24 octobre 2012

Lecture commune: Sarah Waters, Du bout des doigts

duboutdesdoigtsQuatrième de couverture:

"Londres, 1862. A la veille de ses dix-huit ans, Sue Trinder, l'orpheline de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs, se voit proposer par un élégant, surnommé Gentleman, d'escroquer une riche héritière. Orpheline elle aussi, cette dernière est élevée dans un lugubre manoir par son oncle, collectionneur de livres d'un genre tout particulier. Enveloppée par une atmosphère saturée de mystère et de passions souterraines, Sue devra déjouer les complots les plus délicieusement cruels, afin de devenir, avec le concours de la belle demoiselle de Briar, une légende parmi les cercles interlopes de la bibliophilie érotique. Héritière moderne de Dickens, mais aussi de Sapho et des Libertins, Sarah Waters nous offre une vision clandestine de l'Angleterre victorienne, un envers du décor où les héroïnes, de mariages secrets en amours interdites, ne se conduisent jamais comme on l'attendrait. Un roman décadent et virtuose."

 

Par où commencer??? Peut-être en disant tout simplement que j'ai adoré cette lecture! J'ai eu un peu de mal au tout début et j'ai un peu pris peur d'être moi aussi perdue au milieu des bas-fonds de Londres, et puis finalement je me suis laissées transportée avec Sue! J'ai retrouvé avec Sraha Waters la plume d'un Dickens au féminin. Car si dans les romans de Dickens, les femmes sont les faire-valoir des hommes, ici elles sont au centre de l'intrigue. Elles se font certes manipuler par un homme mais elles sont au coeur du roman et le destin des deux héroïnes, Sue et Maud, sont inextricablement liés!De plus, nous sommes baignés en plein coeur de l'époque Victorienne, donc ça ne pouvait que me plaire!

La première partie est racontée par Sue, orpheline élevée par une "famille" de voleurs. Elle évolue dans le Borough de Londres jusqu'à ce qu'elle devienne la femme de chambre de Maud Lilly, cette jeune héritière qu'elle doit dupée à l'aide de Gentleman ... Qui 'na de Gentleman que le nom... On lui suit donc ensuite au service de la demoiselle à Briar, plus luxueux mais tout aussi lugubre à sa façon que le repère de Lant Street. Un petit clin do'eil est fait au roman gothique avec l'héritière "enfermée" dans cette grande demeure délabrée ... J'ai beaucoup aimé cette partie, je me suis attachée aux personnages. On découvre au fil des pages le malheur de Maud et l'étrange passion de son oncle...

Seconde partie et premier volte-face dans le récit, et quel volte face! Je n'en dis pas plus ... Mais au début je me suis dit "What's the point??" et puis finalement je me suis aussi laissée prendre à ce récit, cette fois narré par Maud. Fini la paisibilité réglée de Briar et retour à Londres. Que ce soit pour Maud ou pour Sue tout leurs points de repères sont brouillés, d'ailleurs, Sue qui est très brouillarde apparaît très fébrile à Briar dans cette vie qui n'est pas la sienne et ce changement s'opère aussi pour Maud, dans son élément à Briar elle devient la petite chose fragile à Londres.

Ce qui nous amène à la troisième partie reprise par Sue qui reprend les rennes de l'histoire, et de nouveau que de rebondissements! J'avoue que j'ai été un peu emmêlée dans tout ça, mais finalement Sarah Waters tire toutes ses ficelles avec brio et là en écrivant ça me fait penser à un passage du film d'Ozon que j'ai vu hier soir, Luchini dit à son élève qu'une bonne fin est une fin sureprenante mais de laquelle on se dit que ça ne pouvait pas être autrement et c'est exactement ça!

Je suis donc allée de surprises en suprises tout en savourant l'écriture, que demander de plus? Sarah Waters aborde des thèmes récurrents au 19e siècle dans la littérature féminine, la place de la femme bien sûr, son "dénuement" quand elle n'a pas de mari ou de frère pour la protéger, la littérature, la société victorienne guindée dans ses principes et sa morale et bien sûr les différentes couches sociales qui ici se côtoient dez très près, ce qui est d'ailleurs assez rare!

