31 juillet 2017

Cécile Coulon, Trois saisons d'orage

CVT_Trois-saisons-dorages_2054

Quatrième de couverture:

"Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste. 

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature. 
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis. "

Voilà un roman que je savais que j'allais aimer, non seulement les quelques billets que j'avais lus à son sujet m'avaient donné envie de le lire, mais en plus la quatrième de couverture réunit ce que j'aime dans la littérature: des histoires de famille, des générations qui se succèdent, des lieux qui sont aussi présents que les personnages, l'attachement à la terre, les traditions. Cécile Coulon a su mêler ses personnages, leur maison, et la région qu'ils habitent avec brio, comme une parenthèse hors du temps. Difficile en effet de dater quoi que ce soit, le temps semble s'être arrêté aux Fontaines, on sent la chaleur des longs étés et la brise légère du matin. On prend son temps, on s'installe dans l'histoire avec les personnages, il ne se passe pas grand chose, les personnages vivent des vies ordinaires au ryhtme de la nature qui les entoure, jusqu'au jour où ... ça je vous laisse le découvrir, même si, pour moi ce n'est pas l'intrigue centrale du roman, certes cela vient bouleverser l'ordre naturel des choses, mais ce n'est pas ce pour quoi j'ai aimé ce livre. J'ai aimé ce livre pour son cadre, ses personnages, et son implicite, pour ce qui se lit entre les lignes, pour les silences des personnages et les liens intimes qui les unis, entre eux, ou aux choses et aux lieux. En bref ce fût une très belle découverte, oserais-je l'appeler "coup de coeur"? Oui sans doute...

Posté par Cinnamonchocolat à 18:16 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,


21 juillet 2017

Emile Zola, L'Oeuvre

l'oeuvre

Présentation (du Livre de Poche): "Dans aucun autre roman Zola n'a mis autant de lui-même que dans L'Oeuvre. Zola, le critique d'art, ami de Cézanne, fervent défenseur, contre l'art officiel, de Manet, de Monet et de toute l'avant-garde qu'incarne Claude Lantier dans le roman. Zola, l'écrivain naturaliste, rêvant de donner son existence entière « à une oeuvre où l'on tâcherait de mettre les choses, les bêtes, les hommes, l'arche immense ». Zola, l'homme enfin, et les souffrances quotidiennes de la création vues à travers l'insatisfaction permanente et l'angoisse de déchoir d'un peintre génial et d'un romancier travailleur. Roman de la passion de l'art au détriment de la vie et de l'amour, L'Oeuvre met en scène à la fois l'enthousiasme d'une révolution artistique et le drame éternel de l'artiste aux prises avec la création"

Il n'y avait pas de résumé sur la quatrième de couverture de mon édition (Pocket classique) donc je vous ai mis celle du Livre de Poche... Je n'aime toujours pas meprêter à l'exercice du résumé, peur d'en dire trop, ou pas suffisamment... Je ne savais donc pas à quoi m'attendre en ouvrant ce 14ème volume des Rougon-Macquart, hormis qu'il y était question de peinture. Je n'avais d'ailleurs pas ouvert un Zola depuis l'été dernier, plus la fin des Rougon approche, plus je la retarde... Il ne me reste plus que six titres à découvrir! Et bien en tout cas, L'oeuvre, fera parti de mes préférés avec Le ventre de Paris, Au Bonheur des Dames et Germinal. Bien sûr tous les Rougon se suivent et ne se ressemblent pas, bien que tous ont quelque chose en commun. Ici l'on retrouve le Paris des grands changements, on y trouve aussi des allusions au Ventre de Paris, et l'île de la Cité n'a jamais été aussi mystérieuse que sous le regard fiévreux du peintre, Claude Lantier. Bien sûr c'est un Zola, donc on sait que le destin de Claude ne sera pas rose, que la misère et la folie ne sont jamais bien loin. Pourtant, Claude semble avoir le talent et le brin d'originalité qui pourraient faire de lui un grand peintre. Zola entre dans les détails des sélections pour les différents salons proposés à Paris afin de faire connaître les artistes, déjà renommés ou non. De fréquentes allusions sont faites à ceux qui ont percé, Manet, Renoir et autres. Comme à chaque fois je me laisse porter, transporter dans ces lieux, avec l'illusion de pouvoir sentir la peinture fraîchement déposée sur une toile grandeur nature. Ici les personnages féminins n'existent que très peu par eux-mêmes, ils sont les faire-valoir des oeuvres, les modèles admirés ou moqués du public. La vie offerte à Christine est bien triste... celle de Claude aussi, pourtant d'autres s'en tireront bien, Sandoz notamment. Difficile de ressentir quelque chose pour Claude, de l'empathie, de la pitié, de l'agacement, entre les trois mon coeur balance, mais c'est bien de la pitié que Christine m'a inspiré. J'ai l'impression que ce titre de Zola est assez méconnu, pourtant il mérite d'être lu et donné à voir au grand public, comme l'auraient été les oeuvres de Claude.  

