11 février 2016

Lecture commune: Giulia Enders, Le charme discret de l'intestin

le charme discret de l'intestin

Quatrième de couverture:

"Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… et si tout se jouait dans l’intestin ?

 Au fil des pages de son brillant ouvrage, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, plaide avec humour pour cet organe qu’on a tendance à négliger, voire à maltraiter. Après une visite guidée au sein de notre système digestif, elle présente, toujours de façon claire et captivante, les résultats des toutes dernières recherches sur le rôle du “deuxième cerveau’’ pour notre bien-être. C’est avec des arguments scientifiques qu’elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments ainsi qu’à appliquer quelques règles très concrètes en faveur d’une digestion réussie.
 Irrésistiblement illustré par Jill Enders, la soeur de l’auteur, voici un livre qui nous réconcilie avec notre ventre.
 Succès surprise, Le Charme discret de l’intestin s’est vendu à plus de un million d’exemplaires en Allemagne et sera publié dans une trentaine de pays"
 
J'avais vu ce titre chez A girl from earth en septembre et malgré son billet enthousiaste je m'étais dis, un bouquin sur l'intestin, non merci! Et puis en octobre j'ai assisté à un petit club de lecture où une des participantes a présenté ce bouquin, tout en lisant certains extraits, et allez savoir pourquoi ça m'a donné envie, dans la foulée un ami me l'a prêté... Mais ce n'est que ce weekend alors que je combattais les affres d'un état grippal que je m'y suis mise, et grand bien m'en a pris ... au moins la pseudo grippe est passée plus facilement!
Ce livre est non seulement intéressant, mais aussi plutôt drôle! Certes l'auteur aborde des thèmes scientifico-médicaux, mais elle les rends abordable à tout un chacun en y ajoutant une dose d'humour pour que ce soit suffisamment accrocheur pour quiconque n'y connait rien ou fait un blocage sur la sicence. Le livre est divisé en trois parties, une première sur le fonctionnement de l'intestin, une seconde sur le côté cérébral de notre intestin (qui l'eût cru!) et la dernière sur les différents microbes et bactéries qui peuplent notre système digestif! J'avoue, la seconde partie m'a un peu ennuyée mais j'ai trouvé les deux autres très intéressantes et j'ai appris pas mal de choses, sur le pourquoi du comment il faut manger des fibres par exemple, sur les aliments prébiotiques, sur la consistance des selles (oui oui) et même sur la meilleure position pour faire caca (et j'ose vous dire testée et approuvée aheum ... Non je ne suis pas allée m'accroupir dans un bois ... j'ai adopté la technique du petit banc! Ouais ba faudra lire si vous voulez en savoir plus, bref je m'égare). Bon je 'lavoue sans honte j'ai bien évidemment préféré la première partie, mon humour très pipi-caca sans doute, mais comment résister à un chapitre qui s'intitule "L"art du bien chier en quelques leçons et pourquoi" ... En résumé, ça se lit tout seul, c'est drôle et intéressant, donc je comprends mieux maintenant pourquoi ce titre est en tête de rayon des librairies depuis quelques mois déjà!
Je crois que Soukee a également apprécié sa lecture donc je vous invite fortement à aller lire son billet :)

lire sous la contrainte

 

(je propose ce titre pour la 26e session de la lecture sous la contrainte "le titre le plus cher", en comptabilisant les points du Scrabble, Le charme discret de l'intestin remporte 36 points!)

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31 mars 2014

Goethe, Les souffrances du jeune Werther

les souffrances du jeune werther

Quatrième de couverture:

"«Werther. Je me souviens de l’avoir lu et relu dans ma première jeunesse pendant l’hiver, dans les âpres montagnes de mon pays, et les impressions que ces lectures ont faites sur moi ne se sont jamais ni effacées ni refroidies. La mélancolie des grandes passions s’est inoculée en moi par ce livre. J’ai touché avec lui au fond de l’abîme humain… Il faut avoir dix âmes pour s’emparer ainsi de celle de tout un siècle.» À ces lignes de Lamartine pourraient s’ajouter d’autres témoignages : très tôt, le livre entre dans la légende, jusqu’au suicide, dit-on, de certains de ses lecteurs.
Si à sa parution, en 1774, il établit d’un coup la réputation du jeune Goethe encore presque inconnu, s’il est rapidement traduit en français, c’est sans doute parce que, dans ce roman par lettres dont la forme est depuis longtemps familière au lecteur, la voix même du personnage fait retentir l’intransigeance de la passion, mais c’est surtout que Werther, le premier héros romantique, exprime de manière éclatante la sensibilité aussi bien que le malaise de son temps où l’individu se heurte à la société."