Les avis de George , Bianca et Céline sont tout aussi enthousiastes!

objectif_pal

(26/27)

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15 septembre 2012

Lecture commune: Sue Townsend, The Queen and I

the_queen_and_IQuatrième de couverture:

"THE MONARCHY HAS BEEN DISMANTLED

When a Republican party wins the General Election, their first act in power is to strip the royal family of their assets andtitles and send them to live on a housing estate in the Midlands.

Exchanging Buckingham Palace for a two-bedroomed semi in Hell Close (as the locals dub it), caviar for boiled eggs, servants for a social worker named Trish, the Queen and her family learn what it means to be poor among the great unwashed. But is their breeding sufficient to allow them to rise above their changed circumstance or deep down are they really just like everyone else?"

 

J'ai apprécié cette lecture mais elle m'a laissée sur ma faim. En effet, en 260 pages Sue Townsend raconte la chute de la famille royale contrainte d'emménager dans l'équivalent de nos logements sociaux, ici une cité de petites maisons mitoyennes où les murs sont fins comme du papier à cigarettes. Mais pourquoi une telle extêmité? Un retour à la vie normale aurait déjà été un grand écart avec Buckingham. J'ai du coup trouvé que c'était too much sans l'être vraiment. Je m'explique, 260 pages c'est trop court pour approfondir le caractère, l'adaptation et l'évolution de chaque membre de la famille royale. Certains auraient peut-être au final pu être mis de côté au profit d'autres. On entrevoit à peine la princesse Margaret, on envisage une relation pour la princesse Anne mais elle est ensuite mise de côté, le prince Charles disparaît de l'intrigue, et on y découvre du coup un Prince Philippe complètement gaga, Charles est obnibulé par son potager et Diana extrêment superficielle, elle ne pense qu'à sa garde-robe. J'ai du coup trouvé le sportraits un peu trop simplistes et caricaturaux pour être sincères, et il en va de même pour les habitants de Hell Close. Les femmes semblent toutes être des "Cheap tarts" habillées vulgairement donc et les hommes de grosses brutes mal dégrossies. Néanmoins, malgré ces caractères caricaturaux il ressort d'eux une bonté et une solidarité à toute épreuve.

Ceratines situations sont cocaces et m'ont bien fait rire, surtout celles à propos du chien de la reine. La fin m'a quant à elle déçue, inévitable dans un sens mais justement trop prévisible. Elle met également en lumière peut-être la manière dont certains personnages sont perçus ou bien c'est moi qui extrapole... Quoi qu'il en soit c'est à lire car c'est tout de même divertissant mais ça aurait gagné à être approfondi je trouve.

Valérie a apprécié sa lecture mais n'a pas non plus aimé la fin, allons voir ce qu'elle en dit.

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16 août 2012

Philip Norman, John Lennon - Une vie

john_lennonQuatrième de couverture:

