22 décembre 2016

Leïla Slimani, Chanson douce

chanson douce

Quatrième de couverture:

"Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame. 
À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant."

Il est toujours délicat de parler d'un roman encensé par presque tout le monde. Il est vrai que je l'ai aussi beaucoup apprécié mais je n'en fait pas un incontrounable pour autant. J'ai apprécié l'écriture, très incisive qui m'avait déjà plue dans Dans Le jardin de l'ogre. J'ai bien sûre été happée par l'histoire, un peu comme ce qui nous pousse parfois à lire une page du Nouveau détective, une espèce de curiosité morbide. Celle-là même qui pousse à savoir pourquoi une femme bien sous tout rapport tue deux enfants qu'elle a chéri. Et si finalement il n'y avait pas d'explication?

Ici Leïla Slimani décortique justement la relation de Louise avec ceux qui l'ont engagée et les enfants qui lui sont confiés. On perçoit en effet un mélange de gratitude et de mépris entre les adultes. L'amour porté aux enfants et quant à lui très malsain, un amour/haine étouffant, sournois qui plusieurs fois amène de la compassion pour ces enfants. Pourtant la petite fille est un personnage plutôt antipathique. 

Finalement, aucun des personnages ne m'a permis une certaine empathie, le père est assez égoïste, je ne me suis pas du tout reconnue dans la mère, les enfants ne sont pas les adorables chérubins qu'on voudrait nous faire avaler quand on parle de la maternité, et bien sûr, connaissant les faits dès le départ on ne peut pas apprécier la nounou, on peut ressentir de la pitié tout au plus. J'ai lu ce roman presque d'une seule traite, avec l'impression de retenir mon souffle tout au long, et ce besoin de savoir, de connaître le dénouement. Une lecture palpitante donc mais épuisante. Une lecture que j'ai appréciée mais il ne m'en faudrait pas tous les jours, sous peine d'asphyxie. 

Merci à Valérie pour la découverte, ce titre de la rentrée me faisait très envie.

challenge petit bac

(Spectacle: CHANSON)

Posté par Cinnamonchocolat à 11:32 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,


19 décembre 2016

Anne Percin, Comment devenir une rock star (ou pas)

comment devenir une rock star

Quatrième de couverture:

"Bon, alors, comme ça, vous voulez que Maxime Mainard vous déballe sa life, une fois de plus ? Vous voulez qu’il vous raconte avec quelle bande de dingues il va fonder son (fameux) groupe de rock ? Tout découvrir sur les secrets (brésiliens) de sa mamie Lisette ? Ouvrir (enfin) les yeux sur la vie privée d’Alex, sa meilleure pote ? Découvrir (avec stupeur) qui a osé rouler une pelle à Natacha, sa petite copine ? Et vous demander comment, avec tout ça, il va réussir à avoir son bac ? Entre Noël et les vacances d’été, il va lui en arriver, des aventures inoubliables… Musique (à donf) et affaires (émouvantes) de famille : Anne Percin poursuit et signe une saison 3 toujours aussi délirante !"

Anne Percin et son personnage Maxime Mainard sont une valeur sûre en littérature jeunesse. Souvenez-vous, je vous parlais de Comment [bien] rater ses vacances en 2012 que j'avais beaucoup aimé. Maxime s'était avéré être un ado comme tout parent rêverait d'avoir, généreux, cultivé et drôle, personnage tout aussi apprécié dans le deuxième volet, Comment [bien] gérer sa love story, même si je reconnais avoir préféré le premier, et bien ce troisième tome est tout aussi drôle, les personnages tout autant attachants. La relation entre Maxime et son oncle est intéressante, cet homme d'un certain âge qui vit encore comme un ado est émouvant, et puis bien sûr toutes les références musicales sont géniales! Mon bémol en fait c'est Natacha, personne plutôt antipathique pour moi, je trouve qu'elle sonne un peu faux, c'est peut-être pour ça que j'avais trouvé le second tome un peu en dessous. Il n'empêche que c'est bourré d'humour, que ça pose de bonnes questions, les secrets de famille, les à priori et bien sûr les relations, familiales, et celles d'amitié qui ne sont pas toujours faciles à gérer quand on a 17ans.

challenge petit bac

 

(Spectacle: ROCK STAR)

Posté par Cinnamonchocolat à 19:57 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

07 décembre 2016

Jean-Paul Nozière, Maboul à zéro

maboul à zéro

Quatrième de couverture:

