un_donPrésentation de l'éditeur

« Dans l'Amérique du XVIIe siècle, celle des vastes étendues et des territoires vierges, Blancs, Noirs, Indiens subissent encore la même oppression. Jacob, un négociant anglo-néerlandais vit avec sa femme Rebekka en Virginie. Lorsqu'il se rend chez un planteur de tabac qui lui doit une forte somme, ce dernier ne pouvant le payer, lui propose une esclave. En dépit du mépris qu'il a pour ce système, Jacob accepte de prendre avec lui Florens, une enfant noire de huit ans. Elle formera avec Lina, seule survivante de sa tribu indienne et Sorrow, une adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. Roman polyphonique, Un don traverse l'Amérique des origines, transcende les genres, bouleverse. »

 

L’histoire se déroule à la fin di 17e siècle, bien avant l’Indépendance des Etats-Unis et donc bien avant la guerre civile et l’abolition de l’esclavage.  Le narrateur (la narratrice) s’adresse directement à quelqu’un mais ce n’est pas à nous lecture, elle fait allusion au commerce d’esclaves avec l’Angola, de culture du tabac, de familles hollandaises mais rien n’est vraiment clair et le premier chapitre m’a vraiment rebutée. Heureusement j’ai poursuivi !

L’ordre chronologique n’est pas respecté, les chapitres sont tous narrés par des voix différentes, on n’arrive pas vraiment à savoir qui au début, c’est confus et l’Histoire m’a parue plus importante et plus intéressant que l’histoire en elle-même. Ces chapitres nous font le récit des minorités sur le nouveau continent, terre promise des européens, les noirs bien sûr mais aussi les indiens  natifs et surtout les femmes et leurs conditions, peu importe leur origine ethnique, toutes les femmes sont dominées.

Ces chapitres abordent également les différentes scissions dans la religion catholicisme et différents protestantismes mais également les raisons diverses et variées de l’immigration dans ce pays qui n’en est d’ailleurs pas encore un. Le commerce oui, mais aussi l’exil, les marginaux que l’on ne veut plus voir en Europe, prostituées et autres voleurs.

Il est question des exploitations, celles des blancs sur les noirs, mais aussi des blancs sur d’autres blancs. En effet, les jeunes gens qui voulaient tenter leur chance outre Atlantique payer leur billet e vendant leur force de travail, ils appartenaient à un maître et n’étaient pas rétribués pour leur travail.

L’histoire qui nous est contée dans le livre devient intéressante après un bon tiers de lecture donc il faut s’accrocher. A partir de ce moment, les premiers chapitres s’éclairent et on peut comprendre de quoi il était question…

Attention !!! Risque de spoiler !!

Un des thèmes majeurs de cette histoire est la question de la perte d’identité de ces personnes exploitées. Sorrow par exemple refuse de donner son vrai nom jusqu’à ce qu’elle enfant, par le biais de son accouchement elle crée elle-même sa propre vie, celle qui n’appartient qu’à elle-même, et seulement à partir de ce moment elle peut se nommer. Florens, qui se sent livre malgré sa condition d’esclave finira par perdre son identité quand elle aura pris conscience de son statut. Elle sera alors rejetée par le forgeron. Le regard des femmes qu’elle a croisé dans la « maison du démon » lui ont fait perdre son identité première.

Fin des spoilers !!

La toute fin permet de comprendre le tout premier chapitre. J’ai donc un peu retrouvé ce qui faisait la particularité de Beloved que j’avais étudié à la fac. Au début je n’accrochais pas du tout non plus parce que c’était trop diffus mais à la lumière des évènements plus avancés dans le livre, tout prend sens. Cela semble être la marque de fabrication de Toni Morrison, et c’est là, en tout cas en ce qui concerne Beloved et un don, toute la force de l’écriture de Toni Morrison.  J’ai trouvé ce récit bouleversant… Merci Will pour cette lecture!

Quelques extraits :

« N’ayant aucun lien avec l’âme de la terre, ils tenaient absolument à en acheter le sol, et, comme tous les orphelins, se montraient insatiables. C’était leur destinée que de chiquer le monde et de recracher des horreurs qui détruiraient tous les peuples premiers. »

« Des perspectives se limitaient à servante, prostituée ou épouse, et, bien qu’on racontât des histoires horribles sur chacune de ces trois carrières, la troisième semblait encore la plus sûre. »

« Etre femme ici c’est être une blessure ouverte qui ne peut guérir. Même si des cicatrices se forment, le pus est toujours tapi en dessous. »

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