17 août 2016

Emile Zola, Germinal

germinal

Quatrième de couverture: (Folio Classique)

"Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable " J'accuse " contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débouche sur l'espoir d'un monde nouveau lorsque le héros, Etienne Lantier, quittant la mine " en soldat raisonneur de la révolution ", sent naître autour de lui une " armée noire, vengeresse... dont la germination allait bientôt faire éclater la terre ". Germinal marque l'éveil du monde du travail à la conscience de ses droits et c'est au cri sans cesse repris de " Germinal ! Germinal ! " que la délégation des mineurs de Denain accompagna le convoi funèbre de Zola à travers les rues de Paris."

Germinal était pour moi une relecture puisque je l'ai lu en classe de 3e, autant vous dire que c'était presque une découverte tant j'avais oublié le coeur du texte. L'histoire bien sûr je m'en souvenais mais les détails pas du tout... Et forcément quand on dit détail on pense au sexe coupé et promené par ces dames, mais pas que!

Germinal arrive après La joie de vivre dans les Rougon-Macquart, et il aurait très bien pu s'intituler La joie de vivre bis ... C'est, à mon sens, le plus sombre des romans de Zola (en tout cas pour l'instant), si certains y voient l'espoir, l'espoir que le patronnat soit renversé par les ouvriers, ou l'espoir d'un meilleur traitement pour ces derniers, moi je ne l'ai pas vu. Germinal c'est la misère et la promiscuité des mineurs exploités, qui vivent les uns sur les autres, sans manger à leur faim. Certes Zola nous donne à voir quelques scènes joyeuses, des amitiés solides et une insouciance qui réchauffe les coeurs de ces familles, mais elles sont de courte durée. C'est la faim qui domine, et la prise de conscience de leurs conditions de vie. Ils sont traités comme des bêtes, et pour un minimum de confort il faut savoir se vendre, ou coucher ... Pas de quoi se réjouir donc...

Germinal n'en reste pas moins une lecture intéressante, je n'ose dire agréable. Le texte vous transporte avec les Maheu, vous êtes prêts à battre le pavé. C'est une écriture descriptive, fidèle à la plume de Zola, forte en émotions, qui ne peut donc pas laisser de marbre.

 

Posté par Cinnamonchocolat à 10:36 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,


29 juillet 2016

Marie Darrieussecq, Il faut beaucoup aimer les hommes

il faut bcp aimer les hommes

Quatrième de couverture:

«Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L'homme est noir, la femme est blanche. Et alors?»

Je n'avais pas prévu de faire de pause de blog pendant ces vacances mais la pause s'est imposée d'elle-même, j'ai été très occupée ces trois premières semaines, j'ai fait quelques lectures mais pas tant que ça. J'ai même loupé la date anniversaire du blog... 7ans déjà, ça passe si vite!

J'ai terminé l'année scolaire avec ce roman de Marie Darrieissecq, la quatrième de couverture en disait assez pour me donner envie de le lire et en même temps pas suffisamment pour savoir à quoi m'attendre. On peut difficilement faire plus court, mais c'est très représentatif du style d el'auteur dans ce roman! Au début j'ai eu du mal, puis c'est ce que j'ai préféré. L'histoire en elle-même ne m'a pas plus. Cette actrice française un peu ratée expatriée aux States qui tombent amoureuse d'un acteur noir en vogue. Cette relation m'est apparue à sens unique tout au long du récit, cet homme m'a été très antipatique, et l'actrice aussi. J'ai eu l'impression que cet amour était uniquement basé sur la couleur de peau et le statut de cet homme et ça m'a profondément agacée qu'une femme se rabaisse autant pour un homme. La seule chose que j'ai apprécié c'est le style incisif de l'auteur, du coup j'étais assez contente de passer à autre chose.

challenge petit bac

 (phrase)

 

objectif pal

(21/31)

 

28 juin 2016

Tatiana de Rosnay, Manderley for ever

manderley for ever

Quatrième de couverture:

« J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme."

