théa

Quatrième de couverture:

"Paris, 1982 : fuyant le coup d'État, des centaines d'Argentins se réfugient dans la capitale française, des images macabres plein la mémoire. La vie de Josèphe, 22 ans, bascule lorsqu'elle croise l'un d'entre eux. À peine le coup de foudre s'est-il produit que le mystérieux " Antoine " disparaît. Josèphe se met alors à enquêter : qui est Antoine ? Que lui est-il arrivé ? Est-ce vrai, ce que Josèphe a lu sur les " disparus ", sur ces " folles de la place de Mai " ?
Alors qu'elle découvre le passé de l'homme qu'elle aime, la jeune femme est brutalement renvoyée à sa propre histoire familiale, aux secrets et aux silences de ses parents... Bientôt les stigmates de la guerre d'Algérie viendront se mêler à ceux de la dictature argentine..."

Par où commencer? Comme souvent je traîne des semaines quand il s'agit de vous parler d'un livre qui m'a beaucoup touchée! Mazarine Pingeot pour moi c'était juste la fille cachée de Miterrand, un manteau marine sur une vieille couverture de Paris Match ou un autre magazine du genre, et c'est tout. Je ne savais pas qu'elle était écrivain, et c'est dans l'émission de Ruqier, à l'époque où c'était encore regardable que je l'ai découverte, elle était venue pour ce livre. Et j'ai eu moi aussi envie de la lire!

Alors voilà c'est fait! Et quelle petite claque que ce roman! Théa c'est le surnom qu'Antoine donne à Josèphe, Antoine n'est d'ailleurs pas son vrai nom. Son vrai nom il l'a perdu quand il a dû fuir son pays à la fin des années soixante-dix. Antoine est beau, mystérieux et imprévisible. Josèphe semble fragile et perdue. A priori peu de choses les rapprochaient et finalement un brin de passion est né entre ces deux personnes, l'une cherchant à oublier son identité, l'autre à la trouver. Josèphe c'est cette jeune banlieusarde d'origine modeste qui tente de mener une vie d'étudiante parisienne. Mais sa famille n'est pas bien loin, ils sont ce qu'elle préfère oublier, ce dont elle a un peu honte et qui n'est pas sans rapeler certains romans d'Olivier Adam. Le rapport compliqué qu'entretiennent les enfants avec des parents qui ne leur ressemblent pas et dont ils trouvent la vie de banlieue pavillonnaire bien terne par rapport à celle qu'ils voudraient mener à la capitale. Les parents de Josèphe sont de cette génération qui ne parle pas, ou peu, en tout cas pas pour s'épencher sur ses sentiments. 

Josèphe veut en savoir plus sur son amant. Elle se nourrit de ce qu'elle trouve sur l'Argentine, toute cette partie est vraiment intéressante parce que finalement assez loin de mon univers. Mes connaissances de l'Amérique latine sont très parcellaires. J'ai donc appris beaucoup de choses en même temps que Josèphe. Le débat sur la guerre des Malouines amènera un parallèle auquel Josèphe n'aurait même pas songé: la guerre d'Algérie, et la position de son père pendant ce conflit. En effet, la famille de Josèphe, des immigrés italiens qui ont fait le choix de s'établir en Algérie française, ses parents sont nés et ont grandis la-bas, avant de venir en France dans les années soixante.

C'est donc un roman très riche en histoire, l'Argentine, l'Algérie. La question de l'identité est centrale dans le récit mais c'est surtout le point de vue qu'on est améné à questionner. Comment tel ou tel aspect est perçu selon le point de vue duquel on le regarde, et il n'est finalement pas si aisé de trancher. C'est aussi une très belle plume que j'ai découverte, tout de suite séduite par les belles phrases, modernes mais pas trop. On sent la formation très classique de l'auteur et ça m'a beaucoup plu. Je vous encourage à le lire également, c'est une très belle découverte, oserais-je dire un coup de coeur? OUI!