challenge petit bac

 

(OBJET: OEUVRE)

Posté par Cinnamonchocolat à 16:04 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 juillet 2017

Clara Dupont-Monod, La passion selon Juette

la passion selon juette

Quatrième de couverture:

"Juette naît en 1158 à Huy, une petite ville de l'actuelle Belgique. Mariée à treize ans, elle est veuve cinq ans plus tard. Juette est une femme qui dit non. Non au mariage. Non aux hommes avides. Non au clergé corrompu. Elle n'a qu'un ami et confident, Hugues de Floreffe, un prêtre. À quelles extrémités arrivera-t-elle pour se perdre et se sauver ? Car l'Église n'aime pas les âmes fortes... "

J'ai encore en tête ma lecture du Roi disait que j'étais Diable que j'avais beaucoup apprécié. J'ai eu un peu plus de mal à entrer dans l'histoire de Juette, mais après quelques recherches j'ai mieux compris le contexte et j'ai pu me laisser porter par l'écriture de Clara Dupont-Monod, qui parce que lié au Moyen-Age est quelque peu exigente. C'est un dépaysement total que de se laisser porter par ces héroïnes qui ont contribué à faire l'histoire, certes c'est romancé, mais ça m'a donné envie d'en savoir plus. Par exemple le therme cathare, que je connaissais sans savoir ce qu'il désignait exactement, et bien maintenant je le sais. Ce roman est riche d'Histoire et d'histoires en très peu de pages. Il est difficile de s'identier à Juette mais j'ai éprouvé de la compassion pour son ami avec lequel elle partage la narration. Cette alternance de chapitres et de points de vue donne un rythme à l'histoire et apporte un éclairage nouveau sur l'histoire de Juette. Ses choix de vie sont en un sens compréhensibles, refuser un époux qu'elle n'a pas choisi, qui ne le ferait pas? Mais se dévouer entièrement à la léprosie quitte à en perdre sa santé, c'est plus difficilement acceptable à notre époque. Et pourtant, elles étaient nombreuses à y vouer leur vie, à entrer dans les ordres, pour échapper à leur destin de fille, ce n'est pas sans rappeler une certaine Esclarmonde ... 

Une très belle lecture, j'ai une préférence pour Carole Martinez dont je trouve l'écriture plus poétique, avec un brin de fantasmagorie qu'on ne retrouve par forcément chez Clara Dupont-Monod mais j'apprécie vraiment ces romans d'un autre temps.

Posté par Cinnamonchocolat à 07:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

10 juillet 2017

Pascal Manoukian, Les échoués

les échoués

Quatrième de couverte:

"Ils sont porteurs d’espoir. Endettés, sacrifiés, ils ont laissé leur famille pour rejoindre la France et ses promesses. Virgil le Moldave, Chanchal le Bangladais, Assan le Somalien et sa fille affrontent le désenchantement de la clandestinité, les repas de poubelle et les nuits dehors. Le renoncement n’est pas une option. Ils n’ont pas de papiers mais une volonté forcenée de vivre. Et ils sont ensemble"