"John Lennon Plus que tous les autres Beatles, John Lennon incarnait la révolte. Né dans la banlieue de Liverpool, abandonné par sa mère, élève turbulent : personne n'attendait rien de ce gamin qui deviendra « plus populaire que Jésus ». Il sera assassiné à 40 ans. Philip Norman retrace avec justesse un parcours extraordinaire entre ombre et lumière, où s'inscrit l'aventure de toute une génération."
Tout est très documenté, tellement pointu que ça m'a parfois un peu perdue. Tout est détaillé et décortiqué, des relations entre les membres du groupe, la petite enfant de John et même celles de ses parents en passant par la formaiton du groupe, les albums  et les médias, la réception du pubic etc etc tout tout tout... C'est pas pour rien que cette biographie fait 1198 pages!!
J'ai trouvé intéressants les chapitres sur la montée des Beatles mais aussi celle d'autres groupes comme les Rolling Stones, rivaux sur la scène mais amis dans la vie ainsi que tout le business monté autour du groupe. Qui sait que les Beatles sous le label The apple ont vendu des vêtements franchement? Philip Norman apporte également un éclairage différent sur les dissensions entre les musiciens. Inévitablement il aborde aussi la période Yoko Ono qui nous la montre sous un jour totalement inhabituel et peu en accord avec la façon dont elle a été habituellement peçue par les médias.
 John lui est parfois montré sous un jour tout à fait antipathique. C'était un personnage tellement à part. Dès la petite enfance il n'a qu'une volonté, faire de la musique, devenir célèbre et gagner beaucoup d'argent! Il est déterminé dans son ambition et très autodidacte il apprendra d'abord par ses propres moyens avec trois fois rien et l'aide de sa mère qui a été une figure très importante dans sa construction malgré le fait qu'elle l'ait "abandonné" ... Mais là je ne vous apprend rien, c'est d'ailleurs l'histoire de l'enfance de John que vous retrouverez également dans le film Nowhere Boy mais aussi dans Lennon de David Foenkinos.
Il y a donc d'un côté cet aspect de sa personnalité et d'un autre son engagement pour la paix dans le monde, pour la promotion de valeurs simples et sa créativité sans bornes, la musique, l'écriture, le dessin.
Bien sûr les dernières semaines avant son assassinat son également développés, parallèlement à celles de son assassin. Le récit de Philip Norman laisse à penser que l'inévitable aurait peut-être pu être évité si, si ou si ...
La période que j'ai préféré c'est sans surprise celle de son enfance/adolescence avec ses amitiés et les prémices du groupe dans les bals de l'école puis à la Caverne ainsi que le séjour du groupe à Hambourg, la formation du groupe telle qu'il est devenu célèbre.
Il y a tellement de choses et d'informations! Philip Norman retranscrit tout ça d'un oeil le plus objectif possible, comme s'ilavait lui-même suivi Lennon caméra à l'épaule jour après jour.
J'ai aussi beaucoup apprécié voir replacées les chansons dans leurs contextes, apprendre qui les as écrites, comment elles sont nées et ce qu'elles veulent vraiment dire au delà des textes. Je me suis rendu compte que je connaissais les airs et els paroles de bon nombre des chansons.
Aimés ou décriés, les Beatles ont marqué toute une décennie et ont été des précurseurs dans la musique mais aussi à une époque où les codes sociaux et les modes de vie étaient en pleine mutation que ce soit chez eux en Grande-Bretagne ou à travers le monde et en un sens, les Beatles ont contribué à cette mutation.
John Lennon reste une figure de la subversion de cette époque, plutôt lisse et conventionnel avec le groupe mais engagé et déjanté en solo.
C'est un livre à lire assurément si vous vous intéressez aux Beatles ou aux sixties mais je déconseillerais peut-être de le lire d'un coup, parce que c'était parfois un peu rébarbatif.
Et il y a tellement de choses dont je n'ai pas parlé! Sa paternité, sa première femme Cynthia, la rencontre du groupe avec Elvis et Dylan, les séjours aux Etats-Unis, la drogue, son séjour en Inde, Paul McCartney, les festivals, l'adoraton de Lennon pour Brigitte Bardot, la relation avec Brian Epstein, le regard de John sur les homosexuels, les Bed-ins etc etc.
Avec ce titre j'apporte ma première pierre au challenge du pavé de l'été organisé par Brize ainsi que pour le défi des milles chez Fattorius!
challenge_pav__de_l__t_
Le_defi_1000

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09 août 2012

Patrick Gale, Chronique d'un été

Patrick_Gale___Chronique_d_un_eteQutrième de couverture:

"À quarante ans, Will se considère comme un homme épanoui, entre sa meilleure amie, Harriet, et son amant, Sandy. Pour son anniversaire, sa sœur lui offre des vacances en Cornouailles dans une maison bleue qu’il croît reconnaître. Il s’y rend avec ses parents, John et Frances, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Dans ces lieux paisibles, l’arrivée de Sandy va entraîner des déchirements familiaux qui en rappelleront d’autres, enfouis… Trente-deux ans auparavant, dans cette même maison, Will s’appelait encore Julian et passait des vacances insouciantes avec sa mère. Une sérénité troublée par la visite du séduisant beau-frère de John. Les deux époques s’enchevêtrent subtilement tandis qu’entre le rire et les larmes, se cristallisent les drames cachés d’une famille ordinaire.

