les_oiseauxQuatrième de couverture:

"Au coeur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes... On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d’œuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommier à forme étrangement humaine, ou d'une ouvreuse de cinéma qu'un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance... Et la grande romancière anglaise, auteur de Rebecca et L'Auberge de la Jamaïque, nous entraîne vers le mystère à petits pas, à petites touches, au gré d'une écriture subtile, singulièrement moderne. "

Je ne sais jamais trop comment parler d'un recueil de nouvelles alors je vais procéder nouvelle par nouvelle parce que mon avis est différent en fonction des intrigues. Quoi qu'il en soit Les oiseaux et le seul film d'Hitchcock que j'ai vu en entier avec Psychose... J'avais beaucoup aimé l'atmosphère inquiétant qui se dégageait du film et donc quelle fût ma surprise quand quelques années plus tard j'ai découvert que ça avait été adapté d'une nouvelle de Du Maurier, qui comme vous l'aurez déjà compris j'aime beaucoup! Donc ni une ni deux, dans ma wish list, et voeux exaucé par mon bienfaiteur Will!

Les oiseaux : Bizarrement la nouvelle m'a beaucoup moins plu que le film, je pense que c'est le risque quand on découvre l'écriture après les images mais bon... Ce qui m'a gêné en fait c'est de ne pas retrouver l'atmosphère propre à Daphné du Maurier, si effectivement il y a un côté mystérieux et inquiétant (the Uncanny chez les saxons, l'inquiétante étrangeté), je n'ai pas retrouvé le décor vieillot du 19e que je chéris tant! Je n'ai pas non plus détesté, n'exagérons pas, mais la fin laissée en suspens comme ça, on ne sait pas au final ce que font tous ces oiseaux, si ils vont partir ou rester, il me semble que par contre c'est pareil pour le film? Je ne sais plus trop! Shame on me!

Le Pommier: Un veuf est obsédé par le vieux pommier qui pousse dans son jardin après la mort de sa femme ... Je n'ai vraiment pas aimé cette nouvelle, et j'ai pris un peu peur pour la poursuite de ma lecture. Je me suis souvent demandé où l'auteure voulait en venir et quels étaient les tenants et aboutissants de cette nouvelle! Mais soit, passons!

Encore un baiser: Un jeune mécanicien tombe sous le charme d'une ouvreuse de cinéma, et la poursuit dans la rue, puis dans le bus afin de la séduire. Nous sommes ici dans les années 50 et le voyage en bus m'a beaucoup fait penser au fil American Graffiti, qui se passe globalement à bord de voitures des jeunes gens dont il est question.  Ouverture sur le changement d'une époque avec la montée de la surconsommation en somme, bon ce n'est pas visible directement dans l'histoire mais c'est latent, avec les références au salaire du jeune homme et à la possibilité de subvenir aux besoins d'une jeune femme ... Ca ne m'a pas déplu mais ça ne m'a pas non plus emballée.

 

Le vieux: Alors là je rejoins un peu mon avis sur le Pommier, je me suis dis "What's the point??" Un vieux et sa femme vivent au bord d'un lac dans une cabane avec leurs enfants, on ne sait trop comment les filles ne sont plus dans l'histoire et le gamin (appelé gros bébé mais qui semble en fait être un ado, ou je n'ai rien compris, ce qui me parâit fort probable) disparaît aussi. Euh en fait je crois que j'ai encore moins aimé que le pommier!

Et là Ô rage, Ô desespoir, dois-je continuer ma lecture??

Oui, avec Mobile inconnu:  ouf, on replonge un peu dans ce que j'ai eu l'habitude de lire chez Daphné du Maurier! Une jeune épouse de suicide, sans raison apparente, un détective privé fouille son passé pour donner des réponses au mari. Et là on rejoint la lecture d'Eux sur la photo d'Hélène Gestern, est-il bon de tout réveler ou pas. Contrairement à Hélène Gestern, Daphné du Maurier fait le choix de taire certaines révélations qui pourraient bouleverser la vie d'un homme. J'ai beaucoup aimé cette nouvelle et ses rebondissements.

Le petit photographe: c'est la nouvelle que j'ai préférée, un bord de mer, une femme, belle et influente qui s'ennuie, so typical de la fin du 19e début 20e, alors certes l'action se situe un peu plus loin dans le temps me semble-t-il mais c'est similaire, le temps semble figé un après-midi trop chaud, etouffant (parallèle avec ce que semble être la vie de cette femme), elle va donc rechercher un petit vent d'air frais (le frisson pour lui faire passer l'ennui de sa vie...)  La fin reste ouverte, mais suggérée avec l'apparition de la soeur ... Je n'en dis pas plus, si vous aimez les histoires adultères de l'époque, vous apprécierez cette lecture.

 

Et enfin, Une seconde d'éternité: cette nouvelle est assez particulière dans le sens où la fin ne nous apporte aucune solution sur tout le déroulement de l'histoire, et moi trop de suspense, je n'aime pas ça, j'aime bien quand les choses finissent à leur place et qu'on m'apporte le noeud de l'histoire sur un plateau!

 

En définitive j'ai apprécié particulièrement deux nouvelles, celle des Oiseaux m'a plue malgré une déception par rapport au film et quatre qui m'ont laissée sans avis voire qui m'ont complètement ennuyée! Ce n'est pas si mal sachant que la nouvelle est un genre que je n'apprécie pas forcément et c'est précisément ce que je n'aime pas dans le genre que j'ai retrouvé dans les nouvelles que je n'ai pas aimées: une fin trop abrupte qui ne donne pas de réponses et qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. J'ai néanmoins apprécié la Du Maurier's touch donc au final ce ne fût pas non plus une lecture complètement désagréable!

 

objectif_pal

(5/27)