On ne peut pas dire que mes lectures du mois anglais aient été inoubliables, heureusement j'ai terminé avec le titre de Tatiana de Rosnay, je ne doutais pas terminer sur une note positive avec cette biographie de Daphné du Maurier, et j'avais raison puisque, et c'est rare que je le dise, c'est un coup de coeur!! 

J'étais acquis à la cause de l'auteure puisque j'aime beaucoup les romans de Daphné du Maurier, mais le côté biographique n'était pas gagné d'avance. Et bien on oublie le genre et on se plonge dans ce livre comme dans un roman, tant la vie de l'auteure anglaise est intéressante. Née au début du vingtième siècle, on l'imagine presque évoluer dans les dernières saisons de Downtown Abbey, même si le milieu est différent, sa famille n'en reste pas moins atypique. Ce sont les jeunes années de Daphné que j'ai préféré, celles de son enfance, puis celles étant jeune adulte, en France et en Cornouailles, ses débuts en tant qu'écrivain, sa rencontre avec celui qui deviendra son époux.

Le récit est riche de tous les liens tissés avec les membres de sa famille, avec ses amis proches, avec la France puis la Cornouailles. Cela nous montre des relations entre soeurs assez saines, et un attachement au père très présent. Daphné était une passionnée, elle ne vivait pas les évènements à moitié, et cela se ressent dans ses écrits. 

J'ai été contente de voir que La chaîne d'amour / L'amour dans l'âme, mon roman préféré de l'auteure est en fait son premier roman, celui qu'elle a écrit d'une traite, enfermée à Ferryside, entourée par les vents, la mer et les bateaux à perte de vue. C'est drôle parce que c'est comme ça que je l'ai ressenti lors de ma lecture il y a quelques années, avalé d'une traîte, sans prêter attention aux éléments qui m'entouraient. Bien sûr j'aime Rebecca, mais c'est différent, j'ai préféré l'atmosphère de son premier, ou de l'Auberge de la Jamaïque, pour ce côté un peu Stevensonnien. Daphné du Maurier aurait finalement pu être l"héroîne d'une de ses propres histoires, elle s'est contenté d'écrire sur sa famille, son grand-père, son arrière-grand-mère, ses ancêtres. Cette lecture apporte un nouvel éclairage sur certains des titres déjà lus, je trouve que c'est inétressant, j'aurais peut-être porté un regard différent sur La maison sur le rivage si je l'avais lu après cette lecture par exemple.

La fin de sa vie est un peu triste, on sent la perte d'engouement,la déception de devoir quitter Menabilly, l'abattement, ça m'a fait de la peine de la savoir si diminuée à la fin ... j'aime garder l'image d'une Daphné qui vit encore à travers tous ses écrits. Il me reste encore un certain nombre de romans à découvrir, et je me pencherai à nouveau sur ses nouvelles et autres adaptations. Quoiqu'il en soit, si vous hésitiez parce que la biographie vous fait un peu peur, n'hésitez plus et lisez le, Tatiana de Rosnay a su rendre son récit très vivant, on ne s'ennuie pas un seul instant!

mois anglais 2

(chez Lou et Cryssilda)

 

29 mai 2016

Karine Reysset, Les yeux au ciel

Les-yeux-au-ciel

Quatrième de couverture:

"À l'occasion de l'anniversaire du grand-père, toute la famille se retrouve dans la vieille demeure située au bord de la mer, en Bretagne. Six jours pendant lesquels les fantômes du passé se sont donné rendez-vous et pèsent sur les membres de la tribu, tout en resserrant leurs liens.

Chacun voudrait ouvrir le chemin de la réconciliation mais tous se heurtent aux histoires des uns et des autres, celle de Lena, fatiguée d'être l'aînée, celle d’Achille, le demi-frère mal aimé, de Merlin, toujours considéré comme un enfant, de Stella, la cadette. Au milieu d’eux, les petits-enfants désordonnent le cours des choses, révélant peu à peu l’origine du mal-être familial, un drame qui a eu lieu trente ans auparavant et qui n’a jamais cessé de les hanter depuis."

