02 février 2012

John Steinbeck, Lune noire

lune_noireQuatrième de couverture:

"Les échos de la guerre ne parvenaient qu'à peine dans ce village perdu au fin fond de la Scandinavie. Jusqu'au jour où les premiers soldats nazis apparurent au sommet de la côte...Quel comportement adopter ? C'est finalement une forme de résistance qui va prévaloir, malgré ceux qui, à l'instar du commerçant Corell, préfèrent jouer le jeu de l'occupant. Une résistance sourde, silencieuse, obstinée, animée par le maire, Orden, et son vieil ami le médecin Winter, qui va d'abord contraindre l'ennemi à la terreur, puis l'acheminer peu à peu vers l'angoisse, le désespoir...C'est en 1942 que l'auteur de A l'est d'Eden - plus tard prix Nobel de littérature - publia ce roman, édité clandestinement en France. Un huis clos où le village, cerné par la neige, apparaît peu à peu comme un microcosme de l'Europe confrontée à la barbarie totalitaire. "

 

J'étais persuadée avoir repéré ce roman de Steinbeck chez Will mais je ne retrouve pas son billet! C'est donc peut-être ailleurs que ce dernier m'a fait de l'oeil. De Steinbeck je ne connaissais que les romans "américains" certains que j'ai apprécié (et bien plus omme The Grapes of Wrath, et des Souris et des Hommes) et d'autres qui m'ont quelque peu laissée indifférent ( Tortilla Flat ou La perle). Avec ce très court roman, Steinbeck s'est attaqué à un tout autre sujet, la seconde guerre mondiale et l'occupation nazie. L'histoire se passe en huis-clos dans cette campagne recouverte d'un manteau blanc. Tout semble paisible et pourtant la guerre fait rage dans le reste de l'Europe. On se demande même ce que peuvent bien faire ces soldats allemands dans ces terres si réculées!!! Les habitants du village, le marie et sa femme notamment m'ont d'abord parus antipathiques, un peu trop malléables et collaborateurs mais au fil des pages l'on comprend que les choses ne sont pas si simples, qu'à leur manière ils essaient de faire face et de ne pas céder à l'énnemi mais au final, ils n'ont pas le choix, sont seuls et reculés de tout. Qu'aurait-on fait à leur place?

Steinbeck ne porte pas de jugement, il accompagne ces hommes dans leur soumission quotidienne et dans leurs tentatives de résistance. On est en effet bien loin du soleil de Californie et de l'errance. Ce livre se lit bien trop vite est en est d'autant plus poignant qu'à la fin on se rend compte qu'on s'est attaché aux personnages malgré tout. Cette période de l'histoire européenne reste encore assez tue, on parle beaucoup des destructions, de l'holocauste, de la résistance, mais finalement moins de l'occupation comme ça. Parce que oui, Steinbeck donne également une petite part d'expression aux soldats allemands, au fait qu'ils n'ont pas choisis d'être là et qu'ils préfèreraient de loin être avec leur famille. Il nous livre leurs interrogations sur le bien fondé de l'occupation, et leur attitude face à l'ennemi désarmé que sont ses villageois, à la manière dont il faut les traiter, contre leur gré.

En bref c'est une lecture intéressante que je conseille aux amateurs des livres de Steinbeck mais pas que...

objectif_pal

(3/27)

Posté par Cinnamonchocolat à 17:31 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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