15 janvier 2015

Yasmina Khadra, Les Anges meurent de nos blessures

les anges meurent de nos blessures

Quatrième de couverture:

"Il se faisait appeler Turambo, du nom du village misérable ou il était né, dans l'Algérie des années 1920. Il avait pour lui sa candeur désarmante et un direct du gauche foudroyant. Il fréquenta le monde des Occidentaux, connut la gloire, l'argent et la fièvre des rings, pourtant aucun trophée ne faisait frémir son âme mieux que le regard d'une femme. De Nora à Louise, d'Aïda à Irène, il cherchait un sens à sa vie. Mais dans un monde ou la cupidité et le prestige règnent en maîtres absolus, l'amour se met parfois en grand danger."

J'aime me plonger dans l'univers de Yasmina Khadra, ici l'Algérie des années 1930, celle des bidonvilles et de la pauvreté, celle de l'enfance de Turambo. On sait dès le début qu'un drame se déroulera dans cette histoire puisque Turambo monte sur l'échaffaud, prêt à se faire guillotiner, il nous raconte alors son histoire et ce qui l'a mené vers son bourreau. 

Le roman est découpé en trois parties, chacune dédiée à une femme qu'il a aimé, d'abord Nora, sa cousine, puis Aïda et enfin Irène. Chacune a sa manière aura marqué sa vie. La première déterminera son avenir, l'entrée au club de boxe de Destefano, la seconde le sortira du monde de l'enfance, et la troisième sera déterminante pour sa carrière de boxeur mais également pour son destin. Les trois femmes sont belles, beaucoup de pudeur teintée de volupté se dégagent de leurs descriptions. 

Turambo c'est ce jeune musulman des rues qui sera balloter de petits boulots en escrocs, jusqu'à ce qu'il rencontre Destefano et le Duc, les deux hommes auront pour mission d'en faire un champion. 

C'est aussi l'histoire d'amitiés, celles qui lient Turambo à ses copains d'infortune à Graba puis à Oran, avec Gino ce jeune juif, dont la mère obèse ne sort plus de son lit. 

Toutes ces histoires sont belles, aidées par une écriture très imagées, propre à Yasmina Khadra. Il ne mâche pas ses mots pour dénoncer la misère sociale de son pays, les conflits entre communautés, la pauvreté, mais c'est toujours teinté d'images poétiques, de métaphores. Par exemple du roman il décrit la guillotine de cette manière: " Je la vois enfin, Dame Guillotine, dans son costume de fer et de bois. Le rictus en diagonale. Aussi repoussante que fascinante. Elle est bien là, le soupirail du bout du monde, le gué du mon retour, la souricière aux âmes en peine. Sophistiquée et rudimentaire à la fois. Tour à tour maîtresse de cérémonie et putain faisant le pied de grue. Absolument souveraine dans sa vocation de faire perdre la tête."

Si je devais émettre un seul bémol c'est justement le style du narrateur, qui est difficilement crédible pour un jeune homme qui ne sait pas lire, mais je crois que la narration à la première personne était nécessaire, donc je pardonne cette petite invraisemblance à l'auteur :)

challenge à contre courant

(rentrée 2013)

 

lire sous la contrainte

(ni Dieu ni Diable)

Un-mot-des-titres

(Ange)

objectif pal

(1/32)