 Vous allez dire que je me fais une thématique mais j'ai lu deux livres entre celui d'Olivier Adam et celui-ci ... Il n'empêche que j'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. J'ai découvert la plume de Karine Reysset avec ce titre et je ne suis pas déçue. J'aime ces romans où les membres d'une famille se retrouvent et où chacun s'interroge sur sa vie, son enfance, son avenir et sa place dans la fratrie. J'aime ces romans où un petit évènement fait ressurgir les souvenirs, les secrets, les interrogations, les animosités mais aussi l'amour. Karine Reysset a créé des personnages très différents, unis ou éloignés mais sans en faire trop, le ton est juste et on retrouve les reproches qu'on pourrait se faire dans de nombreuses familles. L'enfant qui se sent un peu en marge, celui qu'on chouchoute parce qu'il apparaît comme faible, ou incapable de se débrouiller tout seul, celui plus débrouillard qu'on croit solide mais qui n'est que fragilité, celui qui se sent rejeté ou moins aimé, celui pour qui les réunions de famille c'est un calvaire, ou au contraire celui qui repense au passé avec la nostalgie des étés passés en famille. La Bretagne aussi, belle et sauvage nous emmène dans ces considérations, indomptées mais familière et rassurante. Mon seul reproche, que le livre soit si court, qu'il se termine ainsi, j'aurais aimé en savoir un peu plus de cette relation entre le père et la fille. Peut-être est-ce le sujet d'un roman postérieur? Je vais me renseigner... en tout cas je lirai volontiers Karine Reysset à nouveau.

challenge petit bac

 

(Couleur: CIEL)

objectif pal

 

(15/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 19:33 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,

23 mai 2016

Olivier Adam, La renverse

la-renverse

Quatrième de couverture:

"Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. " 
Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique."

J'ai mis du temps à écrire mon billet...Un peu déçue par Peine perdue, j'appréhendais cette lecture du dernier titre d'Olivier Adam. A tort...J'ai retrouvé la force de mes premières lectures, les mots bouleversant de Je vais bien ne t'en fais pas, ou Des vents contraires. Bien sûr on vous dira qu'Olivier Adam ne se renouvelle pas vraiment, qu'il s'agit là encore d'une histoire sur une vie moyenne dans une banlieue parisienne étriquée, et vous n'auriez pas tout à fait tort, mais si c'est bien fait, bien écrit pourquoi s'en priver?

Antoine se souvient d'un évènement qui a changé sa vie d'adolescent, qui a fissuré le vernis presque parfait de sa famille bien sous tout rapport. Il se pose des questions, sur la culpabilité des personnes impliquées dans cette histoire, sur la responsabilité des uns, les devoirs des autres, et sur la justice rendue à l'époque. C'est un personnage touchant, un écorché comme le sont souvent les personnages d'Olivier Adam.

Ce roman est un récit sur les faux-semblants, à l'échelle de la famille, du quartier et de la ville tout entière. Il dénonce les manipulations et impunités politiques. Sans être un récit revendicateurs, il met néanmoins le doigt sur quelque chose de dérangeant, mais de courant, et ce n'est pas l'affaire Denis Baupin qui pourra le démentir...

Près de trois semaines depuis ma lecture et je n'arrive pas à exprimer mon ressenti, mes idées sont désordonnées, et je me demande what's the point? En effet j'ai de moins en moins le temps de bloguer et suis rarement satisfaite de mes billets ... Je me demande s'il y a finalement un intérêt à continuer...

 

Posté par Cinnamonchocolat à 17:55 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,


02 mai 2016

Emile Zola, La joie de vivre

la joie de vivre

Quatrième de couverture:

"Près d'Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés après avoir cédé leur commerce de bois, les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d'abord un surcroît de bonheur dans le foyer puis, autour de l'enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l'oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l'héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.

