la-renverse

Quatrième de couverture:

"Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. " 
Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique."

J'ai mis du temps à écrire mon billet...Un peu déçue par Peine perdue, j'appréhendais cette lecture du dernier titre d'Olivier Adam. A tort...J'ai retrouvé la force de mes premières lectures, les mots bouleversant de Je vais bien ne t'en fais pas, ou Des vents contraires. Bien sûr on vous dira qu'Olivier Adam ne se renouvelle pas vraiment, qu'il s'agit là encore d'une histoire sur une vie moyenne dans une banlieue parisienne étriquée, et vous n'auriez pas tout à fait tort, mais si c'est bien fait, bien écrit pourquoi s'en priver?

Antoine se souvient d'un évènement qui a changé sa vie d'adolescent, qui a fissuré le vernis presque parfait de sa famille bien sous tout rapport. Il se pose des questions, sur la culpabilité des personnes impliquées dans cette histoire, sur la responsabilité des uns, les devoirs des autres, et sur la justice rendue à l'époque. C'est un personnage touchant, un écorché comme le sont souvent les personnages d'Olivier Adam.

Ce roman est un récit sur les faux-semblants, à l'échelle de la famille, du quartier et de la ville tout entière. Il dénonce les manipulations et impunités politiques. Sans être un récit revendicateurs, il met néanmoins le doigt sur quelque chose de dérangeant, mais de courant, et ce n'est pas l'affaire Denis Baupin qui pourra le démentir...

Près de trois semaines depuis ma lecture et je n'arrive pas à exprimer mon ressenti, mes idées sont désordonnées, et je me demande what's the point? En effet j'ai de moins en moins le temps de bloguer et suis rarement satisfaite de mes billets ... Je me demande s'il y a finalement un intérêt à continuer...