"Aïcha Djemaï n'est pas une adolescente comme les autres. À seulement quatorze ans, elle passe son bac, pour la plus grande fierté de sa mère Zohra. Mais surtout elle s'occupe de Maboul à zéro, son frère aîné. Car Mouloud a perdu la tête, et ses troubles obsessionnels sont difficiles à supporter. 
À la veille de l'élection présidentielle, la famille Djemaï commence à déranger dans la petite ville de Sponge. Mai 2002. C'est le choc du premier tour. S'expriment alors la colère du père, Karim, le désespoir de Zohra et la douleur d'Aïcha. 
Pour comprendre ces souffrances latentes, mais d'abord pour tenter de sauver son frère de la folie, Aïcha convainc sa mère de lui raconter son passé en Algérie. Lors de ces nuits de confession, Zohra révèle leur histoire..."

Voilà un court roman jeunesse qui se lit facilement et qui a le mérite de faire réfléchir sur les préjugés, qu'ils soient liés au racisme ou tout simplement à la différence. D'autant plus que l'histoire se déroule au moment des élections présidentielles de 2002, petit clin d'oeil en cette période pré-electorale. Les personnages sont attachants surtout le personnage d'Aïcha, celui de Mouloud est plus difficile à cerner, c'est lui maboul, et on comprend à la fin du roman ce qui a déclenché son mutisme et le fait qu'il se soit réfugié dans son propre monde. Jean-Paul Nozière ouvre une autre perspective que celle du présent par le biais des récits faits par Zohra. Pour des adultes le roman est peut-être simpliste avec quelques invraisemblances (dur dur d'imaginer les enfants du perosnnel d'accueil se baladant dans le collège en pleine journée...), mais il permet aux enfants de s'interroger, et peut-être justement d'aborder certaines choses avec leurs parents. Il peut d'ailleurs trouver facilement son écho dans des questions plus actuelles. A faire lire aux enfants donc, en les accompagnant dans leur lecture.

challenge petit bac

(Gros mot: MABOUL)

Posté par Cinnamonchocolat à 18:05 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

05 décembre 2016

John Irving, Un mariage poids moyen

un mariage poids moyen

Quatrième de couverture:

"Séverin Winter, professeur d'allemand et entraîneur de lutte de l'équipe universitaire, n'est pas homme à prendre la vie à la légère.

Ses ébats amoureux, tout comme ses prouesses sportives, sont à ranger dans la catégorie poids lourd...

Ce qui n'est pas pour déplaire à Utch, la robuste Viennoise dont le mari - narrateur de surcroît - est littéralement conquis par Edith, l'épouse poids plume de Séverin."

C'est assez drôle parce que par certains aspects ce livre rapelle le roman de James Salter, Un bonheur parfait, que je n'avais pas aimé. Mais alors que je n'avais pas apprécié la plume de Salter, j'ai beaucoup apprécié celle d'Irving. Un Mariage poids moyen est un de ses premiers livres, et on y retrouve déjà ses thèmes de prédilection, les relations amoureuses atypiques, l'Autriche, les physiques un peu particulier, l'art. C'est un closer à la sauce Irvingienne, deux couples qui s'aiment à quatre si je puis dire, jusqu'à ce que leur équilibre se brise. Pas vraiment d'action dans ce roman mais des tranches de vie, et cette relation amicale/amoureuse. Certains passages m'ont moins intéressée, ceux sur la lutte, d'une parce que je ne suis pas une grande sportive, et de deux parce que la lutte n'est pas un sport que j'apprécierai en plus. J'ai beaucoup aimé les plongées dans le passé, et dans le Vienne d'après guerre. Je n'ai pas ressenti de sympathie pour les personnages masculins, le narrateur et le professeur de lutte, ce dernier m'a même très souvent agacée. J'ai eu un peu de peine pour les personnages féminins, Edith, l'épouse du lutteur et Utch celle du narrateur. Utch semble complètement instrumentalisée par les deux hommes, incapable de décision et de livre arbitre, j'ai trouvé ça dommage. J'ai toutefois passé un bon moment même si ce titre ne sera pas mon préféré de l'auteur, j'aime retrouver la plume d'Irving de temps à autre.

