30 octobre 2010

Mario Vargas Llosa, Histoire de Mayta

Histoire_de_MaytaQuatrième de couverture: "Dans un Pérou où se côtoient misère et terrorisme, un journaliste devenu écrivain enquête sur Mayta, un de ses anciens condisciples. Il cherche à savoir ce qu'est devenu l'adolescent exalté, illuminé, l'intellectuel trotskiste arrêté et jeté en prison. Il cherche aussi à comprendre la plongée de son pays dans le chaos. Mais lorsqu'il retrouve Mayta, au terme de nombreuses rencontres, l'homme ne correspond en rien avec l'image patiemment reconstruite... Leçon d'humilité ? Sagesse de l'écrivain qui connaît la défiance vis-à-vis des médias ? Distorsion habituelle entre vérité et fiction ? Tel est le débat de cette enquête littéraire et politique menée de main de maître dans le dédale romanesque d'un Pérou halluciné."

Ce fût une lecture difficile, voire pénible, notamment à cause de la narration. Qui parle véritablement? Le narrateur? Mayta? L'auteur lui-même? C'est parfois évident, parfois totalement confus et c'est ainsi tout le long du livre. L'auteur fait le récit d'un évènement qui s'est passé au Pérou, il se veut précis, donne des détails et témoignages pour corroborer les faits et au final on apprend les noms, dates, voire même les faits ont été changé pour ne pas être reconnus. A quoi bon donc allier précision et style journalistique pour finalement démentir tout ce qui est dit. J'avoue être totalement passée à côté! Je m'attendais à avoir un aperçu sur le socialisme, les guerillas et leur organisation au Pérou et finalement je n'ai suivi que l'obsession du narrateur, de l'auteur? pour ce fameux Mayta (mais qui est-ce au final?) qui lui s'avère ne pas se souvenir (ou ne pas vouloir se souvenir) de l'évènement sur lequel le narrateur cherche des informations? Tiré par les cheveux non? Je n'y ai donc pas trouvé grand intérêt et si quelqu'un pouvait m'expliquer au final de quoi il est question dans ce livre c'est avec grand plaisir que je l'écouterai parce que ça m'a laissée assez perplexe! Je n'ai pas abandonné par principe mais j'ai bien failli à plusieurs reprises!

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02 avril 2010

Laura Esquivel, Chocolat amer

chocolat_amerQuatrième de couverture: "Dans le Mexique du début du siècle, en pleine tempête révolutionnaire, Tita, éperdument éprise de Pedro, brave les interdits pour vivre une impossible passion. À cette intrigue empruntée à la littérature sentimentale, Laura Esquivel mêle des recettes de cuisine. Car Tita possède d'étranges talents culinaires : ses cailles aux pétales de roses ont un effet aphrodisiaque, ses gâteaux un pouvoir destructeur. L'amour de la vie est exalté dans ces pages d'un style joyeux et tendre, dont le réalisme magique renvoie aux grandes oeuvres de la littérature latino-américaine. Chocolat amer, adapté en film sous le titre Les épices de la passion, s'est vendu à plus de quatre millions d'exemplaires dans le monde."

Tita, la benjamine de la famille n’a guère le choix de son destin, elle devra veiller sur sa mère jusqu’à sa mort et ne pourra donc pas épouser celui qu’elle aime… Voici donc une histoire d’amour impossible digne d’une Juliette ! Tous les ingrédients y sont, la mère tyran, la sœur préférée et l’amie dévouée… Ajoutez y une Tita née dans la cuisine et l’histoire en sera quelque peu différente.

 

En effet, Tita est née et a grandi dans la cuisine, elle développera dès son plus jeune âge un goût pour la cuisine, le mélange des épices et des goûts qui mettent l’eau à la bouche tout au long de l’histoire. Ce dont Tita ne semble pas avoir conscience c’est qu’elle met une certaine magie dans ses plats qui ont quelque fois des effets étranges sur ses convives…

 

Chaque chapitre est bâti autour d’un plat préparé pour une occasion particulière (mais quel rapport avec le mois cité en début de chapitre, je n’ai pas eu l’impression que l’histoire se déroulait précisément ce mois là ?) d’un anniversaire à l’épiphanie en passant par la cérémonie du mariage de l’aînée.

