déchets, le recyclable (cartons - papier - conserves etc.) le verre vs. le reste, j'achetais bio régulièrement et je consommais français pour ce qui est des denrées alimentaires. Depuis que je suis en Alsace, non seulement j'achète français mais je privilégie encore plus le local, il y a une ferme dans mon village qui vend sa production, ce n'est pas forcément bio, mais au moins, à part le tracteur pour aller du champ à la ferme, il n'y a pas eu d'autre transport. Le manger local c'est un peu une institution en Alsace, il est donc très facile de se procurer des produits issus de producteurs locaux. Quand j'achète en supermarché, j'essaie au maximum d'acheter bio. Mais voilà, je trouve que ce n'est pas suffisant...

Alors j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque pour piocher d'autres idées... bien sûr je suis convaincue qu'il faut réduire ses déchets donc forcément je ne suis pas partie avec un à priori négatif sur cette lecture. J'ai appris des choses, notamment en ce qui concerne les chiffres hallucinants du marché de l'emballage. Et c'est vrai, je jette à la poubelle recyclabe environ un sac type cabas pour els courses par semaine, c'est ENORME!!! J'aimerais effectivement privilégier le sans-emballage et le vrac mais le processus fait son chemin et je ne suis pas encore prête à sauter le pas pour le moment pour des raisons pratiques de proximité mais ça me travaille. 

Deuxième point sur lequel j'aimerais travailler, les cotons démaquillants, j'ai bien enive de mettre cet été à produit pour me fabriquer des lingettes démaquillantes lavables, cousues mains. De même ce serait peut-être bien de me mettre à la cup. Quand je lis le témoignage de l'auteur je suis tout à fait convaincue.

Et enfin, le 3e point qui était déjà en train de faire son chemin c'était le lombricompost, et bien la famille rpesque zéro déchet m'a aidé à sauter le pas. Comme je l'ai dit précédemment, je suis en appartement donc difficile de faire un compost traditionnel. La solution du lombricompost est donc parfaite pour réduire les déchets végétaux et organiques. Nous avons donc commandé un lombricompost (de la marque eco-worms pour ceux qui se poseraient la question) et nous l'avons reçu samedi. Sur la notice d'installation ils insistent sur le fait que pour que les vers soient véritablement opérationnels il faut attendre deux semaines donc je ne peux pour l'instant rien vous dire sur son efficacité. Par contre je peux vous parler de son design, cela ressemble à une poubelle donc comme c'est sans odeurs nous pensions le laisser dans la cuisine. Sauf que ... dimanche matin on s'est réveillé et on a trouvé une dizaine de vers dans la cuisine... je vous dis pas, moi et mon dégoût des insectes on était ravis!! Du coup le compost a déménagé sur le balcon, et nous avons éclusé les faq et autres forums sur le sujet, il semblerait que les cocos soient stressés de leur installation, qu'il leur faille un temps d'adaptation, qu'ils sont sensibles à la lumière (en bref ils profitent de la nuit pour faire le mur) et qu'on peut leur installer une lumière (euh oui fin, si je veux réduire ems déchets c'est pas pour augmenter ma consommaiton d'électricté de l'autre!) donc on attend... la suite au prochain épisode.

Tout ça pour vous dire que le processur écologique est long, mais qu'il est bien présent et qu'avec des petits pas grand chose mis bout à bout on peut arriver à quelque chose. La preuve, la famille presque zéro déchet a radicalement changé son mode de vie et s'en porte très bien. Leur livre est intéressant, truffé d'infos mais surtout les dessins de Bénédicte Moret son bourrés d'humour.

Prochaine étape, la lecture du livre de Marie Kondo sur le rangement, aheum, ça aussi c'est un gros chantier.

Si vous avez des retours d'expérience concernant les lombricompost je suis preneuse de toute information!!!

 

famille presque zéro déchet

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09 mai 2017

Kerry Hudson, Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

 

tony hogan

Quatrième de couverture:

"Accueillie dans ce monde par une flopée d'injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d'alcool, mais aussi de beaucoup d'amour.

Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d"accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage : rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes.

Kerry Hudson réussit ici l’exploit d’être à la fois drôle et triste, tendre mais jamais larmoyante. 

Un premier roman ébouriffant, comme son héroïne."

