13 décembre 2015

Kate O'Riordan, Un autre amour

A44625

Quatrième de couverture:

"Connie et Matt Wilson sont parvenus à réaliser leur rêve : ils vivent avec leurs trois enfants dans une charmante maison londonienne. Alors qu'ils profitent d'un week-end pour passer un séjour romantique à Rome, tout bascule : Matt annonce à Connie qu'il ne rentrera pas avec elle. Elle retourne à Londres, retrouvant ses trois garçons, seule. 
Un autre amour est le récit intense du désespoir d'une femme dont l'heureux et paisible mariage se trouble. L'auteur explore les sentiments tumultueux de cette épouse qui s'emploiera à faire revenir celui qu'elle aime depuis l'enfance. Kate O'Riordan analyse l'ambiguïté et la fragilité des sentiments à travers l'évocation du passé duquel on ne peut réchapper. Elle fait intervenir des personnages poignants, singuliers ou drôles qui croisent le destin des protagonistes et révèle les failles de la vie qu'ils ont cru se construire."

Il m'est difficile d'émettre un avis tranché sur ce roman, je n'ai pas tellement aimé comme c'est écrit, j'ai trouvé la lecture de la première moitié du roman assez fastidieuse et ennuyeuse, avec des comparaisons et métaphores un peu tirée par les cheveux ("l'air semblait épais et poudreux comme une soupe aux champignons en sachet") et je n'ai non plus aimé les personnages, Connie m'a agacée dès le départ, j'ai eu envie de secouer Matt pour qu'il prenne une décision, les enfants sont antipathiques, sauf Benny, et l'amie m'a l'air complètement siphonée ... Pour autant j'ai trouvé l'histoire assez juste, assez plausible. Ce trio amoureux, on pourrait peut-être même parler d'un quatuor amoureux, est lui touchant. Tous les retours sur le passé des personnages m'a intéressée, et m'a peut-être permis de mieux les comprendre, d'un peu les apprécier finalement. Il n'y a pas d'issue possible dans le sens où quelques soient les décisions prises elles feront souffrir quelqu'un, et c'est aussi ça je pense la "vraie vie", pas forcément de happy end, et puis des décisions qu'il faut parfois pouvoir prendre pour se préserver soi. Je suis pas forcément quelqu'un d'égoïste, mais je pense tout de même que parfois l'égoïsme est nécessaire pour se préserver. 

En bref, je ne sais pas si je recommande ce livre, je pense qu'il ne peut pas plaire à tout le monde, qu'il peut très vite tomber des mains, et qu'on peut éventuellement se dire, encore une énième histoire de couple qui se déchire, mais ce n'est pas que ça, et c'est finalement de manière très pudique que l'auteur aborde le sujet.

 

objectif pal

(28/32)

Posté par Cinnamonchocolat à 12:39 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , ,


11 mai 2015

Kate O'Riordan, Le garçon dans la lune

le garçon dans la lune

Quatrième de couverture:

"Mariés depuis dix ans, Julia et Brian traversent une crise conjugale en demi-teinte.
S'ils restent ensemble, c'est peut-être à cause de Sam, leur fils de sept ans, un enfant enclin à la rêverie qui voit dans la lune un petit garçon qui pleure. Mais lors d'une visite au père de Brian en Irlande, un drame affreux survient, qui se soldera par l'échec de leur union. Julia décide d'aller vivre chez son beau-père, un homme taciturne et tyrannique qui se sert d'elle comme femme à tout faire. En lisant des carnets dérobés, rédigés par la mère de Brian depuis décédée, elle ressuscite le secret qui étouffe les membres de la famille."

J'ai acheté ce roman il y a quelques années chez Gibert jeune et il prenait la poussière depuis trop longtemps sur mes étagères. Comme souvent je me demande pourquoi j'ai attendu si longtemps avant de le lire!! Le garçon dans la lune, c'est le petit garçon que Sam voit les soirs de pleine lune, mais c'est aussi d'autres, qui viendront ponctuer l'histoire d'incompréhension, de drame et de rancoeur. 

Deux histoires, deux chronologies se mêlent, celle, présente de Julia, qui séjourne chez son beau-père taciturne, froid et disons-le méchant, et celle de Brian son époux quand il était enfant, avec ce même père taciturne, froid et méchant ... Le personnage de Julia sera celui qui évolue le plus au fil de ces mois passés dans l'isolement de la ferme familiale. Elle m'était très antipathique au début du roman, et j'ai appris à l'apprécier au fil des pages, elle m'a vraiment beaucoup émue à la fin...