« J’envie les âmes heureuses qui vont lire Patrick Gale pour la première fois. (…) Chronique d’un été est son œuvre la plus prenante, la plus lumineuse : une histoire familiale à suspense, omnisexuelle. »
Armistead Maupin"


Chronique de deux étés serait un titre plus approprié. La narration alterne des chapitres de deux époques différentes: un été à Polcalmel dans une petite maison appelée L'écumeur des Sables. Nous sommes dans les années 70. Julian est en vacances avec ses parents, John et Frances. Ils sont rejoints par l'oncle Bill et sa fille Skip dont la mère (la soeur de John) s'est suicidée.

Années 2000, Julian est adulte et se fait désormais appeler Will. Il emmène ses parents en vacances à La maison bleue, qui n'est autre que l'écumeur des Sables ... Sa mère souffre de la maladie d'Alzheimer.

Les chapitres du passé apportent au fil de la narration des éclaircissements sur le présent à la manière justement de quelqu'un qui se rappelle des évènements majeurs qui seraient intervenus dans sa vie. Pourquoi Will ne s'appelle plus Julian par exemple. Les deux récits tournent autour d'une intrigue amoureuse adultère inextricable même si des choix sont faits, des erreurs sont commises, différentes ou semblables à celles du passé, à vous de le découvrir.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Will, libraire quarantenaire passionné par son métier, un peu bout-en-train mais surtout dévoué. C'est d'ailleurs un autre Will qui m'a offert ce roman et je ne peux que l'en remercier parce que j'ai passé un très bon moment en la compagnie de ces personnages! L'écriture est simple et le livre se dévore rapidement! L'alternance des chapitres donne du rythme au récit. Les paysages de Cornouailles sont décrts avec tant de précision qu'on se les imagine sans peine et cela donne bien sûr envie d'y passer quelques jours, en Cornouailles et à la maison bleue précisément!

 

objectif_pal

(23/27)

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19 juin 2012

Ann Radcliffe, A sicilian Romance

a_sicilian_romanceQuatrième de couverture:

"In A Sicilian Romance (1790) Radcliffe began to forge the unique mixture of the psychology of terror and poetic description that would make her the great exemplar of the Gothic novel, and the idol of the Romantics.

This early novel explores the cavernous landscapes and labyrinthine passages of Sicily's castles and covents to reveal the shameful secrets of its all-powerful aristocracy. Julia and Emilia Mazzini live secluded in an ancient mansion near the Straits of Messina. After their father's return to the island a neglected part of the house is haunted by a series of mysterious sights and sounds. The origin of these hauntings is only discovered after a series of breathless pursuits through dreamlikepastoral landscapes. When revelation finally comes, it forces the heroines to challenge the united forces of religious and patriarchal authority."

Le roman se découpe en deux parties, la première qui pose le décor avec la vie au château, la présentation des personnages,(les deux jeunes filles sont décrites comme ayant "mild and sweet temper with a comprehensive mind" pour Emilia l'aînée et "extreme sensibility, frequent uneasiness, warm temper, generous, quickly irritated with an ardent imagination" pour Julia) les relations entre les uns et les autres, leurs occupations etc. C'est cette partie que j'ai préférée. Une aile du château est condamnée et donc innocupée depuis des années, les habitants du château pensent même qu'elle est hantée. Cela laisse planer l'idée qu'un drame s'y est déroulé.

Vient ensuite l'élément perturbateur de l'histoire qui amène la seconde partie avec plein derebondissements, de hasards heureux ou malheureux. Je m'y suis parfois perdue et j'ia même eu à certians moments une impression de "too much".

Il n'en reste pas moins que les personnages sont attachants et l'écriture très agréable à lire. C'est l'anglais que je chéris, celui de Jane Austen et des soeurs Brontë. C'est d'ailleurs après avoir regardé l'adaptation de Northanger Abbey que j'ai eu envie de me plonger dans un roman gothique, dont Jane Austen se moque un peu dans son roman. D'ailleurs on trouve tous les ingrédients propres au roman gothique, une maison sombre avec un secret, de jeunes héroines un peu naïves, une intrigue amoureuse et la limite avec le surnaturel. Il ne me reste plus qu'à découvrir Les Mystères d'Udolphe dont il est question dans Northanger Abbey.