Que dire si ce n'est que ce fût vraiment une souffrance de lire ce livre? J'imagine que je ne suis pas la première a usé de ce jeu de mot. J'imagine que je n'ai pas choisi le moment opportun pour ouvrir ce grand classique de la littérature allemande, mais tant pis! Je n'ai ni accroché aux personnages, ni à l'histoire et encore moins au style. Autant je m'étais régalée avec la Princesse de Clèves le mois dernier, autant j'ai peiné avec Werther. Le style des lettres m'a paru très lourd et alambiqué, Werther est un homme de lettres, sans doute trop pour moi! La fin s'améliore parce que le rythme s'accélère un peu et un narrateur autre que Werther, son ami me semble-t-il prend le récit en main. Je crois que ce qui m'a le plus gênée finalement c'est de n'avoir pas de réponses aux lettres de Werther. J'aurais préféré un échange avec son destinataire, ou bien peut-être aurait-il été plus accrocheur d'avoir également le point de vue de la belle Charlotte. Je suis triste quand même parce que je me faisais une joie de découvrir ce roman qui dormait dans ma PAL depuis trop longtemps!

Challenge-classique-3

 

(classique de Mars)

objectif pal

 

(15/78)

26 juillet 2009

Bernhard Schlink, Le liseur

J'avais très envie d'aller voir son adaptation au cinéma et un billet de Levraoueg m'a convaincue de lire le livre de Schlink avant ... ça tombe bien puisqu'il ne passe pas encore au cinéma de ma ville (en espérant qu'ils le diffusent avant mon départ en vacances)

 

Le_liseurQuatrième de couverture (juste pour la forme)
"A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ? "

 

Mes impressions: Je réagis encore à chaud donc ce sera peu structuré et les idées en vrac mais ce qui m'a d'abord touchée dans cette histoire c'est la première partie et la façon dont je me suis reconnue dans le personnage de Michaël. Cette passion qu'il voue à Hanna, leur différence d'âge, leur amour secret, la découverte de soi à travers l'autre, découverte de son corps, des plaisirs charnels. Ce voyage initiatique dont elle est le guide et bien j'ai parfois eu l'impression que c'était mon voyage initiatique dont Il est le guide ...
J'ai trouvé cette partie trop courte, j'aurais aimé plus de développement sur leur relation mais ça n'était probablement pas la volonté de l'auteur de verser dans le sentimentalisme. C'est peut-être d'ailleurs ce qui fait le charme de cette première partie, elle ne dévoile pas tout, laisse planer le mystère, parce qu'Hanna est mystérieuse aux yeux de Michaël.

 

Hanna revient brutalement dans la seconde partie, sans transition. Cette partie tente de répondre à la question posée en quatrième de couverture. Un passage m'a rappelé l'étude que j'avais faite en classe de terminale de Si c'est un homme de Primo Lévi, (je chercherai ce dont il est question exactement quand je rentrerai chez mes parents)

 

Ce passage se trouve à la page 118 de l'édition Folio : "Nous ne devons nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable; nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison; nous n'avons pas le droit de questionner, car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication, au lieu de les prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité. [...] Mais enfin l'on condamnait et châtiait quelques rares individus tandis que nous, la génération suivante, nous nous renfermions dans le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité: et voilà, c'était tout?"

 

Le reste du livre tente de mettre en lumière l'opposition alors entre la génération témoin de la guerre et la génération suivante qui ne comprenait pas, qui ne s'expliquait  pas, qui en voulait aux générations précédentes d'avoir été témoin et d'avoir accepté.

 

Une autre citation qui  illustre bien cela : "Il m'arrive de penser que la confrontation avec le passé nazi n'était pas la cause, mais seulement l'expression du conflit de générations qu'on sentait être le moteur du mouvement étudiant. Les aspirations des parents dont chaque génération doit se délivrer, se trouvaient tout simplement liquidées par le fait que ces parents, sous le Troisième Reich ou au plus tard au lendemain de son effondrement, n'avaient pas été à la hauteur. Comment voulait-on qu'ils aient quelque chose à dire à leurs enfants, ces gens qui avaient commis les crimes nazis, ou les avaient regardé commettre, ou avaient détourné les yeux?"

 

Le narrateur (l'auteur?) dénonce le fait que les années qui ont suivi il y'a d'abord eu très peu d'écrits au sujet de la Shoah et ça aussi ça m'a rappelé Primo Lévi parce que les écrits reviennent avec un certain recul, mais ne tente pas d'expliquer, ils donnent simplement à voir les faits : "Le livre respire cette anesthésie que j'ai déjà tenté de décrire", anesthésie que Michaël a également ressenti par rapport à Hanna et son passé de SS.

 

Finalement, j'ai trouvé la fin à la fois inattendue et prévisible... Celle-ci pose la question de la réadaptation des condamnés après avoir purgé une longue peine, des coupables de crimes de guerre et de leur (ré)intégration dans la société, d'un "rachat" s'il est possible.

 

En bref, c'est une très belle histoire et très bien racontée ... j'ai hâte d'aller le voir au cinéma parce que je n'ai pas pu m'empêcher tout au long d'imaginer la voix de Kate Winslet et son visage quand il était question d'Hanna, je pense que ce rôle doit bien lui aller parce qu'aujourd'hui on est loin de la Kate Winslet découverte dans Titanic!

Posté par Cinnamonchocolat à 12:10 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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