Kate O'Riordan nous livre l'histoire de ces hommes de la campagne, un peu bourru qui ne savent pas comment aimer et qui ne connaissent la vie qu'à travers le prisme du travail et de leur terre. Brian est un père qui n'a eu de modèle que le sien et qui adulte semble tellement différent de l'enfant meneur qu'il a été. Julia elle-même ne connaît rien de l'enfance de Brian et c'est en partie grâce au carnet de sa défunte belle-mère, en partie de sa propre expérience aux côtés de Jérémiah qu'elle va apprendre à aimer son mari.

C'est une histoire difficile, sur les regrets et le ressentiment, mais aussi sur le pardon. Les passages les plus émouvants sont ceux qu'on arrive à lire entre les lignes, ceux qu'on déchiffre dans l'amour de l'auteur pour l'Irlande, personnage à part entière du roman, synonyme de force mais surtout d'imprévisible. Kate O'Riordan m'a encore plus donné envie d'aller faire un tour du côté de cette île.

lire sous la contrainte

(21e session: cosmos)

objectif pal

(15/32)

Posté par Cinnamonchocolat à 07:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 avril 2015

Colum McCann, La rivière de l'exil

La-riviere-de-lexil_7598

Quatrième de couverture:

" Les douze histoires que raconte Colum McCann ne sont pas franchement faites pour se tenir les côtes. Mais elles font qu'on se tient le cœur qui, à les lire, bat plus vite et fond de tendresse. Dans chacune d'elles, il y a des gens qui sont loin de chez eux. Des Irlandais pour la plupart. Ils n'ont pas la vie qu'ils aimeraient. Ils se réfugient dans le rêve, la folie, la violence, le passé. [...] Accrochez-vous, c'est merveilleux ! Il y a, dans toutes ces nouvelles, une justesse de ton, un doigté, une élégance de sentiments, une grâce d'une douceur qui serre la gorge. Dans ces ciels tourmentés et lourds, ces destins minables et tragiques, passe une lumière qui fait lever le regard. Colum McCann, qui avait étonné et conquis tout le monde avec Les Saisons de la nuit, vient à nouveau de frapper. Et à douze reprises, encore ! Laissant le lecteur K.O., la tête pleine d'étoiles. " Stéphane Hoffmann, Le Figaro Magazine

 J'ai souvent du mal avec les recueils de nouvelles et celui-ci ne déroge pas à la règle. Colum McCann a choisi de nous parler des émigré irlandais aux Etats-Unis, si les histoires sont pour la plupart un peu sombres, l'écriture n'en reste pas moins plaisante à lire. Ce qui me gêne dans le format nouvelle c'est la brièveté du propos. Je n'ai pas le temps de m'attacher aux personnages, la fin arrive de manière trop abrupte et je ressens quasiment à tous les coups un sentiment de frustration. Ce ne fût pas le cas avec la nouvelle Je peux placer un mot? qui est un monologue intérieure d'une femme à sa soeur défunte qu'elle est en train de "préparer" pour l'enterrement. J'ai vraiment apprécié ce texte parce qu'il montre l'attachement des deux soeurs. Le récit à la première personne facilité l'identification, ce qui est un + à mon avis. Pour les autres nouvelles je crois qu'il ne me restera pas grand chose de ma lecture et c'est dommage.

 

objectif pal

(13/32)

Posté par Cinnamonchocolat à 07:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 juin 2014

Maggie O'Farrell, The hand that first held mine (Attention risque de spoilers!!)

hand-that-first-held-mine

Quatrième de couverture:

"Fresh out of university and in disgrace, Lexie Sinclair is waiting for life to begin. When the sophisticated Innes Kent turns up on her doorstep in rural Devon, she realises she can wait no longer, and leaves for London. There, Lexie carves out a new life for herself at the heart of bohemian 1950s Soho, with Innes by her side.

In the present, Ted and Elina no longer recognise their lives after the arrival of their first child. Elina, an artist, wonders if she will ever paint again, while Ted is disturbed by memories of his own childhood - memories that don't tally with his parents' version  of events. As Ted's search for answers gathers momentum, so a portait is revealed of two women separated by fifty years, but linked by their passionate refusal to settle for ordinary lives."

 

Ce roman deux Maggie O'Farrell mènent en parallèle deux histoires, l'une dans les années 50/60, l'autre de nos jours. Chacune, à la 3e personne du singulier fait le récit de la vie d'une jeune femme. Lexie Sinclair qui s'est faite exclure de l'université pour avoir osé passer par une porte réservée aux garçons. La seconde jeune femme, Elina, vient de donner naissance à un petit garçon.