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05 juin 2012

Annabel Pitcher, My sister lives on the mantelpiece

mu_sister_lives_on_the_mantelpieceQuatrième de couverture:

"Ten-year-old Jamie hasn’t cried since it happened. He knows he should have – Jasmine cried, Mum
cried, Dad still cries. Roger didn’t, but then he is just a cat and didn’t know Rose that well, really.
Everyone kept saying it would get better with time, but that’s just one of those lies that grown-ups
tell in awkward situations. Five years on, it’s worse than ever: dad drinks, Mum’s gone and Jamie’s
left with questions that he must answer for himself.
This is his story, an unflinchingly real yet heart-warming account of a young boy’s struggle to make
sense of the loss that tore his family apart."

 

C'est une histoire très touchante. J'ai beaucoup aimé la langue anglaise sous la plume de ce petit Jamie, mature pour son âge mais avec ses réflexions de gosse, ses espoirs, ses incompréhensions. Ce livre soulève bien évidemment la question du deuil dans une famille, le déchirement qu'il fait subir aux parents qui perdent un enfant. Mais aussi le déchirement subit par les enfants, non seulement à cause de la perte d'une frère ou d'une soeur mais aussi et surtout de l'abandon qu'ils ressentent de leurs parents.

Ces enfants, Jamie et Jasmine sont livrés à eux-même, un père alcoolique, une mère qui les a quitté pour vivre avec son amant. Ils essaient tant bien que mal de se maintenir à flots, chacun étant la bouée de l'autre. J'ai du coup trouvé les deux parents détestables et me suis demandé comment l'on pouvait abandonner finalement ceux qui restent ... J'imagine que la perte d'un enfant doit être une terrible épreuve mais justement, pourquoi délaissé ceux qui sont toujours en vie, qui eux aussi sont détruits psychologiquement.

Les récits des journées de cours ne sont dans un sens pas plus réjouissants. Jamie laisse entrevoir la cruauté des autres gamins et parfois la stupidité des adultes. Il est également question de racisme. Le père de Jamie en veut à tous les musulmants et pense qu'ils sont tous des terroristes. Jamie est donc tirraillé entre l'opinion de son père et l'idée finalement qu'il se forge lui-même grâce à sa camarade Sunya. Il est partagé entre son propre ressenti et la peur de blesser son père. Cette amitié en sortie grandie au final, chaotique au début mais forte ensuite.

Ce que je retiendrai de ce court roman c'est l'amour frère/soeur, l'amitié et l'attachement de Jamie pour son chat qui est en fin de compte un personnage à part entière. C'est à lire incontestablement et en anglais si vous le pouvez, sachant que le narrateur est un enfant, l'anglais est très abordable! Un petit coup de coeur pour moi :) Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas non plus un mélodrame, c'est souvent très drôle en fait, un humour assez british que j'affectionne particulièrement : " Rose was not as good. In fact she was quite bad and according to Jas she was naughty at school, but no one seems to remember that now she is all dead and perfect."

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17 mai 2012

David Nicholls, Un jour

un_jourQuatrième de couverture:

"15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes ou la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier. "

J'avais envie de lire ce livre depuis que son adaptation est sortie au cinéma. Adaptation que je n'ai pas encore vue d'ailleurs. J'ai trouvé que c'était très bien écrit et j'ai vite été emportée par l'écriture et le récit conduit par David Nicholls.

J'ai ressenti beaucoup de sympathie pour Emma, il n'en fût pas de même pour Dexter. Pour moi Dexter est un peu l'achétype du connard qu'on ne voudrait surtout pas rencontrer! C'est assez drôle parce qu'au début du livre il m'a beaucoup fait penser à quelqu'un que je connais ... Jeune insouciant, ambitieux, conscient de son statut privilégié et sûr de lui ...

La construction de la narration, de 15 juillet en 15 juillet donne du rythme à l'histoire et m'a tenue en haleine. J'avais hâte de svaoir ce qui s'était passé pour l'un et l'autre des personnages durant cette année écoulée (enfin surtout pour Emma). J'ai d'ailleurs dévoré ce livre en trois jours.

Ce n'est pourtant pas un coup de coeur. Je crois que le personnage de Dexter est assez dissuasif pour ça, même si au final, à la fin du livre j'ai eu un peu pitié de lui. D'ailleurs la fin!!! non mais sérieux, c'est quoi cette fin?

Une jolie histoire d'amour en somme mais qui pour me convaincre aurait sans doute dû être un peu plus équilibré en ce qui concerne les personnages. Je sais, cela aurait ans doute enlevé du peps à l'histoire, mais crotte alors et mon p'tit coeur de midinette?

Val a été un peu plus sévère que moi mais Antigone et Will ont adoré, Will en a d'ailleurs fait un challenge.

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02 mars 2012

Daphné du Maurier, Les oiseaux

les_oiseauxQuatrième de couverture:

"Au coeur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes... On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d’œuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommier à forme étrangement humaine, ou d'une ouvreuse de cinéma qu'un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance... Et la grande romancière anglaise, auteur de Rebecca et L'Auberge de la Jamaïque, nous entraîne vers le mystère à petits pas, à petites touches, au gré d'une écriture subtile, singulièrement moderne. "

Je ne sais jamais trop comment parler d'un recueil de nouvelles alors je vais procéder nouvelle par nouvelle parce que mon avis est différent en fonction des intrigues. Quoi qu'il en soit Les oiseaux et le seul film d'Hitchcock que j'ai vu en entier avec Psychose... J'avais beaucoup aimé l'atmosphère inquiétant qui se dégageait du film et donc quelle fût ma surprise quand quelques années plus tard j'ai découvert que ça avait été adapté d'une nouvelle de Du Maurier, qui comme vous l'aurez déjà compris j'aime beaucoup! Donc ni une ni deux, dans ma wish list, et voeux exaucé par mon bienfaiteur Will!

Les oiseaux : Bizarrement la nouvelle m'a beaucoup moins plu que le film, je pense que c'est le risque quand on découvre l'écriture après les images mais bon... Ce qui m'a gêné en fait c'est de ne pas retrouver l'atmosphère propre à Daphné du Maurier, si effectivement il y a un côté mystérieux et inquiétant (the Uncanny chez les saxons, l'inquiétante étrangeté), je n'ai pas retrouvé le décor vieillot du 19e que je chéris tant! Je n'ai pas non plus détesté, n'exagérons pas, mais la fin laissée en suspens comme ça, on ne sait pas au final ce que font tous ces oiseaux, si ils vont partir ou rester, il me semble que par contre c'est pareil pour le film? Je ne sais plus trop! Shame on me!

Le Pommier: Un veuf est obsédé par le vieux pommier qui pousse dans son jardin après la mort de sa femme ... Je n'ai vraiment pas aimé cette nouvelle, et j'ai pris un peu peur pour la poursuite de ma lecture. Je me suis souvent demandé où l'auteure voulait en venir et quels étaient les tenants et aboutissants de cette nouvelle! Mais soit, passons!

Encore un baiser: Un jeune mécanicien tombe sous le charme d'une ouvreuse de cinéma, et la poursuit dans la rue, puis dans le bus afin de la séduire. Nous sommes ici dans les années 50 et le voyage en bus m'a beaucoup fait penser au fil American Graffiti, qui se passe globalement à bord de voitures des jeunes gens dont il est question.  Ouverture sur le changement d'une époque avec la montée de la surconsommation en somme, bon ce n'est pas visible directement dans l'histoire mais c'est latent, avec les références au salaire du jeune homme et à la possibilité de subvenir aux besoins d'une jeune femme ... Ca ne m'a pas déplu mais ça ne m'a pas non plus emballée.

 

Le vieux: Alors là je rejoins un peu mon avis sur le Pommier, je me suis dis "What's the point??" Un vieux et sa femme vivent au bord d'un lac dans une cabane avec leurs enfants, on ne sait trop comment les filles ne sont plus dans l'histoire et le gamin (appelé gros bébé mais qui semble en fait être un ado, ou je n'ai rien compris, ce qui me parâit fort probable) disparaît aussi. Euh en fait je crois que j'ai encore moins aimé que le pommier!

Et là Ô rage, Ô desespoir, dois-je continuer ma lecture??

Oui, avec Mobile inconnu:  ouf, on replonge un peu dans ce que j'ai eu l'habitude de lire chez Daphné du Maurier! Une jeune épouse de suicide, sans raison apparente, un détective privé fouille son passé pour donner des réponses au mari. Et là on rejoint la lecture d'Eux sur la photo d'Hélène Gestern, est-il bon de tout réveler ou pas. Contrairement à Hélène Gestern, Daphné du Maurier fait le choix de taire certaines révélations qui pourraient bouleverser la vie d'un homme. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et ses rebondissements.

Le petit photographe: c'est la nouvelle que j'ai préférée, un bord de mer, une femme, belle et influente qui s'ennuie, so typical de la fin du 19e début 20e, alors certes l'action se situe un peu plus loin dans le temps me semble-t-il mais c'est similaire, le temps semble figé un après-midi trop chaud, etouffant (parallèle avec ce que semble être la vie de cette femme), elle va donc rechercher un petit vent d'air frais (le frisson pour lui faire passer l'ennui de sa vie...)  La fin reste ouverte, mais suggérée avec l'apparition de la soeur ... Je n'en dis pas plus, si vous aimez les histoires adultères de l'époque, vous apprécierez cette lecture.

 

Et enfin, Une seconde d'éternité: cette nouvelle est assez particulière dans le sens où la fin ne nous apporte aucune solution sur tout le déroulement de l'histoire, et moi trop de suspense, je n'aime pas ça, j'aime bien quand les choses finissent à leur place et qu'on m'apporte le noeud de l'histoire sur un plateau!

 

En définitive j'ai apprécié particulièrement deux nouvelles, celle des Oiseaux m'a plue malgré une déception par rapport au film et quatre qui m'ont laissée sans avis voire qui m'ont complètement ennuyée! Ce n'est pas si mal sachant que la nouvelle est un genre que je n'apprécie pas forcément et c'est précisément ce que je n'aime pas dans le genre que j'ai retrouvé dans les nouvelles que je n'ai pas aimées: une fin trop abrupte qui ne donne pas de réponses et qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. J'ai néanmoins apprécié la Du Maurier's touch donc au final ce ne fût pas non plus une lecture complètement désagréable!

 

objectif_pal

(5/27)

 

 

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30 novembre 2011

Lecture commune: Linda Newbery, De pierre et de cendre

de_pierre_et_de_cendreQuatrième de couverture :

"Lorsque, par un soir brumeux de 1898, le jeune peintre Samuel Godwin pousse les grilles de la propriété de Fourwinds, il est immédiatement envoûté. Engagé pour enseigner l'art aux deux filles de Mr Farrow, il ignore encore que cette luxueuse demeure sera pour lui le décor de ses plus belles peintures. Intrigué par la personnalité ombrageuse du maître des lieux, séduit par les jeunes demoiselles, Marianne et Juliana, désarçonné par Charlotte Agnew, leur gouvernante et dame de compagnie, Samuel comprend vite que le raffinement du décor et des êtres dissimule de bien sombres mystères et que le vent souffle pour mieux balayer les cendres d'un passé scandaleux..."

 

Linda Newbery a beau  être un auteur contemporain, on retrouve dans Depierre et de cendre le charme  désuet des livres de Jane Austen et consœurs.  Certes l’action e se passe pas même époque que celle de Miss Austen bien un siècle plus tard et pourtant la place dévolue aux jeunes femmes est inchangée. Elles espèrent toujours faire un bon mariage, si possible du meme rang social qu’elles. Elles sont toujours soumises à l’autorité du père et à la loi de l’entail (seul un héritier male bénéficie des biens de son père après sa mort)

Pour autant, il y a dans ce livre moins de légèreté que dans les livres d’Austen. Juliana et Marianne portent un lourd secret  que leur gouvernante  Miss Charlotte Agnew et leur précepteur, le peintre Samuel Godwin vont tenter de percer… Les apparences sont d’abord très trompeuses mais les amènera finalement à découvrir toute l’horreur de la situation. Nous-mêmes en tant que lecteurs, menons notre enquête pour être finalement aussi trompés par les apparences au même titre que les personnages. C’est d’ailleurs assez fort parce que j’ai imaginé tous les scénarios possibles sauf celui-là. La narration d’un point de vue omniscient nous pousse justement dans l’erreur !

C’est un livre fort, qui nous montre tous les codes de la société  de l’époque, une société basée sur les apparences et le qu’en dira-t-on. Qui je trouve n’est finalement pas si éloignée de la notre. Si le mariage n’est pas forcément LA priorité des jeunes filles il faut reconnaître que le célibat sied mal à nombre d’entre elles.