Petit à petit j'essaie de rattraper mon retard sur ces dernières semaines de lecture, en Mai j'ai lu Les échoués de Pascal Manoukian, très peu de temps après avoir découvert sa plume dans Ce que tient ta main droite t'appartient. Alors si je n'ai pas eu le gros coup de coeur provoqué par son dernier roman, celui-ci n'en est pas moins puissant. A travers ses personnages, Pascal Manoukian dresse le portrait de ses immigrés clandestins qu'on croise chaque jour sans même les voir. Virgil, Chanchal, Assan, tous ne rêvent que d'une chose, vivre en paix dans des conditions acceptables. Ce qui ne leur est pas permis dans leur pays d'origine, ce qui ne leur est pas non plus permis à leur arrivée en France. Seule la bonté d'une ou deux personnes les aide à se maintenir à flots, mais leur quotidien ce sont les privations, l'exploitation, ils sont de la main d'oeuvre très peu chère, et parfois au détour d'une ruelle il se font battre à mort. C'est ce long combat pour la survie quotidienne que l'auteur raconte. Mais c'est aussi la bonté, et l'humanité qu'il souligne à travers ces destins brisés. 

En bref, une histoire très touchante, criante de vérité. Un livre qui amène à s'interroger sur ce qu'on appelle aujourd'hui "la crise des migrants"...

Posté par Cinnamonchocolat à 18:45 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

27 juin 2017

Loulou Robert, Bianca

bianca

Quatrième de couverture:

"Parce que la vie lui semblait vide et incolore, un jour Bianca a mis du rouge dedans. Ne plus respirer. Ne plus penser. Ne plus manger. Un grand dégoût de tout qui l’a menée aux Primevères, où ses 16 ans à elle s’écorchent aux 16 ans des autres. Le personnel, dépassé, rivalise de thérapeutiques inefficaces, tandis que les jeunes patients, cabossés, traînent leur mal-être au fil des jours. Grâce à Simon, Clara et Jeff, Bianca reprend goût – au corps, aux autres. Au poids des mots. À croire à demain, peut-être. Sûrement…"

J'aurais voulu écrire mon billet bien plus tôt parce que j'ai lu ce premier roman de Loulou Robert en mai et j'ai bien peur de ne pas pouvoir bien en parler maintenant! En tout cas, sachez que si je n'avais vu l'interview de l'auteur il y a deux ans chez Ruquier, je n'aurai jamais pensé à lire ce livre! L'histoire d'une ado anorexique hospitalisée, ce n'est à priori pas ce qui m'aurait donné envie, savoir que l'auteur est mannequin encore mois... Comme quoi il faut TOUJOURS se méfier des à priori, ce n'est pas Elizabeth Bennet qui me contredirait! Mais finalement les présentateurs de l'époque étaient assez unanimes, Loulou Robert m'avait fait bonne impression et les quelques extraits lus ce jour là m'avaient donné envie. Non seulement cette fille est sublime mais en plus elle écrit bien! La vie est bien généreuse avec certains :)

Au début, Bianca m'a beaucoup fait penser à Dieu me déteste d'Hollis Seamons, et plus j'avançais dans ma lecture plus je le trouvais meilleure, moins cliché, très sensible avec une écriture plus travaillée, bref j'ai vraiment beaucoup aimé ce roman, ses personnages, son histoire pas si banale, ou trop peut-être, dans le sens où le mal-être adolescent est devenu trop banal. On n'y accorde peut-être pas toujours l'attention qu'il mérite, en se cachant derrière un "c'est la crise d'ado".  Loulou Robert est sans concession avec les parents, avec le milieu médical qui manque parfois d'empathie. C'est une belle découverte, je pense ne pas trop attendre pour lire son deuxième roman sorti cette année: Hope, qui me semble-t-il est la suite de ce roman.

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,


07 juin 2017

Clémentine Beauvais, Songe à la douceur

songe à la douceurPrésentation de l'éditeur:

"Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie."