 

Lecture assez mitigée, j'avais repéré ce roman sur les blogs au moment de sa sortie et je l'avais noté d'abord pour son titre, puis sa couverture, et enfin parce que de souvenir les avis étaient plutôt positif. J'ai eu un peu de mal à rentrer dedans d'abord à cause de la narration faite par Janie alors même qu'elle est encore bébé, c'est un peu étrange. Ensuite parce que d'emblée la mère m'a énervée et que j'ai eu envie de la secouer. Je crois que je supporte de moins en moins ces histoires de femmes qui ne font que reproduire un schéma qui les enferme dans un cercle vicieux, je nuancerai mon propros à la fin mais ... La mère de Janie vient d'un milieu très défavorisé, mère alcoolique, père qui s'est barré, frère dealer. Clairement elle ne part pas avec toutes les chances dans la vie, mais elle-même boit, se maque avec une petite frappe du quartier et ne s'occupe pas correctement de sa gosse...elle en perd la garde un temps, vire son mec, se retrouve un peu de stabilité, et rebelotte, et c'est quasiment comme ça tout au long du roman. Je nuance parce qu'elle semble refaire surface, avoir appris de ses erreurs, mais finalement c'est Janie qui prend le relais. Rien donc de bien enthousiasmant ... la vie me direz-vous... 

 

challenge petit bac

(Aliment / Boisson: ICE-CREAM SODA)

28 avril 2017

Lily Brett, Lola Bensky

lola bensky

Quatrième de couverture: "Londres, 1967. Lola, 19 ans, pige pour le magazine Rock-Out. Sans diplôme, trop ronde, trop sage, celle dont le seul bagage est d'être l'enfant de survivants de la Shoah plonge au coeur de la scène rock, causant bigoudis, sexe ou régime avec Hendrix, Mick Jagger, Janis Joplin. Des portraits inattendus qui révèlent son inconsciente quête identitaire... Entre guitares électriques et survie, avec humour et tendresse : un roman survolté, poignant autoportrait et savoureux hommage aux génies du rock des années 60-70. Une pépite."

J'étais vraiment très emballée par ce roman, à priori autobiographique, de Lily Brett, la quatrième de couverture est très prometteuse et me parle de sujets que j'apprie dans la littérature et en général, une quête identitaire, du rock des années 60-70 et leurs noms évocateurs, Janis, les Rolling Stones, Londres, New-York, Monterey, l'Australie, un cocktaïl explosif quoi, et puis qualifié de pépite!! Euh mais pourquoi j'ai attendu aussi longtemps pour le lire d'ailleurs?

Et bien quelle déception!!! A tel point que j'ai failli abandonner à plusieurs reprises. Ce qui aurait pu être un genre de communion littéraire avec le rock m'est apparu comme un genre de closer en pire. J'ai trouvé les quelques interviews à peine intéressantes, à part quelques discussions autour des fringues et des régimes, parce que l'auteur, visiblement en surpoids, testent les régimes à la mode de l'époque, genre manger un melon, deux bananes, une pomme, à chaque repas, il n'y a pas grand chose de substanciel. Le seul point quelque peu intéressant tourne autour des origines juives de Lola Bensky, née dans un camp de déportés, dont la famille a en partie était tuée à Auschwitz. Le roman ne suit pas de trame chronologique précises, journaliste pour un magazine de rock Australien, puis, écrivain aux Etats-Unis, Lola Bensky/ Lily Brett fait des aller-retours entre les époques et les pays, au fil de ses pensées, avec pour fil rouge, son poids, et ses orgines. La mise en abîme avec le roman que Lola Bensky est en train d'écrire m'a un peu ennuyée également, est-ce vraiment l'histoire d'un de ses autres romans?

Les trentes dernières pages sont peut-être les seules qui aient vraiment retenues mon attention, Lily Brett évoque la ségrégation avec les musiciens d'Otis Redding et où elle fait également une analyse sur la culpabilité des enfants de victimes de l'holocauste et de leurs bourreaux. 

C'est dommage parce que le thème me plaisiat bien, et celui de ses autres romans aussi, surtout parce qu'ils se passent à New York, dans le Lower East Side, mais je ne suis pas sûre de retenter l'expérience!

challenge petit bac

 

(PRENOM: LOLA)

objectif pal

 

(10/25 dans ma PAL depuis Janvier 2016

Objectif Pal d'Avril chez Antigone -1-)

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26 avril 2017

Antoine Leiris, Vous n'aurez pas ma haine

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Quatrième de couverture: "Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant."