En 1884, lorsqu'il fait paraître ce roman largement autobiographique, le douzième des Rougon-Macquart, c'est pour une part ironiquement que Zola l'intitule La Joie de vivre. Car en dépit de la bonté rayonnante de Pauline qui incarne cette joie, c'est l'émiettement des êtres et des choses que le livre raconte. Après Au Bonheur des Dames, grande fresque du commerce moderne, c'est un roman psychologique que l'écrivain propose à ses lecteurs, un roman de la douleur où les êtres sont taraudés par la peur de la mort face à une mer destructrice."

Comme je l'ai lu sur les blogs qui parlaient de La Joie de Vivre, dans ce douzième volume des Rougon-Macquart il n'y a de joie de vivre que dans le titre. En effet l'histoire de Pauline est assez sombre, et peu d'espoir de s'en sortir lui ai laissé, même si je dois avouer que sa bonté, son dévouement et sa naïveté m'ont parfois agacée, comme si elle tendait son propre bâton pour se faire battre! L'enfance de Pauline avec son cousin semble douce, joyeuse et est pleine de grand air, mais à partir du moment où la famille commence à manger son héritage c'est une lente descente dans la maladie, la décrépitude et la culpabilité. Pourtant on n'arrive pas vraiment à la plaindre Pauline. 

J'ai globalement apprécié cette lecture, même si l'auteur a choisi de quitter Paris pour le bord de mer en Normandie, même si finalement je n'ai apprécié aucun des personnages. Chacun à sa façon est antipathique, en tête bien sûr Lazare, et sa mère Madame Chanteau, c'est d'ailleurs ces deux-là qui feront la ruine de Pauline, et de la famille. Chanteau (père) on le plaint, il passe tout le récit assis dans son fauteil, les membres déformés par la goutte, la bonne aussi est à plaindre et que dire des habitants de la bourgade? Tous ont l'air alcoolisés et miséreux. Pauline, quand elle ne donne pas sa chemise pour son cousin, c'est pour ceux-là qu'elle se ruine... Et que dire de la scène d'accouchement que j'ai lu trois soirs de suite, tant elle était longue!! Encore plus efficace qu'un contraceptif!

Bon on ne dirait pas comme ça mais j'ai aimé quand même, ce n'est plus à prouver, Zola est un maître dans la manière de décrire la pauvreté, le temps qui stagne, la culpabilité, la méchanceté et cette complaisance dans la misère... Je vais laisser un peu de temps avant d'entamer Germinal, doux souvenir de l'adolescence, pour mieux le savourer cet été sans doute...

Posté par Cinnamonchocolat à 14:42 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 avril 2016

Tahar Ben Jelloun, Partir

partir

Quatrième de couverture:

"La petite Malika, ouvrière dans une usine du port de Tanger, demanda à son voisin Azel, sans travail, de lui montrer ses diplômes.

- Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard ?

- Partir. Partir... ce n'est pas un métier !

- Une fois partie, j'aurai un métier.

- Partir où ?

- Partir n'importe où, là-bas par exemple.

- L'Espagne ?

- Oui, l'Espagne, França, j'y habite déjà en rêve.

- Et tu t'y sens bien ?

- Cela dépend des nuits."