 

C'est Moka qui m'a donné envie de lire ce livre l'été dernier. Son billet est aussi beau que le livre en lui-même, elle trouve toujours les mots justes, et les beaux mots pour parler des livres qui touchent... Songe à la douceur est un de ces ovnis de la littérature, mi-roman d'amour, mi-poésie, il est destiné à la jeunesse mais j'ai plus eu l'impression qu'il s'adressait à des adultes. Je l'ai vraiment beaucoup aimé, de par sa forme en vers, par ses personnages, et par son histoire. Cette lecture m'a donné l'impression, le temps de quelques soirées, de me retrouver dans une bulle hors du temps. Il fait s'interroger sur le sentiment amoureux, mais aussi sur l'amitié et les amours de jeunesse. Qui n'a pas songé un jour à ses amis, ses amours de collège en se demandant et si? Et bien Tatiana et Eugène l'ont fait. Et dernière cette douceur se cache une vérité difficile, de celle qui nous fait nous demander aussi si j'avais changé telle ou telle chose, comment serait ma vie d'aoujourd'hui?

C'est vraiment difficile de vous parler de ce livre, lu le mois dernier, je pense que de toute façon je ne pourrai lui rendre justice et je vous conseille simplement de le lire pour vous laisser vous aussi emporter, et si je n'ai aps réussi à vous convaincre, je vous renvoie au billet de Moka :)

Posté par Cinnamonchocolat à 10:04 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

17 mai 2017

Pascal Manoukian, Ce que tient ta main droite t'appartient

Ce-que-tient-ta-main-droite-t-appartientQuatrième de couverture:

" Si ce soir-là Charlotte n'était pas sortie dîner entre filles, si ce jour-là Karim n'était pas allé à la mosquée, jamais elle n'aurait déchiré sa robe, jamais il ne serait parti en Syrie. Ils promèneraient leur fille dans les allées du parc. Il lui achèterait des livres qu'elle laisserait traîner sur la table de nuit. Chaque jour elle serait plus belle. Chaque jour ils seraient plus amoureux. Ils boiraient du Sancerre au bonheur de leurs 30 ans, danseraient sur Christine and the Queens. La vie ne tient parfois qu'à un bas filé... » Le miracle n'arrivera pas : cette nuit-là, Karim perd tout. Son désir de vengeance va le mener jusqu'aux ruines d'Alep, au cour de la machine à embrigader de Daech. Là où se cachent les monstres, mais aussi les centaines d'égarés qui ont fait le mauvais choix pour de mauvaises raisons. Là où il faudra lutter pour ne pas ressembler aux bourreaux. Un voyage réaliste au pays mal connu de l'embrigadement et de toutes les violences."

J'avais repéré Pascal Manoukian avec son titre Les échoués mais c'est finalement avec son deuxième roman que j'ai découvert sa plume, et je ne regrette pas cette lecture. Un vrai coup de coeur et ce pour plusieurs raisons:

-l'histoire qui s'ancre dans l'actualité. Charlotte et Karim sont un couple mixte et moderne. Ils ont la trentaine, profite de leur vie mais sont prêts à fonder une famille. Karim est musulman, il pratique un islam modéré, Charlotte est chrétienne, ses ancêtres, des chrétiens d'Arménie ont été persécutés au début du siècle. Tout deux veulent concilier leurs deux cultures. La famille tient une place prépondérante dans la première partie du roman. Les liens qui unissent les générations entre elles, le rapport à la foi, aux origines, et bien sûr, l'amour d'un couple moderne. 

-le point de vue de l'auteur est plutôt étonnant. Je trouve que faire partir Karim en Syrie pour intégrer les rangs de Daech est un contrepieds assez intéressant. Pascal Manoukian nous donne donc une vision de l'intérieur. On rencontre des personnages variés, qui sont parfois là un peu par hasard, un peu par erreur. Je n'ai PAs ressenti de manichéisme, et ça ça m'a plu. Je ne dis pas qu'il adoucit, ou excuse quoi que ce soit, on est évidemment d'accord pour dire que Daech c'est pire que tout, mais il n'y a pas les gentils d'un côté, et les méchants de l'autre. C'est justement ce qui montre la dangerosité de l'organisation. Il n'est d'ailleurs pas tendre avec notre jeunesse, les médias, le monde dans lequel on vit finalement...