J'ai vraiment eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, d'une part à cause de la langue, il me faut toujours un petit temps d'adaptation quand je lis en VO et d'autre part à cause du récit concernant Elina, qui au début du roman est très décousu. La narration bien qu'à la 3e personne se fait d'un point de vue interne. Nous n'en savons donc pas plus qu'Elina qui elle-même ne semble pas savoir où elle en est. On comprend au fil du récit pourquoi, et cela s'estompe au fil des pages mais cela m'a beaucoup gênée!

Le récit que j'ai préféré est donc celui au sujet de Lexie, à cause de la narration, mais surtout aussi pour son époque, vous savez comme j'aime les 50s/60s donc forcément ça m'a touchée un peu plus. Mais surtout, je me suis demandé tout le long quel lien il pouvait bien y avoir entre les deux histoires, Je me suis formulé de nombreuses hypothèses, puis peu à peu tout se met en place... Le personnage de Lexie est très attachant, et semble dans l'air du temps, son caractère et sa volonté d'indépendance font d'elle une femme forte, et une femme moderne pour l'époque. Son rapport à l'enfant fait écho au rapport à la maternité d'Elina.  Les deux récits donnent une vision de la maternité très touchante et sans doute assez juste. Là où Lexie tente de préserver son fils, tout en ayant un rapport assez adulte avec lui, Elina a un rapport plus exclusif et ne nous épargne pas les difficultés des premiers gestes maternels (la scène du caca est épique, oui épique!!, j'ai déjà vécu ce genre de truc avec ma nièce donc ça m'a bien fait sourire!)Le personnage de Ted, le compagnon d'Elina m'a également beaucoup plu. Il prend son rôle de père au sérieux, tout en laissant Elina s'habituer à cette nouvelle relation. Il est désarmant de sensibilité ... J'ai beaucoup aimé leur couple finalement, leur maison londonienne. 

Finalement je ne m'attendais pas spécialement à ce dénouement, et j'ai eu du mal à relier les personnages du passé, avec ce qu'ils sont devenus dans le présent... comme si, avec les années, leurs mauvais traits de caractères s'étaient estompés, du coup j'ai eu des difficultés à les mettre en relation.

Le roman aborde sous différents aspects le thème de la culture, plus précisément celui de l'art, j'ai apprécié ces touches de peinture, de sculpture et d'artistes. 

Malgré un début très difficile, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman. Après les 70 premières pages je l'ai dévoré, je voulais connaître l'histoire de Lexie et le dénouement du roman tout en savourant contexte, personnages et ambiances. J'ai été très emue à la fin, pour l'histoire, mais aussi de la réaction et de la sensibilité des personnages. Oserais-je parler d'un coup de coeur? Et Enna qu'en a t'elle pensé?

DSC_0481

 

(PAL VO: 2/13)

mois anglais

(Mois anglais: l'auteur est irlandaise mais le récit se déroule en Angleterre)

 

18 août 2012

Tana French, Faithful place

Présentation de l'éditeur:

FaithfulPlace"Back in 1985, Frank Mackey was nineteen, growing up poor in Dublin's inner city, and living crammed into a small flat with his family on Faithful Place. But he had his sights set on a lot more. He and Rosie Daly were all ready to run away to London together, get married, get good jobs, break away from factory work and poverty and their old lives.

But on the winter night when they were supposed to leave, Rosie didn't show. Frank took it for granted that she'd dumped him-probably because of his alcoholic father, nutcase mother, and generally dysfunctional family. He never went home again.

Neither did Rosie. Everyone thought she had gone to England on her own and was over there living a shiny new life. Then, twenty-two years later, Rosie's suitcase shows up behind a fireplace in a derelict house on Faithful Place, and Frank is going home whether he likes it or not.

Getting sucked in is a lot easier than getting out again. Frank finds himself straight back in the dark tangle of relationships he left behind. The cops working the case want him out of the way, in case loyalty to his family and community makes him a liability. Faithful Place wants him out because he's a detective now, and the Place has never liked cops. Frank just wants to find out what happened to Rosie Daly-and he's willing to do whatever it takes, to himself or anyone else, to get the job done."