 

J’ai bien aimé l’histoire un peu féérique qui mêle cuisine et « potions » à merveille, les apparitions des fantômes ne m’ont pas dérangée pourtant ce n’est pas ce que je préfère, au contraire ça donnait tantôt une touche d’émotion à l’histoire, tantôt un brin d’angoisse. Par contre l’écriture m’a parfois dérangée, j’ai trouvé certains passages un peu lourd, notamment ceux  où il est question de désir et de passion, j’en ai même trouvé certains ridicules ! Et puis la fin de l’histoire m’a déçue un peu, j’ai trouvé ça trop facile, trop évident.

 

C’est donc une lecture en demi-teinte comme peut-être le prévoyait le titre, le chocolat, doux qui fond tout seul et qui nous emmène loin lorsqu’on le savoure les yeux fermés et amer dans el sens où Laura Esquivel m’a laissé un goût de déception une fois le livre refermé.

 

Je le conseille tout de même rien que pour les recettes, leurs descriptions et la magie qui en ressort. Et je remercie Edelwe qui me l'avait envoyé dans le cadre du swap mille feuille, j'ai donc lu les quatre livres que j'avais reçu ^^

Deux extraits :

« Nous possédons en nous-mêmes les éléments nécessaires pour produire du phosphore. Ma grand-mère avait à ce sujet une théorie très intéressante : elle disait que nous naissons tous avec une boîte d’allumettes en nous mais que nous ne pouvons pas els allumer seuls : nous avons besoin d’oxygène, comme dans l’expérience que nous venons de faire, et d’une chandelle. L’oxygène provient, par exemple, de l’haleine de la personne aimée ; la chandelle peut être n’importe quoi, un aliment, de la musique, une caresse, une parole ou un son. C’est le déclencheur. L’allumette s’enflamme, et l’espace d’un instant, nous sommes éblouis. Il se produit en nous une agréable chaleur qui disparaît peu à peu, au fil du temps, jusqu’à ce qu’une nouvelle explosion vienne la raviver. Chacun a ses propres détonateurs qu’il doit découvrir. La combustion qu’ils entraînent procure de l’énergie à l’âme :  en d’autres termes cette combustion est la nourriture de l’âme.

« Si l’on ne découvre pas à temps ses détonateurs, la boîte d’allumettes s’humidifie et nous ne pourrons plus jamais enflammer la moindre allumette. L’âme alors fuit le corps, erre dans les ténèbres les plus profondes, cherchant vainement un aliment que seul ce corps abandonné, désarmé, transi de froid pourrait lui fournir ? » »

La recette du chocolat chaud que j’essaierai peut-être de faire pour le challenge à lire et à manger :

« La méthode est très simple : placez sur le feu une tablette de chocolat et de l’eau. La quantité d’eau doit être légèrement supérieure au contenu de la tasse qu’on devra remplir. Quand l’eau bout pour la première fois, écartez-là du feu et cassez la tablette en petits morceaux. Battez au moussoir jusqu’à ce que le chocolat soit bien incorporé à l’eau. Remettez sur le feu. Quand l’eau bout à nouveau, retirez de la flamme. Puis remettez-là encore jusqu’au troisième bouillon ? Retirez alors le tout et battez. Versez la moitié dans la tasse et battez le reste une dernière fois. Enfin remplissez la tasse en laissant mousser à la surface. Vous pouvez remplacer l’eau par du lait, mais dans ce cas ne faites bouillir qu’une fois, puis remettez sur le feu en battant pour que le chocolat n’épaississe trop. Le chocolat à l’eau plus digeste que le chocolat au lait. »

C'était une lecture commune avec Bladelor, Lilibook et Mariel.