Je pensais ce roman idéal pour m'accompagner en voyage, tout comme les personnages de ce livre j'avais besoin de voir ailleurs, de faire une coupure, mais j'ai un peu peiné. Je savais le sujet difficile, et aussi finalement très lié à l'actualité. Même si les migrants ne sont pas marocains comme dans l'histoire de Tahar Ben Jelloun, ils quittent aussi leur pays par désespoir, par besoin, par rêve d'une vie meilleure, et c'est le point commun entre chacun de ces personnages. Et de manière prévisible, cela ne se passe évidemment pas comme ils l'avaient rêvé, leur condition ne s'amélioré pas une fois la mer et les kilomètres franchies, au contraire, ici les espagnols sont durs avec les émigrés marocains ou africains. Ils ne trouvent pas de travail, dorment dans des taudis et survivents de petits boulots en petits trafics, certains d'ailleurs n'arriveront même jamais de l'autre côté... Mais pour Azel c'est différent, il rencontre Miguel, et Miguel va changer sa vie. Pourtant là encore cela ne se passera pas non plus tout à fait comme il se l'imaginait. Qu'on se le dise... ce roman est tout sauf positif, une seule immigration sera réussie finalement... C'est un roman sur l'exil mais surtout une ôde au Maroc, à la fois négative et positive. Le Maroc qu'on déteste mais qu'on ne peut oublier, auquel on se raccroche. Le contexte est différent du Maroc actuel, le roi Hassan II est toujours au pouvoir dans ce récit, et je pense que les choses ont évolué avec l'arrivée de Mohammed VI au pouvoir. Mais j'imagine que certains jeunes rêvent toujours à l'Espagne ou à la France.

Une lecture peu aisée donc, mon avis est assez mitigé, voire plutôt négatif, enfin surtout à cause de la fin qui m'a laissée un peu perplexe. Je ne sais pas vraiment quoi penser de cette lecture en fait... Et vous, qu'en avez-vous pensé si vous l'avez lu?

challenge petit bac

 

(Voyage: PARTIR)

objectif pal

 

(11/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 07:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 mars 2016

Léonor de Récondo, Amours

amours

Quatrième de couverture:

"Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d’une maison bourgeoise, dans un bourg cossu du Cher, pour laisser s’épanouir le sentiment amoureux le plus pur – et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, à prendre en mains sa destinée. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l’héritier Boisvaillant tant espéré.
Comme elle l’a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s’apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire n’a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont elle martèle inlassablement les touches.
Céleste, mue par son instinct, décide de porter secours à l’enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s’éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre sous les combles…
Les barrières sociales et les convenances explosent alors, laissant la place à la ferveur d’un sentiment qui balayera tout."

Voilà un roman que j'avais envie de découvrir depuis sa sortie... Et honnêtement au début de ma lecture j'ai eu un peu peur d'être déçue. Je trouve que la quatrième de couverture en dit trop et j'en avais aussi peut-être lu trop sur les blogs du coup j'ai eu un petit moment de "ah c'est ça en fait" sans accrocher à l'écriture non plus. Et puis finalement je me suis laissée portée par les mots, par l'époque surtout, le début du XXè siècle c'est quand même une époque très inétéressante, j'avais dans la tête les soeurs Crawley. Celle qui m'a bien sûre touchée c'est Céleste, gentille et aimante, simple, pleine d'abnégation. Victoire n'est pas très symapthique, sa pseudo-maternité ne la rend pas plus sympathique, au contraire, son mari, assez absent finalement est quant à lui très antipathique. Néanmoins, ce couple est assez représentatif de l'amour bourgeois de l'époque. Ou en tout cas l'amour au sein d'un mariage de convenance dans une famille très pieuse. En cela Victoire éveille quand même un peu de pitié, sa mère est détestable et ne s'en tient qu'aux convenances, au qu'en dira-t-on... La religion tient une place assez importante dans le roman, et la manière dont la confession est traitée est assez intéressante. Le couple formé par Huguette, la cuisinière/bonne/femme de chambre, et le jardinier m'a émue. Ce livre, aussi court soit-il, est très riche, les relations des domestiques avec leurs employés, les relations entre domestisques, le mariage, chez les domestiques, chez les bourgeois, la transgression, le pêché, les apparences, Léonor de Recondo ne semble rien laisser au hasard, finalement je n'ai regretté qu'une chose, c'est que le roman ne soit pas plus long! Du coup je te remercie Valérie pour ce beau cadeau...

objectif pal

(7/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 19:50 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 février 2016

Patrick Modiano, Dora Bruder

dora bruder

Quatrième de couverture:

«J'ignorerai toujours à quoi elle passait ses journées, où elle se cachait, en compagnie de qui elle se trouvait pendant les mois d'hiver de sa première fugue et au cours des quelques semaines de printemps où elle s'est échappée à nouveau. C'est là son secret. Un pauvre et précieux secret que les bourreaux, les ordonnances, les autorités dites d'occupation, le Dépôt, les casernes, les camps, l'Histoire, le temps - tout ce qui vous souille et vous détruit - n'auront pas pu lui voler.»