 Ironique de publier ce billet quelques jours après les résultats du premier tour des élections présidentielles. Le sujet est tout autre, mais le titre convient bien aux débats stériles lus ici ou là... Tout ce que je peux dire c'est que je suis très triste quand je vois que dans le village où j'ai grandi, le F-Haine remporte 45 % des suffrages, bien loin devant tous les autres candidats... Et pourtant, en ces temps difficiles, de crise économique, sociale, et internationale c'est le message de cet homme, Antoine Leiris, que l'on devrait véhiculer, transmettre, mais beaucoup s'écharpent en public... tout le contraire de ce qu'il faudrait, il est bien loin le rassemblement populaire post-Charlie hebdo! Bref je referme cette parenthèse.

Antoine Leiris a perdu sa femme lors des attentats du Bataclan en Novembre 2015, et ce livre c'est sa manière à lui de se reconstruire, ou tout au moins d'essayer de ne pas céder à la haine. Il s'accroche à la vie, à son fils, pour ne pas perdre pied, il ne comprend pas bien sûr, mais il ne cède pas à la facilité de la haine, et c'est très courageux de sa part. Très courageux aussi d'avoir publié sa douleur. J'ai été très émue par cette lecture... 

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24 avril 2017

Gaël Faye, Petit pays

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Quatrième de couverutre: 

"Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "Ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par "Ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.

Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de coeur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais"

Je crois que je tiens là une petite pépite de la rentrée littéraire 2016, je n'ai pas lu tous les livres présentés au Goncourt des Lycéens, mais je comprends pourquoi celui-ci a eu leur faveur. Gaël Faye nous parle avec des mots simples, des mots d'enfants, de la guerre, une guerre un peu oubliée, voire complètement ignorée. Bien sûr le génocide rwandais ne m'était pas inconnu, bien que j'en ai sans doute une vision très partielle et lacunaire, mais que cela s'était propagé au Burundi, je l'ignorais totalement. D'ailleurs avant ça, si on m'avait demandé de situer le Burundi sur une carte de l'Afrique, j'aurais été bien en peine, et c'est très regrettable!! D'autant plus que tout cela s'est passé, il n'y a pas si longtemps!

Outre cette mise au point historique et géographique, j'ai appris sur la vie au Burundi, sur l'enfance, sur ce qu'est être métisse dans un pays d'Afrique. J'ai appris la douceur, la chaleur et la lenteur de vivre. Pendant quelques pages j'ai vraiment été transportée aux côtés de Gabriel. Le début du roman est plus léger, et au fur et à mesure que Gabriel grandit avec la guerre, les interrogations s'amoncellent, les atrocités lointaines au début sont maintenant à sa porte, et oblige les uns et les autres à prendre parti, même ceux qui ne le voulaient pas. A travers les yeux d'enfants du narrateur on entrevoit comment une certaine logique, une certaine idéologie se met en place, comment des enfants qui aimaient jouer sur un terrain vague dans un vieux combi défoncé prennent les armes. C'est à la fois émouvant, et effrayant. 

J'arrive après tout le monde, mais si vous ne l'avez pas encore découvert, je vous le conseille chaudement!

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05 avril 2017

Margaux Motin rencontre La femme parfaite est une connasse

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(Margaux Motin, Anne-Sophie Girard et Marie-Aldine Girard

Quatrième de couverture: "Ce livre est LE guide pour toutes les femmes imparfaite*.
Vous y découvrirez notamment: "La jurisprudence de la frange", "la théorie de l'indifférence" ou encore le concept universel de "Jean test". Mais aussi "comment garder sa dignité quand on est complètement bourrée", ou "les questions qu'il ne faut pas poser à un homme si on ne veut pas entendre les réponses".

*il peut également être lu par les hommes qui auraient envie de combler certaines lacunes..."

 

J'ai vraiment beaucoup apprécié les illustrations, mais le contenu en soi est assez rebattu et stéréotypé. Cela m'a confirmé que je ne voulais pas lire le bouquin, par contre je lirai volontiers le deuxième tome de la bande-dessinée. C'est un humour que j'apprécie à petite dose, certaines situations font mouche, mais on a quand même du mal à définir qui est cette femme parfaite. En tout cas, Margaux Motin apporte beaucoup de soin à ses dessins, et pousse le souci du détail assez loin que ce soit dans les tenues ou dans les décorations des pièces, vraiment c'est un régal pour les yeux.

challenge petit bac

(GROS MOT: CONNASSE)

29 mars 2017

Pensées en vrac!