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15 décembre 2009

Jorge Amado, Cacao

cacaoPrésentation de l'éditeur

"Devant faire face à la ruine de sa famille après la mort de son père, le jeune Sergipano quitte sa ville natale. Direction le sud de l'État de Bahia, au Brésil, où il sera ouvrier dans les plantations de cacao... Ses rêves de richesse seront vite déçus: parmi les vieux paysans et les petits artisans, il connaîtra la détresse et l'injustice. Publié en 1933, ce roman de jeunesse du plus célèbre des écrivains brésiliens fait entendre avec force la voix des humbles en lutte pour un avenir meilleur."

Jorge Amado est l'un des auteurs brésiliens le plus lu dans le monde (dixit la courte biographie de l'édition Larousse). Il nous fait le récit, à travers Sergipano, de la vie des hommes "loués" dans les cacaoyères... un peu le même principe que les journaliers rencontrés chez Steinbeck. Ces hommes vivent pour travailler, et travaillent pour vivre, ou plutôt survivre. Ils semblent s'en accommoder, ils refuseraient de devenir patrons parce que considèreraient cela comme une trahison. Il est pourtant question de conscience et lutte des classes, on évoque rapidement l'idée de grève, et finalement la façon dont les patrons les "tiennent" : " Un jour ils abaissèrent les salaires à 3 milréis. Je pris la tête de la résistance. Nous ne retournerions pas aux plantations. [...] - Faut pas y penser... Il est arrivé trois cents et plus d'émigrants de la sécheresse, qui prennent le boulot pour n'importe quelle payer... et nous on meurt de faim.
- On est vaincu avant de commencer la lutte."
-Nous on vient au monde vaincus, conclut Valentin.
Nous baissâmes la tête. Et le lendemain nous retournâmes au travail pour 500 réis de moins."
Ce passage me rappelle les paies des journaliers dans Les raisins de la colère qui étaient toujours plus basses et pour lesquelles de plus en plus d'hommes affluaient pourtant. Mieux valaient être payés une misère que de ne pas travailler du tout.
On ressent ici toute l'injustice de ce système d'exploitation des plus pauvres par la classe moyenne et la classe dominante de l'époque, les grands propriétaires.

L'histoire n'est pas romancée, Jorge Amado n'a pas souhaité enjoliver ou dramatiser les choses, il les décrit simplement, et l'annonce à la fin du livre au travers du narrateur : "Ce livre est mal composé. Mais c'est qu'il n'a pas d'intrigue à proprement parler, et ces souvenirs de la vie des plantations, je les mets sur le papier à mesure qu'ils me viennent à l'esprit. J'ai lu quelques romans avant de commencer Cacao, et je vois bien que celui-ci n'a rien de commun avec eux. Tel qu'il est le voici. J'ai voulu seulement conter la vie de la plantation. Parfois j'ai eu des envies d'écrire un pamphlet ou un poème. Peut-être n'ai-je même pas réussi à faire un roman."

J'ai bien aimé cette histoire assez courte et sans fioriture et je ne sais qu'en dire de plus. Les faits sonts bruts, on n'a pas vraiment le temps de s'attacher aux personnages, on arrive tout de même à ne pas en aimer certains, comme Mano-la-peste ou Maria que j'ai trouvé insupportable, mais dont l'attitude au final colle bien à la représentation qu'ont ces hommes exploités de la bourgeoisie qui les exploite.

Un petit mot sur l'édition, Larousse, Petits contemprains destinée donc à un public scolaire, avec à la fin des questions pour mieux comprendre l'oeuvre, puis des "clés" sur les personnages, les thèmes abordés.
Je trouve que les questions peuvent plus qu'éclairer le lecteur, le perdre dans sa lecture. J'ai trouvé que certaines n'étaient pas forcément pertinentes, mais bon je ne suis sauf preuve du contraire pas prof de français ^^. Par contre j'ai trouvé les thèmes intéressants. Et les extraits de textes sur le thème du chocolat  ont bien évidemment été de mon goût. Il y'a d'ailleurs une courte bibliographie à la fin du livre sur les thèmes du cacao/chocolat, le Brésil ainsi que quelques auteurs Brésiliens. Pas mal fait donc!

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