 

objectif pal

 

(33/31)

Objectif PAL de Décembre chez Antigone : 1  (dans ma PAL depuis mai 2015)

lire sous la contrainte

 

(titre qui commence par une voyelle)

26 novembre 2016

Alexandra Lange, Acquittée

acquittée

Quatrième de couverture:

"Sans doute Alexandra est-elle restée au début par amour.Il y a eu les promesses, également.Puis les coups, les insultes, les humiliations, les viols, les strangulations, la peur.C'est cette peur qui l'empêche de partir.Peur de se retrouver à la rue avec ses enfants, peur des représailles sur ses proches, peur des menaces de son mari : "Si tu fais ça, je te tuerai." Le soir du drame, Alexandra lui annonce qu'elle va partir.L'ultime tentative d'étranglement la terrifie au point qu'elle commet le geste fatal.En reconnaissant ici la légitime défense, la justice française a braqué les projecteurs sur les victimes de violences conjugales.Un témoignage adressé à nous tous, un appel à l'aide pour ces femmes en danger"

Autant le dire tout de suite je n'aime pas ce genre de livre, il est entré dans ma PAL à l'issue d'un swap et le challenge lire sous la contrainte m'a motivé à l'en sortir. Evidemment je ne porte aucun jugement sur ce qu'a vécu Alexandra Langue, ni sur la mort de son mari, ni sur le procès et son acquittement. Sa vie a été affreuse et qui peut dire comment il réagirait dans une situation similaire? J'aime lire pour plusieurs raisons, m'échapper, voyager, me divertir, pour la beauté de l'écriture, de l'histoire, des personnages, pour m'informer parfois aussi, mais ce témoignage n'a pas pour but de divertir forcément, et n'a , et cela n'engage que moi, aucune qualité littéraire, en tout cas rien qui ne m'ait vraiment plu. J'imagine que l'auteur a eu besoin d'écrire pour se libérer, que l'écriture a été sa catharsis et que peut-être son témoignage pourra donner la force à certaines femmes battues, et je l'espère, de parler ou de quitter leur mari. En ce sens le témoignage d'Alexandra Lange n'aura pas été vain. Quant à moi, ça remet un peu en question ma façon de lire... Un peu comme si j'avais eu le devoir de le faire, alors que finalement rien ne m'y obligeait, je me rends compte à quel point c'est stupide!

objectif pal

 

(33/31)

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 5  (dans ma PAL depuis mai 2015)

lire sous la contrainte

(titre qui commence par une voyelle)

 

 

 

 

Posté par Cinnamonchocolat à 21:14 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,


23 novembre 2016

Honoré de Balzac, Le Lys dans la Vallée

le lys dans la vallée

Quatrième de couverture:

"Félix de Vandenesse tombe éperdument amoureux de la comtesse de Mortsauf, jeune femme vertueuse mariée à un vieil homme insupportable. Fidèle à ses valeurs, elle lutte contre le désir qui l'envahit peu à peu."

(il s'agit de la quatrième de couverture de l'édition Flammarion)

Le sous-titre étant Le drame d'un impossible amour, le ton est donné avant même d'ouvrir ce roman. Comme tout classique il faut d'abord s'habituer à l'écriture pour entrer complètement dans l'histoire, mais une fois qu'on a pris son aise, quel plaisir! Je conçois qu'il soit difficile d'yn entrer mais comment peut-on dire que c'est ennuyeux, c'est tellement beau! Cet amour platonique entre le narrateur et la comtesse de Mortsauf, la description de cette vie dans la vallée de l'Indre, cette époque, les convenances, tout est intéressant à lire, à découvrir ou redécouvrir sous l'oeil un peu naïf de Maxime. Et tout au long de leur histoire ce suspense intense (ok j'exagère) cèdera-t-elle? ne cèdera-t-elle pas? Cela peut-il durer? Comment cela peut-il finir? J'ai volontairement tronqué la quatrième de couverture de Flammarion pour ne pas dévioler trop d'informations sur l'issue de cet amour. Le roman s'ouvre sur une lettre adressée à une femme, la fin permet de mieux comprendre cette première lettre et le déroulé de l'histoire, et, cette histoire du 19e siècle peut finalement trouver écho dans les réactions d'une femme du 21è siècle. En effet, Balzac s'interroge sur le passé amoureux et ses conséquences dans les prochaines relations, je pense que c'est tout le débat interne qu'on peut aussi avoir aujourd'hui. Veut-on connaître les histoires précédentes de la personne qu'on aime, ou préfère-t-on ne rien savoir... Je suis vraiment contente d'avoir sorti ce roman de ma PAL, il y est depuis très longtemps et je me demande pourquoi je ne l'avais pas lu avant (bon sans doute que la taille de la police, très petite, y est pour quelque chose.

objectif pal

 

(32/31)

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 4  (dans ma PAL depuis que j'ai une PAL)

Posté par Cinnamonchocolat à 09:39 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 novembre 2016

Orianne Charpentier, Après la vague

apres-la-vague

Quatrième de couverture: "Ce jour-là, tout a basculé. En quelques minutes la mer turquoise est devenue un monstre qui a tout balayé, hommes, femmes, enfants et villages entiers... Ce jour de tsunami, en 2004, Max, 16 ans, a perdu sa jumelle Jade. Il a aussi perdu le goût de vivre. Ce roman raconte son parcours et de sa quête pour la vie."

