la_fortune_des_rougonPrésentation de l'éditeur

 

  "Dans la petite ville provençale de Plassans, au lendemain du coup d'État d'où va naître le Second Empire, deux adolescents, Miette et Silvère, se mêlent aux insurgés. Leur histoire d'amour comme le soulèvement des républicains traversent le roman, mais au-delà d'eux, c'est aussi la naissance d'une famille qui se trouve évoquée : les Rougon en même temps que les Macquart dont la double lignée, légitime et bâtarde, descend de la grand-mère de Silvère, Tante Dide. Et entre Pierre Rougon et son demi-frère Antoine Macquart, la lutte rapidement va s'ouvrir. Premier roman de la longue série des Rougon-Macquart, La Fortune des Rougon que Zola fait paraître en 1871 est bien le roman des origines. Au moment où s'installe le régime impérial que l'écrivain pourfend, c'est ici que commence la patiente conquête du pouvoir et de l'argent, une lente ascension familiale qui doit faire oublier les commencements sordides, dans la misère et dans le crime. " Votre comédie est tragique ", écrit Hugo juste après avoir lu le livre : " Vous avez le dessin ferme, la couleur franche, le relief, la vérité, la vie. Continuez ces études profondes."

Je n'ai pas lu La Fortune des Rougon dans cette édition mais dans une ancienne édition reliée en cuir rigide avec une préface intéressante d'Henri Guillemin, préface à lire plutôt après le livre parce qu'elle dévoile quelques fils conducteurs de l'histoire, c'est dommage, et aussi quelques illustrations originales. Puisqu'il s'agit du premier volume des vingts qui composent Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire, Zola le préface pour expliquer sa démarche. J'ai trouvé cette courte préface intéressante, Zola nous explique la manière dont il a crée sa famille.
La fortune des Rougon pose les fondations de la famille Rougon et de la branche Maquart. J'ai pris quelques notes pour repérer qui était qui par rapport à qui et l'arbre généalogique en annexe m'y a bien aidé! Que ce soit l'une ou l'autre branche, leur portrait n'est pas des plus reluisants. Chacun apparaît sans scrupule et prêt à tout pour réussir: "La Révolution de 1848 trouva donc tous les Rougon sur le qui-vive exaspérés par leur mauvaise chance et disposés à violer la fortune, s'ils la rencontraient jamais au détour d'un sentier. C'était une famille de bandits à l'affût, prêts à détrousser les évènements".
Plus l'histoire avance, plus le fossé entre les Rougon et les Macquart se creuse. Pierre Rougon fait parti de la branche royaliste et conservatrice. Il critique la République lors de ces petites réunions hebdomadaires, et fomentent un plan avec ses amis bourgeois pour prendre le pouvoir à Plassans. Antoine Macquart est lui sans le sou et se place du côté des Républicains, même si au final c'est plus par opportunisme que pas réel conviction j'ai trouvé. Lui aussi, comme son demi-frère est au final prêt à toutes les bassesses pour faire fortune.
Le triomphe des Rougon est basé sur le mensonges, les duperies et le sang. Ca ne laisse présager rien de bon pour les volumes suivants, le décor est donné: personnages, repères spatio-temporels, grandes idéologies.
Zola, l'air de rien, donne un rôle prépondérant à la femme dans ce volume. Que ce soit la femme pernicieuse, qui tire toutes les ficelles dans le dos de tout le monde, Adélaïde, la femme forte et courageuse mais quelque peu limitée qui accepte son sort, Joséphine, ou la jeune fille fragile qui fait preuve d'un grand courage mais surtout d'une grande vertu, Miette. L'histoire, l'Histoire même, aurait été tout à fait différente sans leur présence. Pierre ne se serait jamais engagé politiquement, Antoine serait sans doute mort de faim, et Silvère n'aurait pas rejoint le rang des Républicains.
J'ai donc beaucoup apprécié cette lecture et ai hâte de découvrir la suite et ce qu'il adviendra à notre célèbre famille sans scrupule!

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