27 juin 2012

Emma Donoghue, Room

roomQuatrième de couverture:

"Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. 
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.
 Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. 
Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?"


Que dire sur ce livre sans trop en dévoiler?L'histoire est très poignante et ne peut laisser indifférent tant par le thème abordé que par la narration ou les questions qu'elle soulève.
Emma Donoghue a choisi pour narrateur le petit Jack, 5ans, né du viol de sa mère retenue en captivité depuis l'âge de 19ans par un vieil homme célibataire et associal.

Le choix du narrateur fait toute l'originalité de ce roman ficitif. Fictif oui mais inspiré de faits réels. C'en est d'autant plus horrible, car oui il existe en effet dans ce monde des hommes qui "volent" des femmes pour abuser d'elles et les retenir ainsi prisonnière. Je ne vous l'apprends pas bien sûr et je n'ai pas eu besoin de ce livre pour savoir que ça existait, mais c'est le genre de choses je crois auxquelles on ne préfère pas penser???

La mère (on ne connaît pas son nom de tout le roman) rapelle d'ailleurs qu'il existe aussi beaucoup d'autres choses horribles que l'on fait subir aux femmes et aux enfants à travers le monde.

Avant de lire le billet de Valérie, je n'avais pas vu le thème récurrent de l'allaitement comme l'attachement et le symbole du lien qui unit Jack à sa mère. Je ne comprenais pas et touvais même assez dérangeant que cela perdure à un âge si avancé de l'enfant mais au final ils vivent en vase clos et sont tout l'un pour l'autre dans cette minuscule pièce qu'est leur monde...

Souvent je me suis interrogée sur le regard qu'aurait pu porter cette jeune femme sur son enfant, fruit d'un viol qui pour moi rappellerait sans cesse le violeur. Cette pensée est formulée par le père de la jeune femme et les médias et en un sens je me suis trouvée horrible de penser comme eux!

Jack est je crois ce qui lui a permis de survivre. Il a été son espoir et c'est par lui qu'elle tentera de s'enfuir.

Ne pas lire la suite du billet si vous n'avez pas lu le roman!!!

Quand ils seront enfin sortis de la cabane, la mère devra réapprendre à vivre pour Jack qui lui va devoir appréhender un moinde totalement inconnu dans lequel il n'a absolument aucun repère. Le fait que la narration soit faite de son point de vue nous montre toute la difficulté de la chose. Ce monde est pour lui absolument irréel puisque jusqu'alors il n'existait que dans la télévision. Toutes ses questions montrent à quel point tout est effrayant pour qui sort d'un espace confiné.

 

Fin des spoilers


Un livre de la rentrée littéraire 2011 qu'il faut je crois lire absolument, je ne peux pas paerler de coup de coeur étant donné le thème du livre mais j'ai été énormément touchée par cette histoire et par ses personnages. Même si à moi aussi un certain apssage m'a semblé absolument irréaliste il était pourtant nécessaire au déroulement de l'histoire. Bravo à Emma Donoghue!

J'achève avec cette lecture mon challenge du 1% littéraire avec 7 lectures!

1__litt_raire(7/7)

Posté par Cinnamonchocolat à 16:28 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
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16 octobre 2010

Richard Van Camp, Les délaissés

les_delaissesQuatrième de couverture : « Fort Simmer, Territoires du Nord-Ouest, Canada. Nouvelle année scolaire et nouveaux enjeux pour Larry, seize ans, un Indien dogrib. Il devient le meilleur ami de Johnny, turbulent, grande gueule, détesté ; et il fond devant Juliet Hope, la plus belle fille du lycée qui lui préfère... Johnny. Quel avenir pour cette relation triangulaire, rythmée par le heavy metal, l'alcool et la fumette.

Mais Larry n'a hélas pas que des amis : il se fait souvent tabasser par les Blancs. Certes son talent de conteur lui est d'un grand secours, mais quelle est cette histoire d'incendie, d'enfant brûlé et de brutalités qu'il aime raconter ? Réalité ou fiction ? Souvenirs ou hallucinations ? Pourquoi Larry entretient-il des rapports si tendus avec sa mère ? Et que s'est-il passé avec son père ?

Un roman où la rage de vivre l'emporte sur la violence des événements.

Un roman où la réconciliation, avec soi-même et les autres, s'associe aux rêves d'une vie meilleure
. »

 

Tout d’abord un grand merci aux Editions Gaïa et à Blog-O-book qui m’ont permis de passer un agréable moment en compagnie de Larry !

Le ton est donc donné, j’ai apprécié cette lecture. J’ai un peu de mal à lire ces derniers temps à cause du travail (et encore plus à tenir mes billets à jour !) et l’écriture de Richard Van Camp est assez fluide pour m’avoir tenue en haleine pendant deux heures sans me lasser de ses personnages un peu loufoques et parfois désolants. Et oui désolants ils le sont. J’ai parfois eu l’impression de me retrouver en face de mes élèves et me suis sentie tout aussi désarmée et pourtant je me suis quand même attachée à Larry et son ami Johnny et même à Juliet. De la même manière qu’on finit par s’attacher à certains élèves… Nous sommes donc plongés dans les quartiers assez défavorisés d’une petite ville du Canada mais les préoccupations ce ses adolescents sont assez semblables j’imagine à toutes les préoccupations des adolescents, même si au final je n’ai pas l’impression que l’histoire se place dans un contexte actuel, je l’imagine plus facilement fin des années 80 début des années 90. Qu’en pensez-vous ?

Les références à la chasse, aux chiens de traineaux, aux communautés indiennes m’ont rappelé mon séjour au Québec et j’ai aimé être replongée dans cet univers. Même si finalement je n’arrive toujours pas à comprendre comment il est possible, à notre époque, de trouver encore des réserves d’Indiens mais bon il n’est pas question de ce débat dans le livre.

On a en filigrane de l’histoire toute la tradition orale des tribus indiennes avec les histoires de Larry, on devine que ces histoires son sa propre histoire mais on imagine difficilement qu’elle puisse être vraie. Et pourtant son corps porte la trace que c’est bien réel. Il n’y a pourtant aucune indication temporelle de quand ça s’est passé, l’âge qu’il pouvait bien avoir ni combien de temps il lui a fallut pour guérir ce qui accentue le sentiment d’irréel, de conte raconté par un gamin un peu paumé pour se prouver qu’il existe, pour avoir une certaine légitimité face aux autres. Cette légitimité il la trouve bien sûr grâce à son ami Johnny qui devient un peu son modèle et qui l’embarque dans des plans plus foireux les uns que les autres et qui au final s’avèrera être le plus faible des deux.

Larry finira par se trouver grâce à la figure paternelle  de Jed qui dès son apparition dans l’histoire semble « calmer un peu le jeu ». Un personnage très touchant selon moi, de même que Donny, le petit frère de Johnny.

On ressort de cette lecture avec le sentiment d’avoir rencontré des gamins un peu perdus, sans repères, sans figure d’autorité à laquelle se raccrocher, sans affection et qui se cherchent encore, qui tentent de se construire leur propre identité.