- les personnages sont variés, eux aussi ne sont pas ni tout blanc, ni tout noir. L'auteur essaie de montrer la noirceur que l'on peut avoir en chacun de nous, ou au contraire l'humanité dont on peut faire preuve dans les pires situations. Et ceux qui sont à la tête des entraînements au Djihad l'ont bien compris, la première phase consite à déshumaniser les gens qui leur arrivent de partout.

- l'écriture est très moderne, vivante et imagée. Elle reflète bien les émotions, les sentiments, des personnages, des situations, mais aussi celles du lecteur, elle est le miroir de notre désarroi, de notre incompréhension, de notre volonté de vivre, de ne pas avoir peur mais quand même de porter ça en nous, maintenant, et pour toujours je crois. 

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

26 avril 2017

Antoine Leiris, Vous n'aurez pas ma haine

vous_naurez_pas_ma_haine

Quatrième de couverture: "Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant."

 Ironique de publier ce billet quelques jours après les résultats du premier tour des élections présidentielles. Le sujet est tout autre, mais le titre convient bien aux débats stériles lus ici ou là... Tout ce que je peux dire c'est que je suis très triste quand je vois que dans le village où j'ai grandi, le F-Haine remporte 45 % des suffrages, bien loin devant tous les autres candidats... Et pourtant, en ces temps difficiles, de crise économique, sociale, et internationale c'est le message de cet homme, Antoine Leiris, que l'on devrait véhiculer, transmettre, mais beaucoup s'écharpent en public... tout le contraire de ce qu'il faudrait, il est bien loin le rassemblement populaire post-Charlie hebdo! Bref je referme cette parenthèse.

Antoine Leiris a perdu sa femme lors des attentats du Bataclan en Novembre 2015, et ce livre c'est sa manière à lui de se reconstruire, ou tout au moins d'essayer de ne pas céder à la haine. Il s'accroche à la vie, à son fils, pour ne pas perdre pied, il ne comprend pas bien sûr, mais il ne cède pas à la facilité de la haine, et c'est très courageux de sa part. Très courageux aussi d'avoir publié sa douleur. J'ai été très émue par cette lecture... 

Posté par Cinnamonchocolat à 06:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

24 avril 2017

Gaël Faye, Petit pays

Petit-pays-de-Gael-Faye-ed

Quatrième de couverutre: 

"Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "Ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par "Ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."

Avant, Gabriel faisait les quatre cents coups avec ses copains dans leur coin de paradis. Et puis l'harmonie familiale s'est disloquée en même temps que son «petit pays», le Burundi, ce bout d'Afrique centrale brutalement malmené par l'Histoire.

Plus tard, Gabriel fait revivre un monde à jamais perdu. Les battements de coeur et les souffles coupés, les pensées profondes et les rires déployés, le parfum de citronnelle, les termites les jours d'orage, les jacarandas en fleur... L'enfance, son infinie douceur, ses douleurs qui ne nous quittent jamais"

Je crois que je tiens là une petite pépite de la rentrée littéraire 2016, je n'ai pas lu tous les livres présentés au Goncourt des Lycéens, mais je comprends pourquoi celui-ci a eu leur faveur. Gaël Faye nous parle avec des mots simples, des mots d'enfants, de la guerre, une guerre un peu oubliée, voire complètement ignorée. Bien sûr le génocide rwandais ne m'était pas inconnu, bien que j'en ai sans doute une vision très partielle et lacunaire, mais que cela s'était propagé au Burundi, je l'ignorais totalement. D'ailleurs avant ça, si on m'avait demandé de situer le Burundi sur une carte de l'Afrique, j'aurais été bien en peine, et c'est très regrettable!! D'autant plus que tout cela s'est passé, il n'y a pas si longtemps!