Ce roman se lit très facilement, les pages se tournent toute seule, Orianne Charpentier se met dans la peau d'un adolescent de 16 ans en vacances en Indonésie avec ses parents, son grand frère et sa soeur jumelle au moment du tsunami qui a ravagé l'océan indien en 2004. Elle imagine l'avent, le pendant, et l'après. Une vie à reconstruite, dévastée par une vague monstrueuse. Il y a de l'émotion forcément mais dès le départ le personnage de Max m'a paru antipathique, et même s'il fait amende honorable quand il tente de se reconstruire, je suis restée sur ma première idée négative, j'ai donc eu du mal à ressentir de l'empathie pour ce narrateur. Sa fuite en avant m'a semblée un peu superficielle, le tout sonnait un peu faux. Je ne garderai donc pas un souvenir imperissable de cette lecture. 

lire sous la contrainte 

(titre qui commence par une voyelle)

 

objectif pal

( 31/31 youhouuuuuuuu mon objectif de l'année est atteint!!!) 

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 3  (dans ma PAL depuis octobre 2015)

11 novembre 2016

Fred Vargas, L'armée furieuse

l-armee-furieuse,M121453

Quatrième de couverture:"Avec sa petite blouse à fleurs et son air timide, Valentine Vendermot et son histoire de fantômes ne sont pas de taille à mobiliser une brigade parisienne. Pourtant, le commissaire Adamsberg a très envie de s'intéresser à cette chevauchée nocturne dans le bocage normand. Il délègue l'enquête en cours et se rend sur les lieux : Ordebec, son église, son bistrot, son chemin de Bonneval, ses crimes atroces."

J'avais noté ce titre à sa sortie mais j'ai attenu un petit moment avant de l'ouvrir, j'aime généralement ce que fait Fred Vargas mais c'est parfois assez pointu et ça requiert un peu de concentration. Dans ce roman c'est assez clair, les rebondissements sont étonnants mais restent vraisemblables, même si tout le monde tend à croire qu'une armée de morts, vieille de plusieurs siècles a décidé de s'en prendre à quatre villageois d'Ordebec. Le doute plane, il y a les sceptiques, ce qui y croient, et ceux que ça arrangent bien qu'on y croit. Et c'est ce que j'aime avec Fred Vargas, la frontière entre le fantastique et le réel est souvent bien mince mais elle n'est pas franchie, rappelons que c'est un policier, pas un roman fantastique.

J'ai beaucoup aimé retrouvé le commissaire Adamsberg, toujours aussi lunaire, Danglard, toujours aussi savant et les autres. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, entre un vieux comte amoureux, une famille de parias et un flic dont l'ancêtre était dans l'armée Napoléonienne... C'est juste dommage qu'on en sache pas un peu plus sur l'origine de cette légende de la Mesnie Hellequin, ça m'aurait intéressé d'en savoir plus.

Parallèlement, Adamsberg mène une autre enquête sur la mort d'un vieux riche entrepreneur. Ses fils sont soupçonnés mais le coupable est vite trouvé, Momo pyromane bien connu des services de police. Quand je dis qu'Adamsberg mène l'enquête j'exagère, l'enquête se mène un peu toute seule, ou d'autres la mène pour lui. Ce que ce roman met en lumière c'est surtout les passe-droit de la haute bourgeoise, la connivence entre un compte riche propriétaire terrien et un juge. Et je suis persuadée que ce n'est pas loin de ce qui se pratique.

Je me demande parfois comment les enquêtes d'Adamsberg peuvent bien se résoudre vu comme il est parfois à côté de ses pompes. Je regrette de n'avoir pas croisé Camille ou Mathilde ici ou là, mais on fait la connaissance de Zerk. J'ai bien apprécié cette lecture, un bon pager turner, je ne l'ai pas laché des vacances.