Dora Bruder c'est la quête de Patrick Modiano pour connaître une parenthèse dans la vie de cette jeune femme déportée en 1942. L'auteur a fait le choix de ne pas investiguer au sujet de sa déportation, non, ce qu'il veut savoir c'est ce que Dora a fait pendant ces quelques mois entre Décembre 1941 et Juin 1942. Dora a été exclue de son pensionnat à la suite d'une fugue. Une césure s'opère dans sa vie, sans qu'elle ne laisse aucune trace. C'est plus de cinquante années plus tard que Modiano tente de combler ce vide. A travers les rues de Paris, archives, registres, compte-rendus, témoignages, il essaie de trouver les pièces manquantes à la vie de cette jeune juive française née de père autrichien.

C'est un livre sur la mémoire, les mémoires, les souvenirs et les incertitudes. A travers cette quête on peut s'interroger sur ce qu'il restera de nous après notre mort, sur les traces que nous laissons. La toute dernière page du roman apporte une très belle conclusion à ce récit qui n'en est pas vraiment un. J'aimerais vous la copier parce qu'ele est belle, poétique, et tellement vraie mais cela gâcherait un peu de votre découverte. J'ai été touchée à la fois par le fond et la forme. Les mots résonnent encore en moi et la quête de l'auteur en font quelqu'un d'obstiné, d'humain, de fragile.

En tout cas, ce n'est pas le dernier Modiano que je lirai!!

challenge petit bac

 

(Prénom: DORA: 2e ligne)

 

objectif pal

(3/31)

Posté par Cinnamonchocolat à 16:47 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 janvier 2016

Lecture commune: Emile Zola, Thérèse Raquin

thérèse raquin

Quatrième de couverture:

"Premier roman naturaliste, Thérèse Raquin est une véritable tragédie, tragédie du silence et du désir, tragédie du remords, tragédie de la vie et de la mort glacée. Thérèse Raquin, ou la banalité tragique"

Ce roman c'est tellement la patte de Zola, dans ce qu'elle a de plus noir mais aussi un peu nouveau parce que dans les Rougon-Macquart si on retrouve le thème de la folie je n'ai jusqu'à présent rien lu qui flirte de si près avec le fantastique. Attention, ce n'est pas non plus un roman fantastique, mais il y a quelque chose de Poe dans la seconde moitié du roman. J'ai préféré la première partie, celle où l'auteur met en place les personnages, la mercerie, l'enfance puis le mariage de Thérèse et Camille, le trio Thérèse-Camille-Laurent. La seconde partie m'a moins tenue en haleine, Zola bien entendu maîtrise son récit à la perfection, c'est sordide et détaillé, c'est graduel et les symboles du roman noir sont présents, la pourriture, les bas quartiers, jusqu'au chat noir qu'on accuse de perfidie (euh d'ailleurs est-il vraiment noir ce chat?).  L'issue du roman est inévitable, en tant que lectrice je l'attendais même, elle est nécessaire et je pense que c'est la seule issue possible... En tout cas sans doute la seule issue pour mettre un point final au roman. Cela ne m'étonne pas que ce roman ait été très mal reçu à sa publication...

Excusez-moi pour ce billet médiocre, je suis shootée au doliprane et aux gouttes pour le nez mais je tenais à publier mon billet à temps pour la lecture commune avec Enna et Manika

 

challenge petit bac

(1ère lecture pour le challenge Petit Bac 2016 d'Enna avec

un prénom: THERESE)

Posté par Cinnamonchocolat à 10:46 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : , , ,