24 août 2018

Jennifer Ryan, La chorale des dames de Chilbury

la chorale

Quatrième de couverture: "1940. Un paisible village anglais voit partir ses hommes au front. Restées seules, les femmes affrontent une autre bataille : sauver la chorale locale pour défier la guerre en chantant. Autour de Miss Primrose Trent, charismatique professeur de chant, se rassemble toute une communauté de femmes, saisie dans cet étrange moment de liberté : Mrs. Tilling, une veuve timide ; Venetia, la « tombeuse » du village ; Silvie, une jeune réfugiée juive; Edwina, une sage-femme qui cherche à fuir un passé sordide. Potins, jalousies, peurs, amours secrètes... Entre rires et larmes, Jennifer Ryan, s'inspirant des récits de sa grand-mère qui a vécu le conflit depuis un petit village du Kent, sonde les âmes de ce choeur que vous n'êtes pas près d'oublier."

Voilà une lecture sans prétention qui joue son rôle de divertir, un feelgood book comme j'aime en lire parfois et qui finalement malgré ses quelques défauts m'a plu. 

Quels sont ses défauts? Je dirai que l'histoire est un peu longue à se mettre en place, et je suis d'accord avec une blogueuse (je n'arrive pas à me souvenir de qui!!!) qui disait que beaucoup de romans surfaient sur la vague de popularité de Downtown Abbey et c'est un peu mon ressenti quant au cadre de La chorale des dames de Chilbury, alors c'est vrai que l'époque est postérieure à Downtown Abbey puisqu'il s'agit de la seconde guerre mondiale et non de la première mais l'on y rencontre un peu les mêmes thématiques, un petit village, une famille notoire qui doit faire face à la guerre, les petites gens qui elles aussi doivent s'organiser, les hommes réquisitionnés, les femmes qui sont amenées à faire des tâches réservées aux hommes jusqu'alors... Alors oui ça me plaît mais ça donne parfois l'impression d'une pâle copie. 

Néanmoins c'est une lecture plaisante, les chapitres donnent voie à différents personnages, journal intime ou lettre. On peut donc avoir plusieurs points de vue sur un même évènement/ Ce qui semble l'intrigue principale ne l'est pas finalement, et l'autre intrigue est à mon sens beaucoup plus intéressante que la première qui paraît un peu trop invraisemblable d'impunité! Les personnages sont attachants, la jeune Kitty, la sulfureuse Venetia ou Mrs Tilling dont le fils est au front. Certaines réparties sont piquantes comme peut l'être l'humour anglais et le tout tient à peu près bien.

Un bon livre si vous avez envie de vous lancer dans une histoire simple sous fond de seconde guerre mondiale.

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07 août 2018

George Eliot, Middlemarch

middlemarch

Quatrième de couverture: "Middlemarch (1871-1872) est sans doute le plus beau roman de George Eliot, en tout cas son roman le plus complet (le sixième sur sept). 
Deux intrigues sentimentales principales, l'histoire des deux mariages de Dorothea et le mariage malheureux de Lydgate, jeune médecin ambitieux, avec la vulgaire Rosamond Vincy, se détachent sur un fond foisonnant de personnages et d'événements, d'épisodes intéressants, amusants, émouvants. Un des charmes de George Eliot est dans cette surabondance de détails. "

Je reprends le chemin du blog après deux semaines de vacances bien remplies et dont je vous parlerai peut-être... Au programme les billets de mes lectures du mois de juillet... Et celle-ci je l'ai certes terminée en juillet mais je l'avais commencé en juin. On devrait jamais se lancer dans un classique sans préparation, qui plus est quand ce classique avoisine les mille pages. J'ai d'ailleurs lu une vieille édition en cuir, imprimée sur papier bible et qui date de 1951, un plaisir pour le toucher, et l'odorat (vous n'aimez pas ces odeurs de vieux livres poussiéreux? Moi j'adore!) Je ne sais pas ce qui m'a pris de vouloir commencer ce livre en juin mais soit, je m'étais mise au défi de sortir ce roman de ma PAL en 2018! La lecture fût longue et fastidieuse mais je l'ai pourtant globalement apprécié. Quel plaisir de ce plonger dans ces belles phrases du 19e, dans ces intrigues amoureuses de la petite bourgeoisie anglaise, un régal! Des personnages bien croqués, une campagne anglaise toujours aussi bucolique et les moeurs de la société de l'époque.

Alors oui certains passages m'ont ennuyée, notamment ceux teintés de politique, où les considérations sur les médecins et leurs accointinces politiques ou religieuses, j'avoue même m'être un peu perdue entre les différentes dénominations mais on retrouve les thèmes qui font le charme de cette littérature anglaise, à commencer par le mariage. Ici il n'est d'ailleurs pas que celui des femmes (le point de vue est souvent typiquement féminin), il est aussi celui des hommes. Le roman est porté par le personnage de Dorothée, qui fera un mariage quelque peu inattendu et qui montrera la volonté un peu à contre courant de cette jeune femme au caractère fort et aux idées arrêtées, peut-être en avance sur son temps. George Eliot nous montrera des caractères masculins tout aussi attachants et droits, et d'autres, moins fiables et antipathiques. Tout repose dans le roman, et dans la société de l'époque sur les apparences et le qu'en dira-t-on? Chaque famille est observée dans sa sphère privée et dans sa sphère publique, et l'une et l'autre ne sont pas toujours en adéquation. 

Un livre très riche, dont j'oublie certainement la moitié des choses dans ce billet. Un livre qui nécessite une lecture exigeante et je ne lui ai peut-être pas consacré toute l'attention qu'il aurait mérité.

challenge petit bac

(titre mot unique :MIDDLEMARCH)

challenge pavé

( Et un pavé, un, 922 pages)

objectif pal

 

(Objectif PAL de l'été -3  - dans ma PAL depuis plusieurs années)// Objectif PAL 8/20

09 avril 2018

Lucy Christopher, Stolen (VO)

stolen

Quatrième de couverture: 

"A girl: Gemma, sixteen, at the airport, on her way to a family vacation.

A guy: Ty, rugged, tan, too old, oddly familiar, eyes blue as ice.

She steps away. For just a second. He pays for her drink. And drugs it. They talk. Their hands touch. And before Gemma knows what's happening, Ty takes her. Steals her away. To sand and heat. To emptiness and isolation. To nowhere. And expects her to love him.

Written as a letter from a victim to her captor, Stolen is Gemma's desperate story of survival; of how she has to come to terms with her living nightmare-or die trying to fight it."

Ce roman attendait depuis des années dans ma PAL Vo, j'ai profité des vacances de Février pour l'en sortir, et j'ai été bête d'attendre si longtemps pour le lire parce que c'est une petite pépite! Comme le dit la quatrième de couverture, le récit est en fait une lettre d'une jeune fille à son ravisseur. Ty kidnappe Gemma dans un aéroport alors qu'elle y est en transit avec ses parents. Il l'emmène dans une maison qu'il a aménagé à cet effet dans le désert australien, au milieu de nullepart. Gemma y raconte son enlèvement, sa captivité, leur façon de vivre, de se nourrir, les raisons qui ont poussée Ty à l'enlever etc. Ce récit est également l'occasion de remettre en cause nos modes de vie et l'importance qu'on accorde au matériel en oubliant l'essentiel. L'environnement dans lesquel els deux personnages vont vire est très sauvage et si Ty a été prévoyant ils vont cependant devoir composer avec les éléments pour se nourrir, avoir de l'eau, se soigner. En un sens, le récit fait écho aux romans dits "nature writing" en y ajoutant une dimension supplémentaire, le récit d'une adolescente en captivité et tout ce que cela peut impliquer en termes de sentiments contradictoires à l'égard de son ravisseur. Lucy Christopher donne à voir les mécanismes du syndrome de Stockholm. C'est un premier roman riche en descriptions et en émotion et facilement abordable en anglais. Je vous le conseille!

PAL vo

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10 mars 2018

Gail Honeyman, Eleanor Oliphant va très bien

eleanor

Quatrième de couverture:

"Eleanor Oliphant est un peu spéciale.
Dotée d'une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu'elle les pense, sans fard, sans ambages. 
Fidèle à sa devise " Mieux vaut être seule que mal accompagnée ", Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d'une bouteille de vodka. 
Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec " maman ". 
Mais tout change le jour où elle s'éprend du chanteur d'un groupe de rock à la mode. 
Décidée à conquérir de l'objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. 
Car en naviguant sur les eaux tumultueuses de son obsession amoureuse et de sa relation à distance avec " maman ", Eleanor découvre que, parfois, même une entité autosuffisante a besoin d'un ami... "

 Voilà une lecture qui m'a un peu sortie des déceptions! C'est le premier roman de Gail Honeyman et j'ai trouvé ça bien réussi, plaisant à lire et bien écrit. Eleanor est un personnage très atypique, elle a une vie très chronométrée, évolue seule et ressent très peu d'empathie pour les autres... Un petit syndrome d'Asperger? En tout cas cela y ressemble... Je n'ai cessé d'avoir en tête "Saga Nören Police de Malmö", l'héroïne de The Bridge, qui lui ressemble par bien des aspects. Eleanor est ce qu'on pourrait définir comme une inadaptée sociale, et cela depuis sa petite enfance, élevée par une mère complètement coupée de la réalité. Cette difficulté à s'adapter et à comprendre les autres donnent lieu à des scènes cocasses et n'en rendent le personnage que plus touchant.

La vie d'Eleanor change en effet après sa "rencontre" avec un chanteur de groupe de rock local dont elle s'entiche, mais aussi finalement à l'arrivée de ce nouveau collègue un peu gauche qu'est Raymond. Le duo fonctionne bien, et là encore ça m'a fait penser au duo Saga/Martin, même si le personnage de Martin est très différent de Raymond. 

Gail Honeyman traite le sujet du parent abusif en finesse, elle montre la difficulté à se construire seul et à s'adapter à la vie sociale quand on n'en a pas les codes. A travers le personnage de Raymond elle aborde également la relation au parent âgé dont il faut s'occuper.Si vous voulez passer un bon moment, sourire, être ému(e), je pense qu'Eleanor Oliphant peut remplir cette mission.

 

challenge petit bac

 

(PRENOM: ELEANOR)

lire sous la contrainte

(lire sous la contrainte: le son "é": Eleanor)

16 novembre 2017

Robert Goddard, Par un matin d'automne

par-un-matin-dautomne

Quatrième de couverture: "Fin des années 1990. Leonora Galloway part en France avec sa fille afin de se rendre à Thiepval, près d'Amiens, au mémorial qui honore les soldats - dont de nombreux Britanniques, comme son père - tombés durant la bataille de la Somme, lors de la Grande Guerre. Le 30 avril 1916 est la date officielle de son décès. Or Leonora est née près d'un an plus tard. Ce qui pourrait n’être qu’un banal adultère cache en fait une étrange histoire, des secrets de famille, sur lesquels plane l'ombre d'un meurtre jamais résolu et où chaque mystère en dissimule un autre… Dans ce livre envoûtant, Robert Goddard allie l'atmosphère des plus grands romans anglais à un sens du suspense et de la reconstitution historique remarquables."

 Quand j'ai croisé ce roman sur un blog (je ne sais plus lequel alors si c'est le tien n'hésite pas à me le dire ;) ) j'ai tout de suite su qu'il me plairait. Et comme je me connais plutôt bien, je ne m'étais pas trompée! J'ai adoré ce récit, et même si j'utilise peu souvent ce terme c'est un coup de coeur. Sachez que ce livre est classé dans les romans policiers en bibliothèque, je désespérais chaque fois de le voir disponible mais de ne pas le trouver... Honnêtement je ne sais pas vraiment ce qu'il fait la-bas, parce qu'un policier il y'en a bien un mais c'est un retraité rappelé au travail pour remplacer les jeunes hommes envoyés au front, et clairement il ne tient pas un rôle clé dans l'histoire, qui est loin d'être une intrigue policière. Il y a certes un meurtre, autour duquel plane beaucoup d'interrogations et de non-dits mais ce n'est pas en soi le sujet du roman. Le sujet du roman c'est la famille et ses secrets. Et vous savez que j'aime bien ça!! Alors quand en plus ça se passe en Cornouailles, au début du 20è siècle dans une grande demeure à la campagne, tous les ingrédients sont réunis!! 

Les récits sont enchassés les uns dans les autres, Léonora raconte son histoire à sa fille, qu'elle a elle-même reçu d'un "ami" de ses parents. Les personnages sont attachants ou détestables, Robert Goddard nous emmène, loin, dans cette campagne anglaise, dans les plaines des Flandres en hiver. Il sonde l'âme de ses personnages, le mystère est non résolu pendant de nombreuses pages, et de nombreuses années, mais peu à peu les éléments s'imbriquent et on devine une vérité qu'on n'ose imaginer. La frontière entre le bien et le mal est ténue, seule peut-être Olivia restera toute sa vie du mauvais côté, elle mourra d'ailleurs seule, comme une vieille sorcière qu'elle est! Ce que Robert Goddard nous apprend c'est qu'il ne faut peut-être pas juger trop rapidement, que chacun peut avoir ses raisons et que selon le point de vue d'où l'on se place, elles sont défendables. Ce qu'il dénonce également c'est la première guerre mondiale, pour qui la vie humaine n'avait que très peu de valeur. Je crois que j'ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Le charme de l'écriture anglaise, un brin désuète mais très poétique pour qui l'apprécie fonctionne presque à coup sûr avec moi.

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30 août 2017

Graham Swift, Le dimanche des mères

le dimanche des mères

Quatrième de couverture: "Angleterre, 30 mars 1924. Comme chaque année, les aristocrates donnent congé à leurs domestiques pour qu’ils aillent rendre visite à leur mère le temps d’un dimanche. Jane, la jeune femme de chambre des Niven, est orpheline et se trouve donc désœuvrée. Va-t-elle passer la journée à lire? Va-t-elle parcourir la campagne à bicyclette en cette magnifique journée? Jusqu’à ce que Paul Sheringham, un jeune homme de bonne famille et son amant de longue date, lui propose de le retrouver dans sa demeure désertée. Tous deux goûtent pour la dernière fois à leurs rendez-vous secrets, car Paul doit épouser la riche héritière Emma Hobday. Pour la première – et dernière – fois, Jane découvre la chambre de son amant ainsi que le reste de la maison. Elle la parcourt, nue, tandis que Paul part rejoindre sa fiancée. Ce dimanche des mères 1924 changera à jamais le cours de sa vie. 
Graham Swift dépeint avec sensualité et subtilité une aristocratie déclinante, qui porte les stigmates de la Première Guerre – les fils ont disparu, les voitures ont remplacé les chevaux, la domesticité s’est réduite… Il parvient à insuffler à ce court roman une rare intensité, et célèbre le plaisir de la lecture et l’art de l’écriture."

Je suis assez partagée quant à mon ressenti sur ce roman. Cela fait d'ailleurs plus d'un mois que je dois vous en parler mais je ne savais pas vraiment quoi vous dire.

Je suis partagée parce que je m'attendais à tout autre chose, je pensais y retrouver une touche De Downtown Abbey, mais pas tellement en fait. Hormis le début, et la fin, ainsi que quelques réminiscences de Jane, ce roman est un huis-clos, entre la femme de chambre et son amant Paul, fils d'aristocrates. Tout ou presque se déroule dans la chambre de ce dernier. Rien de choquant en soi puisqu'il s'agit comme la quatrième de couverture l'indique de leur dernière "entrevue" avant le mariage de Paul. Il est d'ailleurs intéressant de lire les passages sur la relation qui s'est nouée au fil du temps entre les deux personnages.

Je crois que ce qui m'a le plus gênée dans ma lecture c'est l'écriture. Ce n'est pas mal écrit, au contraire, c'est une écriture fluide et plaisante à lire, mais je l'ai trouvée un peu en décalage avec le sujet, avec l'époque. Je l'ai trouvé peut-être un peu trop moderne. En fait, je m'attendais à lire quelque chose au charme désuet de la première moitié du 20 ème siècle mais pas tout à fait. C'est pourquoi je suis partagée, je ne peux pas dire que j'ai passé un moment désagréable, ce serait faux mais ce n'est pas ce que j'attendais de ce roman. 

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03 juillet 2017

Nick Hornby, Juliet, Naked

juliet naked

Quatrième de couverture:

"A Gooleness, petite station balnéaire surannée du nord de l'Angleterre, Annie, la quarantaine sonnante, se demande ce qu'elle a fait des quinze dernières années de sa vie… En couple avec Duncan, dont la passion obsessionnelle pour Tucker Crowe, un ex-chanteur des eighties, commence sérieusement à l'agacer, elle s'apprête à faire sa révolution. Un pèlerinage de trop sur les traces de l'idole et surtout la sortie inattendue d'un nouvel album, Juliet, Naked, mettent le feu aux poudres. Mais se réveiller en colère après quinze ans de somnambulisme n'est pas de tout repos ! Annie est loin de se douter que sa vie, plus que jamais, est liée à celle de Crowe qui, de sa retraite américaine, regarde sa vie partir à vau-l'eau… Reste plus qu'à gérer la crise avec humour et plus si affinités…"

J'ai été très agréablement surprise par cette lecture. Malgré un démarrage un peu lent on se laisse facilement prendre dans l'histoire. Démarrage lent parce qu'on a un peu envie de secouer Annie, le personnage principale. En effet elle est quelque peu embourbée dans une relation qu'elle semble subir, un conjoint ennuyeux comme la pluie, avec pour obsession un vieux chanteur has been. Difficile de prendre une décision quand la relation dure depuis plusieurs années, qu'on vit dans une petite ville perdue du nord de l'angleterre et que son travail semble prendre la poussière lui aussi. Ironiquement c'est la sortie d'un nouvel album du chanteur qui va enclancher des changements irréversibles dans la vie du couple.

Le personnage de Duncan est assez antipathique, même si à la fin il éveille un peu de compassion. C'est le personnage d'Annie qui est centrale dans le roman, elle est pétrie de doutes et d'insatisfactions mais c'est elle qui évoluera le plus au court du roman, et c'est justement ce côté roman d'apprentissage à l'âge adulte qui m'a le plus plu dans ce livre de Nick Hornby. D'ailleurs je suis toujours étonnée de voir avec quelle justesse il arrive à tirer le portrait des femmes et de tout ce qui peut bien leur passer par la tête.

Le personnage de Tucker Crowe est également intéressant, tellement aux antipodes de ce à quoi on s'attendrait, il a un côté attachant, même si, dans sa relation aux femmes, et principalement à ses ex-femmes il a un côté lâche assez déplaisant.

Le cadre de l'histoire, cette ville vieillissante de bord de mer, qui a connu un certain faste dans les années soixante et semblable à beaucoup d'autres villes moyennes et en perte de vitesse, et pourrait être transposé n'importe où ailleurs en province, ça facilite l'identification.

En bref; une lecture agréable, si on enlève le côté vieil star américaine, les questions soulevées par Annie sont facilement transposables et il est très facile de s'identifier à la situation ou de la comprendre.

C'est ma dernière lecture pour le mois anglais, je n'ai pas été très efficace cette année encore mais j'ai apprécié mes lectures, sauf le faux départ avec Stella Gibbons!

mois anglais 2

 

(chez Lou et Cryssilda)

objectif pal

 

(14/25 dans ma PAL depuis l'été 2016

Objectif Pal de Juillet chez Antigone -1-)

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02 juillet 2017

Jenny Colgan, Une saison à la petite boulangerie

Une-saison-a-la-petite-boulangerie

Quatrième de couverture:

"Polly Waterford coule des jours heureux sur la paisible île de Mount Polbearne, dans les Cornouailles, entre le grand phare dans lequel elle s'est installée avec Huckle, son boyfriend, et la petite boulangerie où elle prépare chaque jour, avec passion, d'irrésistibles pains dorés. Mais lorsque le nouveau propriétaire de sa boutique fait irruption sur l'île, Polly réalise que son bonheur pourrait bien être réduit en miettes... Avec une pincée de fleur de sel, des kilos de farine et une bonne dose de volonté, réussira-t-elle à surmonter les obstacles qui se dressent sur sa route ?"

Le bémol avec les romans dits Feel Good c'est qu'ils remplissent bien leur mission, c'est agréable à lire, ça réchauffe le coeur, c'est une lecture agréable qui donne le sourire mais je trouve toujours que les ficelles sont un peu grosse, qu'il y a un peu trop de coïncidences défavorables, puis favorables. Donc oui on passe un très bon moment mais ça a aussi un petit côté agaçant qui fait parfois souffler! C'est assez étonnant d'ailleurs, parce que je peux affirmer que c'était une lecture sympa mais en même temps je n'ia pas cessé de relever des incohérences ou des racourcis un peu faciles, en tout cas ça n'a pas, ou en tout cas ça a moins de vraisemblance que pour le premier tome. Les histoires des personnages secondaires sont moins bien imbriqués dans l'histoire et j'ai trouvé qu'ils servaient parfois un peu de prétexte à l'histoire, le frère d'Huckle qui débarque comme ça, Huckle qui part redresser sa ferme alors que lui se la coule douce on sait où, Reuben et Kerensa sont vraiment too much, et certains personnages restent très caricaturaux, Polly elle-même est agaçante à certains moments, elle a un côté très positif et optimiste qui donne un peu la pêche, et en même temps une capacité à s'appitoyer sur elle-même qui en est tout aussi énervant! En bref mon avis est très fouilli et je ne dois certainement pas vous donner envie de le lire mais ça vaut quand même le coup, et voici au moins deux bonnes raisons: la gourmandise, et l'envie d'évasion: la Cornouailles est mon personnage préféré du livre, un dégusté avec un petit pain tout chaud sorti du four!

 

mois anglais 2

(chez Lou et Cryssilda)

 

challenge feel good

 

(Lecture commune avec Soukee )

25 juin 2017

Charles Dickens & Wilkie Collins, Voie sans issue

voie sans issus

Quatrième de couverture:

"Quand un créateur d'ambiances et de personnages génial - Dickens - croise son talent avec celui d'un formidable inventeur d'intrigues - Wilkie Collins (La Dame en blanc, Pierre de lune), cela donne Voie sans issue. Cette histoire très romanesque d'enfant abandonné retrouvé puis perdu à nouveau s'avère vite un roman d'énigmes "cavalcadant" comme on n'en fait - hélas - plus, et qu'un Dumas, pris aux sortilèges du polar, n'aurait pas désavoué. Émotions, frissons et passions sont au rendez-vous !"

Je ne suis vraiment pas assidue pour ce mois anglais mais cette fin d'année est vraiment difficile... allez plus que deux semaines... En tout cas quel plaisir le soir d'avoir pu retrouver et apprécier un classique! De Wilkie Collins je n'ai lu que La dame en blanc, que j'ai beaucoup aimé, mais Dickens est un de mes auteurs anglais fétiches. Il demande cependant une exigence de lecture qui me faisait un peu peur en cette période bien chargée! Et finalement c'est tout le contraire qui s'est produit, je me suis sentie à l'aise dès les premières pages, un peu comme si j'avais enfilée de vieilles pantoufles bien confortables, et j'en avais bien besoin pour renouer avec la lecteur tant Stella Gibbons m'avait assommée!

Je vais quand même vous parler du livre... Walter Wilding, un jeune Londonien, vient de reprendre une affaire de spiritueux, il cherche pour l'épauler dans ses tâches quotidiennes une gouvernante. L'une des personnes qui postule s'avère être quelqu'un qui a connu le jeune Walter enfant... Les révélations qu'elle lui fait sur son enfance l'amèneront à s'interroger sur sa légitimité en tant que fils et héritier. Je ne vous en dis pas plus, il faut vraiment le lire!

Bien sûr la plume des deux auteurs est agréable à lire, et le suspense est à son comble. On retrouve bien là la patte des deux auteurs, le décor Londonien, le côté un peu sombre et la vie sans concession, une bonne dose de mystère et d'évènements qui mis bout à bout s'imbriquent les uns dans les autres pour révéler un puzzle final des plus innattendus. S'il y a bien une chose à regretter c'est que ce soit finalement si court! Dickens m'avait habitué à plus long!!

mois anglais 2

 

(chez Lou et Cryssilda)

objectif pal

 

(13/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de Juin chez Antigone -2-)

05 juin 2017

Stella Gibbons, La ferme de cousine Judith

la-ferme-de-cousine-judith

Présentation de l'éditeur:

"Ruinée à la mort de ses parents, la jeune et malicieuse Flora est accueillie dans la ferme de sa cousine Judith. Mais cette étrange famille tombée du ciel manque totalement de la distinction à laquelle la jeune Londonienne est habituée. Heureusement, grâce à elle, leur vie va changer !
Un vent de modernité souffle sur la ferme…"

Non seulement je n'ai pas eu le temps de faire un billet de lancement pour ce Mois anglais, mais en plus j'ai failli ne pas participer à ma première LC autour de la campagne anglaise!!

Pourquoi? Et bien pour la simple raison que j'ai mis presque trois semaines à lire ce livre! Trois semaines!!! Vous vous rendez compte? Les aléas du calendrier + un livre ennuyeux au possible ne font absolument pas bon ménage. Bon heureusement je me suis rattrapée cette semaine et j'ai réussi à terminer les aventures de cette jeune Flora à la campagne.

Pourquoi je n'ai pas vraiment accroché à ce livre?

- le personnage de Flora, assez antipathique. Elle s'est mis en tête d'aller change rla vie de ses proches, quoi de mieux que ses cousins un peu arriérés qui vivent au fond de la brousse? (une ferme délabrée du Sussex), je force le trait, mais à peine! 

- l'écriture: trop alambiquée. Ce roman a été écrit dans les années 30 mais j'ai trouvé l'écriture très vieillotte.

- les clichés: les personnages sont quasiment tous des caricatures de personnes vivant à la campagne, le fermier bourru, l'idiot du village, l'extrémiste religieux, l'écrivain raseur, la jeune vierge sublime, et bien sûr la tante complètement gâteuse. Personne n'est épargné!

Je reconnais toutefois avoir trouvé certaines situations cocasses, et un rythme un peu plus soutenu dans la seconde moitié du roman m'ont aidé à aller jusqu'au bout. Je ne conseillerai donc pas spécialement cette lecture, même en terme de plongée dans la vie campagnarde j'ai été déçue!

mois anglais 2

 

(chez Lou et Cryssilda - Lecture commune: campagne anglaise

Cryssilda a lu La couleur du lait, Eva a lu Ma vie (pas si) parfaite, Fondant et Anne ont aussi lu Stella Gibbons avec respectivement  Le célibataire  et Le bois du Rossignol)

objectif pal

(12/25 dans ma PAL depuis septembre 2016

Objectif Pal de Juin chez Antigone -1-)