 

J'ai eu un peu de mal au début avec l'anglais qui est très oralisé et teinté soit d'argot irlandais soit simplement d'un anglais très prolétaire. Finalement je m'y suis habituée et c'est ce qui fait la force du livre. De plus, ça m'a permis d'apprendre de nouveaux mots et expressions. Deux polars en un mois j'avais aussi un peu peur que ce soit trop mais ils sont totalement différent donc pas de soucis.

Francis Mckey mène sa propre enquête au sein de sa famille. On sent toute la rancoeur qu'il porte à ses parents et à ses frères et soeurs pour l'enfance difficile qu'il a eue à Faithful Place. Il a d'ailleurs peur de reproduire ce schéma parental avec sa fille Holly, qu'il garde à l'écart de sa famille. Et quand on a un aperçu de ses parents aujourd'hui oui de son enfance à travers ses souvenirs on ne peut pas vraiment lui en vouloir, un père alcoolique, une mère qui encaisse et se montre rude aussi avec ses enfants. Du coup, sa relation de père avec sa fille est mise en avant et les liens qu'ils ont tissé sont très solides. L'amour qu'il porte à sa fille et sa volonté de la préserver de sa famille mais aussi des moeurs de la société actuellle m'ont touché. Il essaie de lui inculquer des valeurs auxquelles lui croit, la vérité, le travail, le mérite. Plus que l'enquête elle-même sur le meurtre de son premier amour, c'est cette relation là que je retiendrai de ce livre.

J'ai été conquise par ce personnage taciturne, par ses valeurs et par son humour grinçant. D'ailleurs Tana French manie très bien le cynisme, je pense que je la lirai à nouveau!

Ah oui et si quelqu'un pouvait m'expliquer comment le titre en anglais Faithul est passé à infidèles en français!!!

Je remercie Valérie pour cette découverte, sans elle je n'aurais jamais ouvert ce livre et ça aurait été un tort puisque j'ai beaucoup apprécié ma lecture.

Vous trouverez son avis ici, et aussi celui de Canel

 

Avec cette lecture j'ouvre mon challenge Des livres et des îles organisé par Géraldine, puisque Tana French est irlandaise et que l'action se déroule elle aussi en Irlande.

challenge_des_livres_et_des__les

Posté par Cinnamonchocolat à 08:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 janvier 2012

Claire Keegan, Foster

fosterPrésentation de l'éditeur:

"It is a hot summer in rural Ireland. A girl is taken by her father to live with the Kinsellas on a farm in Wexford. That same evening he drives off leaving her there with only the clothes she is wearing. Over the months, she discovers through the Kinsellas the town of Gorey, the shore where the Irish Sea crashes in, a deep well of spring water. There’s a wake and card games played late into the night, a woman whose dog barks hotly through the bars of a gate. And in this house where affection grows and there are meant to be no secrets, she discovers one."

 

Ce très court roman nous emmène dans une Irlande un peu hors du temps, difficile à déterminer l'époque de la narration, les années 60 il semblerait mais cela pourrait être plus récent ou plus ancien. J'ai eu, lors de ma lecture, l'impression d'une parenthèse temporelle où les choses sont figés, et avancent avec la lenteur des journées paisibles. Pourtant quand l'on regarde de plus près l'histoire c'est assez horrible en un sens. Des parents, une famille modeste, qui semblent débordés par une tripotée d'enfants, confient leur fille à une famille plus aisée sans enfant, qu'ils ne semblent au final pas vraiment connaître. Du moins, l'enfant ne les connaît pas et elle va devoir s'adapter à cette nouvelle famille.

Et elle s'adapte bien, on s'occupe d'elle et lui apprend à se débrouiller. Elle découvre l'affection des adultes, choses qu'elle n'a visiblement pas chez elle parce que ses parents semblent déjà bien occupés. L'écriture de Claire Keegan est simple et assez pudique, elle ne nous fait pas part des sentiments des différents personnages, de leur ressenti face à la situation. Elle nous décrit simplement cet été là. L'on découvre le secret des Kinsellas, mais l'on n'en sait pas beaucoup plus. Ceux-ci ne s'y attardent pas, ne donnent pas d'explications et l'histoire avance. Bien trop vite au final. La fin est ouverte, et permet au lecteur finalement de se faire sa propre histoire, et moi j'aurais aimé qu'elle continue, que l'on grandisse un peu avec la narratrice.

Belle découverte, cela donne envie de découvrir d'autres romans de l'auteur.

Merci encore Valérie pour cette lecture en VO, je me rends compte au final que cela m'avait manqué ;)

Posté par Cinnamonchocolat à 08:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,