 

 

objectif pal

( 30/31) 

Objectif PAL de Novembre chez Antigone et Anne: 2  (dans ma PAL depuis Juin 2015)

 

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 novembre 2016

Catherine Poulain, Le grand marin

le grand marin

Quatrième de couverture: "Une femme rêvait de partir. De prendre le large. Après un long voyage, elle arrive à Kodiak (Alaska). Tout de suite, elle sait : à bord d’un de ces bateaux qui s’en vont pêcher la morue noire, le crabe et le flétan, il y a une place pour elle. Dormir à même le sol, supporter l’humidité permanente et le sel qui ronge la peau, la fatigue, la peur, les blessures… C’est la découverte d’une existence âpre et rude, un apprentissage effrayant qui se doit de passer par le sang. Et puis, il y a les hommes. À terre, elle partage leur vie, en camarade. Traîne dans les bars. En attendant de rembarquer. C’est alors qu’elle rencontre le Grand Marin. "

Cette lecture m'enthousiasmait beaucoup, j'aime parfois ces romans à la Into the wild où il est question de soi, de nature et de dépasser ses limites. Pour moi Le grand marin entre dans cette catégorie. Lili est un petit bout de femme qui a laissé sa vie en France pour aller pêcher en Alaska. On ne sait rien d'elle, tout comme on sait peu de choses de tous ces pêcheurs qui n'ont de vie que sur leur bateau ou dans les bars du port. J'ai beaucoup aimé la première partie, celle qui donne à voir cette petite bourgade de Kodiak, une île au sud de l'Alaska, au sud certes mais ça reste le grand nord. Les conditions climatiques sont difficiles, il ne semble y avoir que le froid et l'océan. Les conditions de pêche sont rudes, fatigue, froid, mauvaise météo, nuit, manque de nourriture variée sont le lot de ses pêcheurs au large. Et pourtant ça donne presque envie, la nature, les codes, le fait de se surpasser. 

Mais, parcequ'il y a un mais, j'ai été déçue par la seconde partie, celle justement sur ce grand marin. Lili s'éloigne de son objectif premier, elle qui voulait justement aller au delà de ses limites se perd un peu. Disons que j'ai trouvé ça un peu stéréotypé quant aux femmes. Je pourrai développer plus mais j'ai peur d'en dire trop.

Ah et aussi au bout d'un moment tout cet alcool ça m'a saoulée (bon ok elle était facile), je pense en effet que c'est omniprésent dans la vie de ces pêcheurs, "repeindre la ville en rouge" comme c'est souvent évoqué dans le livre est la première chose à faire quand on rentre au port mais j'ai été agacée par cet immobilisme. Se saouler, repartir en mer, rentrer, se saouler and so on... 

En bref donc c'est une lecture mitigée, l'Alsaka et le grand large m'ont fait rêver mais la promiscuité du port et les choix de Lili n'ont pas répondu à mes attentes de grand air.

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,

05 novembre 2016

Patrick Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

patrick-modiano-pour-que-tu-ne-perdes-pas-dans-quartier

Quatrième de couverture:

« – Et l'enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l'enfant? 
– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu'il était devenu... Quel drôle de départ dans la vie... 
– Ils l'avaient certainement inscrit à une école... 
– Oui. À l'école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d'une grippe. 
– Et à l'école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage... 
– Non, malheureusement. Ils ont détruit l'école de la Forêt il y a deux ans. C'était une toute petite école, vous savez...»

Souvenez-vous, j'ai découvert Patrick Modiano récemment avec Dora Bruder que j'ai beaucoup aimé, pourtant j'ai eu beaucoup plus de mal avec ce titre-ci. Beaucoup de mal à le lire, à le comprendre. Pourtant c'est de nouveau une quête, non plus celle d'une jeune femme, mais celle du narrateur instiguée par d'autres perosnnages ayant retrouvé son carnet d'adresse. Indirectement ils obligent le narrateur à se souvenir de son enfance, de l'époque où il était jeune homme, pourtant cela semble bien enfoui, il ne se souvient plus des lieux, des gens ou plutôt si mais il semble l'avoir volontairement oublié. Il tourne autour de ses souvenirs, sans qu'ils soient jamais clairs, que recherche ces gens? Et lui, que veut-il savoir? Plusieurs chronologies sont déroulées, la quête semble avoir débutée déjà des années auparavant. J'ai vraiment été confuse pendant cette lecture. Cet entretien avec Patrick Modiano sur le site de Gallimard m'a un peu éclairée...

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,