Outre cette mise au point historique et géographique, j'ai appris sur la vie au Burundi, sur l'enfance, sur ce qu'est être métisse dans un pays d'Afrique. J'ai appris la douceur, la chaleur et la lenteur de vivre. Pendant quelques pages j'ai vraiment été transportée aux côtés de Gabriel. Le début du roman est plus léger, et au fur et à mesure que Gabriel grandit avec la guerre, les interrogations s'amoncellent, les atrocités lointaines au début sont maintenant à sa porte, et oblige les uns et les autres à prendre parti, même ceux qui ne le voulaient pas. A travers les yeux d'enfants du narrateur on entrevoit comment une certaine logique, une certaine idéologie se met en place, comment des enfants qui aimaient jouer sur un terrain vague dans un vieux combi défoncé prennent les armes. C'est à la fois émouvant, et effrayant. 

J'arrive après tout le monde, mais si vous ne l'avez pas encore découvert, je vous le conseille chaudement!

Posté par Cinnamonchocolat à 16:06 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,

18 janvier 2017

Joanne Harris, Des pêches pour Monsieur le curé

des pêches

Quatrième de couverture:

 "Il est assez rare de recevoir une lettre des morts…
Lorsque Vianne Rocher reçoit une lettre d’outre-tombe, elle n’a d’autre choix que de suivre le vent qui la ramène à Lansquenet, petit village du sud-ouest de la France où elle avait ouvert une chocolaterie, huit ans plus tôt.
Vianne n’est pourtant pas préparée à ce qu’elle va découvrir :
des femmes voilées de noir, le parfum des épices et du thé à la menthe… De nouveaux arrivants ont apporté leur part de changement dans la communauté où les traditions ont toujours occupé une place importante.
Quant au père Reynaud, l’ancien adversaire de Vianne, il est aujourd’hui en disgrâce et même menacé. Se pourrait-il que Vianne soit la seule à pouvoir l’aider ? "

Quand je pense aux pêches, je ne peux m'empêcher de penser à cette fameuse scène du film Last Days of Summer dans laquelle Kate Winslet et Josh Brolin préparent une tarte aux pêchesn scène inoubliable de sensualité. Dans le roman de Joanne Harris, les pêches sont pour Monsieur le curé, alors pour ce qui est de la sensualité on repassera, surtout que ce curé là n'est pas des plus rigolos puisque Vianne a déjà eu affaire à lui dans Chocolat, et qu'il lui était des plus hostiles dans ce village paisible de Lansquenet! Pour autant, dans les romans de Joanne Harris on retrouve un peu de cette sensualité, dans la chaleur et la cuisine un peu magique de la narratrice... Narration qu'elle partage avec le curé, qui dans ce troisième volet, alors que 8 ans se sont écoulés, lui est plus favorable. Comme le laisse à penser la quatrième de couverture, il est encore question d'étrangers qui s'installent dans le petit village et chamboulent la vie de tout le monde. Cette-fois els étrangers ne sont plus Vianne et sa fille, ni les "gens de la rivière" mais une communauté de maghrébins musulmans. Et là... franchement l'écriture de Joanne Harris est plaisante à lire mais c'est pétri de stéréotypes et d'incohérences. J'ai trouvé que c'était parfois stigmatisant, pour l'une ou l'autre communauté, et j'ai vraiment eu du mal au début, jusqu'à ce que l'intrigue se mette véritablement en place. Après cela, on veut connaître le dénouement, donc les pages s'avalent à la vitesse d'un morceau de tarte aux pêches! Ce roman a quand même beaucoup de points positifs, ses personnages, les relations qu'ils ont tissées, la quiétude du petit village et la bonté. Quoi qu'il advienne, Vianne ne quitte pas son positivisme et sa foi en son prochain, en cela on prend une bonne dose de sentiments et de verre à moitié plein, de quoi se réchauffer pour ces longues soirées d'hiver!!

 

challenge feel good

(chez Soukee)

challenge petit bac

(Aliment: PECHES)

objectif pal

  

(1/ 25, je ne comptabilise pas ce titre pour l'objectif PAL de janvier chez Antigone parce qu'il n'est pas entré dans ma PAL depuis plus de six mois)