Je traverse un petit passage à vide bloguesque, j'ai du mal à écrire mes billets, je ne suis pas satisfaite de mes avis, j'oublie des choses, bref je néglige un peu la rédaction au profit de la lecture, les billets s'accumulent, et les lectures de vos billets aussi ... ça me peine un peu mais je n'ai pas encore véritablement trouvé de solution tant je suis débordée par ailleurs... J'aimerais insufler un petit bol d'air frais à mon blog, le dépoussiérer de l'hiver et puis aussi parfois l'ouvrir à d'autres horizons, pour discuter de tout et de rien, de cinéma que je fréquente quand même régulièrement et aussi de séries, de voyage, de plein de trucs quoi, de plus de discussions. Je trouve que le format commentaire n'amène pas toujours la discussion, souvent on commente et on passe à autre chose. Je ne vous jette pas la pierre, je suis exactement pareille, et tout en disant ça je me dis "mais t'as déjà pas le temps d'écrire des billets, comment veux-tu te lancer dans des discussions?" En fait c'est Bladelor qui a évoqué le sujet en janvier quant à savoir comment dynamiser les discussions et son billet a fait écho à un sentiment que j'ai depuis plusieurs mois déjà... donc si vous avez des idées, des trucs à dire pour alimenter cette réflexion un peu foutraque, je vous écoute lis!!

En bref vivement les vacances, dans moins de dix jours pour une grosse bouffée d'air à New-York!!! Youhou!! Any tips?

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Elena Ferrante, Le nouveau nom

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Attention risque de spoiler si vous n'avez pas lu le premier tome!!

 

Quatrième de couverture:

"Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano l'a trahie en s'associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu'elle déteste depuis son plus jeune âge. Pour Lila Cerullo, née pauvre et devenue riche en épousant l'épicier, c'est le début d'une période trouble : elle méprise son époux, refuse qu'il la touche, mais est obligée de céder. Elle travaille désormais dans la nouvelle boutique de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara. De son côté, son amie Elena Greco, la narratrice, poursuit ses études au lycée et est éperdument amoureuse de Nino Sarratore, qu'elle connaît depuis l'enfance et qui fréquente à présent l'université. Quand l'été arrive, les deux amies partent pour Ischia avec la mère et la belle-soeur de Lila, car l'air de la mer doit l'aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino. Le nouveau nom est la suite de L'amie prodigieuse, qui évoque l'enfance et l'adolescence de Lila et Elena. Avec force et justesse, Elena Ferrante y poursuit sa reconstitution d'un monde, Naples et l'Italie, et d'une époque, des années cinquante à nos jours, donnant naissance à une saga romanesque au souffle unique."

J'avais hâte de connaître la suite des aventures d'Elena et Lila donc aussitôt rentrée de vacances en février, je me suis attaquée au 2ème tome et passé l'excitation du "catching up", un peu comme quand on retrouve de vieilles copines et qu'on met à jour les potins, l'excitation est retombée et je me suis parfois un peu ennuyée. Non pas que ce soit moins bien écrit, ou moins intéressant, mais je crois que je me suis un peu essoufflée. Finalement l'histoire des deux gamines m'a plus intéressée que celle des deux jeunes femmes. Pourtant chacune suit le chemin qui lui est tracée, l'une son mariage qui laisse présager quelques difficultés, l'autre une vie d'étudiante. A mon sens l'avenir du mariage de Lila est sans grande surprise. La relation entre les deux jeunes femmes non plus. Elena reste souvent envieuse mais elle voit son amie sous un jour différent, elle s'affirme un peu plus et son personnage gagne un peu en profondeur. Elle n'est plus le faire-valoir de Lila et existe par ses propres moyens, même s'ils sont parfois un peu lourd, ou trop calculé. Je pense que le manque d'empathie s'est plus fait ressentir encore dans ce tome, mais pourtant j'ai quand même globalement apprécié ma lecture. J'émets quelques bémols liés au fait que j'ai enchaîné les deux lectures quasimment coup sur coup mais c'était quand même avec plaisir que je retrouvé toute la bande de Naples, le destin contrarié de certains, la confirmation aussi de cette difficulté à s'extraire de sa classe sociale, le mimétisme entre les générations, ou au contraire l'opportunisme d'autres.  Je crois que l'auteur dépeint très bien cette époque italienne, cet espèce d'engluement qu'on pourrait retrouver ailleurs en Europe dans les classes populaires, et puis ce sud qui amène un côté un peu statique aux évènements. 

Vous l'aurez donc compris j'ai préféré le premier livre, mais j'ai quand même une certaine hâte à lire la suite, d'ici quelque temps.

 

 

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