24 octobre 2015

Emile Zola, Au Bonheur des Dames (relecture)

au bonheur des dames

Je vous renvoie à mon premier billet sur ce  titre écrit il y a cinq ans. Je relis très peu, voire pas du tout, si j'ai relu Au Bonheur des Dames c'est parce que j'ai entrepris de lire les Rougon-Macquart dans l'ordre et qu'après Pot-Bouille venait Au Bonheur des Dames... Et si relire n'est pas ce que je préfère, je n'ai pas boudé mon plaisir, et je crois que je l'ai plus apprécié encore que la première fois, pour l'instant j'accordais ma préférence au Ventre de Paris, mais je crois que le Bonheur vient le supplanter ou tout au moins l'égaler. Et si l'on s'y attarde un peu ce sont deux romans assez similaires dans leur thème et leur construction, l'arrivée d'un pronvincial à Paris, le commerce, l'étalage des marchandises, la transformation de Paris et la modernisation du commerce.

Bien sûr ici ce qui me plaît c'est le personnage de Denise, pleine de candeur mais personnage très déterminé et sûr de lui malgré les apparences. Elle vient à bout des plus coriaces, traverse les épreuves, toujours avec une certaine dignité et beaucoup de dévouement pour les siens. Je trouve que le débat que pose ce roman est très actuel. Nous sommes dans une époque ou l'industrie textile d'une part, mais surtout agro-alimentaire régit un peu tous les marchés, où les petites enseignes, les producteurs se font engloutir par les hyper-marchés, et c'est ce qui est décrit dans ce roman. Certes il n'est ici question que de tissus, de confections, de soieries etc, mais le principe est le même. Les petites boutiques se font écrasés par la machine lancée par Mouret, ils ne peuvent rivaliser en terme de quantité, de diversité, mais surtout de prix. La différence avec aujourd'hui c'est que si à l'époque c'était effectivement LA nouveauté et LA solution économique qui l'emportait, aujourd'hui de plus en plus de gens se tournent à nouveau vers les petits commerces, vers les producteurs, vers le local... Zola était quand même assez visionnaire je trouve. D'ailleurs le système de la publicité était bien assimilé par lui, et donc par son personnage qui en use et en abuse pour son magasin, ce sont aussi les prémices de la vente par correspondance, j'ai eu l'impression parfois d'avoir un condensé des galeries LaFayette et de LaRedoute version 19é. Nombreuses sont les métaphores et expression imagées pour faire référence à ce commerce, à ses produits, vendeurs, clients et l'impression qu'il en reste est l'abondance, l'accumulation, la surrenchère. Tout le quartier semble appartenir à Mouret finalement... A se demander même jusqu'où cette expansion ira, la fin est donc assez abrupte parce qu'elle n'amène bien sûr pas de réponse à cette question, et qu'on aimerait savoir ce que devient le Bonheur, peut-être retrouve-t-on ces personnages dans un autre récit des Rougon-Macquart, le suivant La joie de vivre, ne semble avoir de joyeux que le titre!!!

lire sous la contrainte

(Bonheur 2/2)

Posté par Cinnamonchocolat à 15:16 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
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