l'assommoir

Quatrième de couverture:

"Qu'est-ce qui nous fascine dans la vie " simple et tranquille " de Gervaise Macquart ? Pourquoi le destin de cette petite blanchisseuse montée de Provence à Paris nous touche-t-il tant aujourd'hui encore ? Que nous disent les exclus du quartier de la Goutte-d'Or version Second Empire ? L'existence douloureuse de Gervaise est avant tout une passion où s'expriment une intense volonté de vivre, une générosité sans faille, un sens aigu de l'intimité comme de la fête.
Et tant pis si, la fatalité aidant, divers " assommoirs " - un accident de travail, l'alcool, les " autres ", la faim - ont finalement raison d'elle et des siens.
Gervaise aura parcouru une glorieuse trajectoire dans sa déchéance même.
Relisons L'Assommoir, cette " passion de Gervaise ", cet étonnant chef-d'œuvre, avec des yeux neufs."

Cela faisait déjà quelques temps que je ne m'étais pas plongée dans un Rougon-Macquart, c'est donc avec le plaisir des retrouvailles que j'ai entamé le septième volume de cette grande saga familiale. L'assommoir est centré sur le personnage de Gervaise. Nous l'avions quittée à Plassans, la voici à Paris avec Etienne Lantier où elle souhaite s'établir comme blanchisseuse. Permettez-moi d'user d'un cliché facile, si nombreux sont les lycéens à avoir lu ce roman et à avoir pensé que le titre était bien choisi, ce ne fût pas mon cas ... Bon ok je ne suis plus lycéenne depuis un peu plus d'une décennie, ça joue peut-être. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Bien sûr l'écriture minutieuse de Zola y est toujours pour quelque chose, ses romans se lisent et se peignet au fur et à mesure de la lecture. On s'imagine bien les scènes, les personnages, les lieux, le Paris de l'époque. Tout est fait pour que le lecteur, plus d'un siècle plus tard soit happé par ce tableau vivant. 

Le destin de Gervaise est bien triste, oui les romans de Zola ne sont pas très joyeux, même si j'ai à plusieurs reprises ris de certaines situation. Il y a toujours un moment, où par orgueil, par gourmandise, par oisiveté, voire les trois réunis ici le personnage arrivé à sa gloire, au sommet de ses espérances, chute ... Lentement mais sûrement, et nous lecteurs en sommes les témoins avertis dès le départ. 

Le personnage de Gervaise est d'abord attachant, mais plus le récit avance, moins je l'ai apprécié de ne pas la voir réagir à sa déchéance, d'avoir eu la bêtise de se laisser avoir, de mal élever sa fille, de ne pas tenir tête à son époux! Et quel époux ... Nombreux sont les fainéants alcooliques dans ce roman, d'où le titre, l'assommoir étant le lieu où les poltrons viennent s'enfiler à longueur de journée, des verres de gnôles mal distillés. Non pas joyeux du tout tout ça ... et pourtant ça se lit facilement, avec beaucoup de curiosité et de dépit, mais surtout beaucoup d'intérêt pour l'époque, pour le milieu ouvrier, pour le Paris d'avant la percée des grands boulevards, ou est-ce après? 

En bref, L'assommoir n'est pas le livre assommant que l'on vous force à lire au lycée, s'il y a bien quelques Rougon Macquart à lire absolument (bien que tous le soit sans doute) celui-ci en fait partie!

Challenge-classique-3

(classique de Mai)