J’ai beaucoup apprécié les nombreuses descriptions de la maison et du jardin. Et j’ai trouvé le « débat » sur l’artiste, son œuvre, et l’art en général  très intéressant. Est-ce l’artiste qui fait de son œuvre de l’art ou au final serait les soi-disant amateurs d’art qui en font une œuvre d’art … Là encore on touche à la question de l’apparence.

Les références à des peintres que j’ai étudiés en fac et que j’apprécie comme Dante-Rossetti et Millais n’ont fait que me conforter dans mon coup de cœur. Je vous conseille donc cette lecture !

Allons voir ce qu’en ont pensé mes acolytes Will et Manu.

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08 novembre 2011

Lecture commune: Joanne Harris, Le rocher de Montmartre

le_rocher_de_MontmartreQuatrième de couverture:


"D'un simple claquement de doigts, Zozie de l'Alba sait exactement qui ment, qui a peur, qui trompe sa femme et qui a des soucis d'argent. A peine entrée au Rocher de Montmartre, cette chocolaterie étrangement fascinante malgré son aspect fané, elle flaire le mensonge. Annie, la fille de la propriétaire, ne laisse-t-elle pas derrière elle une vague traînée bleutée, comme des ailes de papillons ?"

 

C'est avec grand plaisir que je me suis replongé dans les aventures de Viane Rocher et sa fille Anouk. D'autant plus que, si ma lecture de Chocolat commence à dater, j'ai revu le film il y a quelques semaines.

Viane et Anouk ont quitté le petit village de Lansquenet pour s'installer à Paris, en passant par d'autres petits villages. Elles sont maintenant accompagnées de Rosette, âgée de quatre ans et différente des autres enfants de son âge. Nous lecteurs comprenons bien assez vite l'identité de l'enfant ... La narration est alternée entre la mère et la fille, qui ont changé de noms, Viane se fait maintenant appelé Yanne et Anouk est devenue Annie. Une troisième personne s'ajoute entre les chapitres mères/filles, il s'agit de Zozie de l'Alba, voleuse d'identité professionnel si on peut dire ça comme ça. Elle va se faire apprécier d'Anouk, puis de Viane qui l'accueillera à bras ouverts dans sa chocolaterie. Une mère et une fille dont la magie fait partie intégrante de leur vie, même si pour l'instant elle la cache au plus profond d'elles, c'est une aubaine pour Zozie. Malgré tout, tout au long de l'histoire on n'a du mal à croire que Zozie est une personne méchante. On la voit un peu avec la naïveté d'Anouk, et pourtant...

Comme pour Chocolat, j'ai beaucoup apprécié la plume de Joanne Harris, à la manière un peu d'un conte, encore une fois l'auteur a réussi à me faire saliver d'envie avec la description de ses friandises. Les personnages sont tout aussi touchants, Anouk et sa mère bien sûr, mais ausis les clients de la chocolaterie. J'ai longtemps attendu le retour de Roux également, qui fidèle à lui-même débarque sans prévenir.

Ce trio dans la narration est vraiment un plus dans l'histoire. J'ai toruvé intéressant d'avoir parfois sur un évènement les points de vue des trois personnes, et j'étais contente de la place dévolue à Anouk. Oui Anouk c'est un peu la jeune fille que j'aurais aimé être, celle que j'aimerais avoir dans mes classes. Différente, intéressante, et ouverte.

La question de la différence est récurrente dans le récit, notamment avec le retard que semble présenter Rosette, mais aussi par rapport aux collégiens, à l'acceptation des autres. Doit-on s'uniformiser pour se faire des amis ou au contraire garder sa propre personnalité. L'histoire bien sûr nous donne réponse à cette question.

J'avoue par contre avoir été un peu déçue par Viane, que j'ai trouvé un peu trop éteinte, résignée, si différente de la Viane de Chocolat. Ce n'est pas bien grave, cette suite remporte tout de même mon adhésion totale :)

C'était une lecture commune avec L'or des chambres, Soukee , Fransoaz, Mango, je vous invite donc à aller lire leurs avis

Posté par Cinnamonchocolat à 20:17 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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